‹ Garcia MorenoChapitre 96 sur 183 · En avril · texte numérisé non relu

En avril

Cette conduite prévoyante et circonspecte , les je naux du parti révolutionnaire ne manquèrent pas rinterpréter comme une insulte au Pérou et un ah don des droits de TAmérique. Le cabinet de Lima fusa la médiation proposée sous le ridicule prétexte q n*y avait point matière à négociations diplomatiqi On stigmatisa de tous côtés, non sans indignati « cette politique d'abstention et d'indififé rente neutr té ». Sans respect pour ces foudres de guerre, Ga; Moreno demanda pourquoi TÉquateur devait faire i d'hostilité contre TEspagne pendant qu'on se croisail bras à Bogota, à Santiago, et même à Lima? A longtemps que le Pérou, le premier intéressé dan question, gardait une attitude expectante, pourc ses voisins sortiraient-ils de la neutralité?

Il avait trop raison; aussi lui répondit-on par torrents d'injures. La honte monte au front quand voit des catholiques, sous l'inspiration de leurs ha libérales, fournir leur note, et quelquefois la plus trageante, à ce concert de bandits. Borrerô chargea son mieux pendant trois mois son ami des anc jours. Il ne rougit pas d'appeler sa politique « la h( de l'Equateur ». Son intime, le docteur Vega, gou neur de Cuenca, suspendu de ses fonctions pour i de pouvoir, démissionna bruyamment « afin de c battre sans trêve ni merci la tyrannie théocratique plus humiliante et la plus désastreuse de toutes » radical Pedro Carbo, au nom du conseil municipa Guayaquil,. protesta violemment contre l'occupation lies Chincha, risquant ainsi de brouiller son pays i l'Espagne : ce qui lui valut une verte réprimande président, et la menace de la déportation s'il coutin ses diatribes insensées contre un gouvernement am rÉquateur. Les journaux du Pérou, presque tous i dévotion d'Urbina, déclamaient contre « le Caïn

cache son poignard, mais dont le front est marqué de la tache du fratricide ». Pour se débarrasser d'un monstre comme Garcia Moreno, « le fer, le feu, le poison, étaient également légitimes^ ». Le Pérou, disaient-ils, devait se ruer sur cet ennemi de l'Amérique, odieux à son pays ainsi qu'au monde civilisé, et s'emparer de Guayaquil par voie de représailles.Évidemmenti'heure était venue pour les conjurés d'exécuter le complot ourdi contre l'Equateur et son chef.

Peu de temps auparavant 2, les conspirateurs graciés par la cour suprême, les Espinel, les Endara, les Molineros, avaient joué sur la place de Guayaquil le prologue de la lugubre tragédie dont nous allons dérouler les scènes sous les yeux de nos lecteurs. En apprenant la réconciliation du président et du congrès, ces furieux se décidèrent à tenter une insurrection à Faide de brigands qui devaient massacrer les opposants, piller la ville et l'incendier en cas de résistance. Heureusement une indiscrétion mit le gouverneur sur la piste dès coupables, qui furent tous arrêtés. Garcia Moreno se rendit à Guayaquil, les fit juger selon la rigueur des lois; puis, montrant une longanimité et une patience peutêtre excessives, il usa en faveur des criminels relaps du droit de grâce qu'il avait peu auparavant sollicité du congrès. Marcos Espinel et ses complices furent déclarés libres, après avoir promis pour l'avenir une inviolable fidélité. D'après certains renseignements particuliers, le président se convainquit en même temps que Maldonado intriguait près des officiers de la garnison. Il lui reprocha cette déloyauté, et comme le général voulait se défendre : « Je ne veux rien savoir de plus, lui dit (iarcia Moreno ; je vous pardonne , mais si jamais je

1 Mercurio de Lima, n**" 557 ot suiv.

*. Le 31 mars.

vous reprends à conspirer, tout général que vous < je vous ferai fusilier sur la place de Quito. »

Le 23 juin, moins de trois mois après cet acte de néreuse clémence, au signal donné par leurs comp du Pérou, ces scélérats incorrigibles, Maldonado à tète, complotaient à Quito un assassinat en règle tre la personne du président. Leur plan, très habilei combiné, consistait à s'emparer de la caserne d'arl rie, où Ton avait incarcéré les bandits amenés de Gu quil. Ces hommes de sang, délivrés et soudoyés Maldonado, auraient profité de l'obscurité de la pour assassiner leur implacable ennemi et lesprinci personnages de la capitale dévoués à sa politique ancien urbiniste, Jaramillo, aide de camp de Gi Moreno, s'était engagé à livrer son maître. Le mei accompli, Urbina, ou peut-être Maldonado, proc chef suprême, la révolution se propageait comme traînée de poudre, grâce à l'action combinée des i eaux disséminés dans les grands centres, et des réfi déjà embarqués sur les vaisseaux du Pérou pour en\ les provinces maritimes.

Cette fois Maldonado n'avait rien épargné pou surer le succès. Les conjurés, parmi lesquels fig l'audacieux Juan Borja, connaissaient parfaite] leurs rôles. On avait corrompu l'officier de garde devait, le 23 juin, livrer la caserne. Afin de dérc les soupçons; Maldonado avait quitté la capitale ( ques jours auparavant pour se confiner dans sa mi de Latacunga. Mais toutes les précautions devien inutiles quand Dieu n'est pas du complot.

Le jour de l'exécution, quelques heures avant c rendre à la caserne, les conjurés se réunirent dans maison voisine pour concerter les dernières mesur prendre. A ce moment-là même, un de leurs amis, qu imprudente confidence avait mis au courant du

secret, vaincu par ses remords, révélait au président tous les détails de la conspiration. Sans perdre un instant, Garcia Moreno vole à la caserne et fait comparaître Tofiicier de garde : « Je vous donne cinq minutes, lui dit-il, pour me révéler les noms de vos complices et me fournir les preuves écrites de la conjuration qui doit éclater cette nuit; sinon, vous serez fusillé comme un traître. » Se voyant découvert, le malheureux officier se mit à trembler, désigna ses complices , livra les papiers dont il était dépositaire, et indiqua la maison où les assassins se trouvaient rassemblés. Pour s'en déljarrasser d'une manière expéditive, Garcia Moreno n'avait qu'à les attendre et les recevoir à coups de fusil; mais, pour ne pas donner aux révolutionnaires le prétexte de transformer en guet-apens un acte de justice, il préféra saisir les coupables dans leur repaire et les jeter en prison. Malheureusement l'arrestation eut lieu avant l'arrivée de Maldonado qui, au premier bruit de ce dénouement inattendu, disparut de la capitale et s'enfuit dans les bois.

A la lumière de ces sinistres éclairs, Garcia Moreno comprit mieux encore l'extrême danger de sa situation. La Révolution avait juré sa mort et ne désarmerait pas. Le pardon généreusement octroyé aux assassins n'avait fait qu'envenimer leur fureur. 11 fallait les vaincre ou périr avec ce peuple qui le suppliait à genoux de ne pas l'abandonner. L'Hercule chrétien, seul contre tous, accepta le défi de la Révolution, et jura que, lîii vivant, Thorrible mégère ne régnerait plus sur son pays.

Avant tout, il résolut de la terrifier par un acte de solennelle justice. Les sicaires avaient mis la main sur un général assez influent pour démoraliser Tarmée, assez perverti pour conspirer contre sa patrie avec les radicaux du Pérou et de la Colombie, assez criminel pour se faire chef de brigands et d'assassins : cet homme,

qui personnifiait les crimes et les espérances du pa il fallait à toute force en faire un exemple. « Que JHi donado se cache bien, dit-il un jour; car s'il tombe d mes mains, je serai obligé d' étouffer la Révolution di son sang. » Aussi s'inquiéta-t-il assez peu des aut conspirateurs du 23 juin. « Il n'est pas juste, dit-il, c ces misérables périssent, pendant que leur chef est vie. » Il se contenta de les exiler au Brésil* . Quar Maldonado, le colonel Ignacio VintimjUa reçut For de battre tout le pays, vallées et montagnes, haciem et forêts, pour découvrir son refuge. Les gouverne devaient lui prêter main-forte, surveiller leurs provin et incarcérer ceux qui donneraient asile au coupable favoriseraient son évasion. Et toutefois le présid désirait que le fugitif s'échappât pour n'avoir pa . remplir un terrible devoir.

De leur côté, les révolutionnaires n'épargnaient au» effort pour sauver leur grand chef. Pendant deux n que durèrent les perquisitions, le pays au comble l'angoisse s'attendait chaque jour à une invasion ( le libérateur Urbina préparait dans les ports du Pér « Urbina arrive avec quatre cents soldats, écrivait G cia Moreno le 16 juillet. Vu sa couardise, s'il entrepr< la lutte avec ce petit nombre d'hommes, c'est q compte sur les traîtres de l'intérieur. Raison de p pour nous débarrasser du traître Maldonado. Cela f nous tâcherons, avec l'aide de Dieu, de bien recev Urbina. »

A dater de ce moment, l'Equateur fut assailli de t côtés par une vraie bande infernale. Le 21 juillet, \ compagnie de pirates, équipée par Urbina aux frais Pérou, se jeta sur la province de Manabi pour Tinsur

1. Juan Borja tomba malade en prison. Ses proches obtinrer le transporter dans sa maison, mais l'obstiné révolutionnaire fusa toute espèce de grâce et mourut dans son cachot.

et la piller. Us mettaient tout à feu et à sang, quand le gouverneur Salazàr, avec une troupe de braves, se porta & leur rencontre. Reçus d abord par une vive fusillade, les soldats s'élancèrent sur les bandits, la baïonnette en avant, et en massacrèrent un bon nombre. Quelquesuns parvinrent à s'échapper, mais les chefs furent faits prisonniers et fusillés sans miséricorde. Dix jours après, le 27 juillet, la province d'Orient devenait le théâtre d'un autre mouvement insurrectionnel. Les complices de Haldonado, Lamotha, Jaramillo, Aguilar, Suarez et leurs compagnons, expédiés au Brésil, se révoltèrent contre leur escorte en traversant le Napo, s'emparèrent du gouverneur, et, après avoir saccagé les propriétés, torturé les jésuites, dépouillé les sauvages, prononcèrent la déchéance de « l'autocrate Garcia Moreno » pour acclamer, en qualité de chef suprême « le restaurateur de la patrie, Tillustre don José Maria Urbina ». En même temps, on apprenait que d'autres séides d'Urbina enrôlaient des bandes de flibustiers dans les provinces méridionales de la Nouvelle-Grenade pour envahir le district d'IbaiTa, avec la complicité des autorités colombiennes, notoirement dévouées à la Révolution. Enfin, le 24 août, après plusieurs mois de préparatifs, les vaisseaux d'Urbina, équipés par le Pérou, sortaient du petit port de Payta et débarquaient des centaines de soldats sur divers points de la côte, notamment à Machala et Santa Rosa.

Au milieu de Thorrible tempête, Garcia Moreno, impassible comme le roc battu par les flots, levait des troupes, organisait la défense, donnait des ordres aux généraux, et de plus en plus se persuadait de la nécessité de terrifier les révolutionnaires de l'intérieur en frappant un grand coup, lorsque le 24 août, le jour même où les soldats d'Urbina mettaient le pied sur le sol équatorien, Maldonado fut découvert et arrêté dans

une hacienda, près de Guayaquil. Sur Tordre de Garcia Moreno, le colonel Vintimilla chargea de fers son prisonnier et l'emmena sous bonne escorte à Quito.

Il y eut un moment de stupeur dans le clan radical, mais la réflexion rendit Tespoir aux conjurés. D'après le droit en vigueur, le président n'avait que deux partis à prendre : condamner le coupable à la déportation, en vertu de ses pouvoirs extraordinaires, ou le livrer aux juges. La déportation n'était qu'une plaisanterie depuis que les complices de Maldonado, les Lamotha, les Jaramillo, avaient trouvé moyen d'insurger le Napo et de s'enfuir au Pérou ; on trouverait bien sur n'importe quelle route, un contingent de frères et amis pour terrasser les sbires et délivrer Maldonado. Quant aux juges, on ne redoutait guère leur verdict depuis l'afl'aire de Quinche. Le tribunal ne verrait dans le complot du 23 juin qu'une tentative de rébellion ngn suivie d'exécution, le crime resterait impuni, et Maldonado, porté en triomphe par les radicaux, livrerait le pays à l'envahisseur Urbina. C'était la mort de la nation.

Malheureusement pour les radicaux, Garcia Moreno n'acceptait pas qu'une nation doive se résigner à périr plutôt que de violer la légalité constitutionnelle, ni qu'un chef de gouvernement, à moins d'y être forcé, puisse sans crime obéir à la Révolution qui lui crie de se démettre ou de se soumettre. Il croyait, avec les vrais philosophes de tous les temps et de tous les pays, que les lois éternelles l'emportent sur les fictions parlementaires, que les constitutions sont faites pour les peuples et non les peuples pour les constitutions, et que, par conséquent, si la loi constitutionnelle met une nation en danger de mort, le salut du peuple devient la loi suprême. « Quand la légalité suffit, disait-il avec Donoso Cbrtès, vive la légalité; quand la légalité ne suffit plus pour sauver un peuple, vive la dictature. » Dans le cas

présent, après avoir montré l'impasse où se trouvait acculé le pays, il dit aux conseillers qui rentouraient : « Personne ne croira jamais que, pour sauver la constitution, ce morceau de papier qu'on déchire ici tous les quatre ans, je sois obligé de livrer la République à ses bourreaux. » Et, de sa propre autorité, chargé par Dieu de pourvoir au salut du peuple dans un cas suprême, il décréta que le traître Maldonado serait fusillé le lendemain, 30 août, sur la place Saint- Dominique.

La veille de l'exécution, il descendit lui-même dans la prison pour annoncer au condamné qu'il allait mourir. 11 s'efforça de lui faire comprendre l'atrocité de son crime, mais il trouva un homme dur et hautain, fier de ses forfaits parce qu'il se croyait sûr de l'impunité. « Maldonado, lui dit-il, ne comptez pas sur les juges prévaricateurs qui se font un jeu de perdre les sociétés en absolvant les plus grands criminels. Je vous ai dit un jour que si je vous reprenais à conspirer, vous seriez fusillé sur la place de Quito. Préparez-vous à paraltire devant Dieu, car demain à pareille heure vous aurez cessé de vivre. » Maldonado connaissait l'implacable fermeté de son chef : il demanda un prêtre et mit ordre k sa conscience.

Le 30 août, avant l'exécution fixée à cinq heures, le colonel Dalgo reçut J'ordre d'échelonner les troupes de son bataillon sur tout le parcours que devait suivre le condamné pour se rendre de la prison au lieu de l'exécution. Quand on aperçut les sinistres préparatifs, la ville entière se leva sous une impression de surprise et d'épouvante. Le moment était d'autant plus critique que tous, citoyens et soldats, s'intéressaient vivement à Maldonado et à sa respectable famille. On espérait encore que le président, satisfait d'avoir terrifié les révolutionnaires par cet appareil lugubre, ferait grâce au dernier moment. Déjà des députations se formaient

pour intercéder en faveur du coupable, mais Garcia Moreno avait consigné sa porte. Un de ses amis ayant réussi à forcer le passage, il lui imposa silence et le fit garder à vue dans une salle du palais. La femme du général Maldonado, récemment arrivée de Latacunga, vint lui faire ses adieux, ce qui porta au comble Témotion des assistants. Le mot de grâce volait de bouche en bouche. Des foules, accourant du palais, annonçaient que l'acte de clémence allait être signé, si bien qu'au milieu du tumulte le colonel Dalgo, inquiet et troublé, envoya son aide de camp à Garcia Moreno pour loi demander des ordres définitifs : « Dites-lui, s'écria le président que si, à cinq heures, je n'entends pas les coups de fusil du peloton d'exécution, c'est lui qui sera fusillé. » Quelques instants après, Maldonado payait de sa vie son infâme trahison.

La foule revenait silencieuse et terrifiée quand on vit tout à coup Garcia Moreno sortir seul du palais , traverser avec un calme imperturbable militaires et civils, et se rendre hors de la ville pour inspecter certains travaux dont il s'occupait en ce moment. Le soir même, il rédigea et lança dans tout le pays cette proclamation laconique :

« Équatoriens, votre repos, vos biens, votre \ie même, sont menacés depuis trop longtemps par des criminels que l'or du Pérou a corrompus, et dont notre législation assure l'impunité. L'invasion de Manabi, la révolution sanglante projetée au mois de juin, les brigandages du Napo, le soulèvement de Machala, les enrôlements, de la Nouvelle-Grenade, les efforts tentés en ce moment pour insurger les paisibles populations de nos côtes, prouvent jusqu'à l'évidence que l'immoralité et l'impunité de quelques misérables mettent Tordre public en danger.

« Dans cette épouvantable crise, le gouvernement

doit opter entre deux partis extrêmes : laisser Tordre public, vos intérêts les pkis chers, vos lois, votre constitution, sombrer dans Tanarchie sous les coups de ces brigands, ou prendre sur lui la grave mais glorieuse responsabilité de comprimer leurs fureurspar des moyens sévères mais justes, terribles mais nécessaires. Je serais indigne de la confiance dont vous m'avez honoré si j'hésitais un instant à encourir n'importe quelle responsabilité pour sauver la patrie.

« Aussi, qu'on le sache bien, ceux que l'or aura corrompus tomberont sous le plomb vengeur; au crime succédera le châtiment, et, je l'espère,* aux périls qui nous menacent, la paix, objet de vos désirs. S'il faut sacrifier ma vie pour obtenir ce résultat, je l'immolerai de bon cœur à votre repos et à votre félicité. »

C'était la justification de Texécution qui venait d'avoir lieu et l'annonce des sévérités du lendemain. Naturellement les révolutionnaires crièrent à la tyrannie, à la cruauté, à l'arbitraire. Pour les confondre, il leur remit sous les yeux les principes proclamés autrefois par la Democraciaj journal du président Urbina, rédigé par son ministre Espinel : « La générosité et la clémence envers les ennemis de la patrie, disaient alors ces bons radicaux, sont des vertus mal entendues. La compassion envers des individus doit fléchir de- .vant la justice, quand le salut du peuple l'exige. Si la société peut faire disparaître un coupable pour un délit de droit commun, à plus forte raison des criminels qui ^conspirent sa ruine. Les grands malfaiteurs doivent subir dès ce bas monde le châtiment de leurs forfaits : ainsi l'exige la justice, ainsi le réclame la vindicte publique. » Au congrès de 1865, comme dans la proclamation que nous venons de citer, Garcia Moreno n'a pas invoqué d'autre principe pour justifier sa conduite : « Placé dans l'alternative ou de livrer ma

patrie aux mains d'insignes malfaiteurs ou de la s ver en les exterminant sur Téchafaud, je ne pouvaii ne devais hésiter L »

Délivré de Mald6nado, le président tourna ses an contre Urbina. Celui-ci, à la tête de cinq ou six c( bandits, occupait la ville de Mâchala. Avec ses t grands capitaines» Roblez, Franco et Léon, il se cro^ sûr d'allumer Tincendie sur tous les points de la côte de propager la révolution, de cités en cités, jusqu'< capitale. Dans une proclamation emphatique, il s' nonçait « comme un libérateur député par le contin américain pour abattre Tallié de l'Espagne et a ffranc le. peuple du concordat et des institutions monarchiqt Sa politique, à. lui, serait toujours subordonnée î vrais intérêts de son pays et de FAmérique. App par la grande majorité de la- nation, il se présent sans crainte, persuadé que son retour comblerait vœux de tous les patriotes. » 11 ne s'en aperçut gu< à Machala, car, en voyant ses bandes indiscipliiK faire main-basse sur tous les objets à leur convenan piller les caisses publiques et traiter les gens coraï des bêtes de somme, les habitants épouvantés dispai rent les uns après les autres. 11 ne resta, pour sign son pronunciamento que les repris de justice et qu ques malheureux, terrorisés ou racolés à prix d'argei

Déjà cet accueil peu rassurant, joint à l'exécution Maldonado, lui donnait à réfléchir, lorsqu'un décret Garcia Moreno, qui le mettait hors la loi, ainsi que î complices, abattit complètement son courage. « ^' quateur, disait le président, n'est, en guerre avec pc sonne, ni à l'intérieur ni à l'extérieur, par conséquer Urbina et ses bandits, arrivés de l'étranger pour rév lutionner et saccager le pays, doivent être considér

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