CHAPITRE XXI
CATASTROPHE d’iBARRA.
Don Javier Espinosa, le meilleur des hommes, aussi intelligent que vertueux, profondément conservateur et profondément catholique, aurait pu faire le meilleur des présidents, comme l’espérait Garcia Moreno, s’il ne s’était pas laissé circonvenir par les libéraux. On lui persuada que, nommé par tous les partis plus ou moins opposés au radicalisme, il devait les appeler tous au gouvernement, ainsi que l’exige le système parlementaire. Pour se montrer conciliant, il donna le ministère de l’intérieur et des affaires étrangères à son parent, Camillo Ponce, catholique sans épithète, et lui associa deux collègues de camps opposés. Les libéraux comprirent sa faute et le comblèrent d’éloges ; les radicaux euxmêmes promirent de devenir des anges de paix et de douceur sous le gouvernement paternel, légal, et tout à fait constitutionnel du sage Espinosa.
Avec un pareil entourage, le gouvernement devenait d’autant plus difficile que la constitution si souvent blâmée par Garcia Moreno, entravait à chaque instant l’action du président. Pour empêcher le navire de sombrer, il fallait un homme assez énergique pour éviter l’écueil par un virement de bord illégal, en s’appuyant sur le principe de Garcia Moreno : « Je suis chargé de sauver la république avant de sauver la constitution. » D’un caractère très timoré et très scrupuleux, Espinosa se fit au contraire l’esclave des fictions parlementaires et légales, au grand détriment des conservateurs. On lui présenta un jour une liste de trois noms parmi lesquels il devait, selon les dispositions constitutionnelles, choisir un gouverneur de province. Sur les trois, deux décii-
nèrent l’honneur et la charge, et le troisième était un libéral. Que faire ? l’accepter, si mauvais qu’il fût, ou exiger la présentation de trois nouveaux candidats. Le président ne se crut pas autorisé à prendre ce second parti et le libéralisme ae renforça d’un nouveau gouvernement de province. Si l’on ajoute qu’Espinosa, peu expert et peu soupçonneux en matière d’intrigues, refusait de croire à tout méfait non matériellement démontré, on verra qu’il avait toutes les qualités requises pour servir de jouet aux retors de la Révolution.
Garcia Moreno connaissait bien la faiblesse de caractère du nouveau président, mais il espérait qu’intelligent et consciencieux, il se laisserait guider par les conseils d’hommes expérimentés, dévoués à sa personne comme aux intérêts religieux et sociaux dont les conservateurs lui avaient confié la garde, mais il eut beau lui signaler les dangers de la situation, l’éclairer sur les hommes qui surprenaient sa bonne foi, lui dénoncer les trames des radicaux, Espinosa trouvait qu’il s’inquiétait à tort, puisque la légalité n’était pas violée. Du reste, afin d’enlever toute influence à l’ex-président, les radicaux représentèrent sa politique conme tyrannique et absolument monstrueuse. Dans un odieux pamphlet intitulé La République et Garcia Moreno, ils refirent à leur manière l’histoire des huit dernières années, pour établir que leur mortel ennemi n!avait tenu aucun compte de la constitution ni des lois. Son despotisme avait causé tous les malheurs du pays, d’où la conclusion toute naturelle que du principe légal, incarné dans le président Espinosa, jaillirait pour l’Equateur une source intarissable de gloire et de prospérité. Les conservateurs ripostèrent en montrant par l’histoire 1 avec quelle désinvolture leurs hommes si vantée, Roca, Gomez de la Terre, Franco, Roblez, et surtout Urbina, marchaient à pieds joints sur leur fameux principe dé la légalité, non par exception et pour sauver la patrie, mais tous les jours et pour contenter leurs passions. « Le parti anarchiste, que Garcia Moreno avait dû mettre à la raison, formait moins un parti politique qu’une ménagerie de bêtes féroces échappées de leur cage, et qu’il fallait y faire rentrer de gré ou de force sous peine
1 El senor G. Garcia Moreno y los liberales del Guayas. Quito, avril
d’en être dévoré. » Rien de plus vrai, mais les calomnies, reproduites et commentées dans les journaux, ne laissaient pas que d’impressionner vivement le gouvernement, déjà prévenu çontre Garcia Moreno.
Dès lors, le travail de destruction recommença de plus belle dans les clubs, les feuilles publiques, les bureaux des gouverneurs de provinces et même du ministère. Les radicaux minèrent le terrain, sournoisement et sans tapage, pour ne pas donner l’éveil au vertueux Espinosa. Leurs affidés ou des complices inconscients s’introduisirent dans les emplois, au mépris des conservateurs désormais sans influence et sans crédit. Sous prétexte de la liberté de la presse, on remit en question les principes religieux et sociaux. En vain Garcia Moreno essaya-t-il de nouveau d’ouvrir les yeux au gouvernement sur ces menées souterraines : Espinosa réclamait le corps du délit, le fait matériel qui permît de sévir sans sortir de la stricte. légalité.
L’Equateur allait assister à une seconde représentation de la pièce jouée, un an auparavant, sous le président Carrion. Incapable de supporter plus longtemps ce spectacle écœurant, Garcia Moreno prit le parti de se retirer à la campagnei II loua dans la région du nord, non loin d’Ibarra, l’hacienda de Guachala, avec l’intention de l’exploiter luimême. C’était un moyen de refaire sa santé fort ébranlée par les agitations de la vie politique et les grandes épreuves domestiques qu il avait subies durant ces dernières années. Sa digne et vertueuse épouse, Rosa Ascasubi, était descendue au tombeau. Il avait épousé en secondes noces la senora Mariana de Alcazar, nièce des Ascasubi. Quand il communiqua son projet d’alliance à la mère de la jeune fille, la noble femme lui répondit en pleurant qu’elle redoutait les jours troublés et les nuits d’angoisses qui avaient abrégé la vie de sa pauvre sœur. Elle ne voulait pas pour sa fille d’une existence qui consistait à se demander tous les jours si on ne lui rapporterait pas son mari, le cœur percé d’une balle ou d’un coup de poignard. Cependant, comme on ne résistait point à la volonté de Garcia Moreno, il avait uni son sort à celui de la senora Mariana, dont la jeunesse, l’amour et le courage ne craignirent point d’aflronter les tempêtes
qui épouvantaient sa tendre mère. Depuis lors, les angoisses n'avaient guère cessé : l’attentat de Lima, l’odieuse invalidation prononcée par les sénateurs, finalement, la perte d’une petite fille, premier fruit de leur amour, avaient initié la jeune femme à son long martyre. Il conduisit donc la douce Marianita, comme on l’appelait en famille, au milieu des bois, des prairies et des troupeaux de Guachala, décidé à y planter sa tente pour s’y procurer, avec le calme et les joies du foyer, un moyen honorable d’augmenter ses ressources.
Mais Dieu ne voulait pas que cet homme extraordinaire, véritable instrument de sa Providence, eut ici-bas un mo-
Vue au Coiopau.
ment de repos. Il ne l’avait appelé dans cette oasis qbe pour lui faire exercer une fois de plus, son rôle de sauveur. Le 13 août 1868, des éruptions volcaniques accompagnées de tremblement de terre, commencèrent à ébranler toute la province d’Ibarra. Dans la nuit du 15 au 16, vers une heure du matin, pendant que les volcans vomissaient des torrents de lave, une épouvantable secousse réveilla les habitants terrifiés. La terre tremblait ; les maisons et les églises s’ écrou-
laient avec fracas ; hommes, femmes, enfants, troupeaux, disparaissaient sous les décombres, au sein des abîmes creusés par les oscillations du sol. On n’entendait que les cris des mourants et les hurlements des malheureux échappés comme par miracle à l’horrible catastrophe. Le matin, des dix mille hommes qui composaient la population d’Ibarra, plus de la moitié était ensevelie sous les ruines ; l’autre moitié gisait sur les décombres, au milieu des cadavres, muette de stupeur, sans pain, sans vêtement, sans abri, sans espoir! Et non seulement la ville, mais toute la provinee d’Ibarra offrait ainsi l’image d’un vaste cimetière où les survivants du cataclysme pleuraient sur les tombes ouvertes de leurs parents et de leurs amis.
Pour comble de malheur, des bandes de pillards s’abattirent sur ce champ de mort comme des oiseaux de proie 6ur des cadavres. Au lieu de prêter secours aux pauvres mourants qui imploraient leur pitié, ils les achevaient pour les dépouiller. A cette vue, les Indiens sauvages des régions voisines, croyant à la destruction finale de la race espagnole, hurlèrent leur cri de guerre, et descendirent des montagnes, comme des démons sortis de l’enfer, en criant de toutes leurs forces : « Vive le grand Atahualpa ! » Les malheureux Ibarréniens fuyaient à l’approche de ces figures sinistres, mais partout ils rencontraient sur leurs pas le vol, le pillage et la mort.
Quand ces affreuses nouvelles se répandirent dans le pays, la consternation se peignit sur tous les visages, et des larmes coulèrent de tous les yeux. Le gouvernement, vivement ému, chercha immédiatement le moyen de sauver cette province ; mais comment refaire un peu d’ordre au milieu de l’horrible chaos ? Il ne trouva rien de mieux que de s’adresser au dévouement de l’homme que tous désignaient comme seul capable de remplir cette tâche surhumaine. Le 22 août, le ministre Camillo Ponce annonçait à Garcia Moreno sa nomination de chef militaire et civil de la province d’Ibarra. k La situation lamentable du pays, lui disait-il, exige des Secours extraordinaires, et surtout un homme de votre capalité et de votreé nergie. Désirant employer tous les moyens dont il dispose pour soulager et relever ces malheureuses
populations, le gouvernement vous investit de tous les pouvoirs ordinaires et extraordinaires que requiert l’état exceptionnel de la province. Chef civil et militaire, vous aurez sous vos ordres les autorités, politiques, administratives, militaires et financières ; vous prendrez les mesures que vous croirez nécessaires pour sauver ce peuple d’une ruine totale. Le gouvernement et la nation exigent de vous ce service d’humanité et de patriotisme, persuadés que vous répondrez à leur attente en acceptant la mission qui vous est confiée. »
Il y eut un tressaillement d’espérance dans tout l’Équateur quand cette nomination parut au journal officiel. Seuls les révolutionnaires, plus féroces que les voleurs et les Indiens, accablèrent le gouvernement d’invectives pour avoir appelé Garcia Moreno à un poste de péril sans doute, mais aussi d’honneur. Avec son génie et son courage, il était de force à faire sortir des ruines la province d’Ibarra, et alors quelle auréole autour de son front, quelles acclamations à la gloire du libérateur! Un gouvernement libéral devait-il accroître de cette façon l’influence du tyran, l’investir d’un pouvoir presque dictatorial, dont il ne manquerait pas d’abuser contre les malheureux Ibarréniens d’abord, et bientôt contre le pays tout entier? Pour le coup, le bon Espinosa fut nettement accusé de trahir la République.
GarciaMoreno n’hésita pas un instant à sacrifier pourcette œuvre d’humanité le repos dont il jouissait à Guachala. Laissant déblatérer les hommes de haine, il se rendit aussitôt sur le lieu du sinistre, accompagné de plusieurs bataillons destinés à rétablir l’ordre et à diriger, sous son commandement, les travaux de sauvetage, de construction et de ravitaillement indispensables pour arracher à la mort les tristes épaves du tremblement de terre. A quelque distance d’Ibàrra, la troupe fut arrêtée dans sa marche par la rivière de l’Ambi, dont les eaux, grossies par des pluies torrentielles, s’étendaient comme un large fleuve à travers la campagne. Les plus audacieux reculaient à l’idée de s’aventurer dans ces abîmes sans canots ni radeaux, lorsque l’intrépide chef lança son cheval au milieu du torrent, manœuvrant avec tant d’habileté que ses compagnons stupéfaits, après avoir plusieurs fois tremblé pour sa vie, le virent apparaître sain et sauf sur
l’autre rive. Entraînés par son audace, ils franchirent à leur tour le terrible passage, préludant ainsi aux actes héroïques qu’allait nécessiter leur difficile mission.
Dès son arrivée sur les ruines d’Ibarra, Garcia Moreno organisa tous les services, et les sauveteurs se mirent à l’œuvre sans délai, car le moindre retard dans les secours pouvait entraîner la mort d’un grand nombre de victimes. Des compagnies de soldats, lancéés contre les pillards et les Indiens, réussirent, après plusieurs luttes sanglantes, à les refouler dans leur repaire des montagnes. Afin de rétablir dans la population le sentiment de la justice et du droit de propriété, un tribunal, siégeant en permanence, condamna aux peines les plus sévères ceux qui furent reconnus coupables de délit ou de crime. Il était temps, car on racontait des forfaits inouïs. D’une nombreuse famille, deux frères seulement avaient survécu au désastre. L’un d’eux parvint à se dégager des ruines, mais, au lieu d’aider son frère à sortir d’un amas de décombres où il était enseveli vivant, il saisit une hache, et lui en asséna un grand coup sur la tête. Il devenait par ce fratricide mille fois exécrable l’unique héritier de la famille.
Pendant qu’on châtiait les criminels, des bandes de fossoyeurs enterraient les cadavres et déterraient les vivants qu’on retrouvait évanouis et prêts à rendre le dernier soupir sous des monceaux de débris, ou dans des cavernes creusées par les déchirements du sol. Garcia M.oreno eut la consolation de sauver ainsi des centaines de victimes qui avaient dit adieu à la vie, entr’autres la sœur du chargé d’affaires de la Colombie, vertueuse carmélite réfugiée à Ibarra depuis que la persécution avait fermé les couvents de son pays.
La grande difficulté, c’était de trouver des approvisionnements suffisants pour alimenter la ville et la province, également dépourvues de subsistances. La population se mourait d’inanition. Par ses chaleureux appels à la charité, Garcia Moreno provoqua dans la capitale et les autres villes importantes des souscriptions volontaires, et organisa dans les campagnes des convois de vivres, .don il se chargea de faire la répartition. Lui-même, bien que «es ressources fussent très restreintes, il s’inscrivit pour mille piastres et donna l’ordre àsonintendantd’expédierdeGuachalatoutesles provisionsque
l’hacienda pouvait fournir. La distribution des vivres se faisait de la manière la plus équitable, car il veillait avec le plus grand soin sur tous les employés, afin d’empêcher les cupides de spéculer sur la misère publique. Certains commerçants, pour qui tout était moyen d’infâme trafic, vendaient à dés prix exorbitants les choses mêmes de première nécessité : il les condamna à être publiquement châtiés, au même titre que les escrocs et les voleurs.
En peu de temps, grâce à son infatigable activité, l’ordre régna dans toute la province. Les oiseaux de proie avaient disparu : la population rassurée vivait sous la tente ; les familles se rapprochaient, réunissant leurs faibles ressources. On envisageait l’avenir avec moins d’effroi. Des pionniers traçaient des routes au travers des décombres, premiers linéaments d’une nouvelle cité qui devait s’élever bientôt sur les ruines de l’antique Ibarra. Le génie organisateur de Garcia Moreno présidait à la résurrection de ce peuple, heureux de l’appeler son protecteur et son père.
Au récit de ces merveilles, 1er radicaux de Guayaquil et de Quito, séchaient de dépit. A Ibarra même, on les vit, témoins attristés de l’œuvre accomplie par Garcia Moreno, former d’odieux conciliabules au milieu des ruines, afin de chercher un moyen quelconque d’incriminer le dévouement et de souiller la charité. Leur porte-voix, l’avocat Mestanza, président de la Société Patriotique de Quito, affirma dans les journaux de la secte que « toutes les ressources accumulées depuis le tremblement de terre avaient passé dans les mains impures d’employés sans vergogne. » Cette vilenie n’atteignait pas Garcia Moreno, dont le désintéressement et l’extrême rigidité envers ses subalternes n’étaient que trop connus des libéraux ; néanmoins, les notables d’Ibarra se levèrent comme un seul homme pour jeter à la face de Mestanza l’épithète de « misérable calomniateur. »
Cette protestation ne fit qu’irriter la colère des radicaux. A propos d’un marché conclu avec un ami, et uniquement pour rendre service à cet ami, ils accusèrent Garcia Moreno d’avoir profité des malheurs publics pour acheter des marchandises à vil prix et les revendre à gros bénéfices. Indigné de cette lâcheté, le vendeur. Manuel Fierro, protesta solennellement
et sous la foi du serment « qu’il avait lui-même offert ses marchandises à Garcia Moreno, mais que celui-ci les avait refusées, n’en ayant nul besoin, et ne voulant faire aucun achat en ces temps de calamité. 11 n’avait cédé que sur ses instances réitérées, pour lui rendre service, et en le priant de faire lui-même les prix, qu’il avait acceptés sans en rabattre une obole b » Garcia Moreno ajouta que si les radicaux trouvaient le marché avantageux, il était prêt à le leur céder sans aucun bénéfice.
Il faut citer ces énormités pour montrer la haine satanique qui ronge le cœur des libéraux, et les ignobles moyens auxquels ils ont recours pour déshonorer l’hQmme le plus honnête et le plus loyal. Les Ibarréniens reconnaissants ensevelirent ces hontes sous les témoignages non équivoques, je ne dirai pas de leur sympathie, mais d’un amour vraiment filial pour Garcia Moreno. A peine l’eurent-ils vu à l’œuvre que, dans une adresse à leurs bienfaiteurs des provinces voisines, ils l’exaltèrent « comme un sauveur envoyé par la Providence, au milieu du déluge dans lequel ils avaient été comme ensevelis ». — « La protection dont nous entoure Garcia Moreno, dirent-ils 1 2 , cet homme qu’une inspiration du ciel a fait nommer chef civil et militaire de la province, est de telle nature que les paroles nous manquent pour célébrer notre sauveur. On dirait que cet illustre héros a été créé tout exprès par Dieu pour nous consoler dans cette immense infortune. Les larmes qui coulent de nos yeux peuvent seules lui témoigner l’émotion de nos cœurs à la vue de son dévouement. Bientôt, grâce à l’infatigable activité qui le caractérise, à l’audace de ses conceptions, à la promptitude et à la sûreté de ses moyens d’exécution, nous lui serons redevables de notre résurrection sociale et politique. Nous ne serons plus des ombres errantes au milieu d’un champ de désolation couvert de vingt mille cadavres. La province d’Ibarra ne perdra pas son nom, ni la bannière de l’Equateur une de ses plus brillantes étoiles. »
Un mois plus tard, quand Garcia Moreno dut quitter la
1 « Al Publico » feuille volante, l sr décembre 1868.
3 Un senlimiento de gratitud, signé : Los lbarrenos. Quito, septembre
renaissante Ibarra, le peuple entier accourut pour lui dire adieu, absolument comme au départ d’un père. Tous fondaient en larmes et l’accablaient de remercîments et de bénédictions. Quelque temps après, les dames d’Ibarra, au nom de la province, lui firent hommage d’une médaille en or, enrichie de diamants, et portant cet exergue : Au sauveur d’Ibarra.
Hélas! ce tremblement de terre, avec ses épouvantables dégâts et ses monceaux de cadavres, n’est qu’une faible image des bouleversements accomplis dans le monde par la Révolution ! Si le« Sauveur d’Ibarra » mérite une médaille d’honneur, ses compatriotes lui doivent des couronnes pour les avoir arrachés dix fois aux griffes des révolutionnaires. Nous allons le voir procéder contre ces implacables ennemis de l’ordre au dernier et définitif sauvetage de la République.
ClIAPITItE XXII.