L INSTRUCTION PUBLIQUE
L'inslruction publique n'existait avant Garcia Moreno qu'à l'état rudimentaire. Sous la domination espagnole, l'université de Quito avait produit des latinistes, des philosophes , des théologiens , des jurisconsultes, mais peu d'hommes versés dans les études littéraires et scicnlifiques. Quelques rares collèges, accessibles aux seuls privilégiés de la fortune ; pour la masse du peuple des embryons d'écoles primaires, justement méprisées; pour les indiens, le simple enseignement de la doctrine chrétienne donné chaque dimanche par les pasteurs. La Révolution détruisit même ces pauvres germes : au milieu des conflits, des guerres, des insurrections, on sentait moins le besoin de collèges que de casernes ; de professeurs, que de capitaines. Durant un quart de siècle, les salles de l'université, les collèges, les séminaires, les couvents se remplirent non d'étudiants mais de soldats. Les murailles noircies de fumée, couvertes d'ignobles dictons ou de dessins obscènes; les œuvres d'art, de peinture ou de sculpture souillées ou mutilées, montrent clairement le niveau de l'instruction à cette époque. Rocafuerte fit un effort vigoureux pour réorganiser l'enseignement, mais Ur-
bina, nous l'avons vu, travailla de toutes ses forces à le ruiner de fond en comble. Le mémoire présenté par Garcia Moreno au congrès de 1863, expose « le triste et lamentable état de l'instruction publique depuis qu'Urbina avait édicté la loi des études, et converti en caserne l'unique collège de la capitale. C'est la décadence complète de l'enseignement scienlilique et littéraire. On dirait que les législateurs de ISHS ont eu à cœur de conduire la république dans un abîme de malheurs par le chemin de la barbarie. »
Le même fait avait été constaté, deux ans atiparavant, parD. F. Cevallos', à l'occasion de sa réception dans V Acadthnie nationale, récemment fondée à Quito. «Comme les membres de cette Académie se connaissent à peine, disait-il, et que je n'ai sous les yeux ni auteurs, ni livres, je m'abstiens de tout panégyrique... L'idée d'une académie à l'Equateur paraîtra tellement étrange que si notre société ne prend pas la ferme résolution de soutTrir patiemment les averses de quolibets ([ui vont pleuvoir sur elle de tous les collèges, universités, tribunes, journaux, revues et salons, je puis vous annoncer que vous ne vivrez pas un jour. Si l'on considère les illustres académiciens qui dominent en Europe le monde scientifique et littéraire, difficilement on vous regardera sans sourire. Où sont nos savants, nos lettrés, nos laboratoires, nos bibliothèques? Où se trouve chez nous, pauvres enfants de l'ignorance et de la révolte, cette classe de penseurs assez dédaigneux des j)réoccupalions domesli(|nes pour se livrer exclusivemc^nl à l'étude de la philosopliie et des sciences? »
Après ce début, qui établissait le niveau présent de* l'instruction, l'académicien envisageait l'avenir et mettait bes confrères en garde contre rinconstancc et l'im-
' li'autour (iiblinguù de VUùloriadel Ecuador, !> vol. (^Miilo.
patience : « Nous voudrions, disait-il, aplanir lesAndes en un an et délViclier nos bois en un jour. Avec une volonté calme et toujours égale, les hommes triomphent de l'impossible. Qui sait? un jour luira peut-être, non pour nous, mais pour la patrie qui ne meurt pas, où l'Equatorien, pénétré de la science des autres peuples, soulèvera, de concert avec eux, le voile dont la nature enveloppe ses secrets et ouvrira des sentiers nouveaux aux progrès du génie humain. L'intelligence et la raison n'ont ni âge, ni race, ni patrie, elles sont de tous les temps et constituent l'apanage de tous les peuples. Avec une volonté forte, on les ferait resplendir au INapo aussi bien que dans la docte Allemagne. »
Ce beau rêve, caressé pour un avenir lointain, l'académicien put dix ans après en contempler la réalisation. Un homme de génie et de volonté pronon(;a le Fiat lux au milieu de* ces ténèbres, et la vérité sous toutes ses faces illumina les esprits. Il faudrait un volume pour raconter les merveilles opérées par Garcia Moreno en quelques années, merveilles d'autant plus admirables qu'il eut à vaincre, pour réussir, de véritables impossibilités matérielles et morales. Comment déterminer à l'étuile ces races apathiques par tempérament, qui s'autorisent de leur soleil, de leur climat, et de leurs montagnes, pour s'exempter du travail? Comment remonter le torrent des habitudes séculaires, vaincre l'opposition des municipalités routinières et les sophismes des politiques à courte vue? Où trouver, dans ce pays pauvre, de l'argent pour bâtir des écoles et des collèges ? Où recruter des professeurs pour enseigner? Cette tâche gigantesque n'ellraya point Garcia Moreno.
Préoccupé de relever le niveau moral et intellectuel du peuple, il travailla d'abord à réformer l'instruction primaire, triste apanage d'un très petit nombre d'enfants, qui végétaient dans des écoles mal organisées et
plus mal dirigées. Dès sa première présidence, il posa les bases d'une rénovation complète, en appelant à l'Equateur dillérentes congrégations enseignantes , frères des écoles chrétiennes, sœurs de charité, dames du Sacré-Cœur, religieuses de la Providence, qu'il installa dans les grandes villes, à Quito, à Cuenca, à Guayaquil, pour y fonder des écoles gratuites et libres. Il détruisit ainsi d'un seul coup le monopole de l'université, rompit avec les vieilles méthodes, et suscita des écoles modèles qui bientôt discréditèrent celles de l'Etat. Ce n'était là pourtant qu'une pierre d'attente pour le jour où, revêtu d'une autorité suflisante, il pourrait agir en maître.
Au congrès de 1871, le message dévoila son plan tout entier. « L'instruction publique, dit-il, est l'objet constant de notre sollicitude. L'enseignement primaire, le premier en importance, parce qu'il s'adresse à tous et sert de préparation aux études plus élevées, a reçu de préférence les soins du gouvernement. Malheureusement la législation actuelle nous laisse sans moyens d'action suflisants pour donner à cette œuvre la vie et l'impulsion. Qu'importent en efl'et l'ouverture d'un certain nombre de classes gratuites placées sous la direction des frères, et la construction d'édifices très coûteux destinés aux lilles de la charité et aux religieuses du Sacré-Cœur? Aussi longtemps que l'instruction primaire dépendra des conseils académiques de province pour le choix de l'instituteur, et- des municipalités pour les dotations, on verra beaucouj) de paroisses privées d"écolcs, et d'aulres en danger de perdre celles ({u'elles possèdent, sous un coupable |)rélexte d'économie, ou bien parce que les instituteurs, insuflisammenl rétribués, refusent de se consacrer à celte lûche laborieuse et ingrate. Il nous restera ceux (jue leur ignorance ou leur inconduite vouent à ce labeur, devenu leur unique
gagne-pain. L'enseignement primaire chez nous a toujours été la carrière de ceux qui n'en ont pas d'autre, et le résultat de cette déplorable situation, c'est qu'apros plusieiu's années irrémédiablement perdues, les enCants sortent de ces bouges d'ignorance la télé vide d'idées utiles et le cirur plein d'exemples pernicieux. Ajoulez que faute de maîtres ou de bonne volonté de la part des parents, lamoitié des enfants peut-être ne reçoit aucune instruction. Est-il étonnant que l'ignorance et l'abjection se transmettent comme un héritage fatal, que la paresseuse indolence se perpétue comme une tache indélébile, et que la race indigène en particulier croupisse dans sa dégradation ? Pour remédier à ce mal suprême, le ])rojet de loi que je vous présente concède au gouvernement l'autorisation d'ouvrir de nouvelles écoles, de manière à pourvoir à l'éducation de deux cent mille enfants, et déclare l'instruction primaire gratuite et obligatoire pour tous, excepté pour les nécessiteux. »
Cette loi, volée par le congrès, réveilla les plus indolents. L'école obligatoire pour tous les enfants de huit à douze ans, les parents déclarés responsables et passibles d'une amende de plusieiws j)iastres, des prestations correspondantes à dix jours de travail imposées aux adultes illettrés, sans compter la privation des droits civiques stipulée parla constitution : telles étaient les dispositions relatives aux particuliers. Quant aux communes, toute agglomération pouvant fournir cinquante enfants de six à douze ans, avait le droit d'exiger une école primaire. Au gouvernement, tenu de l'établir même si la paroisse n'en faisait pas la demamie, la responsabilité de tout relard coupable dans l'accomplissement de ce devoir '.
' Piouno, C iLcrioii de uljunos E:icrUos.
Pour arriver à l'exécution de cette loi il fallait des maîtres. Le président fit, derechef, appel aux frères des Ecoles chrélionnes qui accoururent de France au secours de leurs aînés. De vastes installations leur furent préparées, non seulement dans les cités de premier ordre, mais dans tous les centrés populeux, comme Latacunga, Guaranda, Ibarra et Loja. Dépenses occasionnées par ces longs voyages, frais d'établissement et d'entretien, rien n'arrêtait le président; et, comme malgré tout, le nombre des instituteurs congréganistes restait insuflisant, il créa sous leur direction une école normale de maîtres laïques profondément chrétiens qui, formés parla méthode des frères, devinrent leurs collaborateurs dans les campagnes.
En peu de temps, l'instruction primaire, pour laquelle le président dépensait annuellement plus de cent mille piastres, prospéra d'une manière admirable. Dans 1 intervalle d'un congrès à l'autre plus de cent écoles nouvelles s'élevèrent. On en comptait deux cents en 1809. quatre cents en i873, et cinq cents au commencement de d875. La progression du nombre des élèves suivait la même proportion. Les statistiques oflicielles établissent qu'avant le gouvernement de Garcia Moreno, le chilTre des élèves fréquentant l'école primaire était de huit mille environ. En 1805. après sa première présidence il s'élevait à treize mille; en 1871, à quinze mille; en 1873, ù vingt-deux mille; en 1875, à trente-deux mille.
Les filles n'entrent que pour une part très minime dans ce recensement. En rajjportant les chi lires que nous venons de donner, Garcia Moreno établit que le nombre des filles fréquentant les écoles est des trois quarts inférieur à celui des garçons, delà tient, disaitil, à la pénurie de maîtresses et de locaux, et surtout à la difllcullé pour les petites filles d'aborder les écoles.
les populations se trouvant disséminées à travers des campagnes d'une immense étendue, souvent tr^s accidentées, et sans autres voies de communication quf des sentiers étroits et dangereux. Il étudiait les moyens de vaincre les difficultés que la nature elle-même opposait à son œuvre.
Les Indiens, qui composent presque un tiers de la population totale, figurent aussi pour un nombre insignifiant dans les tableaux ci-dessus mentionnés. Il» avaient vécu juscjue-là sans aucune autre insiruclion que le catéchisme. Garcia Moreno créa des écoles spéciales à l'usage de ces pauvres indigènes, et des bourses à l'école normale pour former des maîtres indiens. Malgré tous ces sacrifices, il eut besoin de toute son énergie pour vaincre leur paresse native, et plus encore leurs préjugés, d'autant plus que, dans le but de contrecarrer l'œuvre et rinlliience de Garcia Moreno, les libéraux insinueront aux indiens, jusque-là exempts du service militaire, que le président ne les mettait à l'école que pour les conduire à la caserne. Des impudents osaient même dire aux naïfs indigènes que. leur destinée étant de vivre dans l'ignorance et l'infortune, s'ils l'acceptaient francheiment, on ne forcerait pas leurs enfants à fréquenter les écoles. Ces pauvres malheureux adressaient aux gouverneurs de province des pétitions dans ce sens, rédigées par les meneurs de l'opposition, et l'on avait toutes les peines du monde à les désabuser.
Si Ton joint à ces créations, des cours spéciaux pour les soldats et les prisonniers, on verra qu'aucune classe de la population, môme la plus infime, ne fut exclue du bienfait de l'instruction. Quant au programme des études, on adopta celui de nos congrégations enseignantes, où la science religieuse occupe la première place. Garcia Moreno eCit préféré mille fois laisser l'en-
fant dans l'ignorance que de lui apprendre à vivre sans Dieu. Son bonheur, c'était de voir ces milliers d'élèves, grâce à l'éducation de maîtres chrétiens, avancer dans la piété aussi bien que dans la science. Avec des hommes de cette trempe, disait-il, nous régé-i nèrerons les familles et la société.
Toutefois si l'instruction primaire élève les masses populaires, c'est l'instruction secondaire qui forme les classes dirigeantes, et, par là même, exerce la plus grande influence sur les destinées d'une nation. Aussi, dès qu'il eut pris les rênes du gouvernement, le président voulut -il réorganiser sur une base solide les quelques mauvais collèges de l'Equateur. Il demanda pour cela le concours des jésuites, ces instituteurs modèles, auxquels il avait rouvert une première fois la porte du pays dix ans auparavant, et que la Révolution, aussi stupide qu'impie, en avait expulsés. Sur sa proposition, le congrès autorisa la compagnie de Jésus à fonder des établissements d'instruction dans tout l'Equateur, avec liberté pleine et entière de suivre leurs méthodes traditionnelles, telles que les expose le liatio stiidiorum. Leurs cours, assimilés à ceux des collèges universitaires, jouissaient des mêmes privilèges comme acheminement aux grades.
En se rendant aux instances réitérées du gouverne^ ment et du peuple, les jésuites, devenus sages à l'école de l'expérience, stipulèrent par un Irai lé en règle que, « dans le cas tout à l'ail improhahh^ où le gouvernement supprimerait la compagnie de Jésus, les membres de la société ne pourraient être déportés ni dispcM'sés avant un délai de huit mois à partir du jour de la suppression. Ils jouiraient durant ce temps de toutes les garanties constitutionnelles et légales pour régler leur voyage et disposer (U\ Icmu's biens. » Dans un temps co[ume le nOtre et sous un régime républicain, les
jcsiiiles ne manircslenf pas la prétention de ne plus être chassés ; ils demandent seulement le temps de ramasser quelques hardes pour le voyage et la permission de tracer eux-mêmes la route de l'exil.
Ils ne fondèrent que deux établissements sous la première présidence de Garcia Moreno, l'un à Guayaquil, l'autre à Quito; mais, après la suppression de l'université en i8G9, l'enseignement secondaire prit un grand essor, et presque toutes les provinces eurent leurs collèges, outre le séminaire diocésain. Le président bàlit à Quito un magnilique édifice, destiné aux jésuites, collège qu'il voulait dédier à saint Joseph, mais que l'archevêque baptisa du nom de saint Gabriel, pour honorer la mémoire de l'illustre fondateur. En somme, deux cents professeurs, employés dans les collèges et séminaires, donnaient l'instruction à plus de mille élèves. L'Eglise et l'Etat rivalisaient de sacrifices pour le développement et le perfectionnement de cette œuvre. Dans cette voie, le président ne s'arrêtait jamais : « Si les collèges sont bons, disait-il au congrès de 4871, s'ils offrent toutes les garanties désirables de moralité et de progrès, il ne faut point regarder à la dépense pour les multiplier; s'ils sont mauvais, mieux vaut n'en avoir pas, car la plus terrible calamité pour une nation, c'est de voir la jeunesse perdre ses meilleures années dans l'oisiveté, ou ne se meubler l'esprit que de notions incomplètes, inutiles et fausses.
Sous ce rapport, il n'avait rien à craindre. A l'Equateur comme partout, la compagnie de Jésus formait des hommes et des chrétiens, non des demi-savants orgueilleux, sans éducation et sans mœurs. Dans une distribution de prix à Quito, le recteur du collège, expliquant la méthode d'enseignement, ne cacha point que l'instruction religieuse et l'éducation chrétienne auraient toujours le premier rang chez les jésuites. A
l'appui de sa Ihèse, il cita cette parole de Qiiinlilien que les professeurs et pères de famille feraient blende méditer : « Si les écoles, en donnant Tinstruclion, devaient corrompre les mœurs, je n'hésite pas à dire qu'il faudrait préférer la vertu au savoir, »
Plus heureux qu'en France, où ils sont oblip!:és de se conformer aux exigences idiotes du baccalauréat universitaire, les jésuites de l'Equateur donnaient aux études linguistiques, littéraires et scientifiques la part qui leur revient dans la formation de rintcUigence et du cœur. Ils n'étaient pas de ces utilitaires qui tuent les humanités pour plaire au matérialisme moderne et compriment l'essor de l'àme vers les régions intellectuelles et morales en l'appliquant d'une manière exclusive aux études professionnelles. Ils suivaient à la lettre ce Ratio studionim qui servit de base aux études durant tout notre dix-septième siècle.
Le président n'oubliait pas que les jeunes filles appartenant aux classes supérieures de la société, réclamaient comme leurs frères une instruction en rapport avec leur position. Jusque-là toute tentative plus ou moins libérale d'éducation féminine avait complètement avorté, par suite de l'incapacité des maîtresses QU le défaut absolu de principes religieux. Garcia Mol'cno résolut cette difficulté comme toutes les autres en faisant appel aux congrégations. Les religieuses des Sacrés-Oœurs établirent à Quito et dans d'autres villes de vastes pensionnats, où l'on s'attacha plus particulièrement à l'enseignement pratique. Chaque année, le public admirait la gracieuse exposition des merveilles produites par l'industrie enfantine, sous la direction do maîtresses habiles et dévouées. Enfants et parents, pénétrés de la plus vive reconnaissance envers le président, s'unissaient de grand ro'ur aux sentiments qui lui furent exprimés au pensionnat de (Juito, un jour do
Niistribulion de prix: « Cette maison est l'œuvre de vos mains. Toute cette jeunesse vous regarde comme son père et son bienfaiteur. Chacun de nous prononce votre nom avec gratitude et vénération, et ceux qui viendront après nous vous béniront jusqu'à la tin des siècles. »
Bans ce même ordre d'idées, il faut ajouter aux collèges et pensionnats une école professionnelle connue sous le nom de protectorat catholique, et dirigée par des Frères venus de New-York. D'habiles ouvriers charpentiers, ébénistes, mécaniciens, recrutés chez les peuples plus particulièrement distingués par leurs progrès dans l'industrie, prirent possession d'un spacieux établissement dans un faubourg de Quito, et y ouvrirent des ateliers d'apprentissage. Pour apprécier à sa juste valeur cette création, il faut savoir à quel degré de pénurie, en fait d'objets de première nécessité, d'instruments de travail, et même du mobilier le plus élémentaire, se trouveraient réduits les habitants des Cordillères s'ils ne se procuraient en Europe les produits de nos diverses industries. En formant des artisans indigènes, Garcia Moreno évitait à ses compatriotes des frais de transport qui doublent et triplent les prix des objets importés.
Un enseignement technique de môme nature, pour les jeunes filles, fut confié aux sœurs de la Providence de Belgique. Les jeunes filles pauvres trouvèrent près d'elles un asile sûr dans un hospice préparé pour les recevoir. « Ainsi, disait le président, le travail et l'instruction, appuyés sur la pratique des vertus chrétiennes, arracheront à la corruption ces victimes du vice et de la misère '. »
L'enseignement primaire et secondaire rendu acces-
* Message de 1871.