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sous la ligne équinoxiale, dans un climat sain et délicieux où l'on jouit d'un printemps perpétuel ^ » Mais, comme il s'agissait d'une œuvre d'utilité générale et d'exécution très dispendieuse, il crut devoir proposer aux gouvernements étrangers de construire à frais communs ce monument gigantesque. Il communiqua d'abord son projet à la France, en rappelant au gouvernement de Napoléon la mission scientitîquede La Gondamine et de ses compagnons, au siècle dernier. La République de l'Kquateur serait heureuse de voir les Français tenter de nouvelles expériences et de nouvelles découvertes dans sa capitale. En 186o, le ministre Rouland, que d'autres préoccupations absorbaient, répondit par une lin de non-recevoir. Garcia Moreno s'adressa aux gouvernements de la Grande-Bretagne et des États-Unis, qui firent aussi la sourde oreille. Alors, inébranlable dans ses desseins, le président résolut d'exécuter à lui seul une entreprise si avantageuse à la science et si glorieuse pour son pays. En 1870, des crédits illimités furent ouverts pour la construction de l'édifice et l'acquisition des instruments. Les appareils complets, construits d'après les meilleurs systèmes, sortirent des ateliers de Munich. Un télescope, d'une force prodigieuse, coûta six mille piastres. En quatre ans, le monument était debout ; le P. Menten, l'illustre associé du P. Secchi à l'observatoire romain, allait s'y installer, quand le crime du 6 août fit disparaître le fondateur. Quelques mois plus tard, le buste de son successeur s'y olVrait aux regards d'une population surprise et indignée.
Beaucoup s'imaginent que le révolutionnaire est nécessairement un progressiste et le catholique un rétrograde. Il ressort de ce chapitre sur l'enseignement à
* Message 1873.
Quito deux vcrilos évidentes: la prcmit^re, qu'on un demi-siècle, la Révolution n'a rien su fondée à l'Equateur, ni instruction primaire, ni enseignement secondaire, ni enseignement supérieur; la seconde, qu'en six ans le catholique Garcia Moreno a fait passer son pays, sous ce triple rapport, des plus profondes ténèbres à la plus resplendissante lumière. Un troisième fait plus signilTcalif encore : après l'assassinat du grand homme à qui l'on devait tant de merveilleuses créations, la Révolution triomphante replongea le pays dans le chaos primitif; les Jésuites de l'école polytechnique portèrent en d'autres pays leur savoir et leur exj^érience ; et, quel{[ue temps après, dit un témoin oculaire ^ « nous eûmes la douleur de voir ces laboratoires si bien pourvus, si bien tenus, complètement abandonnés, ces instruments, ces appareils, ces machines, démontés, détériorés, recouverts d'une couche épaisse de poussière. » La clef de voûte enlevée, l'édifice s'était écroulé. Le nom de Garcia Moreno prolestera éternellement contre ce mensonge devenu presque un aviome historique: l'Eglise arrête le progrès des sciences, et la Révolution le favorise.
* M. Doiiicc, professeur d'anatomie.