ŒUVRES DE CHARITÉ
En Garcia Moreno, le CŒ'ur était à la haiitour do l'intelligence. Il siiflira de jeter un coup d'ceil sur ses œuvres de charité, plus admirablfs peut-être que ses œuvres d'enseignement, pour comprendre quels trésors de bonté recelait cette grande àme.
Au nombre des plaies qui rongeaient l'Equateur, il faut compter le paupérisme. Epuisé par les contributions, le militarisme et les révolutions, privé de commerce et d'agriculture, indolent par nature, le peuple vivait dans la misère, celte misère dégradante, trop souvent compagne du vice et du crime. De là beaucoup de mendiants^ de vagabonds, de filles perdues, d'enfants abandonnés, de bandits et de voleurs. Les routes, même d'un village à l'autre, étaient peu sûres pour quiconque n'avait point de revolver en poche. Garcia Moreno entreprit de lutter contre le paupérisme ; mais avant tout il s'occupa de venir en aide à ses victimes.
Les entants privés des soins de la famille excitèrent d'abord sa sollicitude. Il fonda, pour les secourir, deux orphelinats à Quito. Le premier, confié auxsœurs de Charité, abrita les enfants abandonnés par le vice ou l'indigence. Une dame généreuse fit les frais d'un ma-
gnifique établissement*, et le gouvernement fournit les ressources nécessaires pour l'entretien. Dans le second, desservi par les sœurs de la Providence, furent recueillis les vrais orphelins. Grâce à la protection du président, et au dévouement religieux, ces enfants retrouvèrent des mères qui, en les formant aux vertus chrétiennes, préparaient à la société des membres sains et utiles, au lieu de membres pourris et gangrenés. Des orphelinats semblables s'élevèrent bientôt à Guayaquil ot à Cuenca, sur les instances de Garcia Moreno et au moyen des subventions qu'il obtint du congrès.
Une autre classe d'infortunées, les filles de mauvaise vie, plus ou moins adonnées au libertinage, et contre lesquelles il avait édicté, comme nous l'avons dit, des règlements de police très sévères, appela bientôt son attention, ill était facile de les jeter en prison, mais l'expérience prouve que la prison devient trop souvent pour <;es malheureuses une école de corruption plus raffinée. La religion seule, par les grâces qu'elle confère, a le don de guérir ces natures doublement viciées. La preuve de son action toute puissante, môme sur les plus incorrigibles, Garcia Moreno la voyait dans ces tristes victimes de notre civilisation qui , après avoir habité dix et vingt ans les bouges déshonorés où nos philaathropes les entretiennent, finissent, entre les mains des admirables HUos du Ron-I*asleur, par se transformer en madeleines pénitentes, et bientôt en modèles d'innocence et de pureté. Pour cette raison, il établit dans la capitale un refuge dirigé par les sœurs du Hon-Pasteur. Tra([uées par la police qui ne leur fit point (le (jiiartier, les débauchées s'enfuirent du pays ou renoncèrent à leur infâme niélier. Les récidives furent internées sans miséricorde au Ilon-Pasleur. Dans
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cet asile, grâce à la vie régulière, au travail, aux pieusef» exhortations, aux bons soins des religieuses, elles se convertirent sincèrement. Quelques-unes rentrèrent dans leurs familles pour y vivre avec honneur, la pluparl restèrent bénévolement dans leur sainte retraite et s'y adonnèrent complètement à Dieu.
Cette œuvre de salubrité morale déplut aux libéraux. En effet, de quel droit privait-on ces libertines de lu liberté , et les hberlins de leurs victimes? A la mort de Garcia Moreno, la Révolution répara cette injustice et mit fin à ce désordre. Une compagnie de jeunes civilisés, musique en tête , entoura l'établissement du Bon- Pasteur, fit un charivari aux religieuses, força les portes de leur maison, et donna la liberté aux filles repenties, c'est-à-dire les replongea sans pitié dans l'infamie et la misère d'où les avait tirées Garcia Moreno. Et c'est lui qu'on qualifie de despote! Elles crocheteurs du refuge sont, eux, les vrais amis de l'humanité !
Les prisons à leur tour réclamaient une réforme d'autant plus urgente qu'un régime intolérable et des abus révoltants torturaient un plus grand nombre de victimes. Par suite des guerres, des insurrections fréquentes, de la démoralisation qui en est la suite, ces bouges infects regorgeaient d'assassins, de voleurs, de débauchés et de criminels de toute espèce. Le corps y dépérissait faute d'air et de nourriture, pendant que Tâme y croupissait dans la crapule et l'oisiveté. Pas d'autre exercice religieux que la messe du dimanche ; pas d'instruction, pas de consolation pour ces parias de l'humanité; nul effort pour les convertir et les réhabiliter. Trop souvent on leur donnait pour aumônier un prêtre discrédité ou impropre aux autres fonctions du ministère ecclésiastique. Le prisonnier n'avait d'autre préoccupation que de s'enfuir de ce tombeau où ilétait enterré vivant.
Après une inspection minutieuse, le premier soin de Garcia Moreno fut de remédier aux désordres matériels les plus graves, puis d'étudier les moyens à prendre pour faire de la prison une école de correction et de moralisation. De nos jours, les philanthropes et les humanitaires ont beaucoup disserté sur le régime des prisons, sur les différents systèmes pénitentiaires, sur la cellule et la communauté : en somme, ils n'ont réussi qu'à prouver leur haine do Dieu et du prêtre, en môme temps que, parleurs essais toujours infructueux, ils démontraient à leur manière l'impossibilité de s'en passer.
La réforme de Garcia Moreno fut, comme toutes les autres, basée sur la religion. Il chercha deux hommes unis de cœur, capables d'appliquer ses idées : un aumônier, pour pénétrer jusqu'à l'àme des malheureux détenus; un directeur intelligent et ferme, pour faire exécuter les règlements et prèler main-forte à l'aumônier. Un ordre du jour, combiné d'après le but qu'il poursuivait, fut imposé aux prisonniers, et chacun dut s'y astreindre sous les peines les plus rigoureuses.
Dès lors, tout changea de face. La prison devint tour à tour une école et un atelier. A certaines heures déterminées, l'aumônier, don Aboi de Corral, jeune prôtre plein de dévouement, enseignait à ses étranges auditeurs la doctrine chrétienne, les lois du déoalogue, avec lesquelles ils paraissaient assez peu familiarisés, les devoirs de l'honnèto homme, les exercices du chrétien, tels (jue la prière do chaque jour et la fréquentation dos saciomoiils. Il y ajonlail par surcroît dos leçons de lecture, d'écriture et i\(^ calcul, ainsi (juo d'autres nolions et connaissances utiles. Après cela, venait le travail manuel; chacun s'a|q)li(|uail au moliorle plus conforme à ses aptitudes. Le directeur, don Francisco Arollano, «iccondail l'auniônier avec zèle et intelligence, châtiant
les paresseux ou les récalcitrants, afin de forcer au devoir par le sentiment de la peine. Du reste, colle sévérité nécessaire ne l'empêchait pas de se montrer en toute occasion le père et l'ami de ceux qu'il appelait ses chers prisonniers. Il les exhortait doucement à s'amender de leurs défauts, écoutait leurs plaintes, adoucissait selon son pouvoir les conditions pénibles de leur vie matérielle, aidait l'aumônier au moment des leçons, s'assujettissant ainsi à passer des journées entières dans ce milieu triste et sombre de la prison.
Pour stimuler la bonne volonté des détenus, Garcia Moreno leur lit entrevoir la liberté comme récompense de leurs progrès dans l'honnêteté, l'amour du travail, et la piété. Il promit non seulement d'abréger leur temps de détention, mais même de remettre la peine entière à ceux qui mériteraient cette faveur; et vraiment l'engagement n'était point téméraire, car, à mesure que Dieu reprenait son empire sur des cœurs qui ne le connaissaient plus, la prison se transformait en un vaste couvent où régnait avec l'amour de l'élude et du travail, la plus stricte régularité.
A la lin de l'année, le président, entouré de ses ministres, d'une escorte militaire, et des personnages distingués de la capitale, se rendit en grande pompe à la prison pour procéder à l'examen scolaire des détenus. L'examen roula sur la doctrine chrétienne, l'histoire sacrée, la lecture, la calligraphie, l'orthographe et l'arilhmétique. Le président interrogea lui-même ces écoliers d'un nouveau genre, dont la plupart avaient atteint l'âge mûr. Tous, dans leurs classes respectives, étonnèrent l'assistance par leurs réponses et plus encore par leur excellente tenue. Après les avoir vivement félicités de leurs progrès et de leur conduite, Garcia Morono distribua des récompenses aux plus méritants, réduisit la ])ciiic de ([uelques-uns et rendit la liberté,
séance tenante, à celui qui l'avait emporté sur tous par un plus grand respect du devoir. Les prisonniers applaudirent en pleurant de joie. Ils ne comprenaient pas comment un chef d'Etat pouvait ainsi s'abaisser jusqu'à leur misère; plus que jamais, ils tirent l'impossible pour mériter ses bonnes grâces.
Il s'agissait maintenant de poursuivre les bandits et les voleurs qui infestaient le pays, atin de les soumettre à la même épreuve. La tâche était diflicile dans ces paontagnes qui olïVent aux malhonnêtes gens des repaires nombreux et introuvables. Aux environs de Quito, des bandes organisées pourvues de bons chefs et d'excellents points de ralliement, probablement aussi d'intelligence avec la police, défiaient les plus fins limiers du gouvernement. Le président choisit parmi ces derniers un homme sur lequel il pouvait compter, lui promit une forte récompense s'il parvenait à lui amener le chef de brigands le plus redouté du pays, et l'autorisa miéme à prendre dans la police ou dans l'armée les hommes dont il croirait avoir besoin pour opérer cette capture. Quelques jours après, le bandit était arrêté. Conduit au président, il s'attendait à une sentence de mort immédiate : quel ne fut pas son étonnement de voir au contraire Garcia Moreno l'accueillir avec bienveillance, faire appel à ses sentiments d'honneur et de religion, et finalement lui promettre sa protection s'il consentait à changer de vie? 11 ne lui imposait pour toute peine que de passer tous les jours une heure avec un saint religieux qu'il lui désigna et de lui faire visite à lui-nirme malin et soir. Emu jusqu'aux larmes, le brigand se convertit et se réforma complètement. Sûr alors de ses dispositions, le président mit la police sous ses ordres et le chargea de lui amener ses anciens compagnons, « pour que je les transforme, hii dit-il, en honnêtes gens comme vous ». Peu de jours après, les
bandits, traqués jusque dans leurs retraites les plus cachées, tombaient entre les mains des deux fidèles coopérateups de Garcia Moreno, Taumônier et le directeur de la prison. Ainsi cessa cette calamité du brigandage, qui de tout temps avait désolé le pays.
Si l'on veut maintenant apprécier, au point de vue de la régénération morale des prisonniers, le système pénitentiaire inventé par Garcia Moreno, qu'on en juge par un fait peut-être sans précédent dans l'histoire. Durant ses six dernières années, le président avait élevé à grands frais un immense établissement appelé Panopticum, qu'il destinait à remplacer la malsaine prison de Quito. En 1873, les bâtiments terminés se trouvèrent inutiles, faute de prisonniers à y loger. Garcia Moreno eut la joie d'annoncer aux députés qu'il restait à peine cinquante condamnés dans la prison. « Or, ajouta-t-il, comme le pénitencier peut en contenir cinq cents en cinq divisions, et comme d'un autre côté, les municipalités n'ont pas à leur disposition des ressources suffisantes pour construire dans chaque province une maison de réclusion, voyez dans votre sagesse s'il ne serait pas avantageux d'amener des provinces au Panopticum forçats et simples détenus. Ils subiraient leur peine sous l'inspection de la cour suprême, et nous verrions disparaître ces barbares et immondes cachots, vrais foyers de corruption, où le prisonnier souffre sans s'amender, quand il n'évite point par la fuite, le châtiment qu'il a mérité. »
Hélas ! quelques jours après avoir écrit ces lignes, le président n'était plus, et la Révolution, en haine de l'œuvre civilisatrice, chassait de son poste le trop fidèle Arellano.
En même temps qu'il s'occupait de bâtir des orphelinats, des refuges et des pénitenciers, Garcia Moreno travaillait avec non moins de zèle à la réforme des hô-
pitaux, afin de rendre plus supportable le sort des pauvres et des malades que la misère y faisait affluer. Il y avait à Quito un grand hôpital, connu sous le nom d'hôpital Saint- Jean de Dieu, où l'on renfermait jusqu'à trois cents malades, un refuge pour les lépreux et un asile d'aliénés. Ces établissements, ainsi que les hôpitaux des autres cités, étaient administrés par des spéculateurs et des mercenaires qui ne rougissaient pas de s'enrichir aux dépens des malheureux. « Nos rares établissements de bienfaisance, disait Garcia Moreno aux députés, présentent un tableau répugnant, indigne d'un peuple chrétien et civilisé, non seulement par suite de l'insuffisance totale des revenus, mais surtout par l'absence totale de charité dans ceux qui les desservent. » Certes, il en parlait avec connaissance de cause, car dès les premiers jours de sa présidence, il se constitua lui-même directeur du grand hôpital, qu'il visitait tous les joui*s, afin de forcer les employés à faire exactement leur devoir. Il parcourait les salles, contrôlait les ordonnances du médecin, enseignait aux infirmiers la manière de préparer les médicaments ou de panser les malades, et punissait avec une extrême sévérité les moindres négligences.
Quand il arrivait dans une ville, sa première visite était pour l'hôpital. A Guayaquil il trouva beaucoup de malades étendus par terre sur une simple natte. V^ivement impressionné à ce spectacle, il dit au gouverneur qui l'accompagnait : « Ces pauvres malheureux sont bien mal couchés; pourquoi ne fournissez-vous pas tout ce qui est nécessaire pour les soigner convenablement?— Excellence, répondit le gouverneur, nous sommes à bout de ressources. — Cela ne vous empêche pas, vous <jui êtes bien portant, de coucher sur un bon matelas, pendant que CCS membres soudi-anls de J.-C. n'ont que ia teire pour se reposer. — Dans quelques
semaines je pourvoirai à tous leurs besoins. — Non pas dans quelques semaines, reprit Garcia Moreno, ils n'ont pas le temps d'attendre. Vous coucherez ici ce soir à côté d'eux sur une natte, et il en sera ainsi les nuits suivantes jusqu'à ce que tous les malades aient chacun un lit et un matelas. » Avant le soir, lits et matelas affluaient à l'hôpital, et le gouverneur put se coucher tranquillement chez lui sur son lit à ressorts.
Les lépreux s'étant plaints du régime alimentaire, il vint un jour inopinément s'asseoir à leur table, partagea leur humble repas, et donna l'ordre d'améliorer leur ordinaire. Quelque temps après, dans une seconde visite, il constata que la nourriture ne laissait plus rien à désirer. Néanmoins un de ces malheureux s'en montrait peu satisfait : « Savez-vous, mon ami, lui dit Garcia Moreno, que je ne suis pas si bien servi, moi le président de la république ! »
Il n'eut pas de repos qu'il n'eût fait bénéficier les pauvres malades des secours que la religion leur a ménagés. Au lieu de mercenaires sans entrailles, il leur donna des sœurs de Charité pour les soigner et panser les plaies de l'àme aussi bien que celles du corps. En même temps, il édicta un règlement auquel tout le monde dut se conformer, inspecteurs, surveillants, médecins, infirmiers et infirmes. Sous la haute direction des sœurs, l'hôpital Saint-Jean de Dieu devint un hôpital modèle. Il dota plusieurs autres villes d'établissements semblables, qu'il confia également aux admirables filles de saint Vincent de Paul. Hélas ! que dirait ce grand homme d'État de nos laïcisateurs d'hôpitaux !
Plein d'une tendre affection pour tous ces êtres souffrants, il leur prodiguait ses soins et consacrait à soulager leur misère une partie de son traitement. Lors de sa première élection à la présidence, sa femme, la senora Rosa Ascasubi, lui fit remarquer qu'un président
de république ne pouvait se dispenser, à son entrée en charge, de donner un banquet officiel aux ministres, diplomates, et autres personnages de marque. Il lui fît observer que son humble fortune lui interdisait pareil luxe. Quant à son traitement, il en remettait une partie à l'État, encore plus pauvre que lui, et destinait l'autre aux œuvres de charité. La noble dame répondit qu'elle se chargerait des frais et lui compta cinq cents piastres, en lui recommandant de faire les choses grandement. Garcia Moreno, muni d'une bourse bien garnie, s'achemina vers l'hôpital avec son aide de camp, pourvut aux nécessités les plus urgentes de ses malades, et commanda pour eux un magnifique dîner. A son retour la généreuse femme lui demanda s'il avait eu assez d'argent : « J'ai pensé, lui dit-il en riant de tout son cœur, qu'un bon repas ferait plus de bien aux malades qu'aux diplomates. J'ai donc porté l'argent à l'hôpital, oii l'on m'a déclaré que pour cinq cents piastres on fournirait un excellent dîner. »
Sa charité, du reste, s'étendait à tous les pauvres sans exception, et surtout aux misères cachées. Quand les revenus du trésor suffirent aux dépenses publiques, il reçut son traitement intégral et n'en continua pas moins de vivre comme un simple bourgeois, avec la plus grande simplicité. On s'imagina qu'il réalisait quelques économies, ce dont personne ne lui faisait un crime, car on le savait absolument sans fortune. A sa mort, l'administrateur chargé de ses affaires présenta un compte détaillé de ses recettes et dépenses, d'où il résulta que le président avait consacré tous ses appointements à des œuvres de charité, et surtout à secourir secrètement des familles nécessiteuses dont les membres vivaient dispersés au Pérou et au Chili. La femme d'Urbina, son plus mortel ennemi, recevait du président une subvention mensuelle. Qui n'admirerait une
générosité si grande et en môme temps si humble ! On ne peut s'empêcher de remarquer des différences assez notables entre les gouvernants démocrates et notre grand chef chrétien dans leurs rapports avec le pauvre peuple. Ceux-là remplissent leur bourse en exploitant sa simplicité; celui-ci vide la sienne en soulageant ses infirmités. Le chrétien passe comme son Maître en faisant le bien; les démocrates, en faisant du bien à leur très chère et très importante personnalité. Du reste, ce phénomène est tout aussi naturel que le lever du soleil chaque matin, car l'égoïsme doit fatalement rester l'égoïsme aussi longtemps qu'il n'est pas en lutte dans le cœur de l'homme avec l'influence surnaturelle qui, seule, peut en triompher. Ce qui s'expliquerait moins facilement, si Ton ne Savait que la bêtise humaine l'emporte encore sur la méchanceté, c'est que le peuple, tant de fois mangé par les loups, ne manque jamais de se ranger sous leur houlette toutes les fois qu'il leur prend fantaisie de se costumer en bergers.