‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 13 sur 97 · RI · texte numérisé non relu

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n'est pas moins compromise. On s0 demande avec effroi ce que deviendraient nos sociétés modernes si les idées, les doctrines et les habitudes chrétiennes qui persévérent malgré une opposition incessante et souvent la persécution n'arrêtaient en partie les effets désastreux o régime auquel ces sociétés sont soumises,

La Providence semble avoir suscité le grand homme dont vous avez retracé la vie, pour nous faire voir ce qu'un gouvernement chrétien assure d'avantages de toute sorte à un peuple. Servi par une haute inte ligence, un noble cœur, une volonté énergique, mais surtout par sa foi, et avec l’aide de Dieu, D. Garcia Moreno a été le libérateur et le restaurateur de l'État qui lui avait confié ses destinées, et il l'a conduit en peu d'années à une prospérité ailleurs inconnue.

L'orgueil qui ne veut ni règle ni maître, ni Dieu et son Église surtout, les passions mauvaises qui n'aspirent qu'à la licence, ne le lui ont pas pardonné ; le héros est tombé martyr du devoir ; mais son exemple demeure, et la voie qu'il a suiyie au milieu de contradictions et d'épreuves inouïes reste ouverte, dans son pays et partout, aux hommes de conscience et de cœur ; il est vrai qu'il l’a arrosée de son sang, mais après avoir rendu à son pee la. vraie liberté, la grandeur et la paix.

Garcia Moreno aimait passionnément sa patrie, Quel est le chrétien, quel est le prêtre ou l’évêque qui n'aime pas la sienne ? Et c’est pour cela que nous voudrions voir régner partout, dans les lois et dans les âmes, cette justice qui élève les peuples. Que le pouvoir se rapproche de sa source première ; qu'il ait le respect de l'autorité suprême, dont il procède et relève ; qu'il en reconnaisse les droits ; qu'il ait le sentiment de sa propre responsabilité ; que dans cet esprit, tout en poursuivant le bien temporel du peuple,

qui est sa fin, il prête son appui et son concours à la religion

dont l'action salutaire fuit non seulement des serviteurs de Dieu, mais encore des citoyens justes, honnêtes, soumis et dévoués à l'intérêt commun: l'État verra fleurir en son sein l’ordre, l'union et la paix, et sa prospérité sera assurée,

Votre ouvrage, mon Révérend Père, a servi et servira encore à jeter une vive lumière sur ces principes en les ptésentant sous la forme toujours saisissante des faits, Puisse-t-il être lu par tous ceux qui, à degrés divers, dirigent les affaires publiques, ou leur consacrent leur parole, leur plume ou leur influence personnelle, Nos peuples égarés ou incertains ont besoin qu'on les ramène duns la véritable voie. L'Église ne cesse do ln leur montrer; la gründo parole de Léon XITI leur disait, il y a quelques années, co qtie doit être la constitution chrétienne des sociétés civiles, Par le grave et si intéressant récit qno nous vous devotis, vous aurez ütie part dans cette œuvre de restauration gociale, et je joins bien volontiers mes félicitations et mon suffrage à tous ceux que vous avez déjà reçus,

Veuillez bien agréez, mon Révérend Père, l'expression de mon religieux dévouement en N.s$,

A.-L, évêque d’Angoulème,

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Et maintenant, deux mots au lecteur sur la trame de cet ouvrage. Après les lettres magistrales qu'on vient de lire sur la nécessité d'en revenir à la Constitution chrétienne des Etats, lettres provoquées par cet ouvrage, nous aurions mauvaise grâce à nous défendre d'avoir voulu faire une thèse en inéme temps qu'une histoire. Nous avouerons même ingéiument que nous n'aurions jamais eu le courage d'étudier durant de longues années les faits et gestes de Garcia Moréno, bien que très intéressants et très romanesques, si nous ne l’avions vu combattre et mourir pour la liberté de l'Église et des peuples, c’est-à-dire pour défendre le Droit

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