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cher à notre cœur, emplit le calice de nos souffrances, plongo notre vieillesse dans les larmes, et nous précipite au tombeau ! ”’ Pour toute réponse, le despote sans cœur jette dix mille de ses victimes sur les côtes de l'État pontifical.
| Le pape l’excommunie ; le roi lui pose l'alternative ou de
retirer son bref ou de voir ses états envahis. “ Faites, re-
} pond l'intrépide Clément XIIL, traitez le pape comme le
dernier des hommes : il n’a ni armes, ni canons, on peut tout Ini prendre ; mais il est hors du pouvoir des hommes
| de le faire agir contre sa conscience. ” Les conjurés lui en-
lève le Comtat Venaissin. Clément XIII mort de douleur, ces misérables despotes exigent de son successeur, Clément XIV, la suppression de la compagnie de Jésus sous peine d'entraîner, comme Henri VIII, leurs sujets dans le schisme. Devant cette menace. le pape signe le bref de suppression.e t meurt six mois après, criant au milieu° des
| angoises de l’agonie : “ Ils m'ont foncé ! Compulsus feci ! ”
Ce fut la dernière victime du despotisme régalien. ‘ Craignez, avait dit Clément XIFI à Louis XV, craignez “ que Jésus-Christ ne venge lui-même son Église outrugée ! “ Le vengeur s'appellera la Révolution, et le régalisme enfantera le régicide comme une nécessité logique. La mo-
| narchie, telle que Dieu l'avait faite, soumise à l'Église et
contrôlée par elle, garantissait tous les droits : on obéissait facilement à un roi qui obéissait lui même aux commandements de Dieu. Mais la monarchic sans l'Église, c'était la volonté de l’homme omnipo:ente et irresponsable, l'arbitraire et l'injustice divinisés, les peuples jetés sans défense entre les mains d'un Tibère et d’un Néron, Les th4oriciens de la Révolution, Rousseau et consorts, opposèrent aux droits régaliens les Droits de l'homme, et aux quatre articles de Louis XIV sur la souveraineté absolue des rois, quatre autres articles sur la souveraineté du peuple qu’on peut résumer ainsi :
Article I.——Les rois ayant répudié la souveraineté de Dieu qui s'exerce par l'Église, il ne reste d'autre souveraineté que celle du peuple : donc toutes les monarchies sont abo
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lies en principe. On établira partout des républiques, et s’il faut encore tolérer des rois en certains pays, on cons. tituora des monarchies républicaines où le roi règne et ne gouverne pas.
Art. II.—La volonté du peuple sera l'unique loi dés républiques. Nous déclarons le peuple souverain absolu, par conséquent au-dessus de Dieu, de ia religion, de la justice, et même de la raison. Le peuple n’a pas besoin d’avoir rai. son pour valider ses actes.
Art. IIT.—La multitude ne pouvant gouverner par ellemême, le peuple se fera représenter par un certain nombre d'individus qu'il élira lui-même au suffrage universel. Ses représentants feront les lois à la majorité des votes, et cette légalité s'imposera comme suprême justice, fût-elle contraire aux lois de Dieu, de l'Église et de la nature,
Art. VI.—Ces principes du droit nouveau, absolument destructifs du trône et de l’autel, sont confiés à la garde d’une société secrète, la Franc-Maçonnerie. Les loges les feront triompher par des clubs, des journaux, des assemblées populaires et législatives. Pour désarmer l'opposition, elle emploiera tous les moyens, y compris le poignard.
Telle fut la réponse de la Révolution aux princes insurgés contre l'Église, ‘“ La déclaration de 1682, dit un écrivain révolutionnaire, ne changeaient rien à la nécessité du droit de contrôle. Elle l’enlevait au pape, mais pour le transporter au parlement d’abord, puis à la multitude. La nation s’aperçut que l'indépendance des rois, c'était la servitude des peuples. Les juges de la royauté manquant, la nation 8e fit juge elle-même, et l’excommunication fut remplacée par un arrêt de mort (1). ” En effet, Charles Ier, roi d'Angleterre, comparaît devant un parlement, qui le juge et le fait décapiter.. Le descendant de Louis XIV, le pieux Louis XVI, ne quitte la barre de la convention nationnale que pour monter à l'échafaud. Son fils subit le martyre ; ses frères, l'éxil. Les autres rois d'Europe, si fiers
(1) Louis Blanc, Histoire de dix ans.
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de leur omnipotence, sont broyés par la ‘Révolution à che- é
val ”. Leurs trônes volents en éclat partout où passe l’Empereur, tenant d’une main le drapeau de la liberté, son épée :
aue de l’autre.
Le roi d'Espagne n'échappa point au châtiment, La trompe révolutionuaire passa sur ses États comme les ‘flots d’une mer en furie, et lui enleva ses colonies américaines. C’est cette guerre de l'Indépendance et la transformation de l'Amérique royaliste en petits états républicains qu'il faut maintenant esquisser rapidement.