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l'enfant des leçons de grammaire, Aucomble de la joie, le petit ( tubriel se jeta sur le rudiment avec une véritable fureur, En dix mois, ii acquit une connaissance approfondie de toutes les règles de la langue latine; en quelque unnées, il parcourut le cerele entier des études élémentaires, Le P, Bétancourt adnurait dans on élève nne singulière pénétration qui lui faisait saisir au premier coup d'œil les questions les plus difficiles, une mémoire qui tenait du prodige, une passion du travail qu'on rencontre rarement à cet âge, même dans les natures privilégiées, Il avait évidemment devant lui une intelligence d'élite à exploiter ; mais où trouver les ressources nécessaires pour lui donner li culture dont elle était susceptible ?
L'enfant allait atteindre sa quinzième unnée, Son digne professeur ne pouvait continuer une éducation qui lui demandait trop de temps et d'efforts, et, d'un autre côté, Guayaquil ne possédait point alors de collège où l'on trouvit nn ensgjgnement complet, L'unique moyen d'arriver à la science était de se transporter à Quito pour fréquenter les cours de l'Université. En dépit des obstacles et des impossibilités, le jeune Gabriel décida qu'il continuerait ses études à l'Université, On eut beau lui remettre sous les yeux que jamais sa mère ne pourrait pourvoir aux frais d'un long séjours daus la capitale, rien n'ébranla sa volonté de fer. Les moyens lui restaient inconnus, mais il déclara qu'il arriverait au but, En attendant, il dévorait les livres.
A force de chercher, ce fut encor le P, Bétancourt qui triompha d’une difficulté en apparence insurmontable, Le vénérable religieux se souvint qu'il avait à Quito deux sœurs anssi bonnes et aussi charitabies que Jui,d'une fortune plus que modique, mais d’un cœur excellent, près de qui son jeune protégé trouverait, outre le logement et la nourriture, toutes les facilités pour suivre, sans périls, les cours de l’Université, Les deux sœurs saisiretit de grand cœur l'occasion d'être ntiles à un jeune homme de brillant avenir, etil fut conven qu'à la rentrée des classes, Garcia Moreno prendrait ll min de la capitale,
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11 quitta donc sa famille pour se rendre à Quito, au mois de septembre 1836, Il était au comble de ses vœux ; mais comme peindre l'émotion douleureuse qu'il éprouva en disant adieu à sa mère tendrement aimée, à ses frères et sœur, ses amis en ce monde, et à ce bon religeux qui depuis plusieurs années, remplaçait ji: i-bas le père que Dieu lui avait enlevé ? Pour apprécier les angoisse de cette première séparation, il faut se rappeler que l'Amérique a conservé les mœurs patriarcales d'autrefois, et surtout lu vie de famille avec sa douce tendresse, sa cordiale hospitalité, ses habitudes religieuses, sa naïve et franche expunsion. Comment quitter «ans déchirement de cœur le foyer tout embaumé de ces purs et nobles sentiment ?
Mais à quinze ans on sèche vite ses lurmes, surtout quand on entreprend unlong voyage avoc l'inconnu devant soi. Seul avec les rudes muletiers auxquels on l'avait confié, insensible aux périls du voyage, le jeune Gubriel s'élança plein d’ardeur sur cette roûte de Guayaquil à Quito, dont les accidents aussi variés que pittoresques exaltent l'imagination des touristes les plus blasés, De ce beau fleuve Guayas qui l'entrainuit vurs lu téerra fria (D), il voyait se rapprocher les cimes neigeuses den Andes, ces géants qu'il avait contemplés de loin, au millien desquels il envoyait une dernière pensée à su chère cité de Güuayaquil, ensevelie au loin dans les brumes de l'Océan, puis ses idées #0 concentraient sur la vielle capitale des Incas, le pays de ses rêves et de ses espérunces,
À Quito il fut regu à bras ouverts par ses nouvelles mères, tout heureuses de faire retrouver sous leur toit à cet étudiant, devenu leur enfunt, les douceur de la muison paternelle,
(1) On distingue à l’Équateur la p'aine maritime exposée aux ardeurs d'un soleil brûlant, tierra caliente, ct la région montagneuse naturellement plus froide, tierra fria. La plaine s'appelle la costa et la montagne la sierra.