OPPOSITION PARLEMENTAIRE
La session législative s’ouvrit par un de ces messages
optimistes qui feraient sourire de pitié si la littérature offi-
cielle pouvait exciter dans l'âme un sentiment quelconque, Roblez ‘ adressait de ferventes actions de grâces au supréme Législateur de ce que la République, pendant cette première année de l'administration nouvelle, avait suivi une marche tranquille, normale, constitutionnelle et progresgive à l’intérieur, cordiale et harmonieuse avec les nations étrangères. ” On était bien en procès avec le Vénézuela, en discussion avec la Nouvelle-Grenade, en délicatesse avec le Pérou, mais ces dissonances ne brisaient point l’harmonie. À l’intérieur, un gouverneur de province avait failli périr sous les coups de ses subordonnés ; mais on avait fini par s'arranger avec les mutins. L’'instruction publique, l’armée, les finances étaient en désarroi ; mais rien de tout cela n’arrêtait la marche du progrès. Quant au scandale électoral, le gouvernement préparait un petit projet de loi destiné à ruiner l'influence et l’action des municipalités, afin de laisser au gouvernement le soin de diriger les électeurs sans aucune opposition.
Roblez pouvait se permettre ce langage ingénsé, car il comptait à bon droit pour le soutenir sur la majorité des députés. Même au sénat, où l'opposition dominait, figu fsient plusieurs démocrates qui, bien que hostiles à la politique générale du gouvernement, voteraient selon. ses
idées dans les questions d’affaires, Quant aux irréconcilia" bles, on en aurait raison, fallûtil revenir au régime de 13/4 terreur dont Urbina s'était si bien trouvé. Déjà l’on avait” brisé les employés réfractaires, menacé les municipalités, et 4
ei bien accrédité certains bruits de Yengeance particuliè: ‘4
re que La Union Nacional, après plusieurs interpellations \ restées sans réponse, avait cru prudent de cesser sa publi: : , cation. On pouvait donc espérer que le peuple, un instant « ému par la lutte électorale, repréndrait sa ‘“ marche tran- ! quille et normale ” sous la férule du gouvernement,
Garcia Moreno espérait bien troubler un peu cette quiétude. Sans faire d’opposilion systématique, il avait résolu de battre en brêche le ministère toutes les fois. que les
droits de l'Église ou du peuple le demanderaient, En pa |
reil cas, la paix lui paraissait une lâcheté, et le silence une complieité De plus, pour affermir ses collègues contre toute tentative de séduction, il reprit, peu après l'ouverture des chambres, la publication de La Union Nacional, inter: rompue depuis trois mois. Un compte-renäu des séancei du congrès mettait tous les jours sous les yeux des députés la terrible responsabilité qu’ils encouraient devant la nation, “ L'immunité d’un représentant, disait-on, n'existe pas devant l'opinion, qui voit tout et juge tout sans se laisser dérouter ni pervortir par l’imposture ou la déloyauté. Les oui et les non donnés au sein du congrès pour la ruine ou la prospérité de la nation, ont leur retentissement au delà de l'enceinte où nous siégeons. Ils seront répétés par un million de voix avec accompagnement d’opprobres ou de
bénédictions. Chacune de nos paroles sera jugée par un À
tribunal incorruptible, sévère comme la vérité, terrible comme la conscience, puissant comme le peuple qui nous à | confié la défense Ce ses droits. La nation se tait, mais elle écoute, Elle n'oublie ni ne pardonne. Le législateur et le magistrat ne peuvent impunément faire le mal ou omettré le bien. Parfois le jour des responsabilités se fait attendre, mais il finit toujours par arriver. ”.
Guidé par cette main ferme, le sénat ne se laissa point
| entamer.
| moins, SOUS faire les ra ‘tés par te Garcia Mo ses, et s'e:
contre les 0 à reproduit vint surtou:
tance.
La prem sait depuis gène. Vér
h ques, les in me de trois étaient im
| pareil tribu h loi. Sou tonné contr tonique.
le spectre d plus heuret tion de nou comme de versant vres indien sempite rne
# Pourqn et d'humar conséquent manifesten
l'abolition Jes une ré imposable vous chere dix ans qu des indigèr
‘entamer. Tous les projets ministériels destinés plus ow | moins, sous le nom de réformes constitutionnelles, à satis- L faire les rancunes du pouvoir, furent impitoyablement je-
me de m4 À
l'on avai ï ï | palités en ts parterre. Lors de la discussion des lois de finances, particulié! 11 D Garcia Moreno demanda un compte scrupuleux des dépenpellations ” M sesct se vTima d'une manière si violente et si indignée
contre les dilapidateurs de la fortune publique qu’on hésita
Re ‘A à reproduire ses discours dans Je journal officiel. I! interche tra! ï vint surtout dans trois délibérations d'une souveraine impor. rt. tance.
ette quié. La première concernant l'impôt de capitation, qui peait résolu M sit depuis le temps de la conquête sur la pauvre race indis. que les | 0 Véritables parias exclus de toutes les charges publi- , Enpe. M ques, Les indiens payaient annuellement au trésor la somlence une M n° de trois piastres, comme l'équivalent des services qu'ils 1es contre * MR ‘aient impropres àrempur. Rien de plus odieux qu’un DUVE TES | pareil tribut dans uue république basée sur l'égalité devant mal, inter- | l loi. Sous les précédentes législatures, on avait souvent où and tonné contre cet impôt mais d’une manière tout à fait plaes députés tonique. Au moment d'en voter l'abolition, on évoquait “la ratio le spectre de la banqueroute, et l’on remettait à des temps existe plus heureux la libération des bons indigènes. La ques. | PP tion de nouveau mise sur le tapis, les libéraux plaidèrent, as 4 L Lo comme de coutume, be renvoi aux calendes grecques, tout ne j versant des larme “rocodile sur la misère des paunt au delà 1 indiens ; mais d'un me. t, Garcia Moreno pulvérisa leur és par dl 4 snrpite rnelle objection.
>res ou de “ Pourquoi, dit-il, tant de discours sur une loi de justice ée par un D tt d'humanité ? Laissez donc là tous ces prétextes, et soyez , terrible M conséquents avec vous-mêmes, Si ce tribut vous paraît jui nous & D manifestement contraire à l'égalité, pourquoi en différer mais elle ‘abolition et conserver au milieu de nous ce que vous appeteur et le Jes.une révoltante iniquité ? Vous cherchez une matière u omettré\® imposable pour remplacer cette contribution ! Depuis 1846, attendre, vous cherchez cet impôt nouveau sans le trouver, et voilà
issa point !
dix aus que le sophisme vous sert à prolonger l'esclavâge des indigènes, Dans dix ans vous nous chanterez le même
refrain, et ainsi jamais ne s’accomplira l’acte de rigogné
justice que la nation réclame. ”
On voulnt temporiser au moins jusqu’au renouvelle de l’année afin de ne pas susciter des embärras au gou nement, et aux employés, des tentations de fraude, “} de délai, s'écria Garcia Moreno. Le mal que vous ms k nez SUrpAsSC celui que vous craignez, Si vos employés fitent de la loi pour voler les indiens ou le fisc, juger châtiez-les selon la rigeur du code. ” ‘Le tribut fut 4 aux applaudissements de tout le peuple.
Une autre question, l'instruction publique, préoccupaif bon droit celui que ses concitoyens avaient jugé digfed Peu d'écoles, peu de collèges, et, depuis l’abominable loi de la libertéd études, presque pas d'étudiants sérieux : c'était, en dépité tous les efforts, l'ignorance progressive et la décade Roblez l'avait avoué dans son mess mais sans proposer aucune amélioration pratique. Gaïs
diriger l’Université centrale de Quito,
irrémédiable.
Moreno présenta, sur l’enseignement à tous les degrés, loi organique élaborée avec le plus grand soin d'aprsl
lumières puisées dans l'étude des systèmes européens ail Mais il écho
que dans ses méditations personnelles.
malgré son éloquence, contre l'obstination du gouven
ment, l’entêtement de la routine, et surtout cette rai
dernière qu’on opposait à toute espèce de progrès : laps rie du trésor. Avant de donner la science aux jeunesgn
il fallait donner du pain aux fonctionnaires et aux s0ldsti
donc le statu quo sans espoir, ‘ Ainsi, disait Garcia Mora dans un rapport au ministre de l'instruction publique A légalise la paresse, on éteint toute lumière, et l’on st quillise parce qu'on a sauvé les apparences au moyen faux titres et de grades immérités (1). Cette prod tation n’empêcha pas Roblez de répéter aux députés, w: après, la même hypocrite complainte : {6 L'enseigets ne disait-il, reste stationnaire, faute d'argent et d'organiss
mais le gouvernement, ne possédant aucun moyen de 1}
(1) EI Seis de Marzo, 26 octobre 1858.
ar ces obatai ee sur les j sulüplier les roms ne l'ign erfectionne!
nent tous les xs misérable le l:
* Garcia Mo qui passionnis avait laissé p ment à Guay matise, et de vssbnt de sa a fermeture ju gouverne icative, gréables tant la relig la constitutic enéation de s négligence o eur des soci rieux, le con ques et autre
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on publique, ( et l'on se tt es au moy!
” Cette pros x députés, [TE L'enseignen® d'organisatis \ moyen dé
ce obstacles, n'est pas responsable de l'ignorance qui
de sur lés jeunes générations. À vous, législateurs, deiultiplier les foyers de lumière et de moralité sans lesquels, ons ne l'ignorez pas, la Réplique démocratique ne peut se érfectionner, ni même se conserver (1). ” Et voilà com-nent tous les ans, après avoir mangé les rentes de l'État, es misérables farceurs gémissaient sur l'ignorance du peu-. le l:
“Garcia Moreno réussit ‘nieux dans une autre diseution. qui passionnia singulièrement l'opinion publique. Urbina vait laissé plusieurs loges magçoniques s'établir subreptice-. nentà Guayaquil. Au nom de la religion qui les anathématise, et de la société dont ces institutions sataniques ne éssènt de saper les fondements, Garcia Moreno demanda fermeture des loges. Il perla contre ces frères et amis. jugouvernement avec une passion si éloquente et si comménicative, que la motion fut votée dans des termes assez.
üéagréables pour le ministère, La religion catholique
tait la religion de tous les citoyeris, la seule reconnue par a constitution, on ne peut sans inconséquence admettre la enation de sociétés irréligieuses ; cependant, comme par: négligence ou connivence, on a laissé s'introduire à l'Éque-teur des sociétés secrètes d'un caractère notoirement irréli-pieux, le congrès décrète la dissolution des loges maçoniques et autres associations réprouvées par l'Église (2).”
$ Il én fat de cette loi comme de toutes les antres issues. dé l'initiative parlementaire. Usant de ses prérogatives,
le goüvernement en appela au congrès mieux informé.
Dühs l'intervalle des sessions, ses journaux représentèrent aniäjorité comme des apôtres de l'intolérance, des nouvéux Torquemadäs, impâtients de rallumer à l'Équateur lSbchers de l’Inquisition ; pis quand il crut l'opinion siamment préparée, le ministre remit là question sur le: pis, prétendant que les sociétés visées n'avaient aucun.
(1) Message de 1858
E (4j Loi du 13 novembre 1857.
caractère irréligieux : ot que, d'ailleurs, fussent-elles imp a ct réprouvées par l'Église, ni la constitution ni la loi n'w torisaient le gouvernement à les dissoudre, La majorit libérale. consentit à se déjuger, et la loi resta letire morte!
Sauf l'abolition du tribut indien, cette session de 1857 fu. donc absolument stérile au point de vue législatif. Morsi lement, elle exerga une immense influencé sur le pays, eu il fut désormais prouvé à tous, qu'après avoir jeté le peuple. au plus bas dégré de l'abjection, le gouvernement se trou. | vait impuissant à le relever. L'instruction radicalement | détruite, le trésor épuisé par le militarisme et la buresrcratie, les hommes du gonvernement livrés aux sociétg maçonniques jusqu’à prendre leur défense contre le congré:! i 1 n’en fallait pas tant pour exciter le mépris gt la cokre4 contre les détenteurs exécrés du pouvoir. De plus, ce por-% voir absolu et despotique avait enfin devant lui une oppe sition résolue à le contrôler, à le renverser même, plutit que de tolérer de nouveaux attentats contre la nation. Con duite par un homme de la trempe de Garcia Moreno, elle
n'hésiterait pas à se mesurer avec le despote : Roblez en! eut bientôt la preuve.
En dépit de ses affirmations emphatiques, les relation: avec les puisssances étrangères n'étaient ni *“ cordiales"A ni “ harmonieuses ”. Depuis longtemps déjà une question 4 ligitieuse, relative aux frontières, tenait en agitation l'E, quateur et lo Pérou. En vue d’amortir sa dette extérieure, l'Equateur avait cédé à ces créanciers anglais et américains! des terrains assez considérables dans la province orientale, ! terrains incultes, forêt vierges, contrées absolument im-4 productives, que les émigrants coloniseraient à leur profit. mais dont l'Etat conservait le/haut domaine. Le Pérou ré, <lama contre cette aliénation d’un territoire qu'il préter4 dait injustement lui appartenir en vertu d'anciennes dé-4 mitations, A l'êpreté des revendications se joignit uns ami tipathie profonde pour Urbina et Roblez, antipathie du reste parfaitement justifiée. Ê
Le général Castilla, président du Pérou “depuis 1856, !
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1 *< cordiales" , une question | agitation l'E tte extérieure, % et américains nce orientale | solument im à leur profit,
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qu'il prétend nciennes délr à Dignit unë an ntipathie du
depuis 18564
«de trois millions de piastres,
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avait refusé de 8e faire l’exécuteur des hautes œuvres d'Ur- ” bina contre Florès. Urbina voulait absolument fermer . tous les ports d'Amérique à son ancien seigneur et maître, *! dont l'ombre seule lui donnait maintenant le cauchemar.
Loin d'acquiescer à cet ostracisme, Castilla reçut Florès à
L Tima avec toutes sortes de démonstrations d’amitié-et lui #gccorda même une pension. Selon ses habitudes, Urbina
se vengea bassement, favorisa des tentatives de révolution contre Oastilla, dépouilla ou même emprisonna des nationaux du Pérou, enfin prodigua l’insulte et l'outrage par
ses scribes officiels à l'ambassadeur Cavero, qui de son côté
révoltait les équatoriens par sa hauteur et ses prétentions outrecuidantes. A la suite d’une correspondance diplomatique d’une nature très violente, Roblez rompit les négociatious avec Cavero, et lui envoya ses passeports, Castilla répondit par un ultimatum dans lequel il exigeait la \ admission de l'ambassadeur outragé et menagçait en cas de refus de bloquer immédiatement le port de Guayaquil.
Ceci se passait en octobre 1858, juste au moment où le: eongrès venait de retirer la loi précédemment édictée con-. tre les loges maçonniques. Dieu finit toujours par prendre en main sa cause et celle des nations opprimées : il intervient par la guerre qui purifie les peuples et balaie les tyrans. Les franc-maçons de l’Equateur eurent bientôt raison de s’en convaincre.
Députés et sénateurs avaient suivi avec attention les pé- : ripéties de cette longue négociation qui paraissait devoir se
. dénouer par une guerre avec le Pérou. Tout en blämant
les formes peu courtoises des diplomates équatoriens, ils:
: Faccordaient à trouver injuste les revendications de Cnstil-
la. Aussi, quand Roblez réclama du congrès les pouvoirs. extraordinaires nécessités par lu situation, les réprésentants,
: sous la seule inspiration du patriotisme, rendirent un dé- « €ret qui autorisait le gouvernement ‘“ à transporter le siège : de l'Etat à Riobamba ou à Cuenca tout le temps que dure-.
rait le péril actuel, et de plus à contracter un emprunt de: ” Toutefois pour ne pas con
et Roblez, le congrès spécifia certaines réstrictions, par exemple la défense de tranférer la capital à Guayaquil on do consérver après la guerre les falcultés exceptionnelles dont le gouvernement se trouvait momentanément investi.
l'olles étaient los dispositions des réprésentants et l'on péut dire de tous les citoyens, quand Urbina quitta son gouvernement de Guayaquil et revint 8 ‘installer à Quito, pour exercer au nom dé son comparse les pouvoirs dictatoriaux, je veux dire ses basses vongeñnces. Le recrutement dés soldats s’opéra d’une manière arbitraire et de façon à froisser nr populations. On décréta des emprunts forcés, dont la répartition injuste et souverainement déloyalé excita de telles fureurs qu'il fallut mettré la troupe sûr pied pour en opérer le recouvrement, Je gouverne-
ment paraissait faire ses préparatifs de combat, non con-
tre le Pérou, mais contre l'Equateur. Diverses nouvelles plus ou moins alarmantes circulaient dans la capitale ; on parlait ouvertemént d'un coup d'Etat, de la dissolution des chambres, de la translation de Ia capitale à Guayaquil malgré le déeret du congrès. Le gouvernement, disaient les les officieux, avaït les baïonnettes pour se soutenir : les délibérations de caserne l’emporteraiont sur les radotages des députés. Enfin, un écho de Guayaquil acheva de bouleverser les têtes : on racontait qu'Urbina et Roblez traitaient de nouveaux avec un agent des Etats-Unis de la cession des îles de Gallapagos contre une somme de trois millions de piastres. S'ils s’obstinaient à transférer le gouvernement de Guayaquil, cette mesure inconstitutionnelle au premier chef, absurde au point de: vue de la défense, s’ex- * pliquait par la nécessité de fuir la capitale pour conclure ce honteux marché.
Sous lé coup de l'émotion générale, le congrès se réunit:
d'office afin de conjurer le nouveau danger qüi menagait le pays. Dans une séance des plus agitéés, le sénat délibé: +4 sur le retrait des pouvoirs extraordinaires concédés ai gouvernement, en alléguant pour motifque l’imminence
fier des pouvoirs illimités à des autocrates tels qu'Urbina
dela gt semble fortifier la grd vantag poste d présenc sista vi ment d me lice
. devoir,
portée,
de Gall peü ma ment u dat de:
au Pér.
il s'ApF Eviden cette à tait à 8 outrag du déc:
yen de
Cett:
du sén:
monie, le gou sur lui dissouc mutil
Urbins: 1 ns, par
dela guerre avait disparu. ‘“ Le président, disait-on, ne semble pas croire à de prochaines hostilités : au lieu de
quil ou fortifier son armée, il venait de dissoudre et de désarmer nnelles la girde nationale de Quito. Urbina n’y croyait pas d'ainvesti, vantage : autrement il n’eut pas quitté Guayaquil, le vrai et l'on poste de combat, pour demeurer dans la capitale, où sa éta son présence n’était nullement requise, ” Garcia Mereno in-
\ Quito, sista vivement sur la nécessité de dépouiller le gouverned ment de pouvoirs facultatifs dont on abusait jusqu'à l’extré-
ne me licence ; il montra le despotismé relevant la tête, et le fagon à . devoir, pour le congrès de défendre la constitution menacée, nprünts Après une dicussion des plus orageusés, l’assemblée se sén£ délo- para sans rien conclure.
a troupe Le lendemain, le président intervint dans la délibéra- Duverne- tion par un message où l’indignation était jouée à merveil- 1on Con: * 4 le, ‘“ Il avait appris l’odieuse accusation qu'on avait colouvelles portée jusqu’au sein du sénat. Lui, Roblez, vendre les îles alé ; on 4 de Gallapagos ! Il fallait que les sénateurs eussent.été bien tion des ! peù maîtres de leurs impressions pour discuter sérieusequil mal | ment une pareille imposture, suspecter la loyauté d’un solaient les dat de sa trempe, mettre tout l'Equateur en émoi, donner : les dé ! au Pérou le spectale de divisions intestines au moment où dotages L il s'apprête à envahir le sol de la patrie. Quelle indignité ! ;de bou ! Evidemment l’'horrible faction de Florès avait mis en avant lez trai- | cette infime calomnie. Du reste, si le président consene la ces- tait à so défendre, c'était moins pour venger son honneur rois mil- outragé, que pour rejeter sur les sénateurs la responsabilité gouver- À du décret par lequel ils allaient enlever au pouvoir le monelle au yen de sauver la patrie (1.) ” se, S'x- | Cette irritation, ce dédain blessèrent at vif les menbres conclure du sénat, Le message fut discuté avec une’sanglante acri- | EC monie, Plusieurs sénateurs du parti démocratique mirent e réunit: le gouvernement au défi de nier les charges qui pesaient nenägait | sur lui, ‘ Oui ou non, le cabinet avait ileu la pénsée de t délibé: dissoudr. les chambres ? Oui ou non, avait-il essayé de édés at mutik : le sénat pour empêcher le cours de ses sessions ? minence (1) Voir message du 28 octobre 1858.
Oui ou non, avait-il décrété la translations de la capitale à Guayaquil, malgré l'interdiction formelle du congrès ? N'est-ce pas à cause de ce décret, déjà rodigé, qu'un ministre avait démissionné, sans qu'on pût trouver un homme pour ramasser son portefeuille ? ” Garcia Moreno mità néant le message, on prouvant que le gouvernement possédait les moyens de résister à l'ennemi, c’est-à-dire des hom
mes et de l'argent, et que, s’il exigeait des pouvoirs arbitraires, c'était uniquement pour continuer ses brigandages,
Après deux jours de délibération, la ville entière parti. .
cipait à l'effervescence qui animait les sénateurs. Urbina voulut en finir. Comme Garcia Moreno ne manquait pas une occasion de le mettre en scène et de lui attribuer tous les crimes imputés au gouvernement, il donna l'ordre à une escouade de Tauras de se porter le lendemain à la barre de l’&:omblée et d'arrêter en plaine séance le terrible lutteur s'il se permettait de nouvelle invectives, Heureusement la capitale était en éveil par la crainte d'un coup d'Etat, Le bruit de ce guet-apens ayant transpiré dans le publie, les jeunes gens, enthousiastes de Gatcia Moreno, le supplièrent de ne pas assister à la séance du lendemain parce que les sbires apostés par Urbina n’hésiteraient pas à l’assassiner. Il répondit qhe jamais il ne reculerait devant ces criminels, ni devant un danger quelconque. En effet, à l'heure accoutumée, il so rendit au vieux couvent de Saint-Bonaventure, oû le sénat tenait ses séances. Dès son arrivée, il se trouva escorté d’une nombreuse compagnie de jeunes patriotes accourus de tous les points de la ville pour le défendre en cas de besoin.
Cette garde improvisée n'était point inutile, Les Tau- -ras, à leur posté, l'œil enflammié, l'épée au poing, la menace à la bouche 1egardaient fièrement l'assemblée, Le public attendait avec effroi le dénouement d'une tragédie si bien préparée, quand Garcia Moreno reprit les déhata avec plus d'animosité que la veille, jamais il ne fut plus agressif ni plus mordant. Amené par son sujet à depeindre les brutalités du gouvernement, son mépris de la loi, de la constitu-
st et et À El ui ml À. Mt me À e$
pitale à ngrès ?
minisnomme D mità possébs hom rs arbindages,
e parti-.
Urbina ait pas er tous ordre à la barerrible Leureun coup dans le reno, le demain ient pas rait de- 1e, En couvent 8. Dès compats de la
es Taumenace . public > ai bien rec plus essif ni 8 bruta-
*onstitu-
tion, des assemblées houveraines, il s'interrompt tout-à-coup et, désignant du geste les odieux sicaires debout à la barre, i! dénonce d’une voix vibrante l'abominable projet d'Urbina contre la représentation nationale ainsi que la lâcheté de ces soldats transformés en bourreaux. Il les presse, les poursuit tellement de ses paroles enflammées, que les malhoureux perdent contenance et quitte la salle en tremblant, : Le retrait des pouvoirs fut enfin voté à une grande majorité. Après la séance, les Tauras stationnaient à la porte du <ouvent, bien décidés à mettre la main sur Garcia Moreno au moment où il regagnerait sa demeure, mais les patrio" tes avaient deviné leur dessein. Au sortir de la salle ils entourèrent le vaillant tribun, le comblèrent de félicitations et le reconduisirent triomphalement à son domicile.
Les deux despotes crurent qu'il serait facile d’intimider la chambre des députés. Pendant qu'elle délibérait à son tour sur les retrait des pouvoirs, Roblez fulmina un noumessage contre l'opposition ; les sbires d'Urbina se montrèrent chaque soir, le poignard en main, près de la demeure des députés hostiles, comme pour leur signifier le sort qui les attoudait; mais rien ne put décider la majorité à laisser la natiou sous l'arbitraire de ces misérables, mille fois plus à craindre que les flottes du Pérou : elle vota le retrait des pouvoirs.
Toutefois le congrès prouva bientôt qu’en opposant une inébranlable barrière au despotisme dictatorial, il n’enten-
-dait nullement mettre obstacle à la défense nationale, Dans
les premiers jours de novembre, parvint à Quito ia nouvelle du blocus de Guayaquil. Les deux chambres offrirent immédiatement leur concours au gouvernement avec l’intention de voter les ressources nécessaires en hommes et en argent pour soutenir l'honnneur et l'indépendance de la nation ; mais cela ne snffisait point à Urbina, qui guettait
‘cette circonstance pour se débarrasser de tout contrôle et
s’engraisser aux dépens du peuple. N'osant employer la force pour dissoudre le congrés, il eut recours à la ruse. “Onze députés à sa dévotion désertèrent : lâchement le poste
d'Hbnnéur qu'on lour avait confié et, par cette manœuvre déloÿale, rendirent impossible toute délibération de l’assemblée. Faute da nombre de votants exigé par la constitution, la représentation nationale fut anéantie de fait, pour faire place à une nouvelle dictäture qui prit le nom de “ Diréction shprémo de la güerre ” ; Après avoir créé Urbina général oh chef de l’armée, Roblez, ‘ le Directeur suprême, ” partit pour Guayaquil, muni, disait-il dans une addresse à la nation, ‘ des pouvoirs que le péuple lui avait confiés ”,
Roblez se moquait du peuple, après avoir foulé aux picds * ses représentants. Il oubliait, l’insensé ! qu'on n'entreprend pas une guerre avec l'étranger, en laissant detrière soi une nation au paroxysme de la fureur, Mais Dieu avéügle ceux qu'il veut perdre,
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