VIOLENTE RÉACTION
Il y avait à peine deux ans quo Garcia Moreno exerçait le pouvoir, et, s’il avait pour lui le peuple catholique, il, pouvait se vanter d’être pour tous les révolutionnaires, libé. . raux et radicaux, l’homme le plus impopulaire et le plus. exécré de l'Equateur. Nous allons assister au gigantesque. duel du héros chrétien contre cette légion d’ennemis,
Lo ligue, qui depuis quelque temps déjà complotait le) 4 renversement de Garcia Moreno, avait pour chef ce misé:! 4 rable Urbina ignominieusement chassé du territoire trois : années auparavant. L'astucieux despote sentait quo Garcia Moreno, l’auteur de sa chute, empêcherait à jamais son ré: tour : aussi lui avait-il voué une haine implacable et tra vaillait-il de tout son pouvoir à organiser contre lui une con: A juration, tant de ses adeptes à l’intérieur que des chefs i d'états plus ou moins animés de sa rage sectaire.
A l’Equateur il comptait sur tous les démocrutes initiés
à la franc-maçonnerie et fers de s’intituler progressistes où libres-penseurs. Un de leurs chefs les plus ardents, l'ambi:,
tieux Pedro Carbo, se déclarait en toute circonstance l’en:, nemi acharné de Garcia Moreno, de sa politique catholique,.i et même de ses entreprises les plus évidemment favorables.
bien-être matériel du pays. Quand le président commen-
î ça la route carossable de Quito à Guayaquil, tous les cat:
À dépouiller 1
que et la cr cdetels h contre Garc à Guayaqui sit sous U:
Un autre Moncayo, r ami de l'ex volution de
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j +4] intéressés votèrent, sur sa demande, des subsides annuls pour l'exécution de ce colossal projet; seul, le conseil
municipal de Guayaquil, à l’instigation de Pedro Carbo, répondit que la ville, fortement endettée, ne pouvait souscri-
> re aux vœux du gouvernement ; ce qui ne l’empêchait pas de
voter des fonds, séance tenante, pour l'achat d’une bibliotèque et la création d’un journal d'opposition. Sous l’influence de tels hommes, ’hostilité grandissait chaque jour contre Garcia Moreno, au point que certains énergumènes à Guayaquil regrettaient tout haut la liberté dont on jouis-
» mitsous Urbina et Roblez,
Un autre fanatique d’'Urbina, c'était le docteur Pedro. Moncayo, revenu à ses premières amours. D'abord ardent ami de l’ex-président, il avait fait ensuite contre lui la révolution de mai 1859 avec tant d’animosité qu'il voulait
dépouiller les temples et fondre les cloches pour augmenter
les ressources et multiplier les armes. Aujourd’hui, en haine de Garcia Moreno, il regrettait si amèrement son ami d'autrefois, qu’en attendant son retour, il s’expatriait pour ne pas mourir suffoqué dans cet Equateur ‘“ où l’on manquait de tous les libertés, liberté de la presse, liberté d’élection, liberté d'association, liberté d'enseignement, ces grands
| moyens dont disposent toutes les sociétés civilisées pour :
propager la vérité, la justice, les scienees eu les arts (1.) ” Cela veut dire qu'à l'Equateur la secte n'avait pas les ooudés franches pour travailler au renversement de l'Eglise
ebde la société. Par ses pamphlets, P. Moncayo se faisait, | Al'Equateur et chez tous les peuples de l'Amérique, l'ar- L dent missionnaire de l'insurrection contre Garcia Moreno.
Aces accusations de tyrannie répondaient les hurle-
ments des nombreux mécontents de l’intérieur, employés
mis à la retraite, soldats astreints à la discipline, libéraux vexés des allures autoritaires du président, et plus encore deson respect absolu pour les droits de l'Eglise, En cas de boileversement, tous promettaient lnur adhésion mais nul
(1) Ojeada sobre las Républicas Américanas, P. Moncayo.
de +
n’osait tenter un mouvement qui eût compromis sa tête, Con
pirateur sans courage et sans vergogne, Urbina n'héiu! point à réclamer l'appui du Pérou et de la Nouvelle GA
nade, ces deux mauvais larrons, comme disait le P:Solano”
place. à droite et à gauche de l'Equateur pour le dépouilA ler quand l'occasion s’en présente. Il jeta d’abord les yenrA
sur le péruvien Castilla, dont il connaissait les prétentions sur l'Equateur et les ressentiments contre Garcia More,
Depuis sa mésaventure de Guaynquil, Castilla vivaité
en bonne intelligence avec le triumvirat U:bina-Roble Franco, lesquels restaient frères et amis malgré leurs démé:
lés d'autrefois ; mais, pour envahir de nouveau l’Equateur. A ? ? P q 14
le président du Pérou devait donner aux autres puissance
une raison tant soit peu acceptable : il imagina d’intente à Garcia Moreno devant tout: l'Amérique un procès dehat
te trahison. Nos lecteurs se souviennent Â1es malencontret-\ ses lettres adressées au représentant du gouvernement! français sur la question d’un protectorat éventuel. Ces let4
tres, restées secrètes jusque-là, furent livrées à Castilla par l’indiscrétion coupable d’un agent diplomatique, et publiées
dans un journal de Lima. Aussitôt, sur un mot d'ordres d’Urbina, toute les feuilles américaines dévoillèrent ave4
indignation ‘ la grande trahison de Garcia Moreno. Com: me Florès, avec lequel d’ail!zurs il s'était réconcilié, le pré
sident de d'Equateur avait vendu son pays à l'étranger! "4 Le traître Franco, qui n’avait pas rougi de conclure ave Castilla le honteux marché du 25 janvier 1861, prit la plr-4 me pour dénoncer Garcia Moreno à la vindicte publique Urbina, l’hypocrite ! manqua de tomber en pamoison à4 cette fatale nouvelle. “ Livrer l’Equateur à la Franc:
s'écriait-il, mais c’est le coup de mort de l'Amérique. No,
je ne voulais pas y croire, malgré mon inimitié contre li: surpateur; ; je voulais voir de mes yeux, toucher de mes mains les pièces authentiques, avant d’abandonner4
la résolution que j'avais prise de renoncer à jamais à la vie
publique. Je vins donc au Callao pour m'en assurer, etje4 me fis apporter à bord les maudites lettres. C’étaient biend des autographes, c'était bien l’Equateur transformé en colo:
) partir en g . ætde plus 1
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projéctos co (2) Voirc
at ‘ nie française, M dénncée d'un Hrl'Equateu
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on “ qu'il fe gidération, at texte (2) mê de Garcia M la Torre et À le disculpère au l'indigne férence de & etles protesi mille voix dé que ? On res l'idée de livr Castilla se cident qu'il du Mexique diaire, il avi de Napoléo que dans Îld en armes et, telles invec les couvrit
quement d
soustraire d (1) Citatid
D nie française, ma patrie vendue à l'étranger; et l'Amérique Hénacée d'une ruine imminente ! Les Français allaient enva-
à tête, Comp na n'hég
prétentions
uvelle Gre 4 o P:Solano
le dépotit ; rd les yenx
ia Morens, tilla vivait A
Hirl'Equateur comme ils ont envahi le Mexique (1). ”
Quel odieux et impudent mensonge ! Garcia Moreno avait parlé de protectorat, non de colonie. Il avait voulu, . dans uu moment de détresse, ‘sauver l'honneur et l’exisfonce de la nation ”, non l'inféoder à un peuple étranger, Et encore était-ce de sa part une simple proposition “ qu'il faudrait soumeître, si elle était prise en considération, au jugement des représentants du peuple. ” Le
bina-Roblez.
leurs démt. texte (2) même de la lettre en fait foi. Les deux collègues
l'Equateur.ŒM de Garcia Moreno au gouvernement provisoire, Gomez de
< puissanéle M hTorre et Avilès, bien qu'ennemis politiques du président d'intenter M le disculpèrent entièrement en même temps qu’ils mirent à
ocès dehat-
au l'indigne conduite de Franco à leur égard lors de la conférence de Guayaquil ; mais que penvent les démonstrations
hlencontreu.
uvernement ! et les protestations contre une calomnie accréditée par les uel. Ceslet M mille voix de la presse et toutes les loges frane-maçonni- Castilla par que ? On resta persuadé que Garcia Moreno avait conçu , et publiées lidée de livrer l’Equateur à la France. x
mot d'ordre! Castilla se crut d'autant plus autorisé à exploiter cet inlèrent, ave cident qu’il avait hautement protesté contre l'occupation. oreno, Con Æ du Mexique par les Français, Dans un manifeste incencilié, le pré! diaire, il avait dénoncé au monde civilisé ce gouvernement étrangerl"Æ de Napoléon “ assez audacieux pour détruire nne républi-
nelur'e avec
M que dans le Nouvea -Monde ”, offert à Juarez des secours
, pritla pl-Æ en armes et en argent contre les en7:hisseurs, et lancé de te publique les invectives contre les résideats français au Pérou qu’on pamoison 44 les couvrit d'insultes. Cet énersumène devtit naturellement la Franc! À partir en guerre contre Garcia Moreno, l'ami des Français, rique, Non, Æ étde plus l'auteur de son échec de 1859. Il l’accusa pubhé contre Ft: qiement d'avoir tenté plusieurs fois d'incorporer l’Eque-
toucher de
| teur à des pzissances étrangère et, probablement en vue de
abandonner Æ sonstraire quelques provinces à ces puissances, il réclama, ais à la y (1) Citation empruntée à la brochure : Æ7 général Urbina y sus suref, d VA projéctos contra el pais . Guayaquil, avril 1864.
staient bien 4
mé en colo 4
(2) Voir ce texte, ibid: pp. 10 et 11.
«cia Moreno héritait naturellement, d'après Castilla, de tous ‘les engagements contractés par“ l'ex-doyen des chañoi: aes. ”
Heureusement le tapage des journaux et los menaces des
diplomates intimidaient peu Garcia Moreno. Il répondit !
à Castilla que ces revendications n'avaient aucune valeur, “ attendu que le traité du 25 janvier était nul de plein droit, Franco n’avait pu engager un pays qui ne le reconnnais. sait point pour son chef; d'ailleurs ni les chambres de l’Hquateur, ni celles du Pérou, n’avaient consenti à ratifier cette honteuse convention. De plus, le gouvernement de
l'Equateur ne refusait pas de nommer des commissaires |
pour s'entendre avec ceux du Pérou surla ligne de dé marcation entre les deux états, s'en remettant en cas de
<onfiit à l'arbitrage du Chili”. Castilla ne voulut rien en !
tendre et menaça d'envahir l'Equateur par terre et par
mer. Pour toute réponse, Garcia Moreno fortifia Guayaquil 4
-t commença les préparatifs nécessaires pour mettre sur pied une armée de dix mille hommes. Siles hostilité n'é
-clatèrent point, c’est que la Grande Bretagne interposass | médiation, qui fut acceptée par Garcia Moreno comme
moyen de tminer le différend d’une manière conforme
à l'honneur national, et par Castilla, comme un expédient : très heureux pour sortir sans trop de ridicule du mauvais 4
pas où ses bravades l'avaient engagé.
Furieux de cet échec, le président du Pérou rompit toute relation diplomatique avec le gouve:nement équatorien
-et ouvrit les bras à tous les conspirateurs enquête d’un re | fuge à l'étranger. En octobre 1862, muni de son autoriss-
tion, Urbina put équiper un vaisseau duns le port du Cal:
lao pour tenter une descente sur un point qnelconque de ! l'Équateur et insurger le pays. L'occasion paraissait favo-
rable : le général Florès était assez gravement malade;
| ri; évide . allait accls
battre : à ds Neuva ( : pavillon ©
d'un ton comminatoire l'exécution immédiate du traitée Mapasingue, par lequel Franco lui avait cédé une dde ! partie du territoire équatorien. Successeur de Franco, Gén !
Dr: Pendant ;
‘Garcia Moreno revenait de Tulcan battu et peut-être amoin- 4
son MAS U plices, cor
es apprét Garcia M droit des | Pérou. Er l'acte de I s'il voulai qulé par 1 du corps « l'opinion mettre l’e heur, son 1 fut ren qui désav avec l'Éq
** Les ré\ de ce côt vers Mos ‘made, Ce “abattu d:
de l'Égli
grande ( “dérative : valisera
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Mer.
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anco, Gr.
une botte !
du traitée | . dris évidemment le pouple, échaufté par les démocrates, | .alsit acclamer Urbina comme un libérateur, Il fallut en ra-
battre : à peine arrivait-il au petit port de Payta, à bord de
Ia, de tô ls Neuva Granada baptisée d’un faux nom et couverte du les chanoi. «psvillon chilien, que déjà le président l'avait découvert sous son masque et le signalait, lui, Roblez et ses autres comenaces des plices, comme des pirates dignes du dernier châtiment, [1 répondit | " Pendant qu'un corps d'armée se formait à Guayaquil pour sa RUE les appréhender en cas de débarquement, une circulaire de Dlein pa Garcia Moreno à tout le corps diplomatique en appelait au eco droit des gens cyniquement violé par le gouvernement du ant Les w | Pérou. En même temps son délégué dénonçait à Castilla ti à rite l'acte de brigandage commis sous ses auspices, le sommant, nement sil voulait la guerre, de la faire au moins loyalement., Acmine culé par le gouvernement de l'Équateur, les représentations no de du corps diplomatique, et les manifestations indignées de or sé l'opinion, Castilla se vit obligé d'arrêter ses affidés et de ut den nl mettre l’'embargo sur leur vaisseau. Pour comble de xaalre el L heur, son mandat expirait au moment de cette déconvenue, Guay ss D fut remplacé au fauteil par le brave général San-Roman motte D qui “éavoun le hçuieue traité du 25 janvier et entretint ostilité ne avec l'Équateur d’amicales et pacifiques relations. AÉErposs #8 "Les révolutionnaires n'avaient donc plus rien à attendre RO, CON de ce côté. Ils se tournèrent vers l’autre larron, c'est-à-dire conforme vers Mosquera le nouveau président de la Nouvelle-Greexpédient rade, Ce dernier, vainque ‘+ du parti atholique qu'il avait u mauvais | “abattu dans la personne d'Arboleda, persécuteur acharné 2" de l'Église, révolutionnaire de la pire espèce. haïssait en mpit tou Garcia Moreno le patriote chrétien et l'ennemi déclaré des équatorien ! “loges maçonniques. Ambitieux comme Castilla, mais plus e d'un re | rusé, son plan d’agrandissement consistait à englober sous | autoris : le nom d’Etats-Unis les trois républiques, Nouvelle-Grenaort du Cal. | de, Vénézuela, Équateur, qui sous Bolivar avaient formé la >onque de : grande CL'ombie, Restaurateur de l’unité sous la forme fésait favo- “dérative, fondateur des États-Unis du Sud, qui bientôt ri-
malade ; treamoin- !
: waliseraient d’importante avec ceux du Nord, il espérait se
maintenir assez longtemps au pouvoir pour anéantir dans
ce vaste territoire le règne du Christ et de son Église. Aus-
si tous les révolutionnaires avaient-ils salué son évènement par des transports de joie. Dans sa lutte à outrance contre Garcia Moreno, Urbina s’empressa de recourir à l'inter. vention du grand libérateur.
Vous avez appris, lui écrivait-Il de Lima, comment l'audacieux et crnique président de l'Équateur, marchant sur les traces du général Florès, voulut annexer notre pays à l'empire français. J'ai pensé que vous, l’un des glorieux fondateurs de notre indépendance, vous comprendriez notre disgrâce et ne permettriez jamais que l'Équateur subit un protectorat humiliant ou devint une simple colonie, Or, tel. le est la situation lamentable de ma patrie, qu'elle ne peut reconquérir sa liberté sans l'appui d’un bras étranger, Voi. là pourquoi, cédant aux vives sollicitations du grand parti libéral, qui forme la majorité de mes compatriotes, je tra vaille à liguer tous les gouvernements de l'Amérique, eten particulier ceux du Pacifique, contre les deux hommes néfastes (1) dont les efforts incessants ont pour unique butde livrer de nouveaü le continent aux monarchies européennes. Malheureusement, si le Pérou a de bonnes intentions, des difficultés sans nombre l’empêchent de les réaliser, Pour différentes raisons, le Chili et la Bolivie ne peuvent présentement nous venir en aide. En attendant, le pouvoir de Garcia Moreno se consolide de jour en jour : la situation de l'Équateur devient d'heure en heure plus navrante et plus désespérante. Général, c'est en vous désormais que l'Équeteur et l'Amérique mettent leur espoir. Vous avez terminé la guerre civile qui désolait votre pays et fait triompher la bonne cause ; vous disposez de forces considérables ; vous pouvez compter sur la coopération efficace et décidée du grand parti libéral, dont je suis près de vous le fidèle organe: vous n’avez qu’à le vouloir pour opérer la rédemption de l'Équateur et conjurer la ruine dont l'Amérique est menscée
“ Je n’insiste pas sur la questiou du fédéralisme : mon (1) Garcia Moreno et Flarès.
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omment archant btre pays glorieux iez notre ubit un ». Or, telne peut er, Void parti s, je traue, eten imes né ue butde uropéententions, ser, Pour t présenivoir de tion de et plus l'Équaterminé iompher les ; vous cidée du organe:
ption de t mena-
e. mon
ise, Ans- unique ambition, c'est de chasser de Ia scène les deux
hommes qui tiennent en alarme l'Amérique du Sud, Ce but rempli, ma mission sera finie ; la majorité de mes concitoyens dictera ses volontés. Soyez persuadé qu'elle répudiera le système jésuitique et colonial inauguré par Garcia Moreno et Florès. (1) ”
On ne peut trahir son pays ni le livrer aux m’ins de
: l'étranger avec plus d'upparence de désintéressement et de
patriotisme que ne le fuit ce Machiavel de corps de garde. Et cet homme ose accuser de trahison Florès et Garcia Moreno ! Pour les empêcher de transformer l'Équateur en une colonie européenne, il supplie Mosquera de l'envahir l Il fait un crime à Garciu Moreno d’avoir demandé le protectorat de la France à la veille d’un démembrement du pay et il presse Mosquera d'en faire la conquête ! Vraiment l’école révolutionnaire a formé ees types d’hypocrisie et de méchanceté qu'on n'eùt point soupçonnés avant elle.
… Mosquera savait à quoi s’en tenir sur la fameuse ques” tion du protectorat français ; mais comme l'appel d'Urbina favorisait ; ses vues sur l'Équatenr, il répondit ‘“ qu'in-
. dubitablement il y avait un plan formé pour écraser de nou-
veau l'Amérique sous le joug abrutissant du fanstisme et du monarchisme, plan qui n'aurait rien d’inquétant si, dans l'Amérique même, des ambitieux, désespérant de pouvoir jouer éternellement un rôle de cacique, ne mendiaient 16: protectorat de l'étranger pour se perpétuer au pouvoir. ” L'aruspice a l’air de prendre son collègue au sérieux, mais, plus fin qu'Urbina qui se taisait sur la fédération colombienne dont l'avènement aurait ruiné ses espérances pré-
. sidentielles, Mosquera affirme que ‘“ le salut, c’est lu résur-
rection de la Colombie sous la forme fédérative. ” Il la rétablira bon gré, mal gré : ‘“ La Colombie a été, dit-il; la Colombie sera de nouveau. Si Garcin Moreno et Florès ne veulent point se soumettre à la volonté populaire, leur chu-
(1) Et general Urbina y sus projectos contra el pais. Lettre d’Ur-bina à Mosquera 14 février 1862.
ite est certaine, en dépit de tous les protectorats dont ils pourront se couvrir. (1) ”
Entre ces deux frères et amis, il s’agit uniquement de savoir qui fera tirer par l’autre les marrons du feu. Urbina ‘comprend que Mosquera veut tout prendreet ne rien lui laisser, mais il compte sur la résistance des Equatoriens qui ne consentiront jamais à se laisser incorporer "à la Co- Jombie, et lui conserveront ainsi, melgré Mosquera, le fau- teil présidentiel. Le plus pressé, c’est, en renversant Garcis Moreno. de rendre ce fauteil vacant. Aussi, dans une norvelle lettre à son complice, insiste-t-il avec force sur: la né- -cessité de commencer les hostilités. Le misé ble ne rougit pas de dire ‘ qu'il a découvert de nouveiles et irréeusables preuves établissant que Garcia Moreno et Florès ‘persistent dans leur infâme projet de livrer l'Amérique à l'étranger. De plus, les soufrances de sa patrie devenant intolér.bles, le parti libéral se décide à l’action. Il lui envoie donc un homme de confiance pour aviser aux voies et moyens. (2) ”
© Mosquera accueillit cette nouvelle ouverture avec sa pru- ‘dence ordinaire, Pour ne pas décourager l'ambitieux, le rusé fait cette fois miroiter le fauteuil. “Ce n’est pas l’Équateur qu’il veut combattre, mais bien se3 mandataires. Cer. ‘tainement le parti libéral recevra Urbina avec enthousiasme. Le jour où éclateront les hostilités, Mosquera viendra ‘à son secours avec toutes les forces dont il pourra disposer, Aïnsi l’on se débarrassera d’un gouvernement traître à l’Amérique, et l'Equateur sera libre. Mosquera ne veut pas le ‘forcer à faire partie, malgré Ini, de la grande Colombie, mais il ne peut cuxcentir à le voir simple colonie de Paris ‘ou de Rome. (3) ”
: Or pendant que ces deux traîtres, travaillant chacun ‘pour son compte personnel, s’associaient dans l’ombre pour renverser Garcia Moreno, voici les lettres que Mosquera () 1oia. Réponse de Mosquera à Urbina 26 Mai 1862. (2) Ibid. Lettre d’Urbina à Mosquera, 19 Juin 1862.
#3) Zbid. Lettre du Mosquera à Urbina, 28 Octobre 1862,
dont ils
ment de . Urbina rien lui uatoriens "à la Coa, le faunt Garcia une novur. la néne rougit éeusables persistent étranger.
olér:, bles, donc un ens. (2) ”
rec SA pruitieux, le ag l'Équaires. Cer.
thousiasa viendra disposer, ître à l’Abut pas le Colombie, de Paris
nt chacun mbre pour Mosquera
‘adressait au président de de l'Équateur, “ son grand et cher
ami ” : “ Ayant organisé nouvellement le pays sous le nom d'États-Unis de Colombie, je vous envoie un représen” tant afin de resserrer les liens qui unissent nos'deux peuples, et de négocior la reconstitution de l'antique répul:ligre colombienne sous le régime d’un gouvernement iédéral, ” Garcia Moreno connaissait de longue date les roueries du vieux révolutionnairc : il comprit à merveille que son intention était ‘‘ de resserrer leslliens entre les deux peuples ” assez étroitement pour n’en faire qu'un seul, dont il serait le maître. En conséquence sans même faire allusion au système fédéi vtif, le fétiche de Mosquera, il répondit simplement qu’il agréait son envoyé, ‘ lequel, par ses qualités personnelles, contribuerait à entretenir les meilleures relations et la plus parfaite harmonie entre deux peuples frè-
res.
Mosquera n'était pas homme à se contenter de cette eau béniie de cour. Il affermit son pouvoir, laissa grandir l’opposition contre Garcia Moreno, activa de son mieux les passions révolutionnaires ; puis, quand il crut le moment oppertun pour pêcher en eau trouble, il écrivit de nouveau à “ son bon et très cher ami ” le président de l'Équateur que, ‘ désirant donner une preuve de son estime pour la nation équatorienne, l'antique alliée de la Colombie, il avait pris la résolution de transférer le siège de son gouverne. ment sur les frontières du sud, afin de pouvoir conférer avec le président de l'Équateur sur les intérêts de leurs pays
respectifs, négocier de nouveaux traités, et ainsi raffermir
l'union des deux peuples qui, divisés de nationalité, n’en font qu'un par le cœur. ”
Cette démarche singulière, mais significative, fit comprendre à Garcia Moreno qu'il fallait parler clair et couper court aux prétentions du despote. Il lui répondit donc “qu'il était très sensible à cette nouvelle manifestation de <ordiale amitié non moins que de vive sollicitude pour le bonheur des deux pays, et très heureux d'accepter l'entrevue proposée, afin d'offrir uu président et à son gouverne-
ment l'hommage de son profond respect. Mais, ajouta-t-il, nous manqueri ns de loyauté, si nous ne vous déclarions dès maintenant que, dans ces conférences, nous n’accepterons aûcun projet qui tendrait à fondre les deux nationalités en une seule sous la forme du gouvernement que vous avez adoptée, L'Équateur a confié ses destins et son avenir à des institutions différentes des vôtres, institutions trop chères au peuple et à ses représentants pour qu’ils les sacrifient jamais. La constitution qui nous régit, nos convictions personnelles, et l'opinion générale du pays, nous commandent irapérieusement de rester ce que nous sommes, (1) ”
Ertre ces deux chefs, dont l’un avait juré d’annexer l'Équateur à ses États, et l’autre de mourir mille fois plutôt que de céder un pouce de son territoire, la guerre devenait inévitable, Au fond, Mosquera n’attendait qu'une occasion favorable pour entrer en campagne, et comme le congrès de l'Équateur allait ouvrir ses sessions, il comptait sur les débats parlementaires assez orageux pour lui préparer le: terrain. Ses calculs n'étaient malheureusement que trop fondés.
Aux L ses sessi général se réuni:
moins n passe à < alors qu tion po craindre sous l’i Cosmop( tent de dés | les finan gloire d et cont finalemé bre, un béralis
+ Sur ce fameuse même d ne. Qua
(1) Lettre du 15 Juillet 1863.