‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 56 sur 97 · ART AA · texte numérisé non relu

ART AA

les tendances irréligieuses et démagogiques, lu tnçutil gistance des abus et de la routine, les habitndes d'aue ti de scandaleuse, expliquent cette horreur d’une Eglise lih

toujours, b

| Li n'a

pure. Afin de colorer cette opposition inavouable, on sul Fan En mA en avant des cufficultés ixhérentes à toute réforme, et sir si ae tout la nécessité d’une approbation législative pour 4 +4 que, la rel force de loi au concordat, ” àjansis, la ru Le terrain devenait brûlant, car ceux qui dérlarent. à | sastre. <oncordat impossible et inconstitutionnel se trouvaient dé ü gi donc la cc vant lui, pleins de discours élabcrés depuis trois mois, Ed tion ; si vo quelques mots, il pulvérisu l’objection qu'il venait de soul bien qu'à réfor ver, A lation, d'instruc

‘€ Si l'exécution des lois concordataires offre des dti etrjudiciaire ; si tés non prévues, nul doute qne l'Eglise et le gouvernement @.rs pour avancer ne les résolvent d’un commun accord : mais en aucun 44 buteurs de désor

vous ne pouvez invalider le concordat : libre à vous de dé protection divine sapprouver le gouvérnement qui l’a conclu, mais non di l'armée, le gouve firmer un traité ratifié et promulgué par lui en vertu d'os prostation dans | autorisation expresse du pouvoir constituant. Si l'ou mo dit terminé, je d

d'avoir travaillé contraire, la maj Lcensure les actes distement le pou susciter un magi “l'avenir de la 1 . Ce message fu chambres. La dé bœconflit, n’aurs sourds gronderne Nouvelle-Grenac Garcia Moreno, ( ait, comme M:

bre de l'autre, donc à des piqûre fonmoise, le sén4 les préparatifs d -quilibre entre le

jecte que la constitution elle-même interdit la délégationdu pouvoir législatif, je réponds en distinguant l'autorisation de la délégation, comme on l'a toujours fait dans nos np bliques. En 1858, le congrès de la Nouvelle-Grenadeauto risa le président à conelure et à ratifier un traité aveclai Etats-Unis, Rocafuerte édicta le règlement actuel de l'insf truction publique, en vertu d’une autorisation que lui do na le congrès de 1837. Les diverses autorisations données par le congrès de 1861 sont du même genre. L Enfin, supposé même que l'autorisation soit nulle etdél nul effet, le concordat reste debout comme tout contratpe blic émanant d’un gouvernement légitime. Evidemmente ce cas, ma responsabilité grandirait, mais la force oblig toire du traité ratifié n’en serait pas amoindrie ; car, M près les principes de la jurisprudence internationale, le go vernement seul réprésente la nation dans ses relations ave les puissances étrangères. C’est en vertu de ce pricipe qu notre traité de 1840 avec la mère patrie nous lie el n0®%#

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toujours, bien que la législature de 1841, dissoute prément, n'ait pu ni l'examiner, ni l'approuver,

F “Je conclus que toute attaque contre le concordat en- | tratzsrait lo déshonneur du pays. D'ailleurs, ni vous ni moi

nepermettrions que l'Eglise retombe dans les fers, c'est-

à pire que, la religion et la morale ruinées, le clergé perdu is juis, la république s'effondre dans un épouvantable dé-

| ssstre.

u Si donc la dsvinlle du gouvernement mérite votre ap-

tion ; si vous l’aidez à sortir de la crise financière aussibien qu'à réformer nos lois anarchiques en matière d’életion, d'instruction publique, d'organisation municipale ét judiciaire ; si vous donnez au pouvoir les forces nécessai* mspour avancer dans la voie du progrès et réprimer les

D fleurs de désordre, je réponds qu'avant peu, grâce à la

protection divine, aux loyales sympathies du perple et de

l'armée, le gouvernement tirer \’Evuateur de l'Etat de -prostation dans lequel il l’a trouvé, Dans ce cas, mon mandatterminé, je descendrai du fauteuil avec la conscience d'avoir travaillé sans relâche au bien de ma patrie; si, au

contraire, la majorité du congrès, me retirant son appui, censure les actes de mon administration, je quitterai immédistement le pouvoir, en priant la divine Providence de

susciter un magistrut assez houreux pour assurer le repos ctl'avenir de la république. ”

Ce message fut accueilli plus que froidement par les deux

chambres. La démission, qui paraissait la finale obligée de

-æconflit, n'aurait pas trop déplu à la majorité sans les

sounds grondements qui annonçaient un orage du côté de la Nouvelle-Grenade. Dans ces conjonctures, se débarrasser de Garcia Moreno, c'était livrer le pays à Mosquera qui arri-

ait, comme Mahomet, son Coran d’une main et le cime- Lire de l'autre, Au lieu de coups de massue, on se borna donc à des piqûres d’épingle. Dans une adresse tant soit peu -samoise, le sénat se montra très affecté d'apprendre ‘que les préparatifs de guerre contre le Pérou avaient rompu l'équilibre entre les recettes et ies dépenses, surtout que d’au-

res démélés internationaux avaient amené de funestes 16% sultats. ” Après uno allusion assez piquante à l'échauffou de Tulcan, le sénat déplorait amèrement le mauvais dat des finances : ‘“ Les revenus de l'Etat, dîsait-il, constituent l'élément principal de richesse et de prospérité auquel tou À

les peuples aspirent ; si l'Equateur manque de fonds néces

saires, non seulement pour réaliser un progrès quelconque, 4 mais pour suffire aux bosoins de chaqge jour, la vie publk.

que se trouve évidemment sous ce rapport dans un état pk

toyable ” Rien de plus évident, en effet, et Joseph Prudhomme n'eût pas mieux dit ; mais à qui la faute ? Ces /

législateurs, qui jamais n’ont eu de finances, n’insinueraient:

ils pas que leur indigence date de Garcia Moreno ? Né 4

moins le sénat rendait hommage ‘aux améliorations ir

troduite dans l'état matériel et moral du pays, grâce aus !

le, à l’activité, non moins qu’à la louable abnégation du pré

sident ; il espérait le voir appuyer de son autorité les dis 4

positions législatives destinées à procurer le vrai bien dels nation (1). ”

Plus agressifs que leurs collègues du sénat, les députée tinrent à faire acte d’impolitesse, En parlant du message”

présidentiel], l'adresse s’exprimait en ces termes, consacté

par l'usage : Vous avez daigné nous transmettre ; ” le. vère Borrero fit remarquer qu'un chef d'Etat a le dr! strict de rendre ses comptes et que, par conséquent, la fr, mule “ vous avez daigné transmettre ” devait faire placeà 4 celle-ci : vous avez transmis. ” La chambre s'empressn de. voter cet amendement qui sauva les grands principes de“

1789, car donner au pouvoir une marque de respect, n'est

<e pas lui reconnaître une certaine supériorité, et alors quel

devient le peuple souverain ?

Borrero sauva la patrie une seconde fois, Le message. avait dit en parlant du Mexique : “ La guerre parait tm! minée ; il reste à faire des vœux pour que cette région d84 l'Amérique, opulente et privilégiée entre toutes, se const

(1) Seance du 14 août 1863.

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telibroment, en évitant les excès d'une démagogie rapace,

immorale et turbulente. ” Borrero devina sous ces expres- = dons un désir non équivoque de voir'les Français s’implan-

terau Mexique, désir anti-républicain au premier chef, Aus-

» dproposs-t-il d'ajouter à l'adresse ce paragraphe à sensa-

ton ; “ La chambre des députés déplore la doulorireuse exténité à laquelle se trouve réduite la républiqu': mexicaine;et fait les vœux les plus ardents pour que, ?, l'heure où #dissipera le nuage qui obscurcit son avenir, elle se relève. libre, indépendante et prospère, de l'ignominieuse servitude dont n’a pu la préserver l'héroisme de ses enfants, ” Ainsi cet habile homme se rendait populaire aux dépens de l'autorité : Garcia Moreno blâme les horribles excès de Jaurs ; Borrero, soulignant ce blême, en faitun crime contre l'indépendance américaine.

À ces escarmouches d'avant-garde succéda enfin la gran-

) débataille du concordat. Le gouvernement proposa au con-

grès de mettre cette question à son ordre du jour avant touteautre délibération ; de son son côté, la chambre des dépatés, sur une pétition du conseil municipal de Guyaquil sousant le chef de l'Etat d’avoir violé la loi constitution-

» nelle en promulguant le concordat, renvoya l'affaire à la » commission des illégalités. La discussion s'engagea sur ce » principe qu’un traité public ne peutavoir force de la loi

avant la ratification du congrès, d'ou l'on concluait que le concordat était nul et non avenu. Tout en traitant cette question préjudicielle, on ne se faisait pas faute de mettre

D eùr le tapis les articles plus ou moins épineux, afin d'irriter

lsesprits. Outre les raisons alléguées dans le message, les

» anis du président affirmaient qu’un concordat n’est pas un b traité synallagmatique proprement dit. Les concessions fai- . kspar le pape au président sont des privilèges gracieux, tandis que celles accordées par le président au pape sont

purement et simplement la restitution de droits naturels

(icanoniques usurpés par les rois, ou concédés bénévo-

lement par le Saint Siège à titre de privilèges. Ni les uus ni

qu’exécuter les ordres de la. convention de 1861 : pouvait. on ééclarer inconstitutionnel le décret d’une convention souveraine, investie du äroit de faire une constitution ?

Sur ce thème ingrat, les partis exécutèrent des variations plus ou moins ennuyeuses vec une subtilité digne des thé: ologiens de Byzance. Craignant les résolutions extrêmes du président, la majorité n’osait tirer la conclusion de ses pré: mises et jeter par terre le concordat, mais, dans l’espoir de la réformer: à sa guise, elle exigeait impérieusement la dis cussion des articles. On pataugeait ainsi sur place, quand tout à coup Mosquera profitant du conflit, poussa plus loin ses odieuses provocations et rendit la guerre inévitable. Qu'avait-il à craindre de ces législateurs qui, selon la remarque de Borrero lui-même (1), ‘‘ avaient passé la moitié de leurs sessions à discuter des questions ceclésiastiques, tandis que le Grand Turc frappait à leurs portes ? ”

Entre Mosquera et le congrès, Garcia Moreno se trouvait dans un embarr»s extrême. Il ne pouvait démissionner sans trahison en face d’un envahisseur, ni combattre l'envahis: seur sans sacrifier le concordat aux exigences du congrès. Pour en finir avec les débats insonsés et tourner contre Mosquera toutes lee forces vives de la nation, il réunit les chefs

de l'opposition, leur exposa ses anxiétés, et finit par leur 4

dire qu'il considérait toujours le concordat comme un traité invioluble, mais qu'il ne pouvait empêcher le congrès d'en lacérer les articles, paisque telle était son opiâtre volonté, ‘ Présentez-moi donc, leur dit-il, votre loi de réfor-

me. ” Il n’ajouta point que, selon ses droits constitution | nels, il se réservait d’apposer son veto à l'exécution de leur 4

loi, s'ils ssaient attenter aux droits de l'Eglise.

Dans cette révision äu concordat, les députés supprimé-

rent d’un traitde plume les immunité du clergé, rétablirent les appels comme d'abus devant les tribunaux civils, et al

laient même se jeter sur les biens ecclésiastiques, lorsque,

(1) Centinela, 21 nove:nbre.

ment dit. En tout cas, qu'il y ait traité synallagmatique ow " non, le président, en lui donnant force de loi, n'avait fait 4

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pour éviter un plus grand mal, on pria l'archevêque d'en

céder volontairement une partie. L’archevêque ayant ré-

pondu qu'il ne se croyait pas le droit de disposer des biens de l'Eglise sans l'intervention du souverain pontife, le congrès fit passer au président sa prétendue loi de réforme pour qu'il la sanctionnât et l'intimât au Saint-Siège,

Garcia Moreno garda la pièce, et le congrès s'occupa des prétentions de Mosquera. Plus tard, alors que le congrès clôturait ses sossions, lo président annonça que, selon son droit, il refusait l’'Æzequatur à IA loi de réforme, comme absolument contraire aux lois imprescriptibles de l'Eglise. Six mois après, dans une réunion extraordinaire du congrès; les passions étant calmées, il justifia sa conduite : “ Vous m'avez, dit-il, intimé l’ordre de m'adresser immédiatement au Saint-Siège pour introduire dans le concordat les modifications que vous aviez jugées nécessaires, Il m'a été impossible d'exécuter vos volontés, parce que me présenter au pape avec des réformes imposées et le rétablissement scandaleux des appels comme d'abus, c'eût été entreprendre une négociation impossible. S'il s'agissait d’un contrat avec lo plus insignifiant des gouvernements, vous me permettriez pas que l’Equateur se déshonorât en violant à son égard des stipulations acceptées, bien moins encore en lui imposant des obligations qui, par la nature même du contrat, ne peuvent résulter que d’un engagement libre et réciproque. Et nous manquerions de parole, au grand détriment de l'honneur national, envers la première autorité de ce monde ! Peuple catholique, nous oublions les liens sacrés qui nous unissent au centre de l'unité religieuse, jusqu’à refuser au saint-père le respect et la considération qu'on accorde au chef de la plus infime des républiques !

Si nous cherchons 4e bonne foi des modifications au concordat, conclu ratifié et promulgué en vertu de l’autorisation législative de 1861, n'intimons pas nos prétendues réformes, ne laissons pas subsister ces recours odieux aux tribunaux civils. Imposer ces réformes, ce serait faire passer le souverain pontife sous les fourches caudines et

préparer le schisme, Au livu de nous jeter dans ces :xtré. mités terribles, vous et moi, et tout le peuple nous conserverons intacte la foi de nos pères, même au péril de notre vie. ”

Délibérant à froid, les représentants jugèrent leur loi de tout point inexécutable. Ils abrogèrent les dispositions malencontreuses qu'ils avaient édictées, entre autres le recours aux tribunaux civils, et prièrent le président de s'entendre avec le Saint-Siège, ce qu’il accepta sans difficulté. Ainei fut sauvé le concordat, ainsi Finvincible énergie d’un vrai chef d'Etat triompha des passions de la multitude. Garcia Morenv ne consentit jamais à jouer le rôle d'une machine à signer ou d’un roi soliveau, Chef du peuple, il prétendait non lui obéir mais le diriger ; non se jeter avec lui dans toutes les fondrières, mais lui montrer la route et au besoin le forcer de ia suivre, La Révolution se met à la remorque du peuple :t le pousse à l’abîme : la contre-révolution mar- <he devant le peuple, à la lumière de l'Eglise, pour l'éclairer et le sauver,

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