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| Armé de pied en cap, le renard redevenuit sanglier : la confédération ou la mort, et celu dans les vingt-quatre heures ! Florès répondit à l’insolent Quijano “ que, le traité fûtil acceptable, du moment qu'on lui imposait ce délai de ja vingt-quatre heures, il ne le signerait pas. L'Equatour ne
it pas sous les fourches caudines, et son ministre dédaignait un ultimatum aussi contraire aux usages diplomatiques et aux traités existants qu'offensant pour l'honneur national. ” Piqué au vif, et parfaitement conscient de ses injustices, Mosquera sentit le besoin de justifier aux yeux des peuples ia brusque rupture des négociations. Dans un manifeste à la Colombie, véritable diatribe ou plutôt ramassis de toutes les injures qui traînaient dans les journaux rouges contre Garcia Moreno, il l'accusa cyniquement de s'opposer à la régénération de l'Amérique latine, d'avoir voulu soumettre son pays au protectorat de la France, puis
. de l'avoir conve:ti en fief de Rome par un concordat désas-
treux pour l’Equateur et la Colombie entière, enfin d'avoir rétabli l’ordre des Jésuites, véritable batterie révolutionnaire dressée contre tous les gouvernements sous le couvert de la nonciature romaine. Ce vil persécuteur des chrétiens, lui dont les innocentes victimes gémissaient par milliers dans les prisons ou l'exil, osait reprocher à Garcia Moreno le châtiment et le bannissement de quelques conspirateurs incorrigibles ! Après ces invectives ot d'autres non moin: grossières, il annonçait, en guise de conclusion, la convocation d’un congrès et une levée de trente mille hommes pour défendre l'honneur nationale.
Dès ce moment, Mosquera se conduisit comme un furieux. Sans déclaration de guerre, il afficha la rnpture à Pasto, prohiba tout commerce avec l'Equateur, et se permit d'écrire au génèral Florès, alors à Tulcan pour organiser l'armée “ qu'il le vaincrait sur le champ de bataille, et que désormais il cessait avec lui toute correspondance, ” Néanmoins, autorisé par le gouvernement, Florès lui fit expédier une dernière fois par un aide de camp des propositions d’arrangement, mais Mosquera jeta la lettre avec colère, dé-
clarant qu'il ne traiterait plus avec les agents de l’Equateur, I1 accusa l’aide de camp, colombien de naissance, de trahir son pays, menaga de le faire fusiller, et finalement le jeta à la porte comme un manant, en vomissant un torrent d'in. jures contre Garcia Moreno. N'espérant plus rien de cet énergumène, Florès passa le Carchi, le 22 novembre, avec six mille hommes (1).
Nous avons rendu compte de cette négociation, afin de montrer par la suite des faits la longue patience de Garcia Moreno, les provocations dix fois répétées de Mosquera, et l'impossibilité do supporter plus longtemps ses insultes, sans abdiquer tout sentiment d'honneur. Comme le disait plus tard Garcia Moreno, l’Equateur ‘“ ne déclara pas la guerre, mais l’accepta forcément, car l'ennemi ne lui laissait pas le choix entre la paix et la guerre, mais simple ment l'alternative d'ouvrir le feu ou d'attendre qu'il commençât. ” Malgré tout, bien que le président crût préférable de prendre l'initiative avant que l'ennemi eût accumulé ses forces, il laissa au général en chef (2) la faculté d'avancer ou de temporiser selon qu'il le trouverait avantageux pour le triomphe de ses armes. En passant la frontière, Florès putécrire à Mosquera sans blesser la vérité : ‘ Nous avons franchi le Carchi, non pour vous faire la guerre, mais pour vous forcer à nous laisser la paix. ”
Du reste, Florès n’entra en campagne qu'à son corps dé. fendant, car il envisageait parfaitement les dangers de sa position. Sur les six mille hommes amenés de Tulcan, il ne lui en restait que cinq mille, tant les troupes, surtout celles du littoral, avaient souffert des futigues du chemin et du changement de climat. Il avait dû laisser à Guayaquil ses bataillons les mieux exercés, pour faire face aux anarchis tes qui, sous la conduite d’Urbina et avec la connivence du Pérou, organisaient une invasion dans le port de Payta, La moitié de ses soldats voyaient le feu pour la première fois et savaient à peine manier un fusil, Aussi se décida-t-il à
(1) Pour les documents cités dans ce chapitre, voir Æ7 Naciona
24 novembre 1863, article : Documentos.
(2) Message de 1864.
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fatiguer l'ounemi par des combats partiels, voulant s’assurer une position avantageuse avant de livrer une vataille on règle.
Le dimanche, 22 novembre, après avoir lancé un manifoste aux habitants de Tuquerès et de Pasto, Florès pénétra dans le cœur du pays, favorisé par les habitants dont un certain nombre s'incorporèrent à son armée. Ayant vainement tenté de l'arrêter, Mosquera s'établit le 4 décembre à Cumbal, pendant que les divisions équatoriennes, à un mille de distance, campaient dans les env:vous de Cuaspud, En même temps, six cents hommes, au commandement du colonel Erazo, s’emparaient de Pasto après un combat terrible contre la garnison.
Coupé de ses communications avec le chef-lieu de la province, Mosquera comprit que sa position devenait difficile, et que, pour vaincre, il lui fallait user de ruse, Le 5 au soir, Florès apprit par ses sspions les dispositions que prenait Mosquera pour livrer bataille le lendemain. Il passa la nuit à organiser ses troupes et à combiner ses mouvements, lorsque le matin, en prenant ses positions, il reconnut que son adversaire, ayant subitement changé de front, se ‘‘rigeait de Cumbal vers le Carchi, comme s'il voulait faire caversion et 8e **er dans l’Equateur. Ses espions, vendu à l'ennemi, l’avaient trompé. Obligé d'improviser subitement un nouveau plan de bataille, il lanca le gros de son armée sur l’arrièreæarde de l'ennemi, pendant que plusieurs bataillons, gagnart les hauteurs de Cuaspud, menagçaient son centre. j
Une fois qu'il le vit engagé sur ce terrain semé d’obstacles qui paralysaient l'élan des cavaliers. Mosquera commanda aux siens de faire front à l'ennemi, de se déployer en tirailleurs et d'enlever aux équatoriens la menaçante position de Guaspud. Mais ce fut en vain : ceux-ci repoussè rent ses guérillas avec une telle impétuosité qu'après plusieurs charges inutiles, les grenadins décimés prirent la fuite, et déjà les clairons sonnaient la victoire, lorsque plusieurs bataillons de la seconde vision, au lieu d'appuyer
les vainqueurs, jetèrent leur armes par suite de je ne sais quelle panique, se mirent à fuir en criant : Sauve qui peut! et répandirent la terreur dans tous les rangs de l’armée, En vain exéonta-t-on plusieurs charges de cavalerie, en vain plusieurs chefs firent-i! des efforts inouïs pour empêcher la débandade, la déroute fut complète, Reprenant l'offensive, Mosquera porta tous ses efforts sur les bataillons qui lui avaient infligé un échec en apparence décisif, et finit par rester maître du terrain. Cinq cents hommes restèrent sur le champ de bataiile de Guaspud, les deux tiers du côté de Mosquera.
Vainqueur d'abord, Florès dut se retirer vaincu et blessé, Avec sa jactance accoutumée, Mosquera chanta victoire ; mais cette victoire, il la dut moins à sa valeur qu'à des causes très peu honorables pour un chef d'armée : la trahi. son des espions de Florès, que Mosquers reconnut comme siens, et l'ignoble lâcheté d'un corps qui se débanda en jetant ses armes quand déjà le gros de l'ennemi prenait la fuite. Or, comment expliquer cette lâche désertion d'un corps d'armée, sinon par la trahison des chefs, complices d'Urbina et vendus comme lui à Mosquera ? Les lettres d'Urbina prouvent qu'il entrotenait des intelligences avec certains chefs de l'armée. L'un d’entre eux qui déclarait “ ne pouvoir combattre contre Mosquera, l'ami d'Urbina ”, regut un commandement et donna, dit-on, le signal de ls débandade, On sut plus tard qu'un autre avait proposé à ses troupes de passer à l'ennemi ou de faire une révolution(1) On comprend maintenant pourquoi Mosquers se disait assuré de vaincre Florès, meis on comprend moins qu'il ait eu l'impudence de célébrer une victoire achetée par le crime et la trahison (2).
(13 Æ! general Urbina y sus proiectos contra el pats, page 19.
(2) La responsabilité du désastre de Guaspud retombe aussi suÿ le congrès de 1863, dont le faux libéralisme supprima le jugement verbal en campagne, reconnu nécessaire par tous les généraux de puis Bclivar, ainsi que le ft remarquer Garcia Moreno au congrès de 1864: Dès lors, les décertuurs restant impunis, la désertion de vint comme un fléau épidémique qui gagna les soldats, même eur
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tion dans tout l nnière, COM En maît lombie, la persé plus odieux que le comprenait vaincre ou de n faire passer cet le 8 décembre, Janga cette pre brisée, se mont
“ Compatrio p'avons qu'à ad ciers, arrivés à d'être battue à les détails du c
“ Equatorier grands efforts d'hui plus'que seur la barrièr cons‘ance.
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(1) Sans voul tout prendre la bienfait pour 1”!
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| Je nouvelle de la défaite de Guaspud répandit la consterna tion dans tout l'Equateur. L'armée battue, en grande partie prisonnière, comment s'opposer à la marche du vainqueur ? Mosquera, maître du pays, c'était l'incorporation à la Co- Jombie, la persécution de l'Eglise, un joug plus pesant et plus odieux que celui d’Urbina lui-même, Garcia Moreno
nr lecomprenait mieux que tout autre ; aussi résolut-il de ? mé vaincre ou de mourir. Il n'eut du reste qu'à parler pour 6 "1 fire passer cette résolution dans le cœur de son peuple ; . mr le8 décembre, en apprenant la déroute de son armée, il je: lança cette proclamation où son âme résignée, mais non
brisée, se montra dans tout son énergie.
“ Compatriotes, ila plu à Dieu de nous éprouver : nous
“ n'avons qu'à adorer ses insondables dessins. (1) Deux offhi. ciers, arrivés à Ibarra, ont rapporté qne notre armée vient nd d'être battue à Guaspud. Bien que nous ignorions encore je- les détails du combat, la défaite n’est pas douteuse, la “Equatoriens, aujourd'hui plus que jamais, il faut de taif grands efforts pour sauver la religion et la patrie ; aujouroù d'hui plus que jamais, il faut opposer à notre injuste agresreù sur la barrière du courage héroïque et d’une invincible vec cons‘ance.
ait “ Aux armes donc, fils de l’Equateur ! Volez à la fron- Le tière pour combler les vides de l’armée. Implorons tous Ja ensemble la clémence du Très-Haut, et, forts de son appui, “à D nous obtiendrons la victoire ou la paix. ” (1) D'un bout de l'Equateur à l'autre on lui répondit en cousr les champs de bataille, Garcin Moreno aurait pu ajouter que les ait complice d’'Urbina se fussent montrés plus circonepects dans leurs rie paroles et dans leurs actes s'ils n’avaieni.compté su l’impunité (1) Sans vouloir pénétrer les dessins de Dieu, on peut dire qu’à tout prendre la défaite de Guaspud, en terminant la guerre, fut un “é bienfait pour l’Equateur: La prolongation de la campagne sur le we territoire colombien eût amené des conséquences funestes. L’orgueil pi vational blessé aurait fini par rattacher à Mosquera. les conserva- + teurs eux-même ct mettre aux prises les catholiques des deux pays. Lee D'un autre côté, obligé de concentrer toutes ses forces dans le nord,
l'Equateur se serait vu désarmé contre les conspirateurs du sud,
rant aux armes. “ Non, s'écrièrent les jeunes gens de Quito nous ne souffrirons pas qu'une poignée de sauvages vienne souiller notre sol et nos temples ; nous n'attendrons pas, les bras croisés, que le barbare Mosquera, les mains tein. tes du sang de nos frères, vienne briser nos saintes images, fermer nos églises,exiler nos prêtres. Nous montrerons que nous savons combattre pour la religion du Christ et pour notre nationalité, double et précieux héritage que nous laisserons, coûte que coûte, à ceux qui viendront après nous. ”
D'autres s'enrôlaient avec la sombre énergie du désespoir: “ Attila, disaient-ils, ne forcera pas la porte de notre patrie, Courons à la frontière pour venger le sang de nos brûves et la gloire de nos armes, Marchons à la défense du pays, de la foi, de l'honneur de nos femmes, de notre nationalité, Nous succomberons tous au milieu de nos cités en cendres et de nos propriétés en ruines, plutôt que d'ouvrir nos portes à ces criminels et féroces ennemis de notre Dieu (1).”
Garcia Moreno avait raison de s'appuyer sur ce peuple profondément chrétien. A quel degré de noblesse ne l'eût-il pas élevé si les fausses visées du catholicisme libéral n'eussent constaz.ment entravé ses efforts ! Il organisa une nouvelle armée : trois mille hommes à Ibarra composaient a. vant-garde ; deux mille à Guayaquil, plusieurs bataillons à Quito, renforcés de ceux qui accouraient de Loja, de Cuenca, de Riobamba et des autres villes, formaient un nouveau contingent de cinq à six mille hommes, sans compter les six cents qui occupaient Pasto, au cœur du pays ennemi,
À la vue de ce soulèvêment en masse, Mosquera perdit sa fierté, Au moment d’envahir l'Equateur, il se voyait campé entre deux armées, dont l’une, maîtresse de Psto, pouvait révolutionner derrière lui la province éminemment catholique du Cauca, et l’autre s'apprétait à lui barrer le passag», avec le concours de tout un peuple à mourir plutôt que de se rendre, Au lieu de marcher sur Quito pour y
(1) Voir Æl Correo del Evuador, 29 décembre 1863.
dicter ses uka songer et fastt posa au génér: armistice de q la paix. Florès fussent honor sieurs jours en d'armes, pénét décembre, exi.
gner dans cett le nouveau pié tice jusqu’au 1 que Mosquera
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par les princi éclater le jour groupe d'urbi:
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vernement dé pour faire tric vaillant Mosq Heureusemen rent, le peupli À Quinche, p que le temps « chassés de pai les mains du £
Déçu de ce (1) El Correo
dicter ses ukases, comme il l'avait annoncé dans son mensonger et fastueux récit des Gvènements de Cuaspud, il propou au général Florès, alors investi de pleizs pouvoirs, un armistice de quelques jours pour traiter des conditions de la paix. Florès ayant accepté, pourvu que ces conditions fussent honorables pour l'Equateur, Mosquerc l’'amusa plusieurs jours encore avec cette espérance d'une suspensic= d'armes, pénétra dans l’intérieur du pays, et finalement le 25 décembre, exigea la remise d'Ibarra, sous promessu de signer dans cette ville un traité d'alliance, Sans soupçonner le nouveau piège qu’on lui tendait, Florès conclutun armistice jusqu’au ler janvier, et vint camper à Otavalo pendant que Mosquera prenait avec ses troupes possession d’Ibarra.
0, à l'heure où il signait cet armistice, ce fourbe émérite, d'accord avec les frères etamis. travaillait à révol" tionner la province dans laquelle il avait pénétré par ses machinations frauduleuses. En correspondance suivie avec Urbina, il savait parfaitement qu'une conspiration, ourdie, par les principaux complices de ce traître, attendait pour éclater le jour de l'invasion. De fait, le 28 décembre, un groupe d'urbinistes, ayant à la tête Espinel, Endara, Carthagena. Velez, Moliueros, et autres révolutionnaires du même acabit, rédigèrent contre Garcia Moreno un pronunciamento en règle, dont les considérants étaient empruntés à l'insultants manifeste de Mosquera. Ils déclaraient le gouvernement déchu, Urbina chef suprême, et s’appuyaient pour faire triompher leur cause, sur ‘ l'épée victorieuse du vaillant Mosquerà, le plus illustre des fils de Bolivar (1).” Heureusement, dans toutes les localités où ils se présentèrent, le peuple, fidèle à son chef, les regutavec indignation. À Quinche, poursuivis comme des criminels, ils n'eurent que le temps de s'enfuir pour ne pas être massacrés. Etin, chassés de partout, réduits à se caché, ils tombèrent dans les mains du gouvernement qui les livra aux juges.
Déçu de ce côté, le libérateur Mosquera prit son parti en
(1) El Correo del Ecuador, 23 mars 1864.
brave, Le 30 décembre, il signa sans conditions à Pinsaqui un traité qui stipula le rétablissement de la paix et de l'a. mitié entre les deux pays. Accouru au Carchi, ‘‘ avec sa vieille garde, victorieuse en mille combats, ” pour délivrer l'Equuteur de ‘‘ l'oppression théocratique, ” l'excommunié s’en retourna comme il était venu, laissant à Cuaspud trois ou quatre cents cadavres. Le vieux loup n'avait plus l'en. vie de cottit ile nouvelle aventures, car il écrivit trois jours après à son estimable ami, le traître Urbina, une lettre de véritable agneau :
‘! Au début des hostilités, je vous pressai de venir à mon quartier général pour combattre en qualité de chef du parti libérai de l'Equateur avec vos frères lea lil étuux de Colombie, Mais les circonstances sont bien changées, et j'ai le devoir de vous en avertir, Après la bataille de Cuaspud, nous avons conclu une paix honorable pour les deux peu: ples, qui ne me permet plus de continuer les hostilités con: tre l’Equateur. En mu qualité d'ami, de républicain, et méme d'Américain, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de vous réconcilier avec vos ennemis. Tant que dureront nos divisions, les républiques américaines ne feront aucun progrès et finiront par succomber sous les périls qui les meaacent. Mettons un terme à des calamités qui dureut depuis un demi-siècle. Ne voyez du reste dans mes paroles qu'une nouvelle preuve do mon amitié pour vous, ”
Urbina y vit, au contraire, une amère raillerie, d'autant plus que le fourbe avait expédié des copies de sa letire à divers personnages de Quito, entre autres à Garciz Moreno comme un témoignage authentique de ses bonnes inter tions. Furieux de cette volte-face, à laquelle il était loin de s'attendre, Urbina répondit à son ami Mosquera ‘! que 864 manifestes contre Garcia Moreno ne faisaient point pressantir le traité de Pinsaqui ; que, sans doute, avant de signer un pacte d'alliance avec l'homme ‘“ du protectorai français ” et de ‘“ l'oppression théocratique, ” il avait des preuves de son repentir et de sa conversion ; mais que pour lui, doutant à bon droit de cette conversion, il ne se récon-
dierait jamais, a avec le tyran de !
Quant à Mosqu us d'emprisonne jour où les malhe damnèrent à l’exi où l'attendait son conspirateurs 6m à renverser le got ce pays au joug d colombien dans les mains de quera no pouvait mis de rentrer en au président don!
l'autoriserait à 8":
de Guayaquil. Ii lconisme très ex point quelconyne se vous y saisir, Mosquera comp ca par un auére C
(1) Lettre d’Urbi
diierait jamais, en dépit des bons conseils de Mosquera, avec le tyran de sa patrie, et l'ennemi de l'Amérique (1) !” Quant à Mosquera, laissant en paix l’Equateur, il contius d'emprisonner et de fusiller ses adversaires jusqu'au jour où les malheureux Colombiens, poussés à bout, le condamnèrent à l'exil. Naturellement il se dirigea vers Lima où l'attendait son ami Urbina. À peine réunis, ces deux conspirateurs émérites s'obligèrent par un traité en forme à renverser le gouvernement de l’Equateur pour soumettre ce pays au joug de la Révolution. Ce pacte secret, dont la colombienne révéla cependant l'existence, tomba dans les mains de Garcia Moreno par un hasard que Mosquera ne pouvait soupçonner. Aussi quand il lui fut permis de rentrer en Colombie, ne craignit-il pas de demander au président dont il avait juré la ruine si, le cas échéant, il 'autoriserait à s'arrêter quelques jours dans la bonne ville de Guayaquil. Ii reçut de Garcia Moreno cette réponse d'un lsconisme très expressif : ‘“ Si vous mettez le pied sur un point quelconyne du territoire de l’Equateur et qu'on puissæ vous y saisir, je ne réponds point des conséquences. ” Mosquera comprit qu'il y allait de sa tête, et. gagna le Cuu- <a par un augre chemin.
(1) Lettre d’Urbina à Mosquera, 16 janvier 1864,
| dente et très £
lon, et décou!
gative, 1 fronte: ia ten Devant ce festa, dès le 1 CHAPITRE XV Pinsaqui, son privée ; mais UN CONTRE TOUS explosion de ner ce proje litiques, il (1864.) HN ns le soumettre à Au commencement de 1864, sous lu pression des rudes de on FR de épreuves par lesquelles i! venait de passer, Garcia Moreno “4 ram g 6 demanda s’il lui était humainement possible, de conti- vente puer la iutte contre toutes les forces révolutionnaires de n° La l'intérieur et de l'étranger. Libéraux et radicaux s’obstine. a no raient à détrnire le concordat ; les francs-ma de la C hop MOT L RON: leux de la lombie s’uniraient à ceux du Férou pour fraterniser avec : Urbina et organiser de nouvelles invasions: comment mai- eh à triser cetto meute furieuse avecune arméc trop souvent | On se rap commandée par des traîtres, et une constitution assez inep- lineros, End te pour forcer le pouvoir à se croiser les bras devant l’anar: déférés à la chie ? te sur la té
Cette dernière considération l'impressionnait vivement, cismento, Vi
Déjà, en 1861, il déclarait le gouvernement impossible si rait le gouv l'on ne modifiait la constitution : “ Désordres, luttes san- secours de ! la frontière
glantes, calamités de toutes espèce, disait-il, voilà les maux que recèle cette boîte de Pandore. Placé daus l'alternative de ruiner l'Etat ou de violer la loi, je décline le pouvoir,”
pinel, le ck sident de la
Il revint sur cette décision par déférence pour ses amis; pa ke ré mais aujourd’hui que le congrès de 1863 avait notabiement praons d'a aggravé la position, détruit la discipline militaire par la P Rupee
nationales,
suppression du jugement verbal en°campagne, assuré l'im-
punité au conspirateurs par l’abrogation de la loi très pri la cour sup
qu'une con
s rudes Moreno e sontiaires de obstine- » la Coer avec nt maisouvent eZ inept l'anar:
rement, sible si o8 SAns MAUX rnative ivoir, ” AMIS ; iement
par la ré l'im- ‘ès pru-
à dente et très sage qui châtiait la simple tentative de rébel-
lon, et découronné le pouvoir en lui enlevant sa plus belle prérogative, le droit de grâce : n'était-ce pas une folie d’af fronte: ia tempête sur ce vaisseau sans gouvernail ?
Devant cette situation sans issue, Garcia Moreno manifesta, dès le 10 janvier, immédiatement après le traité de Pinsaqui, son dessein bien arrêté de rentrer dans la vie privée ; mais cette nouvelle excita dans le peuple une telle explosion de supplications et de larmes qu'il dut abandonner ce projet. Encouragé par le dévouement de ses amis politiques, il se remit à l'œuvre avec une nouvelle énergie, convoqua le congrès en session extraordinaire enfin de soumettre à son approbation le traité récemment conclu avec la Colombie, et, pour remplacer à la vice présidence le démissionnaire Borrero, il présenta aux suffrs. …: les électeurs le brave Carvajal, son mintstre et son ami, ::quel fut élu par cinq mille voix, aux acclamations du peuple, en dépit des révolutionnaires de toute nuance, Les bons citoyens se reprenaient à espérer, quand un verdict scandaleux de la haute cour de justice provoqua une crise beaucoup plus grave.
On se rappelle que les conjurés de Quinche, Espine, Molineros, Endara, Velez, Carthagena et consorts. avaient été déférés à la cour suprême pour crime de trahison. Nul doute sur la culpabilité des accusés : l'acte même du pronuncismento, véritable tissu d’injures contre le président, déclaraitle gouvernement déchu et invoquait pour l'abattre le secours de Mosquera, dont les troupes avaient alors passé la frontière ; dans sa déposition, Molineros evouait qu’Espinel, le chef du complot, avait par lettres excité le président de la Colombie à envahir l'Equateur, en lui promettant le concours des populations ; les prévenus étaient convaincus d'avoir parcouru les villages poux les enrôler sous le drapeau de Mosquera combattre avee lui les armées nationales, crime de trahison prévu par tous les codes. Or, la cour suprême, foulant aux pieds toute justice, déclara qu'une conspiration à main armée contre le gouvernement,
tive de rébellion non suivie d'effet, et par conséquent non punissable d'après le congrés de 1863. Evidemment, ave une paille jurisprudence et des juges aussi avisés, le pou. var tontihait, pieds et poings liés, aux maïes de la Révo. lution.
Aussi indigné que découragé, Garcia Moreno envoya sa démission au congrès extraordinaire, dont les sessions venaient de s'ouvir, Un message explicatif, em preint d'une moble tristesse, msppelait le désastre de Cuaspud, cguist jé” la sandaleuse désertion de certains corps que la supprimelori du jugement verbal en campagne avait habituésà l'indiseipiine. ” L'énergie des populations, auxquelles on a tout enlevé, “ sauf le volonté de résister jusqu'au trépas ” a cuve le peus. 1! atigimetisnit ensuite ‘ ces misérables sans hounæar et-sans patrie ”, qui avuiemt tenté d'installer sous la protestion de l'ennemi mme ombre ridicule de gouvernement. “Malge lour scéléentense, ajoutait-il, je n'eus 59 point tardé à ler Œuvre grâce, ai l'on n'avait dépouillé je pouvoir, même du ésm-de partlomner. Æujogmlhui oncore, je demanderais volomtiens une smniatie illimitée pour toutes les fautes commises pgentent le gnerre ; 1e, après que la cour suprême a fou:é sm gietde 1e mérité et Les lois en déclarant que des traîtres sue sue mmocents de erime de trahison, je regarde tout see de jimémosité corme souverainement intempestif, ” Il peésemte mmite les jus jets de lois qui lui paraissaient nécessahsæ, Lt gaur remé dier aux maux causés par los dévrets de 2008 que pour combler certaines lacunes de la législation, ge sanit.an démission au prési lent de l'assemblée dans des tent qui ne laissaient aucun doute sur sos intentions,
‘“ Avant toute autre délibération, disait-il veuille 2e décharger du pouvoir qui m'a été confié. Déjà dans 8 gislature précédente, j'avais le dessein de céder à un citoy en plus digne, la noble mais ingräte tâche de gouverner un pays où le bien est si difficile à faire : le patriotisme et
en présence de l'ennemi ef «vec le concours de l'ennemi ne cosetituait pas un acte de trahison, mais uno simple tente. %
l'honneur me nacé par l'en rétablie, vou cher um peu dans l'exerci donnerez des gé pour dév restera la sa le que j'am des jours he
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l'honneur me üreut un devoir de rester au poste, alors menacé par l'ennemi ; aujourd’hui que la paix est solidement rétablie, vous ne devez ni ne pouvez m'empêcher de chercher un peu de repos dans le calme de la vie privée, Si dans l'exercice du pouvoir j'ai commis des fautes, vous me donnerez des juges ; si vous estimez que je n'ai rien négligé pour dévolopper la prospérité de la République, il me restera la satisfaction d’avoir accompli mon devoir, la seuleque j'ambitionne. Daigne le ciel accorder à ma patrie des jours heureux sous le gouvernement de mon successeu”,
Ces nobles sentiments produisirent sur les membres de l'assemblée une émotion d'autant plus vive que leur opposition tracassière de 1868 avait surtout déterminé cette démission, Leurs préventions contre Garcia Moreno s'évanouirent devant sa retraite volontaire, Cet ambitieux, qu'on se figurait affamé de pouvoir, descendait bénévolement du fauteuil, Ce despote, peu soucieux des lois, venait de remettre les facultés extraordinaires dont on l'avait investi penlant la guerre, sans avoir exilé un individu ni arraché une piastre au plus faible de ses subordonnés., Après la guerre, au lieu d'entretenir une armée de prétoriens pour terrifier le pays, il n'avait gardé qu'un millier d'hommes, le strict nécessaire pour maintenir l'ordre. Sax doute, il refusait de sanctionner les réformes euncordataires, mais ces réformes n'étaient elles pas entachées de violence et d’exagération ? D'ailleurs, si cet homme de fer se retirait, qui donc serait assez fort pour empêcher le retour des radicaux ? Sous l’empire de ces considérations, les wembres du congrès refusèent li æscepter la démission du président. [ls s'unirent au geule gour le torcer à gawder le gouvoir jusqu’à l’expiraon de cos anandat et scellèrent la séconéiliation en votant kw mteatt des déene de 1868 ainsi que les divers projets de Lés préemtés dans Le ‘neseng Bon gré, mal gré, l'Equaleur me pouvait Se pan de Gawea Moreno.
Le éénouxment imattendu &+ sstte longue lutte entre 4 ponvoirs publics exaegérs Le parti révolutionnaire, LA.
ché par le champion de la Colombie, privé de la coopération active du parlement, il ne lui restait pour abattre le président que le poignard du sicaire, Ce moyen ne répuguait nullement aux traditiwuns de la secte, surtout qu'Ur. bina et ses complices n'avaient point à redouter les suites d'un assassinat. En cas de réussite, on les porterait ea tri. omphe ; en cas d'insuccès, la cour suprême de Quito réduirait l'affaire à une eimple tentative de rébellion non suivie d'effet, Ils combinèrent done un plan d'action qu devait mettre en mouvement toutes leurs forces et enlacer le président dans les maiiles d'un immense filet, Du Pérou, devenu leur arsenal et leur boulevard, ils lanceraient des vaisseaux sur Guayaquil ou d’autres points de la côte, pendant que des bandes organisées par leurs soins envahiraient l’Equateur du côté de la Nouvelle- Grenade. Duns la bagarre, leurs complices de l’intérieur se déferaient de Garcia Moreno par ruse ou violence, et les populations soulevées acclameraient le libérateur Urbina. Les conjurés croyuient pouvoir compter sur plusieurs officiers de l’armée, en particuliér sur le général Thomas Maldonado, depuis longtemps ennemi personnel du président,
Très brave sur un champ de bataille, Maldonado n'avait ni assez de tête ni assez de cœur pour immoler au devoir sa folle et rancuneuse ‘vanité. S'estimant le premier persontiage de la République, il en voulait à Garcia Moreno, non seulement de l’éclipser, mais de ne pas reconnaître suffisamment ses mérites et ses services. Son ressentiment, ou plutôt sa haïne, lui faisait un besoin de s'unir aux ennemis les plus décriés du président. On l’accusa même d'avoir tramé une espèce de conspiration militaire sur le champ de bataille de Cuaspud. Malgré les ordres de Florès, il aurait entraîné ses divisions d'avant-garde à quatre lieues du gros de l’armée, invectivé comme un furieux contre le tyran, et peut-être insurgé ses troupes, si ses 80ldats scandalisés ne lui eussent représenté qu'un patriote et un homme de guerre ne devait pas choisir un pareil
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du radicalisme, avait brigué la vice-présidence contro le ministre Carvajal et n'avait obtenu qu'une quarantaine de voix dans la circonscription de Quito, Urbina escomptait avec raison ln colère et le dépit de cet outrecui.
dant personnage.
ie Le complot ourdi et les rôles distribués, il s'gissait de ait préparer le peuple aux plus exécrables attentats en déconsi- sidérant le président, La presse étrangère, à la dévotion du u parti révolutionnaire, jeta feu et flammes contre “ le tyran qui faisait de l’Equateur un bagne, ou plutôt un vaste ue couvent de fanatiques ; la liberté de la presse, la première a des libertés, était morte sous les coups de l’autocrate ”, " e, Pour légitimer leurs conspirations et soulever l'Amérique 0 contre Garcia Moreno, ils recommençaient à exploiter le Le- “ protectorat français ” et la ‘“ question mexicaine ”, quand u- un conflit entre l'Espagne et le Pérou éclata fort à propos u- pour servir de thème à leurs accusations, Ps L'amiral Pinzon, chef des forces navales espagnoles, ve-
nait (2), sans prétexte plausible et sans instruction de son gouvernement, d'occuper les îles Chincha, partie intégrante du territoire péruvien. L'agent diplomatique Mazarredo avait même dans un Memorundum imprudent lâché le grand mot de revendication, désavoué plus tard. Là-des-
ÿ sus, tapage effroyable dans toutes les républiques de l’Amé- + rique méridionale. On ne réclamait rien moins qu'une ts confédération de tous les états contre l'Espagne, “ cette O- . ‘ . , : marâtre qui voulait à toute force ressaisir ses fils émanci- % pés pour leur infliger un nouveau martyr de trois siècles ”. }, (1) Voir Los libérales del Guayas, Quito 1868. Cette brochure e ajoute que Maldorado, en séparant ainsi l’armée de ses meilleures K troupes, faillit la perdre. Florès a écrit, dit-on, qu'aucun Equato-
L riens n’a trahi son pays dans la journée de Cuaspud. Il y a des preuves du contraire, et d’ailleurs, il s’agit ici, non de la bataille de Cuaspud, mais d’un fait qui aurait eu lieu les jours précédents.
(2) En Avril 1864.
Une fois lancés sur ce terrain, les libéraux, comme lé çà. *
tholique Borrero, luttèrent avec les radicaux d'éloquence et d'enthousiasme- Sommé de prendre parti, Gurcia Mote. no déclara ‘ que l'Equateur garderait une prudente expéc.
tative et une stricte neutralité, tant que l’Eppagne nan. À
rait pas approuvé l'usurpation de son agent. Il se réservait d'agir en commun avec les Etats sud-américains quand le péril de l’un deviendrait vraiment une menace contre l'existence des autres ; mais, fondé sur l'esprit chevaleresque de la nation espagnole, il exprimait la conviction que le gouvernement de Sa Majesté Catholique désapprouvait l'acte inexplicable de l'amiral Pinzon, Iloffrait en même temps sa médiation et ses bons offices pour arriver à une solution prompte et amicale du confit.”
Cette conduite prévoyante et circonspecte, les journaux du parti révolutionnaire ne manquèrent pas de l'interpréter comme une insulte au Pérou et un abandon des droits de l'Amérique. lie cabinet de Lima refusa la médiation proposée sur le riducule prétexte qu'il n’y avait point matière à négociations diplomatiques. On stigmatisa de tous côtés non sans indignation, ‘ cette politique d'abstention et d'indifférente neutralité ”. Sans respect pour cés foudres de guerre, Garcia Moreno demanda pourquoi l'Equateur devait faire acte d’hostilité contre l'Espagne pendant qu'on se croisait les bras à Bogota, à Santiago, et même à Lima ? Aussi longtemps que le Pérou, le premier intéressé dans Ja question, gardait une attitude expectante, pourquoi ses voisins sortiraient-ils de la neutralité ?
Il avait trop raison ; aussi lui répondit-on par des torrents d’injures. La honte monte au front quand on voit des catholiques, sous l'inspiration de leurs haines libérales, fournir leur note, et quelquefois la plus outrageante, à ce concert de bandits. Borrero chargea de son mieux pendant trois mois son ami des anciens jours. Il ne rougit pas d’appeler politique “ la 1 onte de l’Equateur ”. Son intime, de docteur Vega, gouverneur de Cuenca, suspendu de ses fonctions pour abus de pouvoir, démissionna bruyamment
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cratique, la plus humilliante et la plus désastreuse de toutes”. Le radical Pedro Carbo, au nom du conseil municipal de Guayaquil, protesta violemment contre l'occupation des îles Chincha, risquant ainsi de brouiller son pays
avec l'Espagne ; ce qui lui valut une verte réprimande du
président, et la menace de la déportation s’il continuait ses
. diatribes insensées contre un gouvernement ami de l’Equa-
teur, Les journaux du Pérou, presque tous à là dévotion d'Urbina, déclamaient contre “ le Caïn qui cache son poignard, mais dont le front est marqué de la tache du fratri-
‘ide ”. Pour se débarrasser d’un monstre comme Garcià
Moreno, ‘ le fer, le feu, le poison, étaient également légitimes(1) ”. Le Pérou, disaient-ils, devait se ruer sur cet ennemi de l'Amérique, odieux à son pays ainsi qu’au monde civilisé, et s'emparer de Guayaquil par voie de représail-
les. Evidemment l'heure était venue pour les conjurés d’ex-
écuter le complot ourdi contre l'Equateur et son chef.
Peu de temps auparavant (2,) les conspirateurs graciés les Moline t0s, avaient joué sur la place de Guayaquil le prologue de la lugubre tragédie dont nous allons dérouler les scènes sous les yeux de nos lecteurs. En apprenant la réconciliation du président et du congrès, ces furieux se décidèrent à tenter une insurrection à l’aide de brigands qui devaient
-massacrer les opposants, piller la ville et l’incendier en cas
de résistance, Heureusement une indiscrétiou mit le gouverneur sur la piste des coupables, qui furent tous arrêtés Garcia Moreno se rendit à Guayaquil, les fit juger selon la
rigueur des lois ; puis, montrant une longanimité et une pa-
tience peut-être excessives, il usa en faveur des criminels
.relaps du droit de grâce qu'il avait peu auparavant sollici-
té du congrès. Marcos Espinel et ses complices furent déclarés libres, après avoir promis pour l’avenir une inviola-
(1) Mercurio de Lima, nos 557 et suiv.
(2) Le 31 Mars.
intriguait près des officiers de la garnison. Il lui reprocha cette déloyauté, et comme le général voulait se défendre: “# Je ne veux rien savoir de plus, lui dit Garcia Moreno: je vous pardonne, mais si jamais je vous reprends à cons: pirer, tout général que vous êtes, je vous ferez fusiller sur la place de Quito, ” ri
Le 23 juin, moins de trois mois après cet acte de géné
reuse clémence, au signal donné par leurs complices du P& 4
rou, ces scélérats incorrigibles, Maldonado à leur tête, complotaient à Quito un assassinat en règle, contre la personne du président. Leur plan, très habilement combiné, consis
tait à s'emparer de la caserne d'artillerie, où l'on avait in. carcéré les bandits amenés de Guayaquil. Ces hommes de
sang, délivrés et soudoyés par Maldonaüo, auraient profité de l’obscurité de la nuit pour assassiner leur implacable ennemi et les principaux personnages de la capitale dé voués à sa politique. Un ancien urbiniste, Jaramillo, aide de camp de Garcia Moreno, s'était engagé à livrer son maître, Le meurtre accompli, Urbina, ou peut-être Maldo. nado, proclamé chef suprême, la révolution se propageait comme une traînée de poudre, grâce à l’action combinée des radicaux disséminés dans les grands centres, et des ré fugiés déjà embarqués sur les vaisseaux du Pérou pour envahir les provinces maritimes.
Cette fois Maldonado n'avait rien épargné pour assurer le succès. Le conjurés, parmi lesquels figurait l’audacioux Juan Borja, connaissaient parfaitement leurs rôles, On avait corrompu l'officier de garde qui devait, le 23 juin, livrer la caserne. Afin de dérouter les sonpçons, Maldonado avait quitté la capitale quelques jours auparavant pour se
confiner dans sa maison de Latacunga. Mais toutes les pré | cautions deviennent inutiles natal Dieu n’est pas du com.
plot.
Le jour de l'exécution, quelques heures avant de se rendre à la caserne, les conjurés se réunirent dans une maison
ble fidélité. D'après certains renseignements particulier. le président se convainquit en même temps que Maldonado
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ses remords, jration. Sar caserne et fa
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