‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 59 sur 97 · L.: Malheureus 0 Maldonado · texte numérisé non relu

L.: Malheureus 0 Maldonado

tendu, dispi

A la lum prit mieux

don génére venimer le peuple qui L'Hercule Révolution gnerait pli Avant ti lennelle ju générai asf verti pour Pérou et d de brigan crimes et

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Je l'Ennaison

1e pour concerter les deruières mesures à prendre. À : moment-là même, un de leurs amis, qu’une imprudente tonfidence avait mis au courant du fatal secret vaincu par és remords, révéluit au président tous les détails de la cons-

piration. Sans perdre un instant, Garcia Moreno vole à la caserne et fait comparaître l'offcier de gurde: Je vous

> donne cinq minutes, lui dit-il, pour me révéler Les noms de

vos somplices et me fournir les preuves écrites de la con-

Le juration qui doit éclater cette nuit ; sinon, vous serez fu-

aillé comme un traître, “ Se voyant découvert, le malhèureux officier se mit à trembler, désigna ses complices, livra les papiers dont il était dépositaire, et indiqua In maison

où les assassins se trouvaient rassemblés. Pour s’en -débar-

rasser d'une manière expéditive, Garcia Moreno n'avait qu'à les attendre et les recevoir à coups de fusils; mais, pour ne pas donner aux révolutionnaires le prétexte de transformer en guet-apens un acte de justice, il préféra saisirles coupables dans leur repaire et les jeter en prison,

) Malheureusement l'arrestation eut lieu avant l’arrivée de # Maldonado qui, au premier bruit dece dénouement. inattendu, disparut de la capitale ets’enfuit dans les bois.

A la lumière de ces sinistres éclairs, Garcia Moreno comprit mieux encore l'extrême danger de sa situation. La Ré-

À. volution avait juré sa mort et ne désarmerait pas. Le par-

don généreusement octroyé ax assassins n'avait fait qu’envenimer leur fureur: Il fallait les vaincre ou périr avec ce peuple qui le suppliait à genoux de ne pas l’abandonner. L’'Hercule chrétien, seul contre tous, accepta le défi de la Révolution, et jura que, lui vivant, l’horrible mégère ne règnerait plus sur son pays.

Avant tout, il résolut de la terrifier par un ‘acte de: 80lennelle justice, Lies sicaires avaient mis la main sur un

générai assez influent pour démoraliser l’armée, assez per-. verti pour conspirer contre sa patrie avec les radicaux du

Pérou et de la Colombie, assez criminel pour se faire chef

de brigands et d’assassins : cet homme, qui personnifiait les . crimes et les espérances du parti, il fallait à toute force en

fer la Révolution dans son sang. ” Aussi s'inquiéta-t-il assez peu des rudes conspirateurs da 23 juin, “ Il n'est pas juste,

dit-il, que ces misérables périssent, pendant que leur chef est en vie. ” Il se contenta de les exiler au Brésil (1), Quant à Maldonedo, le colonel Ignacio Vintimilla reçut l'ordre de battre tout le pays, vallées et montagnes, haciendas et fo. rêts pour découvrir son refuge, Les gouverneurs devaient

dui prêter main-forte, surveiller leurs provinces et incarcé.

rer ceux qui donneraient asile au eoupable ou favorise: ruient son évasion. Et toutefois le président désirait que le

fagitif s'échappât pour n'avoir pas à remplir un terrible de. |

voir.

De leur côté, les révolutionnaires n'épargnaient aucun effort poux sauver leur grand ehef. Pendant deux mois que durèrent les perquisitions, le pays au comble de l'angoisse 8 ‘attendait chaque jour à une invasion que le libérateur Ur:

bins préparait dans les ports du Pérou. ‘“ Urbina arrive .

avec quatre cents soldats, écrivait Garcia Moreno le 16 juil: let, Vu sa couardise, s'il entreprend la lutte avec ce petit nombre d'hommes, c’est qu'il compte sur les traîtres de l’intérieurs. Raison de plus pour nous débarrasser du traître

Mldonado. Cela fait, nous tâcherons, avec l'aide de Dieu.

de bien recevoir Urbina. ”

À dater de ce moment, l’Kquateur fut assailli de tous cftés par une vraie bande infernale, Le 21 juillet, une compagnio de pirates, équipés par Urbina aux frais du Pérou, se jeta sur la province de Manabi pour l'insurger et la pil ler. Ils mettaient tout à feu et à sang, quand le gouverneut Salazar, avec une troupe de braves, se porta à leur rencontre. Reçus d'abord par une vive fusillade, les soldats s'élancèrent sur les bandits, la baïonnette en avant, et en massscrèrent un bon nombre, Quelques-uns parvinrent à s'échap-

(1) Juan Borja tomba malade en prison. Ses proches obtinrent de le transporter dans sa maison, mais l’obstiné révolutionnaire re: fusa toute espèce de grâce et mourut dans son cachot.

faire un exemple. ‘“ Que Maldonado se cache bien, dit-il, un" jour, car s’il tombe dans mes mains, je serai obligé d'étouf!

milar, Suare se révoltèrent s'emparèrent d priélés, torturs cfrent la déchi goclamer, en <

la patrie, l'illu

on app une la Nouvelle-G ln complicité vouées à la Re mois de prép:

1 Pérou, sort des centaines tanment à M

Au milieu gible comme organisait la de’plus en pl révolutionna le 24 août, le le pied sur 1 arrêté dans 1

L de Garcia M

son prisonni Ilyeutu

|‘ ls réflexion

vigueur, le condamner pouvoirs ex tation n'éta de Maldona

mais les chefs furent faits prisonniers et fusillés sans ” miséricorde. Dix jours après, le 27 juillet, la province d'O- D. ent devenait le théâtre d’un autre mouvement insurrectimnel. Les complices de Maldonado, Lamotha, Jaramillo, Agailar, Suarez et leurs compagnons, expédiés au Brésil, srévoltèrent contre leur escorte en traversant le Napo, s'emparèrent du gouverneur, et, après avoir saccagé les pro-

fo. priétés, torturé les jésuites, dépouillé les sauvages, pronon- Sent otrent la déchéance de ‘“ l’autocrate Garcia Moreno ” pour rcé. goclamer, en qualité de chef suprême ‘“ le restaurateur de Lie: la patrie, l'illustre don José Maria Urbina.” En même ne | , On nn que d’autres séïdes d'Urbina enrôlaient dé” 1 des bandes e flibustiers dans les provinces méridionales dp li Nouvelle-Grenade pour envahir le district d'Ibarra, avec si ls complicité des autorités colombiennes, notoirement dévouées à la Révolution. Enfin, le 24 août, après plusieurs 1 mois de préparatifs, les vaisseaux d'Urbina, équipés par pr l Pérou, sortaient du petit port de Payta et débarquaient en des centaines de soldats sur divers points de la côte, nonil. D tanment à Machala et Santa Rosa. .

tit M Au milieu de l'horrible tempête, Garcia Moreno, impaslin M sble comme le roc battu par les flot, levait des troupes, ître (M organisait la défense, donnait des ordres aux généraux, et dieu Æ <rplus en plus se persuadait de la nécessité de terrifier les °: 4 révolutionnaires de l'intérieur en frappant un grand coup, cf: Je 24 août, le jour même où les soldats d'Urbina mettaient pt le pied sur le sol équatorien, Maldonado fut découvert et "e L arrété dans une haciénda, près de Guayaquil. Sur l'ordre pil M ‘de Garcia Moreno, le colonel Vintimilla chargea de fers eu? M ‘n prisonnier ct l’amena sous bonne escorte à Quito. en- | Il y eut un moment de stupeur dans le clan radical, mais sé 1 L'réflexion rendit l'espoir aux conjurés. D’après le droit ëh en A vigueur, le président n'avait que deux partis à prendre; ap- M condamner le coupable à la déportation, en vertus de ses Fe pouvoirs extraordinaires, ou le livrer aux juges. La déporà tation n'était qu'une plaisanterie depuis que les complices

de Maldonado, les Lamotha, les Jaramillo, avaient trouvé

trouverait bien sur n’importe quelle route, un contingent de frères et amis pour terrasser les sbires et délivrer Mal. donado. Quant aux juges, on ne redoudait guère leur ver dict depuis l'affaire de Quinche. Le tribunal ne verrait dans: le complot du 23 juin qu'une tentative de rébellion non suivie d'exécution, le crime resterait impuni, et Maldonado, porté en triomphe par les radicaux, livrerait le pays à l'en. vahisseur Urbina. C'était la mort de la nation.

Malheureusement pour les radicaux, Garcia Moreno n’açceptait pas qu'une nation doive se résignér à périr plutôt que de violer la légalité continuellement, ni qu’un chef de gouvernement, à moins d'y être forcé, puisse sans crime obéir à la Révolution qui lui crie de se démettre ou de se sou*-attre, Il croyait, avoc les vrais philosophes de tous les t et tous les pays, que les lois éternellés l’emportent su: és fictions parlementaires, que les constitutions sont feites pour les peuples et non les peuples pour les constitutions, et que, par conséquent, si la Joi constitutionnel met une nation en danger de mort, le salut du peuple devient la loi suprême. ‘“ Quand la légalité suffit, disait-il avec Donoso Cortès, vivé lu légalité; quand la légalité ne suffit plus pour sauver: un peuple, vive la’ dictature, ” Dans le cas présent, après avoir montré l'impasse où se trouvait acculé le pays, il dit aux conseillers qui l’entouraient : ‘‘ Personne ne croira jamais que, pour sauver la constitution, ce morceau de papier qu’on déchire ici tous les quatre ans, je sois obligé de livrer Ia Répüblique à ses bourreaux. ” Et, de sa propre autorité, chargé par Dieu de pouvoir au salut du peuple dans un cas suprême, il décréta que le traître Maldonado serait fusillé le lendemain, 30 août, sur la place Saint-Dominique,

‘La veille de l'exécution, il descendit lui-même dans ls prison pour annoncer au condamné qu’il allait mourir. Il s'efforça de lui faire comprendre l’atrocité de ‘son crime,

mais il trouva un homme dur et hautain, fier de ses forfaits

parce qu'il se croyait sûr de l'impunité. ‘* Maldonado, lui

moyen d'insurger le Napo et de s'enfuir au Pérou ; on hu 4 font un jeu

grands crim reprenais à Quito. Pré pareil heui paissait lim prêtre et mi

Le 30 aoû lonel Calgo bataillons s damné pour Quand on a} ge leva sous moment étui soldats, s'iu pectable fan fait d’avoir t gubre, fora tions se for mais Garcia amis ayant !

& lo fit garc du général 1 vint lui fuir

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Maldonado

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na )Iutôt ef de rime le se 18 les rtent sont Dnsti* nelle 6 dejait-il légactatuoù se ntouer la tous à ses Dieu 1e, il ende-

ns la ir, Il rime, rfaits - 0, lui

‘ditil, ne comptez pas sur les juges. prévaricateurs qui se fontun jeu de perdre les sociétés en absolvant les plus

ds criminels. Je vous ai dit un jour que sije vous reprenais à conspirer, vous seriez fusillé sur la place de Quito. Préparez-vous à paraître devant Dieu, car demain pareil heure vous aurez cessé de vivre. ” Maldonado connaissait l'implacable fermeté de son chef : il demanda un prêtre et mit ordre à sa conscience,

Le 30 août, avant l'exécution fixée à cinq heures, le co- Jonel Calgo reçut: l'ordre .d'échelonner les troupes de son bataillons sur tout le parcours que devait suivre le condamné pour se rendre de la prison au lieu de l'exécution. Quand on apperçut les sinistres préparatifs, la ville entière s leva sous une impression de surprise et d'épouvante. Le moment étuit d'autant plus critique que tous, citoyens et soldats, s'iutéressaient vivement à Maldonado et à sa respectable famille. On espérait encore que le président, satisfait d'avoir terrifié les révolutionnaires par cet appareil lugubre, ferait grâce au dernier moment. Déjà des députations se formaient pour intercéder cn faveur du coupable, mais Garcia Moreno avait consigné sa porte. Un, de ses amis ayant réussi à forcer le passage, il lui imposa silence & lo fit garder à vue dans une salle du palais. La femme du général Maldonado, récemment arrivée de'Latacunga, vint lui fuire ses adieux, ce qui porta au comble l'émotion

. des assistants. Le mot de grâce volait de bouche en bouche.

Des foules, acvourant du palais, annongçaient que l'acte de clémence allait être signé, si bien qu'au milieu du tumulte le colonel Dalgo, inquiet et troublé, envoya son aide de camp à Garcia Mereno pour lui demander des ordres définitifs . ‘ Dites-lui, s’écria le président que si, à cinq heures je n’entends pas les coups de fusils du peloton d’'exécution, c'est lui qui sera fusillé, ” Quelques instants après, Msldonado payait de sa vie son infâme trahison.

La foule revenait silencieuse ét terrifiée quand on vit tout à coup Garcia Moreno sortir seul du palais, traverser

- avec un calme imperturbable militaires et civils, et se ren-

dre hors de la ville pour inspecter certains travaux dont il ""*

s’occupait en ce moment, Le soir même, il rédig:a et lan: ga dans tout le pays cette proclamation lacon'que :

‘“ Equatoriens, votre repos, vos biens, votre vie même, sont menacés depuis trop longtemps par des criminels que l'or du Pérou a corrompus, et dont notre législation assure l'impunité, L'invasion de Manabi, la révolution sanglante projetée au mois de juin, les brigandages du Napo, le sou: lèvement de Machala, les enrôlements de la Nouyzlle-Gre. nade, les efforts tentés en ce moment pour insurger les pai: sibles populations de nos côtes, prouvent jnsqu'à l'évidence que l’immoralité et l'impunité de quelques misérables mettent l'ordre public en danger.

4 Dans cette épouvantable crise, le gouvernement doit opter entre deux partis extrêmes : laisser l'ordre public, vos intérêts les plus chers, vos lois, votre constitution, sombrer dans l'anarchie sous les coups de ces brigands, ou - prendre sur lui la grave mais glorieuse responsabilité de comprimer leurs fureurs par des moyens sévères mais jus terribles mais nécessaires, Je serais indigne de la confiance dont vous m'avez honoré si j'hésitais un instant à encourir n’inporte qu'elle responsabilité pour sauver la patrie.

“ Aussi, qu'on le sache bien, ceux que l'or aura corrome pus tomberont sous le plomb vengeur ; au crime succédera le châtiment, et, je l'espère, aux périls qui nous menacent: la paix, objet de vos désirs. S'il faut sacrifier ma vie pour obtenir ce résultat, je l’immolerai de bon cœur à votre repos et à votre félicité, ”

C'était la justification de l'exécution qui venait d'avoir lieu et l'annonce des sévérités du lendemain. Naturellement les révolutionnaires crièrent à la tyrannie, à la cruauté, à

à l'arbitraire. Pour les confondre, il leur remit sous les.

yeux les principes proclamés autrefois par La Démocracia, journal du président Urbina, rédigé par son Espinel : “ La générosité et la clémence envers les ennemis de la patrie, disaient alors ces bons radicaux, sont des vertus mal enten-

droit comr pirent æ T1 ce bas mor ls justice, :

grès de 18 nons de c€ p'incipe p tive ou de teurs ou de pe pouvais

Délivré contre Urt dite, occup capitaines ter l'incer la révoluti de procla Ybérateur l'alié de l' dés institu toujours st l'Amérique sè présents Hitles vo guère à Ms fire main er les cais de somme après les s mento que

Déjà cet

(1) Mese

Lies, La compassion envers les individus doit fléchir de- | jen le justice, quand le salut du peuple l'exige, Si la s0- » Laté peut faire disparaître un coupable pour un délit de droit commun, à plus forte raison des criminels qui consant se ruine. Les grands malfaiteurs doivent subir dès

: bas monde lechâtiment de leurs forfhits : ainsi l'exige ls justice, ainsi le réclame la vindicte publique. ” Au cecnnés de 1865, comme dans la proclamation que nous ve-

eGre.. A nos de citer, Garcia Moreno n'a pas invoqué d'autre es pa D p'icipe pour justifier sa conduite : ‘“ Placé dans l'alternaidence : tive ou de livrer ma patrie aux mains d'insignes malfais met- \ teurs ou de la sauver en les exterminant sur l’échafaud, je ne pouvais ni ne devais hésiter, (1) ” nt doit | Délivré de Maldonado, le président tourna ses armes public, contre Urbina. Celui-ci, à la de de cinq ou six cents ban- M,80Me D dits, occupait la ville de Machala, Avec ses trois grands ds, où l chpitaines Roblez, Franco et Léon, il se croyait sûr d'allulité de mer l'incendie sur tous les points de la côte, etde propager justes, D ls révolution, de cités en cités, jusqu’à la capitale, Dans afiance | de proclamation emphatique, il s’annonçait ‘ comme un courir Ybérateur député par le continent américain pour abattre k M allié de l'Espagne et affranchir le peuple du concordat et orromé | dès institutions monarchiques. Sa politique, àlui, serait ccéders MR “ujours subordonnée aux vrais intérêts de son pays et de osent 1 l'Amérique. Appelé par la grande majorité de Ja nation, il ie pour s& présentait sans crainte, persuadé que son retour combleotre ré Hitles vœux de tous les patriotes, ” Il ne s'en aperçgut guère à Machala, car, en voyant ses bandes indisciplinées | faire maïn-basse sur tous les objets à leur convenance, pild'avoir D kr les caisses publiques et traiter les géns comme des bêtes lement WP de somme, les habitants épouvantés disparureut les uns dauté,à D après les autres. Il ne resta pour signer son pronunciaous lé À mento que les repris de justice et quelques malheureux cr DD trrorisés au raccolés à prix d'argent.

à je Déjà cet accueil peu rassurant, joint à l'exécution de Mal- , patrie, a l'enten- *

(1) Message de 1866.

LE

donado, lui donnait à réfléchir, lorsqu'un décret de Garois

abattit complètement son courage. “ L'Equateur, disait le président, n'est en guerre avec personne, ni à l'intérieur ni à l'extérieur, par conséquent, Urbina et ses bandits, arri. vés de l'étranger pour révolutionner et saccager le pays, doivent être considérés comme des corsaires et traités en corsaires, Les autorités leur expliqueront la loi, non des belligérants, mais des incendiaires et des assassins, ” Des bataillons, expédiés de Guayaquil sur Machala, avaient ordre de s'emparer par tous les moyens possibles du traître Urbina, afin de lui faire expier sur l’échafaud la longue cé. rie de ses forfaits.

Toujours prudent, au lieu d'attendre les troupes de Guayaquil, le ‘ libératenr ,, déménagea au plus vite avec trois cents hommes, sous prétexte d’insurger la province de Lo ja, mais en réalité pour gagner sans courir aucun risque la frontière du Pérou. Son ami Roblez disparut avec lui sous couleur d'aller à Payta chercher des renforts, Franco et Léon restés seuls pour soutenir le choc des troupes équatoriennes, furent battus piteusement à Santarosa, le 17 septembre, et s’enfuirent avec les débris de leur bande jusqu'à Zapolillo, où le brave Urbina avait établi son camp et imposait son pronunciamento aux populations éperdues. Quand, un mois après, le général Gonzalez ct le colonel Vintimilla, entièrement maîtres de la côte, arrivèrent à Zapotillo avec in: fanterie et cavalerie pour en déloger les envahisseurs, on leur apprit que ces foudres de guerre, tremblant à leur approche, avaient passé la frontière et se trouvaient en sûreté chez leur bons amis du Pérou.

Ainsi avorta cétte expédition, prépurée depuis six mois par la révolution cosmopolite pour renverser son mortel

ennemi. Les urbinistes, unis aux assassins de l'intérieur, :

appuyés par deux gouvernements, avaient échoué contre l'énergie d’un seul homme. La campagne terminée, Garcia Moreno parcourut les provinces envahies, visita Guaysaquil Machala, Santarosa, Loja, Quenca, et distribua des ré

Moreno, qui le mottait hors la loi, ainsi, que ses complices, , |

. volution. ”

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# "compenser à ceux qui avait vaillamment combattu, Il féli- À legita les populations de leur courageuse fidélité, fit grâce

aux malheureux qui s'étaient laissé corrompre par frayeur ou par surprise, mais se montre inexorable envers les soutiens et complices d'Urbina. Dans la prison de Cuenca se. trouvait un chef d'insurgés nommé Campoverde, Cet audacieux bandit n'avait pas craint de soulever le petit bourg de Canar en saveur d'Urbina et d'attaquer, à la tête de trois cnts hommes, la ville de Cuenca qu'il savait totalement dépourvue de garnison. Mais les habitants, propriétaires, commerçant, étudiant, s'étaient défendus avoc tant de courage, qu'après une demi-heure d’un combat sanglant, Campoverde avait dû rendre les armes et se constituer prisornier, Condamné à mort par un conseil de guerre il devait subir sa peine le jour même où Garcia Moreno fit son en. trée a Cuenca. On profita de cette circonstance pour soliciter la grâce du coupable. ‘“ Si vous invoquez la justice, répondit l’inflexible Garcia Moreno, montrez que cet homme n'est pas coupable ; si c'est la charité, ayez pitié des innonocents que vous allez faire périr, car si j'épargne ce criminol, demain le sang conlera dans quelques nouveile ré-

| volution, ” Campoverde fut exécuté.

Cette invincible fermeté. qui l'empêcha toujours d'immoler la justice à la pitié lui donna de triompher des deux puissants et cyniques larrons, la Colombie et le Pérou, qui durant cette guerre n'avaient pas rougi de se faire ostensi-

blement les auxiliaires d'Urbina. Jamais, en dépit de leurs

menace, ils n'obtinrent de lui la moindre concession ; jamais ils ne l’attaquèrent officiellement sans qu'il stigmatisût publiquement leur conduite et vengeñt ainsi sa dignité offensée. Pendant que le gouvernement de Bogota le faisait insulter par les journaux à sa solde, et permettait aux urbinistes de recruter des soldats sur son‘ter ‘itoire, il accréditait près du gouvernement de l'Équatuur un chargé d'affaires, nommé Fierro, ‘ pour resserrer, disait-il, les liens d'amitié entre les deux pays . ” Ce Fierrd, non content de

répéter ces banalités diplomatiques, se permit dans son dis-

cours de reception des divagations impertinentes sur l'in. dépeudance, l’union et la liberté des peuples sans même ge donner la peine de dissimuler ses intentions nritiques. L'ou-

recuidant personnage regut aussitôt son châtiment : Doux ‘Je suis heureux, lui répondit Garcia Moreno, qu'en disait ur prononçant ces beaux noms d'indépendance, d’union et de | paleur e

liberté, vous me fournissez l'occasion de m'expliquer sur Le ve sujet, non pas que je m'abaisse jamais à me défendre 2 \ contre des calomniateurs salariés ou des idiots dupes de ‘4

moins :

LJ [4 LA . Li À (9) T1 leurs inventions, mais pour que voue, ministre des Etats, 1 ‘sd

Unis de Colombie, sachiez que, moi aussi j'aime l’indépen- mr dance, l’union et la liberté, et que de plus mes actes sont Ù litre en parfait accord avec mes principes. depuis p “ L’Indépendance étant la vie d’un peuple, par cons 4 bon ve

‘ quent le premier de ses biens, je veux l'indépendance pour | Ja situati Equateur, €’est pourquoi je déteste et combats de toute | 1 “pris fait mon énergie les grands ennemis de cette indépendance, qu‘ SO Gortains : sont la licence, la démagogie et l'anarchie. : avec les

“ L'Union, grrantie de la paix et condition de la force, | et accuse je l’ai toujours cherchée, L'Equateur veut resserrer les ‘ tiques, ” liens qui l’unissent aux autres nations, en respectantle WP À cett droit et la justice à l'égard de tous les peuples, Jamaisil 3 hofit ré

n’a souffert que sur son territoire, on armêt en pleine paixds À “qu'iln bandes de perturbateurs pour révolutionner ses voisins, C D que si le que du reste, ne permettra jamais un pays qi comprend SP vait du encore les lois de l'honneur et de la loyauté. D consulte

& La Liberté, pour tout homme sincère, n’est point un (B -{eur ava cri de guerre et d’extermination, mais un moyen de pro M: més et él

grès, quand toutefois la moralité règne dans le peuplo,ls 4 pements justice dans les lois, et la probité dans le gouvornement, (SR rot de * L'ami véritable de la liberté, c’est l'homme qui se consacre AR Sandale à moraliser son pays, à corriger les injustices sociales, à 2 : giés ava

Yoriser l’Equate # après de ur et hement

unir les gens de bien pour travailler sans relàche à la pros périté publique, Libéral ardent et sincère, je ne doute pas que vous partagiez toutes ces idées. ”

| L'ironie était sanglante, mais que répondre à l'homme Ë.

s sur l'in.

même ge es. L'ou-

PnO, qu'en ion et de liquer sur défendre

dupes de | des Etats,

l'indépenactes sont

ar CONSéanco pour de toute dance, qu'

> la force, serrer les pectant le Jamais il 1e paix des voisins, ce comprend

t point un en de propeuple, la ornement, e consacre sociales, à > à la pros doute pas

à l'homme 4

“ane et loyal qui vous terrasse par son attitude et vous : &rase sous le poids de sa logique ? Fierro dévora sa honte

en silence, et les ennemis politiques de Garcia Moreno &pplaüdirent eux-mêmes à cette exécution. “ Il faut avouer, disait un de leurs coryphées, que cet excentrique a de la

waleur et qu’il honore singulièrement le poste qu’il occupe. *”

Leo Pérou regut une leçon non moins rude etnon

moins méritée. Pour mettre un terme au conflit hispanopéruvien, les représentants des républiques du Pacifique, y compris l'Equateur, se trouvaient rassemblés à Lima. Or, dans un mémoire à ce congrès américain, le

* ministre du Pérou osa se plaindre ‘“ du froid qui existait

depuis plusieurs années entre l’Equateur et le Pérou, malgré le bon vouloir de son gouveruement. Loin de s'améliorer, situation s’aggravait plutôt, depuis que l'Equateur avait

pris fait et cause pour l'Espagne contre le Pérou. Du reste, crtains actes du président contrastaient singulièrement

avec les principes qui régissent les républiques américaines ét accusaient son peu de foi dans les institutions démocra

tiques. ”

A cette dénonciation officielle et' insolente, Garcia More-

nofit répondre par son ministre des affaires étrangères “qu'il ne s’abaissait pas à réfuter des accusations gratuites ;.

que si le ministre péruvien voulait savoir pourquoi il y

avait du froid entre les deux gouvernements, il n'avait qu'à

consulter sa mémoire. Deux fois, en pleine paix, l'Equa. teur avait été envahi par des bandits enrôlés au Pérou, ar-

, més et équipés aux frais du Pérou ; enrôlements, et équi-

pements avaient eu lieu publiquement, sans que le cabi-

met de Lima s'opposit par un seul acte positif à ces scandaleuses agressions. Grâce à cette complicité, les réfu-

.giés avaient pu abuser du droit d'asile, Les journalistes favoriser les conspirateurs, les clubs préparer l'invasion de

YEquateur et la chute de son gouvernement. S’étonner,

“après de pareille violences, que les relations entre l’Equa-

nement facile. Du reste, loin de se montrer hostile au Pé-

teur et le Pérou manquent de cordialité, c'est avoir l'éten-

rou, le président de l’Equateur avait, dès le commencement

‘4 les appuy du conflit avec l'Espagne, offert une médiation que le Péron ‘ concordat avait repoussée. Il n'en avait pas moins envoyé son repré : 4 | d'exécutio sentant au congrès, mais sas sortir de la ne\.cralité abso. 1 d'an Mald lue, Aujourd'hui, comme autrefois, il consentait à s'snir Castilla, L aux républiques américaines pour interposer ses bons off. la justice, ces et peser sur la décision de l'Espagne, maïs il refusait de restait à le transformer le conflit péruvien en conflit continental avant à l'expirat que l'Espagne eût ratifié l’usurpation de ses agents. ” 1 renverser,

Le Pérou dut subir, avec cette mercuriale, l'humiliation de voir la politique de Garcia Moreno triompher au congrès. Obligé de recourir à ces négociation diplomatiques dont il parlait avec tant de dédain, il conclut avec l’Espagne un traité fort onérux, en vertus duquel il rentrait en en possession des îles Chincha, mais aprèe avoir désavoué les injures prodiguées aux agents espagnols, ot payé une indemnité de trois millions de piastres pour avoir, en refusant la médiation d'un gouvernement ami des deux puis sances, occasionné par ce mauvais vouloir de grands frais à l'Espagne. Il se vengea sur l'Equateur de cette honteuse déconvenue. Les conspirateurs furent plus que jamais soutenus et encouragés, de sorte que le thermomètre de la cordialité descendit à zéro. Garcia Moreno crut de sa dignité de suspendre toute relation avec un gouvernement 8i peu soucieux de la justice et des convenances internationales. ‘ Prompt à tout oublier, dans l'intérêt de la paix du du continent, disait-il au congrès de 1865, nous ne pouvons cependant pas sacrifier l'honneur national qui exige réparation pour le passé et garantie de sécurité pour l'avenir, J'ose espérer que nous obtiendrons satisfaction au moyen\ de négociations pacifiques, le jour où l’on voudra sérieuse ment correspondre à notre loyauté comme à nos désirs de conciliation ; mais, aussi longtemps qu’on nous refusera ces réparations et ces garanties, il n’y a qu’une chose à faire: ; suspendre touto relation avec le gouvernement du Pérou. ”

Ainsi se termina, au commencc:aent de 1865, cette lutte de quatre années, soutenue par un seul homme contre les

& lutionnaires de son pays, deux armées étrangères pour acement les appuyer, et l'Amérique entière pour les acclamer. Le e Pérou : <oncordat était implanté et les réformes sociales en voie n repré | d'exécution, malgré l'opposition des congrès, les trahisons ité abs. M d'un Maldonado, les invasions d’un Urbina, les ruses d’un s'unir Chstilla, les fureurs d’un Mosquera. En cherchant Dieu et bons of: M La justice, Garcia Moreno avait prévalu contre tous. Il ne fusaitde A restait à la Révolution d'autre ressource que de déplacer, al avant D Al'expiration de son mandat, le çolosse qu'elle n'avait pu

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