‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 60 sur 97 · LE COMBAT DE JAMBELI · texte numérisé non relu

LE COMBAT DE JAMBELI

L'année 1865 était l’année fatidique de l'élection pi | dentielle. L'homme de génie, que la Révolution avait int. tilement tenté d’abattre ou d’assassiner, allait enfin mourir. de sa belle mort. Ainsi le voulait l'égalité républicaine, qi | ne confiait le pouvoir que pour quatre ans et sans faculté |

de réélection. Les révolutionnaires hâtaient de leurs vœux | la période électorale ; Garcia Moreno, au contraire, ne u | voyait pas arriver sans inquiétude, Un capitaine qui a diri 4 gé son navire au milieu des tempêtes et qui maintes foisl'a : sauvé du naufrage, ne l’abandonne pas sans trembler à des 4 mains inexpérimentées, Et toutefois, il quittait avec joieun pouvoir qu’il avait accepté par force en 1861 et volontai rement déposé en 1863. A l’époque où nous sommes arrivé, | il écrivait à un ami intime : ‘“ Quand bien même la constitution permettrait ma réélection, je u’'y consentirais pas | Cette néfaste constitution de 1861 engendre et provoque. tous los désordres, sans donner au gouvernement le moyen de les repousser, Il sinsuit que, dans un péril imminent; le gouvernement se voit forcé pour sauver le pays, des mettre au-dessus des lois et, dans les périls moindres, de tout supporter, laissant ainsi la société descendre graduel: lement les pentes du précipice.

J'ai paye cette situation dès 1861, et je me ropentii |

ion prél | avait int 4 fin mourir È icaine, qui ns faculté 4 urs VŒUX À ire, ne là > qui a dirk 4

ntes fois l'a

abler à des à vec joieun !

t volontai :

nes arrivé, À > la consti- :

itirais pas | j provoque t le moyen | imminent, ays, des.

oindres, dé.

re graduek

repentirai :

rä

te d'avoir accepté le pouvoir ainsi amoindri. Parcei confiance en Dieu, je crois que l'Equateur sortira Le de cet affreux état, hais après une-période plus ou moins longue de sanget de’ruines, quand les légialateurs, de leurs folles utopies ot.de leurs coupables expériences

g le corps défaillant de La nation, prendront enfin Ja rai“

w | mnpour guide. La logique du mal est inexorable, Toute

engendre une expiration : nous allons expirer les fau-

À Lu des constituants de 1861 (1). ”

Jlinissait donc sans peine une charge trop onéreuse,

F'd'autant plus, ajoutait-il, qu'en refusant la présidence. je. rirai plus de services qu’en la conservant, supposé même

L qe cela fût légal. Dans notre PpAtour où les ambitieux D Iiguent le pouvoir à la seule fin de s’engraisser des misèjet des larmes du peuple, il faut donner l'exemple du ntéressement et du sacrifice, faire le bien sans demanaucun salaire en ce monde. ” Donc, personnellement désintéressé dans l'élection, il n'avait plus qu’un devoir à maplir envers la patrie : travailler de toutes ses forces à donner un successeur assez catholique pour comprendre lœuvre de la régénération inaugurée par le concordat, asénergique pour empêcher la Révolution de la ruiner.

Garcia Moreno ne pensait pas, nous l'avons déjà dit, que. gouvernement doit se croiser les bras et rester muet pendant la période électorale, tandis que ses ennemis, à coups dmensonges et de calomnies, battent en brêche tout cun. didat honnête. Il prétendait que le gouvernement a le droit devoir d'éclairer le peuple en lui présentant le candi- ‘abde son choix ; en second lieu, que, si les employés sont libres de voter personnellement pour qui bon leur semble, ne peuvent sans trahison travailler contre le candidat el ; en troisième lieu, que, s’il appartient aux partisde oser leurs candidats et de vanter lturs mérites, c'est à

Boondition qu'ils n'emploieront pas contre leurs adver-

8 le mensonge, l’outrage ou la violence. La licence ef-

(1) Lettre à D. F. Surude, 1865.

frénée de la presse en temps d'élection, loin de garantit W diberté du peuple, devient le plus terrible engin de trompe!

rie et d’oppression qi puisse exister (1).

Appuyé sur ces principes, Garcia Moreno propos #,

jus des électeurs don José Maria Caamano, de Guay LE

ui possédait selon lui, ‘‘ les qualités essentielles d’un bon:

1 d'Etat : honorabilité sans tache, énergie de caractère,

sens droit, esprit religieux, du petit nombre de ceux qui,i4 Guayaquil n’ont jamais rougie de pratiquer leur devoirsdei chrétiens, par où il a mérité la haine des francs-maçons 54 nombreux duns cette ville. (2). ”’ Nommé ministre des f:4

Re

nances par Urbina, il avait donné des preuves non équivo: ques de ses principes conservateurs, en énvoyant sa démis sion dès les premiers actes de ce coryphée du radicalisme; 4

plus tard représentant du gouvernement provisoire à Guays

quil, sa conduite franche et loyale lui avait attiré le sol

res de Franco.

Les comités et les journaux dévoués au gouvernement:

patronnaïient donc chaulemeut cette candidature quand! malentendu, très facheux dans une circonstance si grave!

“vint contrariez les desseins du prenons

Un club urbiniste, composé en grande parti de ral

plus où moins compromis dans los dernières insurrection fut formé pour ses violences d’abord, et ensuite pour rfis

Obstiné de communiquer à l'administration le nom de ss}

membres. Là-dessus, violents réquisitoires des radicaix «t

des libéraux contre la tyrannie du gouvernement, Sancor naître les circonstances qui avaient amené la fermeturedi cercle, Caamano déclara publiquement qu’il refuserait un candidature imposée par la violence et la coaction. Cell

* (1) L'opposition déclamera toujours contre la candidature off <ielle, sauf à en user, que dis-je ? à en abuser de la manière la pli

gcandaleuse. Promesses, menaces, mensonges, calomnies, destits

tions arbitraires, invalidations plus arbitraires encore : voilà #4

procédés électoraux dans l’Aneien et le Nouveau-Monde.

(2) Lettre de Garcia Moreno à F!. Sarade, 31 décembre 1864 :

le Bor hO écriv

À esin Hber 1 ht c | dep pérturbate

jouissaièn:

L ondes par le À mu quoi Caan Luque s'il avai L Jen d'écrire 8 Pwiéstres prise Moreno crut c Hl'influence roi, de Cuen | tdû travail,

À frmement dé À Les conse rent à cette > L'oppositio me des radica ral ‘tous

É. © C'est Bo D Ure, page 28.

P'oposa au!

Gusyaqui !

s d'un bon

> caractère

ceux qui

r devoirgde!

S-MAQODS 6 |

istre def.

non équivo 4

ant sa démis-

radicalisme ; 4

oite à Guays:

tiré le scolt1

ouvernementi

re quand un

ce si gra”

de radicaux:

insurrections

e pour refus

> nom de ss}

s radicaux ct ent. San con

fermeture du!

"efuserait uné

oaction. Cell

andidature off:

manière la pli

mnies, destiti!

core : voilà 84 onde.

mbre 1864

le Borréro. Piqué d'une pareille incartade, Garcis no écrivit à Son candidat qu’il n'avait aucune envie de:

L ghner la liberté des électeurs, mais qu'il avait dû ‘prendre | dumésures d'ordre contre un club notoirement composé opértarbatours et de séditieux ; que, du reste, ces clubis-

foufssaiént individuellement de tontes les franchises ac-

D uonées par les lois pour soutenir le candidat de leur choix;

: mr quoi Caamano, mieux informé, déclara devant-la nation que s'il avait connu l'existence des sociétés séditieuses, au

Len d'écrire sa malencontreuse lettre, il eût approuvé les. mures prises par le gouvernement. ” Néanmoins, Garcia Moreno crut devoir choisir un candidat moins prompt à su- Hrlinfluence libérale, Il jeta ses vues sur D, Jéronimo Carnon, de Cuenca, t omme simple et religieux, ami de l'ordre Ldu travail, irréconciliable ennemis des anarchistes et À fñement décidé à défendre le pays contre leur entrepti- À Dés conservateurs, guidés par Garcia Moreno, se ral- INrent à cette candidature.

À L'opposition parut se diviser entre Pedro Carbo, l’hom- -me des radicaux, et Gomez de la Torre candidat du parti ira “ tous deux ornés de qualités requises pour perdre: ù le pays le mieux organisé, à plus forte raison une républi- : que M Yolcanisée comme celle de l’Equateur. ” (1)

à * Pedro Carbo, révolutionnaire exalté, intime ami d'Urhi-

n'avait aucune chance d'arriver, d'autant plus que, mal-

AN ses vaniteuses prétentions, on connaissait Son peu de | eproité. Le voyant un jour passer en compagnie de, son

ÆEndara, autre cerveau brûlé, Garcia Moreno dit à ceux

hqil'entouraient : “ Vous voyez devant vous la nullité en deux tomes. ” (2) On ne pouvait mieux dire, Mais que de- Luullités encombrantes aspirent à gouverner le monde, grâce | A'ineftable bêtise du suffrage universel ! Cependant, pour biFquateur CAIROUARE, a et incapacité, c'était trop

k w Lettre de Garcia Monte) à F. Scralle, 26 nov. 1864.

% C’est Borrero qui raconte ce trait. Revolucion del8 de setiempage 28.

‘sur une même tête, Pedro Garbole soutit lui-même. I1e/ la bruyamment, comme il l'avait fhit quatre ans au

vant en invectivant contre Garcia Moreno, ‘ l'amesin, à | tyran qui, non content d’avoir confsqué durant quatre ans !

les libertés publiques voulait se survivre à lui-même

achever la ruine du pays. ” N'ayant rien à attendre de VE, quateur, Caro allait à Lima combiner avec sun ami Usb, | ns un nouveau plan d'iusurrection. Il ne resta d'antrecom 1 pétiteur, em face de Carrion que. D. Manuel Gomez del | Torre, personnage peu gêné par ses principes politiqueset | religieux, et d'un libéralisme si élastique qu'il avait pudtre !

ministre de Roca, ministre d’Urbina, et membre du go

versement provisoire, sans blesser ses convictions, Exve} ! lent homme du reste, généreux et désintéressé malgré so ambition, incapable de faire du mal même à ses ennemis, |

mais plus incapable encore, à cause de ses idées fantut, |

ques et de son manque d'énexgie; de bien gouverner un pays à

travaillé par la Révolution. Depuis quatre ans:il se mu

trait l’implacable ennemi de la politique autoritaire de Gar. | cia Moreno, ce qui suffisait aux libéraux de toute nusücs

pour appuyer chaudement sa candidature, Les démagi eux-mêmes, privés dé leur candidat Oarbo, ne trouvêf

rien de mieux que de se rallier à Gomez, persuadés de 4 libéral au pouvoir fera toujours la courte nan au radicé |

Héthe.

Chose singülière ! la bataille s’ engagea, non «ur le rnb

respectif des deux candidats, mais sur 14 politique de Gas cis Moreno, qui n'était nullement en causé: les libéré. <rurent sans doute que, pour rendre acceptable leur pauvre

candidat, il fallait un repoussoir très sombre. À l ubéoki

tiste Garcia Moreno il fallait donner pour suecessenf ti homme d’un libéralisme à touté épreuve, et cet hommé ci

tait Gomes.

Ce fut encore La Centinela de Borrero qui dirigea celle | opposition peu logique, mais insultante au premier chef

pour l’homme de la contre-révolution. Borrero affirma que | Gomez gouvernerait toujours, quoi qu'il dû arriver, s

0} |. damger, la . Panique ren C'était un pu:

melns au pou | dyriqnt fatal |. samegarde ; L tade Garcia

L aburdité.

D temps que la | mp discours

ment de cho

Et

» nullement m | sms violer la

| tmbaroin M | toodait, il réf sp

… Catte bévu:

D aienx que lu mes profanc L 1”, Ministr pesfaute de ç L mede la To | ldenxs de 18.

lis Rien de

| Inoonstitution et les lois, On lui répliqua que Carrion pou- L réften promettre autant, mais 6n lui demanda en même

| vip ce que ferait son héros dans ie cas particulier, id nullement métaphysique, où il ne pourrait sauver 16 payé | ma violer la constitntion.. Trop aveuglé par sa haine con

> de VE M tmüarcia Moreno pour s'apercevoir du piège qu'on lui ai Uvbi. M todait, il répondit que “ si la constitution lie les mains ae, ntre com. M pouvoir dans une circonstance où ls vie d'un peuple est en os de. ls M danger, la stricte observance des lois n’en reste pes moine. tiques t M l'unique garantie des personnes, des biens, et de la liberté." it puëtre D Céait un. pur non-sens, car si la constitution, en liant lee, du..gos | mains au pouvoir, cause l6 triomphe de la démagogie, elle s, Excel 1 drridnt fatalement la ruine de la société au lieu d'en être le. shgré con M mhmegarde ; mais il fallait à toute force condamner les a@enreuis, D tes de Garcia Moreno, et Borrero ne recula pas devant une fantat. D abpurdité.

TURN D Catte bévue lui coûta,cher, Ses adversaires connaissaient

se 0 D mieux que lui les, antécédents de.son candidat, “ cet Rom, rede Car DD nesj profondément, respectueux des, prescriptions, de le > note À di”. Ministre de l'intérieur sous Roca, qui ne se faisaié, et > pm faute de donner quelques entorses à la senstitution, Ga; rouvétent D .. la Torre avait défendu son maître contre les 1 dés qu'un D ence.de 1848, qui l'apoussient précisément de violer V8, au radiée | D lan Rien de plus topique nide plus comique en même, M ‘omps que la citation suivante, extraite textuellement de. r le mérilt à mg discours au Congrès :

Ÿ de Ga L: “it Dans les circonstances terribles où se trouvait le gou libéraux L : mement (l'invasion de Florès), sons, une constitution qui

mn | | grrantissait aux traîtres l'impunité, dites-moi sincèrement . PE | ls bonne foi qui doit caractériser tout bon républicain, it pin L mdevions-nous, pas prendre les mesures les plus promptes of.

D leplus cficaces pour purger le pays d'ennemis qui se 1@- M Gichaiezt derrière les garanties constitutionnelles ? £a

gea cette M présence d'affreuses calamnités, c'est le devoir du gouverne. mier ‘chef. AB: ment de choisir le moindre mal, de sauver la république du frma qu | Lena sauf à répondre de sa conduite devant la nation. ver, selon |

les cas dé force ds at il faut agir avec énergie, et

À ur

sans-aucuin respect pour ces rétendues aranties derriè 1 peci po P 6 re, Garcia M

lesquelles s'embusquent les scélérats pour bouleverser l'or.

dre social. ” qur 84 po k : Je grand C'était ce qui s'appelle valgnifooenit prendre son homme cesseur d la main dans le sac, Ainsi le libéral Gomez de la Torre tionavait agi, dans les circonstances difficiles, comme l'autori: < taire Garcia Moreno ! Et de plus il-avait prouvé d’une ms On ne à nière très sensée et très éloquente d’un devoir impérieux libérale q “4 commandait cette ligne de conduite. Le libéralisme n'est plans po dônc qu'une hypocrisie; et l’on ne déchirait à belles dents 1 son ment la politique de Garcia Moreno, en lui opposant celle de Go- Alombre mez, que pour tromper le naïf électeur ! Ces conclusions EC ment s'imposaient, et les organes du rnb ne manquè- reprendr rent pas de les faire valoir. D vont tout l'in Ainsi démasqué, Borrero paya d'audace, A propos de veau l'E quelques employés destitués pour cause de propagande hos- rA AUX 8 tile au gouvernement, il écrivit ‘ que, la liberté d'élection D ter w: étant supprimée et l'oppression plus grande qu'autemps | le mome d'Urbina, il ne restait plus qu'à voter selon les ukases du à le peupl président, La terreur régnait à Guayaquil aussi bien qu'à ro des l Quito, au point que les imprimeurs n'osaïent plus prêter * sept ou leurs presses au candidat libéral. Les destitution étaient 2} cald arbitraires, et bientôt il n’y as de plane que pour lé À Virmée

morénistes et les carrionistes . . À général Durant quelques semaines, Garcia Moreno laissa La D militair

Centinela déblatérer à son aise ; puis, en vertu du droit 4 | tobre d

constitutionnel, il cita Borrero et le docteur Arizaga, un de ./

ges complices, à comparaître devant lui pour rendre comp- 1 (1) Le

té de leurs calomnies, lesquelles pouvaient être qualifiés 7" le

d'attentats contre l’ordre publique et le gouvernement éts- | pue r;aelb

bli, Au lieu de se rendre à Quito pour défendre ses articles, D vers le Borrero prit le parti. de se cacher, tout en continuantèti | souffra rer dans l'ombre sur son adversaire. D ques page : | cupait L'élection eut lieu le 15 mai 1865, Le candidat du got: D Son aid vernement obtint vingt-trois mille suffrages, tandis que le : lui : libéral Gomez de la Torre, aidé de tous les radicaux, n'en peut Oui, n

En

ser l'or-

homme la Torre l'autori:

une mf- ! périeux me n'est les dents e de Gohclusions manquè-

ropos de ande hosd'élection autemp ukases du bien qu'à us prêter n étaient

pour les

aissa Ja du droit ga, un de re compqualifiées ment étaarticles,

uantàti- |

du gou- :

is que le :

l'en peut

derrière ‘ à conquérir que hüit mille, c'était une nouvelle victoire pour

Garcia Moréno, Comme la lutte avait uniquement porté sur sa politique, il s'ensuivait que le peuple, d'accord avec le grand homme qui l'avait tiré de l'abîmo, priait son sucoesseur de continuer son œuvre ét d’exterminéer la Révolu-

tion-

On ne peut se figurer le désespoir de l'opposition, tant libérale que rudicale, à cet échec qui déconcertait. tous ses plans pour l'avenir, Le président Carrion, sous l'égide de son mentor, adopterait sans nul doute la politique autoritaire à l'ombre de laquelle fleurissent difficilement les pronunciamentos, et l'on risquait de voir après lui Garcia Moreno reprendre les rênes, ce qui rejetait dans un insaisissable lointain les rêves ambitieux, les beaux traitements, et surtout l'infornal plaisir d’enchaîner et d'opprimer de nouveau l'Eglise émancipée. Cette désolante perspective inspira aux anarchistes la résolution de jouer leur va-tout et de tenter un effert suprême pour s'emparer du pays. Du reste, le moment ne leur parut pas trop défavorable. Sans doute Je peuple fanatisé s'était prononcé en grande majorité con-

“tre les libéraux, mais on pouvait compter sur l'appui de sept ou huit mille oppositionistes, encore surexcités par les calomnies des Borrero et consorts. D'un autre côté,

l'armée, considérablement géduite, n’avait plus de chef: le général Florès, dont on redoutait & bon droit les capacités militaires et la bravoure éprouvée, était mort au mois d'oc-

tobre dernier durant l'insurrection de Mochala (1.) Garcia

(D) Le général Florès mourut en brave, les urmes à la main, durant la dernière insurrection de Machala et de Santaross. Après avoir combiné les opérations et expédié des troupes pour chasser

|. Urbina des localités envahies, il se dirigeait lui-mêmes par mer

vers le théâtre de la guerre, malgré les attaques d’un mal dont il souffrait depuis plusieurs années. A peine sur le vaisseau, il sentit

que ses derniers moments approchaient, mais son esprit se préoc-

cupait des évènement militaires bien plus que de ses souffrances. Son aide. de camp, le commandant Guerrero, 8e trouvait à côté de lui : ‘ Est-il vrai, lui dit-il, que nous ayons repris Santarosa ? — Oui, mon général, après en avoir délogé l’ennemi. — Et nos soldats

Moreno, tout sui redoutable, sortait de charge : il. n'en. k

rajt ni la même influence sur sea soldats, nj la même auto. rité pour se faire obéir. À ces puissantes considérations, i] faut ajouter que lea grands capitalistes du Pérou avec les quels Uxbina ayait contracté des, emprunts pour préparer 8e8 invasions, voyant ses actions fort en baisse et le remboursement problématique, le pressaient de frapper un -graui coup alors qu'il pouvait encore. compter aur l'appui du gouvernement péruvien. Les frères ot amis reguroat -donc l'ordre d'exécuter sar-le-champ un audacieux conp de main, concerté entre los réfugiés de Lima et leurs compli- -ces de Guayaquil

Le 31 mai, vers le soir, une cinquantaine d'urbinistes -armés de pol nards et de révolvers ct commandés par l'in. trépide José rcos, s cachérent dans une petite Île du fleuve Guayas, non loin de Zamboroddon. Le navire mar. ‘Chand Washington s'étant approché de l'endroit où les ban- ‘dits étaient cachés, ils s’en emparèrent sans aucun danger pour eux, car l’on sut plus tard que le capitaine avait requ mille piastres d'Urbiua pour lui Hivrer son vaisseay muni d'armes et de tous les engins nécessaire à un abo , Suivant doucement le cours du fleuve jusqu'à Güaynquil, les flibustiers, maîtres du Washington, attendirent la nuit noire pour continuer la suite de leurs opérations.

Vers.onze houres du soir, la ville et le fleuve étant plon- .@éa dans une obacurité complète, ils s'approchèrent silen

se sont bien battus ? — Admirablement. — Et le peuple ? — Le,

peuple est libre et tranquille. — Alors, reprit le vieux guerrier d’nn air Célme et serain, alors je puis mourir ! ,, Bientôt il entra dans le délite. En mourant, il s’écria : ‘ O bonne mère de là Merci, je suis votre enfant ! ” La Vierge de le Mérci, celle qui lui donna ls victoire à Guayaquil, aura entendu le dérnier cri du vieux soldat

nisant. Garcia Moreno pleura le héños de l’Equateur, et tout

le peuple comme lui. Si Florès eut ses' heures d’égarement son dévouement à la patrie les fit oublier. Fondateur de la république avec sa glorieuse épée, il la sauva avec cette même 6pée du joug des tyrans révolutionnaires : tout disparaît" dans ces gränds souveairs,

l'insurre( bloquera casernes Trois:

de Guay cette no ait l'E

… souffrait

; “cionsement du vapour Guayas , l'unique vaisseau de guerre

de l'Equateur. N'ayent aucune raison de soupgonner le Washington, les afficieés crurent à une fausse manœuyre du capitaine, et déjà ils s'apprêtaient à.lui porter secours, lorsque les urbinistes se lancent à l'abordage comme une bande de démons, «abront le commandant s, et tombent à

coups de hache et de révolver sur les pauvres maxins désarmés. Puis ayant coupé les amarres, ils attachent au Washington, le Guayas, devenu leur proie, et gagnent la haute mer, Quand. à l'annonce de ce brigandage, les butteries de terre réveillèrent en sursaut les habitants de Gus. yaquil, les forbans voguaient depuis longtemps hors de toute atteinte.

On apprit le lendemain que le Wushingfon et le Gruayas, en compagnie d'un troissième vaisseau, 16 Bérnardino, mouillaient dans la rade de Jambeli, à sept ou huit lieues de Guayaquil.. Urbina et Franco, à la tôle de plusieurs cèentaines d'équatoriens et de’péruviens, commandaiént l’expédition. Comme toujours, ils s'apprétaient à envahir les cantons de Machala et de Santarosa, d'où ils espéraient semer l'insurrection dans tout le pays pendant que leur flottille. bloquerait Guayaquil et que lenrs amis souléveraient les casernes au nom du libérateur Urbina.

Trois jours après un courrier, arrivaut à marches forcées de Guayaquil, apprenaità Garcia Moreno. les. détails. de cette nouvelle conjuration et le danger dans lequel se trou-

. vait l'Equateur. Il était à ce moment brisé de fâtigues et , souffrait beaucoup d'une maladie de foie. Afin de se ména-

ger quelques jours de repos, il avait quitté la capital et venait de s'installer à quelques lieues de là, dans l’hacienda de Chillo. Et voilà qu'on lui annonce subitement, sans qu'aucun: indice eût pu faire présager une telle catastrophe, qu'Urbira dispose d’une flottille bien armée, qu'il est maftre du Guayas et menace non seulement Ia côte mais le port de Guayaquil ! Comment empêcher la défec

tion de cette ville turbulente et arrêter la marche de l'envahisseur ?

—400 — “Por vaincre il ne restait à l'héroïque président, quo son génie, &on courage, et sa confiance en Dieu! Prompt com- ‘me l'éclair, en un instant sa résolution fut prise et son plan de campagné” arrêté. Il franchit cette nuit même les trois lieues qui le séparaient do la capitale, rédigea en toute hâte plusieurs décret qu'ii :emit, sous pli cacheté, au vice président Carvajal, avec l’ordre de les insérer le lendemain au journal officiel, Puis, sans commuuiquer à qui que ce fut le secret de son voyage, il se miten route pour Guayaquil avec son aide de camp. En trois jours il parcourut une route de quatre-vingt iieues et tomba comme la foudre au milieu de ses ennemis ébahis.

C'était le 8 juin, en pleine nuit. Personne nes ‘attendait à le voir paraître, car la capture du Guayas ne datant que de huit jours, il lui était presque physiquemeut impossible d'en avoir pris assez tôt la nouvelle pour arriver dé jà sur le théâtre de Ia guerre. Le conseil, composé en majeure partie des. amis de Carbo, se trouvait encore réuni, On saluait d'avance le libératéur Urbina et l'on ne se gênait pas pas pour tomber à bras raccourcis sur le despoto, dont le règne paraissait bien fini, lorsque tout à coup un employé se précipita dans la salle, en criant : Garcia Moreno ! Ce fut comme une nouvelle apparition de la tête de Méduse : en un instant la salle se vida, et les braves conseillers coururent au plus vite s’enfermer dans leur domicile:

Le lendemain, les partisans d'Urbina purent voir placai-

dé sur tous les murs, le décret suivant :

‘ Considérant que, dans la nuit du 31 mai, cinquante flibustiers, embarqués sur le vapeur marchand Washington, se sont empatés par surprise du vaisseau de guerre national Guayas, après avoir assassiné capitaine et soldats ; que cet attentat, outre qu'il a pour but la subversion de l'ordre public et de nos institutions, constitue selon notre législation un acte de véritable piraterie : que la condition première de l'existence de toute société, c'est la répression prompte et efficace du crime ; pur décret du président de

les eau de gu que, ment n'inp( des pi et co d'avo tés to recti ment

Su rigol

gp

la république. sont considérés comme pirates les détenteurs du Washington et du Guayas. Libre à tout vaisseau de guerre étranger de les poursuivre et de les saisir, même dans les eaux de l'Equateur. Les pirates seront jugés en conseil de guerre verbal et punis selon la rigueur 4es lois, à moins que, repentants de leurs crimes, ils n’invoquent spontanément la clémence de l'autorité, Ceux qui favoriseront, sur n'inporte quel point du territoire, les menées anarchiques des pirates, seront pareillement jugés en conseil de guerre et condamnés à la peine capitale, s'ils sont convaincus d’avoir été promoteurs ou chefs de partisans, Seront exceptés toutefois ceux qui abandonneront les rangs de l'insurrection et viendront implorer la clémence du gouverne ment. ”

Suivait un autre décret concernant l’armée, non moins rigoureux que le premier :

“ Considérant que la paix de la Républiqne est sérieusement menacée par l'attentat du 31 mai, nous déclarons

it pas | l’armée en campagne. Tout militaire déserteur sera soumi

nt le MD aujugement verbal et puni conformément aux lois, Le ployé président de la république se charge en personne du come

Je fut |! mandement de l’armée. ” à en un

arent À la lecture de ces deux décrots, chacun comprit qu'il

y allait de la vie pour tout insurgé pris en flagrant délit ou tout soldat infidèle à son devoir. On connaissait assez ROAL- | l'implacable justice du président pour savoir que ses décrets nn | ne resteraiont pas lettre morte. Aussi la terreur s'empara des révolutionnaires dans la cité comme dans les casernes,

“ et la bruyante Guayaquil, après s'être démenée pendant atio. huit jours comme un volcan en éruption, tomba soudain que dans un marasme complet. Cependant, on se demandait | Lire avec un sentiment de curiosité bien naturel, comment s’y à ‘sla- prendrait cette fois Garcia Moreno pour vaincre ces pirates, pre- qu'il était facile d’exterminer par décrets, mais qui, de leurs 6 ton vaisseaux, se moquaient à bon droit de ses soldats, On le

voyait debout du matin au soir, donnant ses ordres aux

différents corps d'armée, observant uvec la plus scrapulense âttention les mouvèments de ses ennemis, se renselgnant sur la posision exacte des vaisseaux insurgés ; mais quel pouvait bien être son plan d'attaque où même de résistan.

ce ? L'arrivée du vapeur angluis Tüalba qu’il attendait avec une impatience fébrile, révéla son idée, non moins auda. cieuse que l’abordage du Guuyas. Sans attendre les pirates, et pour couper court aux mouvements insurrectionnels qu'ils allaient provoquer sur la côte, il se proposait d'aller

les battre dans la rade de Jambeli où stationnait leur flot. tille.

On apprit son NA comme toujours, au moment de l'exécution. Aussitôt que le Talca fut entré dans le port, Garcia Moreno pria le consul anglais de le lui céder momentanément pour l’armer en guerre et donner la chasse aux flibustiers. Comme cette requête paraissait conforme . au droit des gens, le consul y acquiesça moyennant une indemnité, Déjà les travaux d’armements étaient commencés, quand le consul, croyant sans doute le vaisseau perdu, en exigea le prix de vente qu’il estima lui-même 50,000 li. vres soit 1,250,000 francs. N'ayant pas le temps de discu. ter avec John Bull, Garcia Moreno déclara le marché con clu. Ce fut alors le tour du capitaine, qui se mit à protester contre la vente d’un vaisseau dont il avait la garde. Sans même prendre la peine de porter ses réclamations à Garcia Moreno, il donna l'ordre à ses marins, d’expulser ouvriers et soldats et d'amener le drapeau équatorien qui déjà flottait sur le vapeur. Pour appuyer ses protestations, il demanda secours à une frégate espagnole, qui lui promit de faire feu sur le vaisseau s’il sortait du port sans son consentement.

En face de ses difficultés, le président comprit qu'il était temps d'agir en maître. Il représenta au fougeux capitaine que le droit des gens l'autorisait, dans lus circonstances présentes, à lui emprunter son vaisseau sauf à l’indemniser de tout dommage, et que de plus le consul ayant consenti à le vendre pouf éviter toute contestation, lies réclamations, de-

dans les ye “votre drap:

data prêt à retira en là machine géo et prix no fit saisi peine den

* çanicien q

soldats fu cervelle 8

Les pré forts canc d'engins ( assistanc:

par dévot barrasser gastre pa prêter ler On ne tr tres, Qus d'eux se

teur etp Jeur dit :

gens de poltrons droite. I détermi seau. Ui teur su

Tout vapeur courage seurs d

‘ayant d'y toucher. toi, dit Garcia Moreno l'éclair dahs les yeux, je vais vous faire fusiller à l'instant même, et

“retira en maugréant, Ma ‘tout n'était pas fini, En visitant .

ée et privée de plusieurs pièces nécessaires. Garcia Moôre-

* çanicien qui contrôla soigneusement leur opérations. Quatre

* teur et privé de ses droïts de citoyen. Quant aux soldats, il . leur dit avant l’embarquement : “ Il ne me faut que des

n } mn AE Con ?

aient bhoitiinent injustes. Le capitaine répliqua qu'il allait atborer son drapeau, et qu'on lui passerait sur le corps

‘votre drapéan vous servira de lincëul. ” À la vue dés soldats prêt à faire fu sur ru signe dé leur chef, l'Anglais se

là machine, on s'aperçut qu'elle était fortement endomma-

no fit saisit les deux machinistes et leur commanda sous peine de mort de réparer les dépâts sous les yeux d’un mé-

soldats furent chargés de les surveiller, et de leur brûler la cervelle s’ils se montraient récalcitrants,

Les préparatifs terminés, le vaisseau fut armé de cinq forts canons, de munitions de toute espèce, de haches et d'engins d’abordage. Conservateurs et libéraux prétaient assistance aux soldats avec un ontrain merveilleux, les uns par dévouement à Garcia Moreno, les autres pour s’on débarrasser en l’encourageant dans sa folle aventure. Un désastre paraissait tellement inévitable, que les marins, pour prêter leurs servicee, oxigèrent des sommes exhorbitantes, On ne trouva de machiniste qu’au prix de vingt mille pias-. tres, Quand on fit appel au dévouement des médecins, l’un d'eux se cacha lâchement. Garcia Moreno le déclara déser-

gens de cœur : que les braves se mettent à ma droite, et les poltrons à ma gauche. ” En un clin d'œil, tous passèrent à. droite, Il en choisit deux cent cinquante avec des officiers déterminés pour les commander, et les fit monter sur le vais seau, Un prêtre accompagnait l'expédition comme consolateur suprême au moment du danger.

Tout le personnel étant à bord du Talca et du petit vapeur Smyrk qui lui servait d’éclaireur, Garcia Moreno encouragea les marins à faire bravement leur devoir. ‘“ Défenseurs de la patrie, leur dit-il, nous allons au-levant des pi-

rates qui nous ont volé le Washington et le Guayas, après

avoir assassiné le commandant Matos, Ils se croyaientsüre |

de l'impunité parce que nous manquions de vaisseaux pour les poursuivre ; ils espéraient continuer ainsi leurs insultes . au pays et les brigandages dont ils vivent aux dépens du p-uple, mais leur criminel espoir est déçu : nous avons des vaisseaux, et nous comptons sur la protection du Dieu ven. geur de la justice ontragée, de ce Dieu dont le bras puis sant atteint les scélérats partout où ils se cachent. Il faut à ces bandits un châtiment prompt et exemplaire, afin que les gens de bien puissent respirer en paix,

‘ Soldats et marins, j'ai tenu à honneur de vous accompagner. Je veux être témoin de votre discipline et de votre valeur afin de vous récompenser dignement. J'ai confiance dans l’habileté et l’intrépidité de vos chefs, comme dans votre bravoure bien connue, Je regrette de n'avoir à vous douner pour adversaires que des ennemis indignes de vous des forbans, des assassins, les derniers des scélérats, Mais ls patrie vous impose ce devoir, et pour la sauver, il n’y a point de sacrifice qui soit au-dessus de votre courage. En avant donc pour la patrie, et que chacun fasse son devoir en homme de cœur l ”,

Electrisés par ces nobles paroles,;:les soldats quittèrent le port en criant : ‘“ Vive Garcia Moreno ! ” Les conservateurs leur répondaient du rivage, pendant que les libéraux échangeaient à la sourdine un regard de pitié, Les marins et soldats de la frégate *spagnole haussaient les épauies en voyant ces braves équatoriens s’en aller stupidement avec leur «“hef au-devant d’une mort certaine, Le fait est qu'on ne pouvait penser sans frémir à la rencontre qui devait avoir lieu dans de pareilles conditions d’inégalité, Outre leurs trois vaisseaux armés de canons, les ennemis avaient encore une goëlette bien équipée, qui leur servait de guide, Le Pérou leur avait fourni un nombre considérable de sol dats, car on venait d'apprendre qu'après un combat sanglant contre la garnison de Saxtarosa, la ville était occu-

| qguntune © + étre fusillés

Garcia M heures du 8 claireursrec la rade Jam te se trouva ton, récemnr une baie as

Le mome gés, stupéfa qu'ils se re tontes pièc sentirent le ces batterie tiles, s’écri avant ! ” E dats saisiss vapeur, m les décharg Moreno co un boulet dans le flat fond sur 1 butant ma les soldats naAssacrer flibustiers seulement Tulca.

Pendan et de la g déjà vers l'avons di

] faut à in que

accome votre nfiance e dans à vous Le Vous, Mais ls

n'y a ge. En devoir

rent le vateurs échanet soliles en t avec qu'on devait Outre va'ent guide, le 801 t san-

occu-

trois cents de ces flibustiers. Urbina et Roblez, montés sur le Washington, retournaient à Jambeli, remorjuant une embarcation chargée de prisonniers qui devaient

À ro fusillés le lendemain.

Garcia Moreno quitta le port de Guayaqu'il le 25, à six heures du soir. Le 26, à huit heures du matin, les cañots éclaireursreconnurent la position des vaisseaux ennemis dans ja rade Jambeli. Le Guayas et le Bernardino avec la goelette se trouvaient réunis en avant, pendant que le Washington, récemment arrivéà Santarosa, restait à l'ancre dans une baie assez éloignée.

Le moment était solennel et décisif, A peine les insurgés, stupéfaits d’abord, eurent-ils reconnu les assaillants, qu'ils se rangèrent en ordre de bataille et firent fou de tontes pièces. Les deux cent cinquante braves du Talca sentirent le frisson courir dans leurs membres en voyant ces batteries dressées contre eux. ‘ Pas de décharges inutiles, s’écrie Garcia Moreno : le poiguard à la main, et en avant ! ” Enhaxdis par le sang froid de leur chef, les s0ldats saisissent leurs poignards. Le Talca marche à toute vapeur, mais en contournant le Guayas, pour éviter les les décharges de l'ennemi. Une fois bien à portée, Garcia Moreno commande le feu : tous les canons tonnent à la fois; un boulet bien dirigé fait une large brèche à fleur d'eau dans le flanc du Guayas. Prompt comme la foudre, le Talca fond sur lui, d’un coup de sa proue agrandit la brèche, culbutant marins et soldats. Au millieu de l’affreuse bagarre, les soldats de Moreno s’élancent sur le vaisseau ennemi et massacrent à coups de poignard, de hache, de révolver, les flibustiers qui leur tombent sous la main. Quaraute-cinq seulement, échappés au carnage, furent transbordés sur le Talca.

Pendant qu'ils s’'emparaient sans résistance du Berdinardo et de la goelette, aussi fortement avariés, le Smyrk courait déjà vers le Washington qui avait à son bord, comme nous l'avons dit, les deux héros Urbina et Roblez, tout fiers en-

voisins. Quand le Smyrk, suivi bientôt du Taca, put ren.

flouer le Washington, il était complètement abandon | Dans leur précipitation, les fuyards n'avaient pas même : pris le temps d’emporter la caissse (1), ni la très intéressan. ! te correspondance d’Urbina avec les frères et amis de Gus. À yaquil. Trois jours après, cette bande d'aventuriers, y com. ! pris la garnison de Santarosa, repassa la frontière du Pérou, bien décidée à laisser pour longtemps les combats deterre :

et de mer.

Les vainqueurs purent «alors se rendre compte du résul:

tat de la ‘journée, Sauf le Guayas, qui avait sombré quel:

que minutes après le combat, ils avaient en leur possession !

toute la flottille d'Urbina, le Berdinardo. le Washington, la

goëlette, un autre vollier sur lequel se trouvaient heureuse :

ment les prisonniers de Santarosa, et quelques petites em-

barcations, Le Talca avait peu souffert malgré le terrible | 4 coup d'éperon donné au Guayas, et le Smyrk était absolu. 2.

ment intact. Ils n'avaient à regretter que des pertes insi-

gnifiantes, en comparaison du nombre d'ennemis qu'il | avaient tués, mis en déroute ou fait prisonniers. Le sel | regret de Garcia Moreno fut de n'avoir pas assez d'hom- . mes pour se mettre à la poursuite des fuyards et s'emps- |

rer d'Urbina.

I1 s'agissait maintenant pour ces victorieux de faire leur

entrée triomphante à Guayaquil, mais auparavant Garcis |

Moreno se souvint qu'il lui restait un grand acte de justice

à accomplir. Le jugement des prisonniers devait être ren- 4

(1) Il s’y trouvait une forte somme en faux billes de banque.

cre, et le reflux ue laissé presque à sec, à son mètre | de la côte, Officiers et soldats, tous joyeux-convives, svaient A fait de copieuses libations pour fêter la victoire de leur : grand chef, lorsque le bruit du canon vint les tirer du 1 sommeil ou de l'ivresse. La surprise et l'épouvante cas 4 rentune telle panique que soldats, officiers et marinsg À jetèrent à l’eau à la suite du vaillant Urbina, et gagnèrent ! au plus vite, en pataugeant dans la vase, l'ombre des bois |

: justice gui

| l'anxiété.

# quand a}

P rent conda L de trahisor E guraient J

du Guayas - Pendant q!

de ces crin prêtre pou tions suCCe satisfaite.

malheuret Garcia Mc périlleux, plus près | que emblé 4 Vous av il d’une vc ge troubla ce pour |

Cepend heures, le vells To

à des con cœurs, L président à la perté et les au bina rev

Talca.

les poit saient l’

des bois

as même

du Pérou,

s deterre :

du résul

mbré quel:

possession !

hingion, ln 4 heureuse | etites em- À

le terrible

ait absolu !

rtes insi- | mis qu'ils.

s, Le seul |

ez d'hom-

t s'emps- |

faire leur

it Garcia |

de justice ; être ren-

Janque.

ne mêtres 1 5, Avaient de leur :

tirer du !

ate causé. 4 marins ge | sagnèrent

put ren. | pandonng, !

ntéressan. !

sde Gus. | rs, J, com. !

CRE M En AA di hédlés tbe ; SAT nn Sonoth dc: Fey

ir —

yerbaloment et séance tenante, Sur les quarante-cinq compar. ‘ent devant le conseil de guerre, il fut reconnu

1 A dix-sept avaient été enrôlés par force: Garcia Moreno

jeur fit grâce. Les vingt-sept autres, déclarés pirates, fu-,

b fent condamnés à mort conformément au code pour crime

de trahison et de rébellon. Au nombre des condamnés fi-

nn: guraient José Marcos le chef de bande qui s'était emparédu Guayas , le colonel Vallejo, Dario Viteri. et José Roblès. Pendant que la flottille s’avangçait vers Guayaquil, chacun

de ces criminels, après sa condamnation, s'approchait du prêtre pour recevoir le pardon de ses fautes, et des détonations successives annonçaient que la justice humaine était satisfaite. Le prêtre qui avait prêté son ministère à ces malheureux demanda grâce pour le vingt-septième, et déjà. Garcia Moreno, pour le remercier d’avoir accepté ce poste périlleux, avait fait droit à sa requête, quand examinant de plus près le condamné, il crut reconnaître sur lui, à quelque emblême distinctif, un vêtement du commandant Matos : “ Vous avez asassiné le commandant du Guayas ! s'écria-til d'une voix terrible. Sous son regard d’aigle, le flibustierse troubla et avoua sa participation au crime : Pas de grâce pour les assasins, reprit Garcia Moreno, et que la justice suive son cours | ”

Cependant on approchaït de Guayaquil. Vers les cinq heures, le Smyrk prit les devants pour porter la bonne nou-

À … velle: Toute la ville était sur les quais, au paroxysme de | l'anxiété. A la vue du petit vapeur, les groupes se livrèrent

à des conjonctures diverses, selon les secrêts désirs de leur cœurs, Les conservateurs en auguraient le triomphe du président, les complices d'Urbina concluaient au contraire à la perte du Talca. En l’apercevant, puis le Washington et les autres vaiseaux, chacun pouvait croire encore qu'Urbina revenait vainqueur. L'émotion était à son comble,

* quand apparutenfin Garcia Moreno, debout sur le pont du

Talca. Alors un immense cri de joie sortit de toutes les poitrines, pendant que les cloches de la ville remplissaient l'air de leurs joyeuses volées, et que les marins es-

Page 1