L'HOMME NÉCESSAIRE
Déjà considéré comme le héros de l’Equateur, Garcia » Moreno devient pour tous, après l'expédition vraiment ro- À. msnesque de Jambeli, l’homme providentiel envoyé au peu- |. ple martyr pour dompter le monstre révolutionnaire, Son > retour à Quito fut un triomphe. Les libéraux eurent beau } pousser des sanglots de commande sur lé sang très pur ré- » pandu à bord du Talca, la foule enthousiaste n’en centinua D pas moins de porter aux nues le guerrier dont ia vaillance svait arraché aux mains d'Urbina les prisonniers de San- . }' tarosa ot préservé l’Equateur d’une guerre civile ci des milliers de victimes .uraient été sacrifiées à la rage des » bandits de la Révelntion. On lisait on pleurant ce touchant + hommage d’un des dix-sept urbinistes graciés par Garcia Moreno:
- “Salut à toi, noble chef de l’Equateur, illustre guerrier,
dont le bras de fer nous sauva de la ruine.
“Salut à toi, patriote sans tache, héroïque soldat, qui ntouré d’un groupe de braves, mis en fuite des milliers de
“Salut à toi, cœur vraiment généreux; qui donc sacrt- » fie sa vie comme toi, comme toi méprise la mort? A voir » le fou briller dans ton regard, le pirate éperdu s'enfuit.
Achille, l'épée au poing, enflammant tes soldats de ton ar. deur guerrière,
‘ J'entends encore les cris enthousiastes des vainquaurs qui, debout: sur ton navire, t'appelient le père de la pa. trie |
‘ Et mantenant, laisse-moi te saluer comme un ange de paix, bé s magnanime dont le monde un jour chantera les exploits. Je te dois la vie, je te dois l'honneur, Tu as suivi l'inspiration de ta conscience et de ton Dieu, tu as eu pitié de moi.
# La patrie te remercie de l'avoir sauvée, l'univers ap: plaudit ta vaillance, Guayaquil t'offre une couronne, et moi je t'offre ma vie en holocauste, Volontiers, je répandrai pour toi mon sang jusqu'à la dernière goutte. Sois béni, sois mille fois béni, 6 Garcia Moreno (1). ”
Cette poésie de la reconnaissance est une preuve, entre mille autres, des sentiments qui régnaient dans tous les cœurs, Toutefois la tristesse se mêlait À la joie : Garcia Moreno descendait à ce moment-là même du fauteuil présidentiel pour y installer son successeur, Ce fut une occasion pour la société de Quito de lui exprimer ses chaleureux remercîments dans une adresse où son œuvre et ses méri tes ressortent avec tant d'éclat que nous ne pouvons résis ter au désir d’en citer quelques extraits ;
‘“ Comme les bienfaitours de l’humanitè, lui disait-on vous descoudez du fauteuil le front ceint de lauriers, au milieu des splendeurs de la gloire et des hommages reconhaissants l’un peuple dévoué. Durant ces quatre années, la nation a subi les attaques d’une démagogie furieuse et les traîtreuses invasions de l'étranger ; mais, en dépit des tempêtes, les yeux fixés au ciel, la main au gouvernail, vous avez conduit le navire entre les écueils, pour le remettre à votre successeur, plus fort et plus beau que vous ne l'aviez requ.
(1) Correo del Ecuador, 4 Septembre 1865.
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“ Toutes les classes de la société vous remercient avec effusion de vos éminents services. Les petits enfants, qui vous doivent une instruction vraiment religieuse, demandent pour vous à Dieu de longues années de vie. Cachés dans les plis des Andes, au fond de leurs forêts sauvages, les humbles habitants des campagnes n'oubliront pas le digne magistrat qui leur a procuré des évêques et des prétres pour les consoler et les bénir. L'habitunt des cités admire ces monuments somptueux qui attesteront aux générations futures votre patriotisme et votre génie, Les malheureux vous bénissent du fond des hôpitaux que vous avez créés ;les soldats, conduits par vous à la victoire, cachent les larmes qui tombent de leurs yeux en se séparant de leur vaillant chef ; l'Equateur teut entier pleure son premier magistrat, Sa seule consolation, c'est de penser que vous serez désormais son premier citoyen (1). ”
Pour corroborer par leur témoignage les faits glorieux rappelés dans cette adresse, les dix Sociétés Populaires de: la capitale, représentées par leurs délégués, viurent en ce même jour offrir à l’ex-président une médaille d’or enrichie de diamants, portant cette inscription : ‘“ À Garcia Moreno, modèle de vertu, en souvenir des services rendus à la patrie ! ”’—“ Nos sociétés, lui dirent-ils, composées d’un nombre considérable d'ouvriers, d'artisans, de propriétaires, de citoyens distingués, espèrent que vous serez dans l'avenir, comme vous l'avez été dans le passé, le ferme soutien de l’ordre et de la paix. Vous pouvez compter sur nous toutes les fois que la patrie réclamera nos efforts pour conserver ces libertés publiques, que votre valeur, votre pa-
) triotisme et votre abnégation ont sauvées du naufrage, ”
Garcia Moreno répondit ‘“ qu'il n'avait aucun droit à cette récompense exceptionnelle, mais qu'il l’acceptait volontiors comme une preuve touchante de l'estime que lui portaient les gens de bien. Pour les services rendus à la patrie, ii ne s’attribuait aucun mérite, parce que le devoir de:
, (1) Correo del Ecuador, 4 Septembre 1865.
tous est de servir la patrie. Le témoignage de la conscience, voilà le salaire de l’homme qui accomplit noblement ce de. voir, Toutefuis, s’il eut le bonheur de faire plus que n'exi. ge strictement le devoir, il trouve largement sa récompense dans les sympathies de tous les hommes honorables, intelligents, laborieux, vraiment religieux et vraiment patriotes, la gloire et l'espoir du pays (1). ”
11 semble que l’Equateur ne pouvait pourser plus loin ses démonstrations de reconnaissance et d'amour: toute fois les citoyens prévoyants auraient désiré pour Garcia Moreno une récompense officielle qui joignit à l’honneur persounel l'avantage de conserver un défenseur à la patrie, Selon eux, le congrès eût dû nommer l’ex-président géné ral en chef de l’armée ; ils firent même de ce vœu l’objet d’ine pétition aux députés : ‘“ Toutes les nations, disaient. ils, ont su honorer dignement leurs grands hommes. Or, parmi nous, Garcia Moreno s’est distingné entre tous par son génie d'homme d'Etat, ses capacités politiques et militaires, si bien qu'il a captivé le respect et l’admiration, non seulement de l'Amérique, mais du monde entier, Sans vouloir rabaisser personne, nous pouvons le proclamer un homme exceptionnel dont la patrie se rappellera toujonrs avec fierté le glorieux souvenir. Il a rencontré des ennemi: implacables, mais jamais ils n’ont pu obscureir l'éclat de ses vertus ; et d’ailleurs quel grand homme n'a pas eu ses envieux ? Garcia Moreno mérite une récompense honorifique . nous demandons au congrès de le nommer général en chef de l’armée. Si l’on objecte qu'il n’a pas suivi la carriére des “mes, nous répondrons que le génie est au-dessus des grade:\, et qu’il a donné des preuves iucontestables de ses connaissances militaires théoriques et pratiques aussi bien que d'un courage à toute épreuve. ”
Nous avons étalé complaisamment les pensées et les sentiments du peuple sur Garcia Moreno au moment où celti- <i sortait de charge, un an à peine après l'exécution de
(1) Correo del Ecuador, 4 Septembre 1866.
Maldonado, actes de jus qu'en les is daient néce dépit des B mées unis } présentée p Garcia Mo:
racher l'Ec encore dan ga proie. V pleurer en dentiel, po tout il vou en chef, A:
nécessaires hommes p choix divi salut d’un Dieu ! He gent pour remplir !
Restait par ses m nion libé gestion au que certa allaient d tes arbi rant ces les patria tale.
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Maldonado, un mois après les fusillades de Jambeli. Ces actes de juste sévérité, on n'a réussi à los rendre odieux qu’en les isolant perfidement des circonstances qui les rendaient nécessaires ; mais l'opinion des contemporains, en dépit des Borrero, des Carbo, des Urbina, et autres pygmées unis pour abattre le colosse, l'opinion du peuple, représentée par toutes les classes de la société, reconnait en Garcia Moreno l’homme nécessaire dans le passé pour arracher l'Equateur aux mains de la Révolution, nécessaire encore dans l'avenir pour empêcher cette hyène de ressaisir ss proie. Voilà pourquoi ce peuple ne put s'empêcher de pleurer en voyant son sauveur descendre du siège présidentiel, pourquoi il lui tressa des couronnes, pourquoi surtout il voulut lui mettre dans les mains l'épée du général en chef. Aux politiques idiots qui se moquent des hommes nécessaires, il répond avec sa foi catholique qu'il y a des hommes providentiels et que ces hommes, en vertu du choix divin, deviennent hypothétiquerent nécessaires au salut d'un peuple. Heureuse la nation qui reconnait l'élu de Dieu ! Heureux aussi cet élu de Dieu s'il est assez intelligent pour comprendre sa mission, assez courageux pour la remplir |
Restait à savoir si ce jugement du peuple serait ratifié par ses mandataires, dont la majorité appartenait à l'opinion libérale. Garcia Moreno devait rendre compte de sa gestion au congrès, et déjà le bruit courait dans la capitale que certains députés, ennemis acharnés de l’ex-président! allaient demander sa mise en accusation ‘ à cause des actes arbitraires et illégaux dont il s'était rendu coupable durant ces dernières années. ” Indignés d’une pareille infamie les patriotes affichèrent cette note sur les murs de la capitale.
“ Une rumeur, dont nous ne savons l'origine, fait pres. sentir la mise en accusation de l'illustre Garcia Moreno, Nous ne faisons qu'applaudir. aux desseins des accusateurs, car nous aurons la satisfacticu de voir le grand magistrat resplendir dans toute sa gloire.
SA
“ Libérateur de la Patrie, il faudra l’accuser d'avoir. maintes fois arraché aux mains de ses bourreaux le poi gnard qu'ils brandissaient contre elle. Au banc des procurours figureïont les pirates et leurs complices,
“ Protecteur de la religion et de la morale, il est de tou: te nécessité que dus démagogues sans pudeur viennent l'accuser d’avoir porté le for et le feu dans le chancre de la dissolution sociale, si bien alimenté par leurs doctrines corruptrices.
“ Défenseur de l’ordre et de la propriété, il est iout naturel que les traîtres et les anarchistes, les flibustiers et les communistes. l’accusent d’avoir sauvé la nation de l’esclavage, de l'assassinat et de l’extermination, au grand détriment d’une horde de bandits, alterés de sang et de p..la-
“ Et pour que le, corps législatif accueille plus favorable-
ment l’acte d'accusation, ce reliquat de gangrène urbiniste, nous conseillons à ses auteurs de l’envelopper dans la ma-
gnifique adresse que les dix Sociétés Populaires de Quito.
viennent d'envoyer à l’illustre Garcia Moreno “ modèle de vertu ”, Les considérants pourront servir d’en-tête à leur acte d’accusion,
“ L'Equateur offrira ainsi au monde un spectacle unique dans son espèce. D'une part, tout un peuple aux pieds de son Dieu, demandant grâces et bénédictions pour celui qu’il appelle son père, honorant ce père d’un médaille sur laquelle est gravée son éternelle gratitude, et pleurant à chaudes larmes en se voyant privé des services d’un si grand magistrat ; et d'autre part, une poignée de scélérats, le poignard d’une main et la torche de la discorde dans l’autre, maudissant l’homme que tout le peuple bénit, outrageani le héros qu'il glorifie ! Ce sera certainement un contraste sans exemple et que l’histoire enregistrera.
“ Nous écrivons ces lignes pour rendre hommage à la vertu, cette noble vertu que voudraient souiller des démagogues perdus de vices, On ne nous accusera pes d’adula-
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ne dispose de rien, Nous avons été ses amis, ses admirag
teurs, et, si l’on veut, ses idolâtres : idolêtre de ses vertus et des biens immenses dont il a gratifié la nation. Citoyens,
* nous vous donnons rendez-vous au congrèsle jour de l'accusation : ce jour-là, nous connaîtrons les ennemis du peuple !”
tou:
l'ac- ë Garcia Moreno rendit compte au congrès de tous ses ace e la tes avec une souveraine dignité. Passant en revue les inva- S COT- sions d'Urbina, depuis Machala jusqu'à Jambeli, il ne craignitpas d'affirmer quele congrès les avait favorisées
ré d’abord en désarmant le pouvoir, puis en accordant l'impuet les nité au fauteurs de rébellion. De B l’impasse dans laquelle bauti on l'avait acculé, et dont il n'avait pu sortir sans prendre
Hétri- sur lui la responsabilité d’exterminer les criminels sur l'échafaud. ‘ À vous de déclarer, ajouta-t-il, si j'ai rempli le
P-le premier de mes devoirs, qui était de sauver la patrie, ses institutions, ses intérêts les plus sacrés malgré les obstacles
able- quime barraiont le chemin. ” Ceux qui s'attendait à le niste, voir plaider les circonstances atténuantes furent renversés ai par cette fière attitude. Comme le noble Roman traduit Quito . devant le sénat pour avoir outrepassé ses pouvoirs, il disait le de simplement : ‘“ Je jure que j'ai sauvé la patrie, en dépit de
leur vos congrès | ”
Alors, en hemme d'Etat sérieux qui aime son pays et
La voudrait épargner à l'avenir les misères du passé, il dénonpieds a aux représentants tous les vices du système politique celui libéral : multiplicité des élections populaires, despotisme A. absolu des municipalité en matière électorale, organisation ns è judiciaire et défectueuse, réglementation de l'instruction °n: publique plus défectueuse encore : ‘“ À vous maintenant, érais, mandataires du peuple,ajoutait-il, de corriger les défauts de danf notre législation ; à vous de fortifier le pouvoir en lui four- ; of nissant les armes nécessaires pour réprimer le crime ; à F0 vous de supprimer l'antagonisme qui existe actuellement } entre des autorités absolument indépendantes l’une de l’au-
à la l tre; à vous de restituer au chef de l'Etat le pouvoir de
déma- > choisir ou de révoquer les agents placés sous ses ordres, dula-
Sans uo gouvernement fort, le pays, livré aux fauteurs de
la révolution, marchera de crise en crise jusqu’au jour où il D
sombrera dans l’abîme de l’arnarchie. ”
Après avoir exposé l'état des finances, de l’agriculture et de l’industrie, terriblement éprouvées par les bouleverse. ments périodiques dont le pays était victime, il ajouts qu'il y avait cependant lieu d'admirer, au milieu de tant d'épreuves, de grands progrés accomplis qu’un emprunt déjà négocié permettrait à son successeur d'achever, ‘“ J'aurais vou:
lu, dit-il en terminant, vous offrir un tableau plus satisfai.
sant de l’état du pays : mais, si je n'ai pu faire pour lui tout ce que j'ai désiré, j'emporte du moins en me retirant l'intime conviction de n'avoir omis aucun sacrifice pour &a défense et sa prospérité, comme aussi de n'avoir eu d’autre
mobil en tous mes actes que son intérêt et sa grandeur (1) ”
Ce message, aussi franc que modeste, fit une grande impression sur les membres du congrès. Non seulement il ne fut pas question d’incriminer l’ex-président, mais à part quelques énergumènes envieux de sa gloire, libéraux et conservateurs s’unirent pour glorifier l’homme d'Etat et l’homme de bien dont le patriotisme, la parfaite loyauté, non moins que le génie, se revélaient à chaque page de ce compte-rendu. La réponse du congrès fut très significative : ‘* Le gouvernement a dû soutenir une guerre conti: nuelle, disaient !=8 représentants : par un sentiment d’hu-
manité, nous regrettons sans doute que le sang équatorien
ait été versé, mais nous ajoutons aussitôt que le président s’est couvert d’une gloire immortelle en restituant à la Ré publique l’ordre et la paix toutes les fois qu'on a essayé de les troubler. V@ son abnégation, ses sublimes efforts, ses hé. roïques sacrifices, nous déclarons que le chef de l’Etata bien mérité de la patrie. Comptant sur le zèle du président actuel, le peuple espère qu’il marchera sur les nobles tra-
- ces de son prédécesseur. ”
(1) Message au Congrès, 1865.
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(1) Ak
Voilà donc les représentants du peuple unis à leurs com- D /mettants, pour glorifier dans un acte officiel et public le- | grand hbemme de l’Equateur. D'après e-x, Garcia Moreno n'a transgressé les lois que pour obéir à la loi suprême, à la loi naturelle, qui lui commandait de sauver le pays, et ce jour-là surtout il a bien mérité de la patrie. Mais le congrès alla plus loin : non content de déclarer que Garcia Moreno s'était couvert d’une gloire immortelle dans le passé, il le proclama, aussi bien que le simple peuple, l’homme néces-
Ye gaire de l'avenir.
isfai- i
ar lui La constitution interdisait au président, son mandat exirant : h piré, de sortir du territoire avant un an sans l'autorisation Dur 84 P du congrès, Garcia Moreno, qui voulait avoir ses coudées autre b franches, demanda cette autorisation. Aussitôt grand émoi gran- D dans le public, à la seule pensée que Garcia Moreno püût s'é-
loigner de l’Equateur. Chacun croyait voir grandir l’om-
» bre d’Urbina à mesure que disperaîtrait dans le lointain le it héros de Sambeli. Des imprimés, répandus dans la capitale, À part jetèrent partout le cri d'alarme : ‘ Autoriser l’ex-prérident à à quitter l’Equateur, ce serait, disait-on, permettre aux anartat et chistes d'y rentrer. Garcia Moreno, le fondateur de l’ordre yauté et du progrès, ne pouvait exposer son pays aux basses V°2ndé geances du parti de l’extermination. Ni les patriotes du float congrès, ni le président si dévoué au bien du pays, ne decohtil - vaient consentir à voir s'éloigner le premier citoyen de
d’hu- E l'Equateur, la colonne de l’Equateur, la colonne de l'Etat = la terreur de ses ecnemis (1). ” Sous le coup de l'émotion
pe: L populaire, une pétition réclamant formellement l’interdicla Ré- tion, fut soumise au congrès, qui la discuta très chaudement, yé de P Les partisans de l’affirmative et de Ia négative donnèrent 08 LE P de leur opinion les raisons les plus curieuses, mais aussi les tata | plus glorieusos pour Garcia Moreno,
sident F La prohibition constitutionnelle de quitter le pays, di- St D saient les uns, n’a d'autre objet que de rendre effertive la
responsabilité de l’ex-prèsident devant le congrès : donc
(1) Alarma ! ” Quito 25 Septembre 1865.
nulle raison de la maintenir après la clôture du congrès,
puisque alors aucune juridiction n’a le droit de le mettre en” / cause, Il fallait par suite accorder l’autorisation demandée !
mais en insistant près du grand citoyen pour qu’il demeu: rât au sein de la nation, attendu qu'elle avait toujours be.
soin de ses importants services. Soutenir par son inflnence Ÿ
l'administration actuelle, achever à force de dévouement la grande œuvre de régénération sociale et politique due son initiative : tel était son rôle dans l'avenir. D'ailleurs, Garcia Moreno, le plus ferme appui des libertés publiques, ne pouvait priver le pays du seul bras assez vigoureux pour contenir les fureurs d’une démagogie sans frein, En adoptant ce moyen terme, ajoutaient ces députés, la repré sentation nationale ‘“ donnerait à l’ex-président une double marque de confiance : elle lui permettrait do sortir du pays dans un, temps prohibé par la constitution, tout en le suppliant pour le bien général de n’en rien faire, le cas excepté où le service de la République l’appellerait à l'étranger, ”
Les adversaires soutenaient que ‘“ le bien public devait l'emporter sur les convenances particulières, Or, au dedans <t au dehors, d'incorrigibles perturbateurs rêvaient toujours le bouleversement du pays : la présence de Garcia Moreno restait nécessaire pour prévenir leurs complots ou pour les réprimer. C'était un homme irremplaçable, non seule. ment à cause de ses qualités hors ligne, mais en raison du respect et de l’amour que lo peuple et l’armée lui avaient voués, D'ailleurs, en prenant possession du fauteuil, le président actuel de la République n'avait il pas énuméré, parmi les éléments sur lesquels il comptaient pour accomplir son programme, ‘‘ la coopération patriotique de son illustre prédécesseur ? ” Les ennemis politiques de l’Equateur n'ignorent pas que le bras de fer de Garcia Moreno reste notre plus sol° ‘e rempart contre leurs entreprises ; aussi voudraient-ils l’éloigner de nous. Le congrès a le droit et le devoir de frustrer leurs espérances, ” Un député insista eur cette considération que Garcia Mordno, le père du peuple, était aussi le moralisateur de l’armée, ‘ Or, survienne un
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