‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 68 sur 97 · AUCUN · texte numérisé non relu

AUCUN

s grave, donner ou refuser sa sanction aux actes lé gislatifs, déclarer la guerre, nommer les agents diplomatk

& ques et autres principaux fonctionnaires, enfin déclarer l’é:

tat de siège. De plus, le président, responsable de ses actes

devant le congrès pouvait être mis en accusation, soit pen- Le dant la durée de ses fonctions, soit les deux années suivan-

tes, Aller plus loin, c’est annihiler le pouvoir et créer par le fait même l'abus qu’on veut éviter, en donnant tout pou-

voir aux terroristes du parlement,

Les pouvoirs du président déterminés, il s'agissait de remédier à l'instabilité du gouvernement, ce vice caractéristique du régime républicain. A l’Equateur, le président siégeait quatre ans, selon la loi sacro-sainte des Etats-Unis, queles Etats du Pacifique vénèrent comme un fétiche. Son mandat expiré, le président ne pouvait briguer la réélection, quels que fussent ses services ou mérites. Les députés et los sénateurs naissaient et mourraient tous les deux «ns, c’est àdire à chaque législature. On arrivait ainsi au mouvement perpétuel, si cher aux ambitieux ; au vote perpétuel, le ré. ve des brouillons et des émentiers ; aux révolutions sans fin,

D àla décrépitude progressive, comme l'avait fait remarquer > Garcia Moreno au congrès de 1866. Li ne craignit donc pas

de rompre avec le système américain : “ Le président, dit

* la nouvelle constitution, élu pour six ans, rééligible pour

une seconde période, ne pourra être investi d'un troisième mandat qu'après un intervalle de six autres années, Les

députés seront également élus pour six ans et les sépa-

teurs renouvelables par tiers tous les deux ans. ” Ainsi délivré du fléau des élections continuelles, le pays put utiliser le génie d’un homme d'Etat, sans craindre néanmoins de le voir s’éterniser au pouvoir.

Telle nous apparait, dans ses grandes lignes, la consti-

tution de Garcia Moreno, constitution catholique où l’au-

torité divine et humaine se donnent la main pour travail ler de concert au bonheur éternel et temporel du peuple, le plus magnifique effort qu’on ait fait depuis cent ans, et m$me depuis la réforme protestante, pour réagir contre la pa-

se M ui"

ghnisme révointionnaire. Quel Etat aujourd'hui reconnatt officiellement l'Eglise du Christ avec ses droits et prérogatives, et su soumet à la loi de Jésus-Christ, promulguée, ex. pliquée souverainement par le pape ? Cette charte nouvel. le, son œuvre ot celle des députés, Garvia Morono en fit l'œuvre et la gloire du peuple entier par la ratification qu'il sollicita des collèges électoraux. Ce plébiscite dépassa son attente, Quatorze mille électeurs contre cinq cents acclamèrent la constitution catholique, et montrèrent qu'au milieu de l'epostasie générale des nations, ils se trouve en. core sur la terre un peuple chrétien.

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