‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 88 sur 97 · RUES · texte numérisé non relu

RUES

us :

Ces démonstrations d'attachement au héros chrétien, de colère co. tre ses meurtriers, de deuil inconsolable ” renouvellèrent dans toutes les villes de l'Équateur. Partout à Guayaquil, à Cuença, à Loja, à Ibarra, à Guaranda,le peuple accourut en foule aux obsèques solennelles ; partout la chaire retentit d'éloges en l'honneur du président défunt : partout, aux larmes, aux sanglots de l'assistance, on put constater qu'il s'agissait non d'une cérémome officielle mais d’un acte de piété filiale inspiré par l'amour et la reconnaissance. Toutefois, pour montrer l'union parfaite de la nation à son chef, il convient d'ajouter à ces témoignages populaires le témoignage plus solennel encore des représentants du peuple réunis au congrès.

Quelques jours après les funérailles, eut lieu l'ouverture de la session législative. Lie vice-président Léon fit part aux députés el aux sénateurs des mesures prises pour sauvoegarder l’ordre public, et leur annonça que le décret relatif à l'élection d’un nouveau président paraîtrait dans les délais légaux. ‘“ C’est au champ électoral, dit-il, que les hommes d'honneur doivent se donner rendez vous. Il faut laisser aux infâmes celui de la révolte et de l'assassinat. Quant à moi, je n’aspire qu'à rentrer dans la vie privée ; je préférerais l'exil au pouvoir suprême, en voyant comment on récompense les plus généreux sacrifices. Ministre, ami, compagnon du président, je n'ai plus qu’un désir, c’est de pleurer en paix au sein de ma famille l’homme le plus pur ot le plus vertueux que j'aie jamais connu. ”

Le ministre de l'intérieur présenta ensuite au congrès le message que Garcia Moreno portait sur lui au moment de l'assassinat. Impossible de rendre l'impression qu'éprouva l'assemblée en voyant, tout couver@ de taches sanglantes, ce manuscrit dans lequel le grand homme avait, consigné sa pensée suprême ; le père du peuple, sa dernière volonté. On en écouta la lecture dans un religieux et solennel silennce :

. “Il yia quelques années, disait Gurcia Moreno, l'Équateur répétait chaque jour les tristes plaintes que le libéra-

teur Boli de 1830 :

« Dep r nous som qui en nous nou ment cat bien et

« L'Éc la vie. e -cette mu faction mais au) tombe, il “encore misère e!

velis.

‘« Poui an com} années, chaque :

et les dé couru di l'état ac rifier, m que nou -comme

Il pa nistrati finances:

dévelop intellec sidait a ble doc <hiffres

teur Bolivar adrossait dans son dernir message au | ngrlé

de 1830 : Je rougis de l'avouer : l'indépendance est un bien que nous avons conquis, mais aux dépens de tous les autres.

“ Depuis que, mettant en Dieu notro espérance, nous nous sommes éloignés du courant d'impiété. et d'apostasie qui entraîne le monde en des jours d'aveuglement et te nous nous sommes réorganisés en 1869 comme nation vrai: ment catholique, tout va changeant jour par jour: pour lé

bien et la prospérité de notre chère patrie. ,:

« L'Équateur était autrefois un corps duquel se retirait la vie. et qui se voyait dévoré comme les cadavres par cette multitude d'insectes hidèux que la liberté de la putréfaction fait toujours éclore dans l'obscurité du sépulcre ; mais aujourd'hui, à la voix souveraine qui tira Lazare de la tombe, il se ranime et marche en avant, bien que traînant ncore ses liens ot son suaire, c'est-à-dire les restes de la misère et de la corruption dans lesquels nous éuope onsevelis.

“ Pour justifier mes paroles, il suffira que je vous rendré : un compte sommairé de nos progrès pendant ces dernières :

années, m'en remettant aux informations spéciales de chaque ministère pgur tout ce qui concerne les documents et les détails. Afin qu'on voie exactement le chemin puarcouru durant cette période de régénération, je comparerai l'état actuel avec son point de départ, non pour nous glorifier, mais pour glorifier Celui à qui nous devons tout et que nous adorons commo notre Rédempteur et notre Père, comme notre protecteur et notre Dieu, ”

11 parcourait ensuite les différentes branches de l'admi-

nistration, enseignement, bienfaisance, travaux publics,

finances, missions : établissant, preuves en main, l'immense

développement qu'avait pris la civilisation, sour le rapport intellectuel, moral et matériel, depuis que la religion présidait aux destinées du pays. C’est du reste ce remarquable document qui nous a fourni les, renseignements et les chiffres dont nous nous sommes servi pour exposer les

éd

œuFié au: pitént Il tatutintt r cette bots qui Arrathih dés Tariiés Aük iibmbiès Ah côh pi :

% 4 J'achève dans quelques jours ù période du mandat qui EL: in's ‘été confié en Fed i ds

btenus, si j 'évats CAae pour gouvérner les qualités qui me manquent malheureusement, ou si, pour faire le bien, äl'sui sait de le débirer avec ardeur.

Hi) j ai commis des fautes, je vous èn demande pardon mille ‘et mille fois, et ce pardon, je le demande avec. des larmes ‘très sincères à tous mes compatriotes, les priant de croire que ma volonté n'a jamais cessé de poursuivre leur bien. Si au contraire vous croyez que j'aie réussi en quelque chose, attribuez-on d'abord , le mérite à Dieu et à l'im- ‘maculée dispensatrice des trésors de sa miséricorde, puis à. À diem au peuplez à l'armée et à tous ceux qui, dans : tés différentes branchés du gouvernement, m'ont aïdé avec: ‘ tant d'intelligence et de fidélité à remplir mes difficiles. devons. js -

Le congrès 8e montra digne d'un tel ñ message. Ilrépondit, non au président qui ne pouvait plus l'entendre, mais Ala nation, par un manifeste en l'honneur de Garcia-le- Grand, “ grand non seulement aux yeux de l Équateur,

appartient à tous les peuples et à tous les siècles ”. Il

divinies passions : l'amour de la patrie èt l'amour du cathoicisme. ‘Après avoir mentionné les progrès constatés par à inéèsage, lé manifeste rappelle Ia glorieuse intervention

u président dans ‘es affaires de l'Église : “ Voyez, s'écriètil, voyez votre éminent magistrat, debout au milieu de là témplte qui sévit contre Rome ; de tous los chefs de peu- Ple, seul attaché au roc inébranlable de la papauté, seul Hyal, seul fidôlé, en face de l’apostasie et de la trähison qui

‘mais de l'Amérique, mais du-monde entier, car le génio|

montra dans Garcia Moreno un génie tourmenté par deux ,

| so'aisétit m titade et . Réempten

devant elle

comme l'ét maudit, la lutte sans tr mi le petit Jamais le :

contre l’us cela dia rois êt pot brassa la ( douleurs, ennemis d lancée à À que infim pas le déd et protes!

gent!” de vives voirs ot < sassins 6!

la moral guste ré) tra plus cause de scélérats la nuit ] Enfante la civili ment el

pour to!

Non devant moire pelât C

étetèt méésinée sai OM s rule ‘ D titude ét à Mébeté. La Révolutioi renverse ls orbix @ù … Idorpteur : lui ln prend dans ses mikiné, sb prôsterné . devant elle, et, du sommet des Andes, la présente au mondè comme l’étendard sacré. Lu calomnie l'accuse, l'impiété le. ë maudit, la haine et l'envie le poürsuivent : le héros chrétien #° lutte sans reculer d’un pas et force l’histoire à le compter par- ss mi le petit nombre d'hommes qui honorent le genre humain. Jamais le morde n'oubliera avec quel courage il protesta contre l’usurpateur de la plus auguste des couronnes et ., cela quand un indigne silence scellait leh lvrés de tous les rois ét potentats de la terre ; Avec quel dévouement il! embrassa la cause du Pontife captif et dépouitlé, partages sès douleurs, et voulut boire À son calice d’amertume ! Les ennemis de Dieu se sont moqués de cette filiale protestation | lancée à la fâce du siècle par le représentant d'une république infime : insensés |! si petit qu'il soit, un fils ne mérite pas le dédain quand il compatit aux infortunes de son pèré: et proteste contre les maudits qui le dépouillent et l’outragent !” Puis, les représentants adressent en terminant de vives félicitations au peuple assez intelligent de ses devoirs et de ses intérêts pour repousser avec horreur les assassins et les anarchistes, ‘ [ls ont voulu noyer lg religion, la morale, les institutions de la patrie, dans le sang de l’au. guste régénérateur, mais sur son tombeau la croïk'apparaîtra plus resplendissante que jainaïs, car c'est pour la sainte cause de la religion qu’il a versé son sang. Laissez donc ces. scélérats se réjouir de leur forfait : les oiseaux de proie dans la nuit poussent des cris sauvages à l'odeur des cadavres, Enfants de la lumière, nobles fils du glorieux champion de la civilisation catholique, serrez-vous autour du gouverne- : ment et répétez avec Garcia Moreno : Liberté pour tous et |. pour tout, excepté pour le mal et les malfaiteurs. ”

Non content d'avoir ainsi glorifié le héros de l'Équateur devant toùt son peuple, le congrès voutut perpétuer sa mé: moire 6h élevant dans la capitale un monument qui rap-

pelêt ses biénfaits, Dans la sessièn üu 16 septembre, il

5 Ét ESRO

RES RES : 4 ne 68 ! f , édicta le décret suivant, cité en partie dans notro introduction, mais que nous reproduisons en entier, comme le plus

fidèle résumé des grandes œuvres accemplies par notre hé. rs.

ÿ. Considérant .

Ft

“Que l'Excellentissime don Gubriel Garcia Moreno, par sa vaste intelligence comme par ses hautes vertus, mérite d'occuper la première place parmi les enfants de l'Équateur ;

“ Qu'il a consacré sa vie et les dons si rares .de son esprit et de son cœur à la régénération et à la grandeur de la République, en basant les institutions sociales sur le fondement solide des principes catholiques ;

‘“ Qu'avec la magnanimité des grande hommes, il affronta sans crainte lu diffamation, la calomnie, et' les sarcas-

es impies, donnant ainsi aù monde le noble exemple . d’une inébranlable fermeté dans l’accomplissement du devoir ;

# Qu'il aima la religion et la patrie jusqu'à souffrir pour elles lé martyre, et légua, de la sorte, à la postérité une mémoire illustrée de l’immortelle auréole dont Dieu couronne les plus héroïques vertüs ; ue

‘# Qu'il combla la nation d'immenses et impérissables bienfaits dans l’ordre matériel, intellectuel, moral et religieux ;

“ Et qu'enfin la nation doit honneur, gratitude et respect aux citoyens qui savent l’ennoblir et la servir servir sous l'inspiration du plus pur et du plus ardent patriotisme ;

& Lee sénat et la chambre des députés décrètent :

. “L'Équateur, par l'entremise de ses représentants, accorde à la mémoire de l’Excellentissime don Gabriel Garcia . Moreno l’hommage de sen éternelle gratitude, et, pour le glorifier selon ses mérites, lui décerne le nom de Régénérade la patrie et de Martyr de la civilisation catholique.

“Pour élevé, au lie lée digne d

“ Afin de respect de honpeur, p.

Garcia M5 pour la rel

‘Dans les blées officie reno, avec martyr de Î

& La rot pales du p Moreno. ”

. IHfautr un homme peuple ass notre siècl rares,un | ré. ‘“ Et ce nous voy0 chrétien :

point spol au contrai rance, des devant Di paix ; et q donc aujo pourtant à mée. On rue, No les homm milieu du perdu. L

“Pour la conservation de ges restes mortels, il .céra : élevé, au lieu que désigneru.le pouvoir exécutif, un MAUSOlée digne dé ee grand homme.

“ Afin de recommander son nom glorieux à l'estime et au respect de la postérité, une statue en marbre, érigéo en son

, | … honneur, portera sur son piédestal l'inscription sûivante : À # ) Garcia Môreno; le plus noble des enfants de Équateur, mort à 8 6 | pour la religion et la patrie, la République reconnaissance, a | Paris les salles des conseils mumicipaux et autres assem- -

Î & blées officielles figurera également 4n buste de Garcia Mo-

reno, avec l'iscription : Au régénérateur de la patrie, au. martyr de la civilisation catholique.

- ä La route nationale et le chemin de fer, œuvres princi- - A pales du président défunt, porteront le nom de Garcia e : Moreno.”

.Il faut remonter bien loin dans l’histoire pour rencontrer un homme assez grand pour mériter de pareils éloges, un : peuple assez juste pour les lui décerner, Nulle part dans pro notre siècle où les cAtbstrOnR es de toutes sortes ne sont pas ‘ rares,un chef d'État n’a été si unanimement honoré et pleu- L ré.“ Et ce n’est point assurément une chose ordinaire que J | nous voyons là, s’écriait à cette occasion un grand polémiete L chrétien : un peuple reconnaissant envers le chefquine l'a , point spolié ; qui n’a trahi ni son corps, ni son âme; qui, au contraire, a audacieusement voulu le délivrer de l’igno- | rance, des menteurs, des hommes dé proie ; qui l'a conduit | devant Dieu dans la lumière, dans l'innocence et dans la

paix ; et qui enfin a donné sa vie pour son salut! Il y à donc aujourd’hui sur la terre un lieu petit et obscur, mais pourtant visible, où la louange du Juste est partout proela- PS mée. On le pleure , non seulement à l'autel, mais en pleine’ : sn j rue, Nous en coneluons qu’il y a encore une justice parmi les hommes ; et quand la justice parle quelque part au milieu du monde, c’est assez pour que le monde ne soit pas perdu. La justice qui parle dans l'Équateur est un grand

ærvicé rendu au genre humain, le plus grand peut-être que PAtmérique sit rohda jasqu'ici 1: ”

Nous pouvons sjouter à l'honneur dé l'humanité, qué la couronne de gloire fut posée en ces jours sur l1n tête de Garcia Moreno, non seulement par le peuple au milieu duquel il#/vécu, mais par toutes les natious catholiques sans exception, Comrae l'Équateur, le-monde civilisé porta le deuil du noble chevalier de la civilisation chrétienne. Les fouilles libérales tentèrent d'organiser le silence sur l'assassinat de Quito; afin de n'avoir ni à blêmer les asbhssinis ni à loûer 1 vivctimé. Les radieaux, plus cyniques, vomirent tous leurs blñsphèines contre le catholicisme et son intrépide champion, mais l'explosion de douleur et l'admiration qui éclata d'un bout du monde à l’autre étouftfa toute voix distordante, Ce n'était pas le bruit tumultueux ürganisé par une faction pour soulever l'opinion publique; ni l’un de ces triomphes de parade en l'honneur des poëtes : et des tribans de l’anti-cléricelisme, où chacun joue son rôle en riant, au milieu de spectateurs imbéciles ; mais l’immense cri de douleur poussé par des millions d'êmes devant la tombe de l’hercule chrétien qui, durant quinze ans, n'a

, cessé de combattre pour Jésus-Christ, pour son Église, pour

… le salut des peuples, À genoux devant cette tombe, ouverte si prématurément par un crime, le peuple de Jésus-Christ se mit à pleurer comme il pléurait autrefois devant la tombe des martyrs, puis entonna un concert de louanges devant lvquel s’effacent tous les pañnégyriques. Qu'on nons permotte d'en détacher quelques notes avant de clore ce récit.

Les répabliques américaines glorifièrent à l’envi le hérosmartyr. À à Nouvelle-Grenade, un de ses adversaires pohtiques, Madiedo, polémiste vigoureux, lui rendit ce 80lennel‘hommage : ‘“ Homme d’un grand caractère et d’une énergie à toute épreuve, Garcia Moreno fut le chef d'une nouvelle école : l’école de la sécurité,.... Or, il faut le dire comme oraison funèbre sur la tombe de ce grand homme, entre la liberté de l'anarchie et l'autorité d'un gouverne-

(1) Louis Veuillot. Univers, 11 octobre 1875.

" ekercices de un bnfer, ” ] c'est la sécu . scélérats et | vaut la liber Moréno étai paskera du t commé celü meure”t paë éhafaud à la

Le Chili, les démonst:

ami. Un jou avait fait & « Comme ta vre de Gare L mentilyf

: l'homme, il couronne di bonnet du feuille gouv Moreuo : ‘ 1è catholicis ne 8e distin peut-être 4 d’intellige Mais il ne s négation de l'impiété : ( ne rougit

\ suivent de ë

ose qi fait reëipecter le droit situ D sbintieh pour le gouvernemènt. La prophétie dé Bolivar À Sdétoniplit à nôtre grand désénbhantement : ‘ il n'y l'a pléb de foi bn Atmériqué, hi etitre les hommes, ni ‘ntré les nations, Les cônetitutions et. les ) issont dés fouillés de papier; les. élections, des

| } ekércices de pugilat ; la liberté, uh brigandagé, etla vié, y ) un énfer, ” En somme, le critérium de toute loi politique, c'est la sécurité. Si la démocratie n’est qu'une fnvasion de : L sgcélérats et la républiqne une farce nauséabonde, auteat ë | vaut la liberté commis en Rüësie où ën Turquie... Garcia. | Moréno était né pour gouverner uh grand peuple : il %

- M pasiors dû témps avant que l'Éqguntétr produise un génie L l comme celui-là... Ils l'ont aséhbsiné, mhis 1èh mattÿrs nb > | metre”t pas : ils passent dé la prison au trône et de l'6-

; chafaud à la gloire, ”

e | Lie Chili, seconde patrie de Garcia Moreno, multiplia D les démonstrations en l’honnbur de ce sincère et généreux at ai. Un journal semi-officiel de Santiago, La Republica,. a avait fait sur l'assassinat des réflexions abominables : ir D ‘Comme toutes les œuvres du despotisme, disait}, 1’

te M vre de Gareia Moreno disparaîtra avéc lui, Malheureusest D ment il y faudra quelque temps, car si le poignarda tré ne - l’homme, il a prolongé la durée du système en posant la nt | couronne du martyre sur un front qu'aurait dû couvrir le r- bonnet du forçat. ” L’Eïendard catholique répondit à la t, fouille gouvernementale par un brillant éloge de Garcia

Moôreuo : “ Lie régénérnteur a montré au monde qui abhorre 18 catholicisme ce que doit être un chèfd'État, L'Équateur

“ ne 8e distinguait en rien des autres peuples, si ce n’eët # poüt-être par plus de misère et de corruption. Un homme 4 d'intelligence èt de volonté a suffi pour tranformer le pays. sx Mais il ne savait pas, cet homme de cœur appladdir à la À négation de Dieu pour s'attirer les applaudissements de 4 l'impiété : de là les anathèmes de la presse irréligiouse, qui

ne rougit pas de l’âppeler un monstre et un tyran. Ils pou \ suivent de leurs invectives le catholique Garcia Moreno, et ë î

ils réservent leurs élo pots AE Blanco, le proscripteur des sœurs de Charité, Le grand homme de l'Équa.

teur n'était pas de ces lâches vulgéires qni sacrifient tout à la popularité ou à l'intérêt du moment : il allait droit son ‘Chemin en regardant le ciel, Que de fois nous avons vu sur ses lèvres le sourire du mépris quand il parlait av ces hom. mes qui veulent à toute force se donner un renom de libé. ralisme ! Libéral ? disait-il : est-ce qu’il ne suffit pas d'être <atholique ? ”

Dans la capitale comme dans les principales villes -du ‘Chili, des services funèbres auxquels le peuple se porta en foule offrirent l’occasion de faire connaître à-tous la vie et Jes vertus de Garcia Moreno.A la Concepcion, l'orateur, don Vicente Chaparro, ne craignit pas de l'appeler “ le plus grand homme que l'Amérique latine ait produit, *—Un personnage, dit-il, réunissant à un si haut degré les qualités et perfestions qui constituent l'homme éminent, l’homme accompli en tout genre, je ne’le rencontre pas même dans l'histoire des siècles, et Dieu sait que je n'exagère pas, Naissance illustre, talent extraordinaire, science très vaste, -érudition immense, éloquence entraînante, organisateur de génie, diplomate habile, militaire exercé, économiste distingué, administrateur incomparable, et pardessus tout, valeur indomptable, patriotisme à tout épreuve, vertus morales et chrétiennes éminentes : rien ne marque à cet homme extraordinaire que Dieu créa tout exprès pour la mission transcendante qu'il voulait lui confier. ” Après avoir montré que cette mission (la résurrection du peuple équarien à la vie matérielle, intellectuelle et morale) Garcia Moreno l'avait accompiie grâce à son ardent catholicisme, d'orateur établit que sa mort fut un véritable martyre : “Je ne veux point, dit-il, m'arroger une autorité que possède seule l’Église infaillible, ni par conséquent prononcer un jugement définitif, mais, sans sortir des limites de la simple probabilité, serait-il téméraire d'affirmer que Garcia Moreno est mort martyr do la religion ? La théologie nous enseigne qu'il y a nartyre quand la mort, infligée en haine

je la foi ou € » librement pa héros fut ass

de sa condui!

de sa vie chi cela paraît temps, il en ennemis l’av sa manière C due à l'Église tyre dans le:

Un autre tes et plus é mort comm:

Héros et M:

s'appellent ( Morus, O’Ck déchue et la voie du pro, désormais a Voici. difa t son berceau par la foi q] martyr. L cellence, le commune.

tre les enne jeter des fle les oppress( ci : VOUS AY souverains, glise, notre De Buen trale, les-p{ rieux de m Dans l'Am (1) Le R.

DM:

D de la foi ou de quelque antre vertu chrétienne, est accepté librement par la victime. Or, selon toute probabilité, notre

Ta t K" Fig “ie he e t

héros fut assassiné en haine de ses principes religieux et de sa conduite en tout conforme à ses principes, c’est-à-dire

. de sa vie chrétienne, Qu'il ait librement accepté la mort,

cela paraît indubitable, car illa prévoyait depuis longtemps, il en parlait fréquemment, il savait pourquoi ses. ennemis l'avaient condamné, et néanmoins il persistzit dans sa manière d'agir, Je me permets donc, sauf l’obéissance due à l'Église, de placer provisoirement la palme du martyre dans les nobles mains de Garcia Moreno. ”

Un autre panégyriste prononça des paroles plus éloquentes et plus élogieuses, si c’est possible (1). “Il n'est pas mort comme meurent les lâches, ainsi que parle l'Écriture. Héros et Martyr, il appartient’ à la race de ces géants qui s'appellent Constantin, Charlemagne, saint Louis, Thomas Morus, O’Connell, nés pour tirer de son tombeau l'humanité: déchue et la faire monter, à l’ombre'de la croix, dans la voie du progrès.” Le nom de Garcia Moreno apparaîtra désormais aux générations de l’Équateur en lettres de sAng : Voici. difa t-on, le héros rédempteur de sa patrie, voici son berceau et voici sa tombe, toutes deux glorieuses, l’une par la foi qui le fit chrétien, l'autre par la croix qui le fit martyr. Le monde entier l’a proclamé le héros par excellence, le défenseur de la grande famille, de la patrie commune. Quand un chef d'État s'élance au combat con-tre les ennemis de l'Église, tous les catholiques doivent jeter des fleurs sur son passage ; quand il proteste contre les oppresseurs des papes, il doivent lui crier : Frère, merci : vous avez été notre interprète à tous ! Seul de tous les. souverains, Garcia Moreno a pris en mainla cause de l'Église, notre mère : honneur à sa mémoire |! ”

De Buenos-Ayres, de Lima, des villes de l'Amérique cen-trale, les-populations catholiques saluèrent du nom glo-rieux de martyr le héros tombé sous les coups des sectüires. Dans l'Amérique du Nord, les manifestations furent plus.

(1) Le RP. Roux, S. J.

éclatantes encore. ‘ Si les Stats-Upis possgiaient me de cette valeur, disaient les journaux, on ne aie pas sur Jeur immense territoire un autre homme pour l'ss. sassiner. " De fait, aucune insulte, aucun blasphème ne se méla aux hymnes de louange. Le Freeman de New-York publia les résolutions suivantes, prises par l'association de Saint-Michel : ‘“ Considérant que le président de l'Équateur véout et mourut en cônfesseur de ls foi catholique ; qu'a. vant de succomber sous les coups de la franc-magonnerie cette poste des réfubliques américaines, il se recommanda & au souverain pontife, implorant sa bénédiction à l'effet d'obtenir la grâce de verser son eang pour la foi catholique ; enfin, qu'il mourut de la mort héroïque ambitionnée par , lui, victime de son glorieux atttachement pour l'Église : l'association de Saint-Michel, brûlant de rendre les plus grands honneurs à cet illustre martyr de la foi, sans anticiper eur les droits de notre mère la saint Église, décide qu'olle célèbrera chaque année le glorieux anniversaire du 6 août par une messe solennelle à laquelk assisteront les membres de la société. L'intention sera de demander à Dieu, par l’intercession du défunt, que sun héroïsme pénètre les cœurs des catholiques d’un bout de l'Amérique à d'autre. ”

4 ii les assassinais, se réveilla de sa torpeur en apprenant la la mort de Garcia Moreno. L'Europe tressaillit comme l'Amérique àla pensée qu'un homme avait pu, de nos jours, sacrifier sa vio pour défendre les droits de Dieu et de son Église. Les journaux catholiques d'Espagne, d'Angleterre, d'Allemagne, d'Italie célébrèrent à l'envie les œuvres et la gloire de‘Garcia Moreno, son intrépide défense

du pouvoir temporel, la mort plus intrépide encore du

ll héros-martyr. Un espaguol, Rosello, publia sous la dictée

de son cœur et de sa foi Le Martyr de l'Équateur, œuvre

de poésie et d’éloquence destinée à mottre en lumière l'action civilisatrice et les merveilleuses vertus du défunt. En

Allemagne et en Suisse, des compositions dramatiques

L'ancien monde, pourtant si blasé sur les révolutions et :

vivement brées à £ ecclésiast préchant signala le teurs, les un pape:

up grand Pie IX € baigné di Reconna; sieurs m Religieu:

vertus du conclusic l'histoire une figu de consa prême, 1 déposés un sépul astre au grand a

Nous France pages à lante co si MALT de Fran

(1) Le

initigment les foules aux épisodes den vis, aux scènes, émouvantes de sa mort, aux nobles sentiments le son eœur. Mais c'est eurtout en France, où le caractère chavaleresque de Garcia Moreno avait de longue date passionné les £mes restées chrétiennes, que l'impression de su mort fut plus vivement ressentie. Des obsèques solnnelles furent oélébrées à Saint-Sulpice, «u milieu des notabilités civiles.et ecclésiastiques. L'oratour de Notre-Dame .(1) de Paris, préchant sur le naturalisme et aa haine des droits de Dieu,

signala le meurtre de Quito : ‘“ Regarder, dit-il à ses auditeurs, les deux pôles du monde moderne, A Rome, voici un pape qui proclame les droits de Dieu ; eur le Pacifique, un grand chrétien qui en fait la règle de son gouvernement, Pie IX est prisonnier au Vatican, et le chrétien tombe baigné dans son sang, sous le couteau d’un infâme assasgin. Reconnaissez le juate de ce siècle :. Garcia Moreno ! ” Plusieurs mois durant, les journaux catholiques, les Semaines : Religieuses entretinrent leurs lecteurs des œuvres et des vertus du président de l'Équateur, revenanttoujours à cette

conclusion déjà formulée en Amérique : “ Il faut compulser

l'histoire de la souveraineté et du martyre pour rencontrer

une figure aussi héroïque et aussi sublime. A l'Église seule

de consacrer le martyre et le miracle par sa décision su-

prême, mais nous pouvons espérer que le sépulcre où sont

déposés les restes immortels :de Garcia Moreno deviendra

un sépulcre glorieux. La postérité verra ‘briller comme un

astre au firmament de son Églisé celui que Dieu a fait

grand aux yeux de ses contemporains (2). ”

Nous ne pouvons rap ler les hommages rendus par la France au martyr de l'Équateur sans emprunter quelques pages à un autre chevalier dn Christ dont Ia plume, vail. lante comme l'épée de Moreno, esquissa de léi un portrait si magnifique et si ressemblant qu'il fit ls tour des journaux de France et du monde.

(1) Le R. P. Roux, S, J, (2) Semaine Religieuse de Montpellier.

“ Saluons cotte noble figure : elle est di ne F i Les peuples sont accablés d'éphémères ra 8 Die tt dont la minute semble ne s'épuiser jamais. Des: séditie L des intrigants, des avortés, des’ fantômes vides se fapolémment tromper les disettes publiques, Devant ce d'eux on & crié : ‘“ Voici l'homme providentiel ! ” On le pèse, il n’a pas le poids ; il n’y a point d'homme !. Telle est l’histoire commune des présidents de république : nes ques crimes plats, infiniment de sottises plates sa a l'honnête et plate vulgarité. Rien pour le présent rien pou l'avenir. Point d'amour pour ces particuliers sans Houe et sans idée, Ils font des affaires, surtout leurs affaires : ie s'ennuient, ils ennuient. Métier sans fruits, sans flerté , : force, et dont les suites les plus heureuses ne peuvent ps : que les suites ordinaires d’un négoce adroit: du pain l'oubli, et, si l'on a de la conscience, du remords dt Moreno était d’une autre espèce, et la postérité le connaîtra Il x été admiré de son peuple. Il a échappé au crime, à la

. vulgarité, à l’oubli ; il aurait échappé même à la haine, si

Dieu pouvait permettre que la haine ne suivit pas la vertu. On peut dire qu'il a été le plus autique des modernes

un homme qui faisait honneur à l’homme. Non pas un homme de Plutarque, ce ne serait pas assez. Sur un petit théitre, il a fait tout ce que Plutarque raconte de ses meilleure héros. Il l'a fait par un mouvement naturel de son caractère et par un engagement irrécusable de la règle qu'il avait embrassée. I se fût indigné contre lui-même de n’être qu'un homme de Plutarque. [l avait une notion plus vaste de la grandeur. Suivant son grand et saint devoir, s’élevant sans cesse, il a a. ce se l'époque estime impossible, et il y parvint. Il fut dans le gouv

Reg es gouvernement du peuple un hom-

“Voilà le trait marqué et suprême qui le mot hors de: pair : homme de Jésus-Christ auus la vie publique, homme de Dieu. Une petite république du Sud nous a montré cette merveille : un homme assez noble, assez fort et assez intelligent pour persévérer dans le dessein d’être, comme on le

À! de l'Évangi

justice, le z

dit, ‘ homm accepter les et les lois, e

serviteur de lorsqu'il en un peuple D

« ,., C'éts paraissent ] paraissent séditieux et un roi tel en lui du M et l'humeu due du gén on retrouv admirables

“ Dès q et dont ils mort. Il su dans les co inquiéta pe partout et aujourd’hu qui se toui lui dit à h:

« Cet h ges ennem pays et eu re et de 1:

assassins.

pondait :

reprochet digne de gont mai

à dit, ‘“ homme de son temps, ” d’en établir les sciences, d'en ? accepter les mœurs, d'en connaître et d'en suivre les usages. et les lois, et cependant de ne pas cesser d'être un homme | de l'Évangile exact et fidèle, c'est-à-dire un exact et fidèle serviteur de Dieu, bien plus, de faire de son peuple, pareil lorsqu'il en prit la conduite à tous les peuples de la terre, un peuple exact et fidèle dans le service de Dieu.

‘# ,.. C'était un chrétien tel que les postes souverains n’en paraissent plus comporter, un chef tel que les peuples neparaissent plus dignes d’en avoir, un justicier tel que les séditieux et les conspirateurs n’enparaissent plus craindre, un roi tel que les nations en ont perdu le souvenir, On vit en lui du Médicis et du Ximénès : Médicis moins la pourpre et l'humeur romaines. Il avait de l’un et de l'autre l'étendue du génie, là magnificence et l'amour de la patrie. Mais on retrouvait davantage dans sa physionomie les: traits admirables des rois justes et saints, la bonté, la douceur, la. justice, le zèle de la cause de Dieu.

‘ Dès qu'il fut connu, la secte, si puissante en Amérique, et dont il se déclarait hardiment l'ennemi, le condamna À. mort. Il sut que l'arrêt prononcé en Europe avait été ratifié dans les conciliabules d'Amérique et serait exécuté, Il s’en inquiéta peu. Iléiait catholique et avait résolu de l'être. partout et toujours : catholique sans remède, de la race aujourd'hui inconnue parmi les chefs officiels des’ peuples, qui se tourne d’abord vers notre Père qui est aux cieux et lui dit à haute voix : Que votre règne arrive |

‘ Cet homme de bien, ce véritable grand homme à qui ses ennemis ne reprochaient que de vouloir régénérer s0a pays et eux-mêmes par un indomptable amour de la lumiè re et de la justice, n’ignorait pas qu'il était guetté par des. assassins. Or lui disait de prendre des précautions ; il répondait : ‘ Comment se défendre contre des gens qui vous reprochent d'être chrétien ? Si je les contentais, je serais digne de mort. Du moment qu'ils ne craignent pas Dieu, ils sont maîtres de ma vie ; moi je ne veux pasêtre maître de:

di ;

‘Dieu, je ne’ voux pas m'écatter duéhémin qu'il m'a tracé. ” ‘Itsuivait son droit'et rdde éhémin qui 4tiait à la mort du \témips et à la’ vie étérnèlle ; il répétait-son propos accoutuimé : Dieu ne meurt pas !

,‘WIla été tué dans la rue par ün homme de rien qu'il avait accueilli, obligé et renvoyé comme indigne ou incapable : l’homme que les sectaires trouvent ordinairement «pour ces coups-là. Il a été tué sur le:seuil de l'église et rapporté dans la chapelle de Notre-Dame des Sept-Douleurs, objet de sa dévotion particulière, Il y est mort après quelques instants, Sa dernière parole a été,: Dieu ne meurt pas |

“ Nous osons dire que Dieu ‘lui devait cette mort. Il devait mourir dans sa force, dans sa prière, aux pieds de la Vierge des Sept-Douleurs, martyr de son peuple et de sa foi, pour lesquels il a vécu. Pie IX a publiquemnt honoré ce fils digne de lui; son peuple, plongé duns un long deuil, le pleure comme l’ancien Israël pleurait ses héros et ses justes. Que manque. :: à sa gloire ? Ila donné un exemple unique dans le monde et dans le temps au milieu desquels il a vécu : Il a été l'honneur de son pays: sa mort est encore un service : peut-être le plus grand : ila montré à tout le genre humain quels chefs Dieu pourrait lui donner et à quels misérables il se livre lui-même par sa folie (1). ”

Pie IX a publiquement honoré ce fils digne de lui ! Terminons cette revüe, très incomplète, des manifestations <atholiques en l'honneur de Garcia Moreno par l'hommage du pontife suprême auquel fait allusion l’article magistral que nous vénons de citer. Le pape des zouaves, celui qui versa tant de larme sur lés martyrs de Castélfidardo, ne pouvait manquer de pleurer le croisé de l'Église, assassiné par la Révolution. Le Pontife-roi devait un éloge qui sanc. tionnêt tant d'élogos funèbres à l'unique chef d'Etat qui se fut levé pour défendre son trône. Le 30 septembre 1875,

(1) Louis Veuillot, L'Univers, 27 septembre 1875.

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Laval une quelquefo l'Eglise. I contre le À dans les expulsant puis, sa VC milieu de la Républ leusemen l'inébran le fils sou Saint-Sièg blique la leur furet civilisatio tout en:

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dans une meurtre ( l'assassin, sa patrie.

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dans sa prison du Vatican, Pie IX adressa aux pèlerins de Laval une de ces harangues justicières: dont 1} flagollait quelquefois, lui leur captife, les odieux persécuteurs de l'Eglise. Il montra la secte maçonnique exerçant ses fureurs contre le Saint-Siège en France, en. Allemagne, en Suisse dans les républiques américaines, emprisonnant les évêques expulsant les religieux,confisquant les biens ecclésisstiques ; puis, sa voix, indignée jusque-là, remplit de larmes : ‘“ Au milieu de ces gouvernements livrés au délire de l'impiété, la République de l'Equateur , dit:il, se distinguait miraculeusement de tous les autres par son esprit de justice et par l’inébranlable foi de son président, qui toujours se montra le fils soumis de l'Église, plein de dévouement pour le Saint-Siège, et de zèle pour mainténir au sein de la Répeblique la religion et la piété. Et voilà que les impies, dans leur fureur, regardent comme une insulte à leur prétendue civilisation moderne l'existence d’un gouvernement qui, tout ense consacrant au bien-être matériel du peuple, s'efforce en même temps d'assurer son progrès moral et spirituel. À la suite de conciliabules ténébreux : organisés dans une république voisine, ces vaillants ont décrété le meurtre de l’illustro président. Il est tombé sous le fer de l'assassin, victime de s& foi et de su charité chrétienne envers sa patrie. ” Victime de sa foi et de sa charité : Pour Pie IX aussi, la mort de Garcia Moreno fut la mort d'un martyr.

Le pape ne s’en tint pas à des paroles. Quelques jours après, il fit célébrer à ses frais des obsèques solennelles pour l’âme de Garcia Moreno, ainsi que font les pontifes quand Dieu ravit à l'Eglise un de ses enfants privilégiés. I1 alla plus loin encore. Des catholiques italiens avaient l'idée d’ériger à Rome une statue à l’invincible défenseur de l'Eglise et du pape: Pie IX applaudit à ce noble dessein et contribua lui-même pour une somme considérable à l'exécution du monument, qu'il fit placer dans son collège Pio-Latino-Américano, en mémoire du grand Américain. En costume militaire, debout sur son piédestal, Garcia Moreno, prêche encore la croisade contre

la Révolution. Sur:les quatre faces du monument, quatre.

: mots rappellent ses gloires :

Au gardien fidèle de la religion,

Au zélé promoteur des sciences,

Au serviteur dévoué du Saint-Siège, Au justicier, vengeur des crimes (1).

Puis le marbre redit son martyre et le deuil dw

peupie catholique :

Gabriel Garcia Moreno Président de la République de l'Équateur Traitreusement assassiné par la main des impies Le 6 août 1875.

Les hommes de bien dans le monde entier Ont célébré ses hércïques vertus, Sa glorieuse mort pour la foi Et pleuré le crime qui l’a ravi au monde, Le Sciverain Pontife IX Par sa munificence £t les dons d’un grand nombre de catholiques. leva ce monument Au brave défenseur De l'Églie et de la société (2).

(1) Religionis integerrimus custos Auctor studiorum optimorum, Obsequentissinus in Christi sedem, Justitiæ cultor, seelerum vindex.

(2) Gabriel Garcia Mnreno Summus Reipublicæ Quitensis In America Præses

Impia manu Per proditioneem intremptus Nonis Aug. a. MDOCCLAX V.

Cujus virtutem Et pone mortis causam Admiratione et laudibus Diri casus atrocitatem Boni omnes prosecuti sunt.

Pius IX Pont. Max.

Pecunia sua # Et plurim. cathol. collatione

À gregie De Ecclesia et Republica merito.

Pie IX Révolutio prisonnie! Dieu, qui pouvons

La renc jour à mes sant les c:

he mmes € ministres, nerie, les !

à deux sa dent de l’ qui la got Moreno.

À mest prime du les pontil nations la libéralisn obligés d cia More Si, malgr libéraux:

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l'Italie, !

et à bref des socié horrible Moreno Quan chef ch:

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à dire 1 4 »ôtres

Pie IX et Garcia Moreno, tous deux croisés contre ‘la Révolution, l'un martyrisé par elle, l’autre emprisonné ; le prisonnier louant le martyr de l'humanité qui applaudit, et Dieu, qui ne meurt pas, couronnant l’un et l'autre : nous pouvons resier sur ce grand. souvenir.

La renommée de ces deux hommes grandira de jeur en jour à mesure que la Révolution grandira elle-même, abaisdu sant les caractères et ruinant les sociétés. Ala vue des he mmes d'État, rois, empereurs, présidents de république, ministres, qui sortiront des officiers de la Franc-rsaçonnerie, les peuples rediront cette parole qui échappa un jour à deux savants allemands en voyant les œuvres da président de l’Équateur : “ L'Évrope est trop grande pour ceux qui la gouverrent, et l'Equateur trop petit pour Garcia Moreno. ”

A mesure que se développera l’hérésie libérale qui supprime du gouvernement Dieu, Jésus-Christ et son Église, les pontifes, à limitation de Léon XIII, rappelleront aux nations la Constitution chrétienne des Etats et foudroieront le libéralisme, Les moins clairvoyants des catholique seront obligés d'acclamer Pie IX, le docteur du Syllabus, et Garcia Moreno, le premier chef d'État catholique depuis 1789. Si, malgré l’enseignement de l'Église, les conservateurslibéraux s’obstinent à vanter l'Église libre dans l'État libre, * la souveraineté absolue du peuple et des parlements, ils, continueront à ouvrir la porte au radicalisme dans tous les états d'Europe et de l'Amérique. La France, la Belgique, l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, deviendront fatalement et à bref délai, la proie du socialisme, Alors sonnera le glas des sociétés, et l’on dira en cherchant les causes de cette horrible dissolution : Si l’on avait suivi l'exemple de Garcia Moreno |!

Quand viendront ces calamités, — ou Dieu suscitera un chef chrétien qui organisera une croisade générale contre les modérnes sarrasins pour délivrer la Terre-Sainte, c'està- dire les nations chrétiennes, et le tombeau des saints 4ôtres profané par l’usurpation sacrilège de la Ville éter-

nellessencoe ossi: sauvé: du: satanismel’ révoluuionnäire,. le moéndarhénira Pie:LX: et Gürcia-Morenc; les initiatours du mouvement; catholique: ou‘bien:les chrétiens continue: roptà baisser là tête- devant: les: francæmiaçons; las loges: romplaceront les églises comme les:mosquées de Mahomet s'élèvent sur les ruins: des temples chrétiens... Alors, les quylques enfants de Dieu. errants sur. les runines. de. Jéru.. salom, diront en pleuxant : Nos: chefs: nous. ont. perdus

parce qu'ils ont refusé d'écouter. les.leçons de Piel, lepontfa prisonnier, et de marcher sur les pas de Garcia Moreno,

le héros-martyr.

Nos lect ce que dev chrétienne Révolutior elle raison coup. d'œil nières ann sagesse. PC

Le- lenc

vice-prési

€ trop.faibl | exposée à

ver-le po!

L'Équareur APRÈS GARCIA MoRENo

LE PRÉSIDENT BORRERO

tres par d'odieuses. et La répctions, done elle raison. aux pronostics de l'opposition libérale? Un, coup. d'œil sur l’histoire de, l'Equateur durant ces dix. dernières annés, suffira. pour mettre dans, tout son. jour. la, sagesse politique et l'influence posthume dn héros-martyx,

Le- lendemain, de l'assassinat, restait au gouvernail le; vice-président: Léon qui, dès le premier jour, se déolarx trop.faible et trop.inexpérimenté puur diriger une barque: exposée à tant d'écueils. Ii consentait cependant: à conserver-le pouvoir eu, attendant: l'élection d’un nouveau. chef:

C'était bien le moment pour lés radicaux de tentor un bouleversement, puisque le peuple, d'après leurs dires, exécrait le despote dont ils avaient délivré le pays ; mais non: avec un ombre de gouvernement, l'ombre de Garcia Moreno, l’Equateur resta calme et tranquille durant deux mois. Ministres, députés, soldats, citoyens, pleuraient le grand homme enlevé à leur amour. Certains homme éhontés, comme Montalvo, continuaient à lancer contre leur vitime des pamphlets qui ne deshonoraient qu'eux-mêmes, mais ils se gardaient bien d'aucune tentative de rébellion. On les craignait si peu que, six semaines après le drame du 6 août le gouvernement leva l’état de siège.

Que faillait-il pour maintenir l’ordre existant ? Un pouvoir intelligent, qui continuêt franchement la politique conservatrice et catholique de Garcia Moreno. Malheureusement les députés et sénateurs dévoués à cette politique ne purent s'entendre sur le choix d’un candidat. La majorité désigna d’abord le docteur Antonio Florès, mais un nouveau scrutin ayant eu lieu à l’instigation des mécontents, les votes se portèrent sur le docteur Luis Antonio Salazar <omme le plus capable de maintenir haut et ferme le drapeau de l'ordre et de la religion. Cette division du parti conservateur enchanta les libéraux plus ou moins catholiques qui, depuis quinze ans, s’efforçaient vainement de se hisser au pouvoir. Ces ambitieux patronnaient Borrero, le sage de Cuenca, l'adversaire obstiné de Garcia Moreno. Avec Borrero disaient leurs journaux, l'Équateur allait enfin

voir régner l’ordre et la liberté, le catholicisme et le libéralisme, L'Église n'avait rien à craindre d’un homme aussi religieux que Borrero, et la civilisation moderne pouvait tout espérer du rédacteur de la Centinela. Les radicaux euxmêmes pousssient Borrero au fauteuil: n'avaient-ils pas combattu avec lui contre le despote ? ‘“ J'ai renversé Garcia Moreno, écrivait Montalvo, c’est ma gloire ; maintenant je demande qu'on vote pour Borre.'o. ” Ils avaient besoin de <e cheval de renfort pour monter la côte. Les frères et amis s’en expliquaient clairement entre eux. ‘“ Tu n'es donc pas

initié à n <ffa.oucl rero n'es voudfon mous lai:

Le go contrebe dicaux, rent-ils populai tres, am ministè dature ; insulté « sans po Ainsi al plupart par les

pareil s populai

Len leures « journal de grat mais C amour quand

Prodig tyran tant tr J'actio dénou:

potisn ce Ga:

Con'ir devail versit

Fu

initié à notre plan de campagne, répondait un radieal à un <ffa.-ouché de la bande ; sois tranquille sur l'avenir; Bor-

n : rero n’est qu'un comparse qui disparaîtra quand nous le ào, voudfons. . Il ira rejoindre les histrions de son espèce, et Dis, nous laissera le champ libre. ”

nd

| Le gouvernement aurait pu, en éclairant les électeurs, ) |’ | contrebalancer l'influence de cette coalition ; aussi les ra-

ne dicaux, soutenus par de coupables ambitions, *æ’empressè- ; ils rent-ils de le renverser. Le 2 octobre, en soulèvement 4 ve populaire, organisé contre le vice-président et ses minis- Ne fa tres, amena ieur démission et leur remplacement par un A ministère libéral. Là dessus Salazar décliua toute candi- 4 F£ dature ; Florès, qui maintint la sienne, fut grossièrement 4 ne insulté dans les rues d'Abato par les partisans de Borrero, É ie sans pouvoir obtenir du gouvernement aucune satisfaction. 4 fô Ainsi abandonnés, les conservateurs se rallièrent pour la UE

ité plupart à Borrero, qui, soutenu par tous les partis, même | \par les socialistes, obtint trente-huit mille voix. Fier d’un

d pareil succès, Borrero se crutun moment beaucoup. plus É dp populaire que Garcia Moreno. “a | 3 l'A- Le nouveau président arrivait au pouvoir dans les meil- Se rti leures conditions de sécurité, ainsi que le fit remarquer un =) )li- journal l‘béral de Lima. “ On pouvait craindre, disait-il, . 4 se de grands bouleversements à la mort de Garcia Moreno,

le | mais ce chef d'État a su inoculer à son peuple un tel’

10, | amour de l’ordre qu'on a respecté la légalité, même

in quand son bras puissant n'était plus là pour l'imposer,

'a- Prodige inouï dans les fastes de l’histoire. américaine : un

si : tyran qui survit à son œuvre, sans que l’ordre soit un ins-

it tant troublé par sa chute ! Oscillant perpétuellement entre

x- l’action et la réaction, nous ne pouvions prévoir un pareil

as dénouement dans un pays qu’on croyait soumis à un des-

ja, potisme odieux. : Ce n’était donc pas un despote vulgaire,

je ce Garcia Moreno qui passait, nous disait-on, sur notre

le <on‘inent comme une calamité publique, dont l’histoire ne

is devait offrir aux races fatures que des monuments de per-

versité : mais un vrai grand homme qui laisse après lui.

tofs un ordre. PAIE capable d'inumortalisen samémoite,. St deplus-un gouvernement. si: populaire, si solidement

/ établi, que le-pays se transforme à sa mort sans. explosion: ni convulsion.. En:prenant: les-rênes, le- libéral Borrerotrouve résolu le problème épineux:.qui.se.dresse devant tous . les régimes nouveaux: comment maintenir la paix ? La

paix éxiäté, daris la plis aiormale des situations. Nous avôns'été les ardents advérsaires de Garcis Moreno ; toute. fois 06 qui 88 passe à l'Équateur rious paraît unie éloqhiente apolôgie d'outré-tornbé en faveur dé cet éminent personnagé.” Le grave Bôrrero n’a donc qu'à. se féliciter avec séé'amis: lé voilà capitaine du nâvire, la mer est calme, et le tétipe splendidé! Nous allons assister aux savantes, manœuvres du pôliticien libéral.

Le 7 novémbré, appelé à prêter lé aérment à la constitutiôh én' face de ce éongrès de 1875 qui venait dé voter une, statue ‘au martyr de la civilisation catholique, ” Borrero se‘érut obligé, pour afficher immédiatement son libéralisme, d’invéctiver contrée ls constitution à laquellé, il venait. de

jurer: fidélité, ‘Les devoirs que j'aià remplir envers le

pays, dit-il, sont indiqués par là constitution, mais cette,

constitution; viciouse: ellé-même; a: bésoin d’être: réformée d’après des principes que je crois opportun de vous exposer: Selon: certaine: école: politique; 1è meilleur système de: gouvernement cohslste à tenir les peuples en:tutekle sous: ub pouvoir fort etcompressifi Amon: avis, cètte tutelle est'itiseceptäble:aussi bion:potr les gouvernants que pour les: goavernést pour: les: premiers, c'est: une charge trop: lourde que la: tutelle: d'une nation; pour les:s6bonds,, c’est urié insalte à:la dignité humaine, réduite à l'état dé maoki:. né: pur un pouvoir absolu, Avée un gouvernement: omnipoütent; omriseiént, infüillible, lé suffrage populaire, ln. prete libre, l'opinion publique, n’ontplus de raison d'être. On: arrive à la dictature: pérpétuelle, à l'avilissement: de là. nätion.” Après un paragtäphe. obligé sur la répression de 4 licence, Borrero se: vantait, lui l'éta du peuple, dé donner enfin un corps à ce: pouvoir électif ot responsable dont: l'Équateur n'avait jusque-là conriu que le nom.

premier adresse homme tait hau acte, dis de, l'ilh nous enl nouset. reli Garcia comme d'actes libres, n lons que nous pe!

8 des déploro:

d’impiét libérate nôtre tc grandes sombril toutefoi vain et Les ‘ déclam

constit que le

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