PAR I
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orrero, essaires armée, champs rps des lement dicaux, t Mois ; vantant pour la urs ont
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narchie
chrétienne et pur amour des immortels principes, ont jeté leur pays dans les bras de Vintimilla-Gambetta (1).
(1) Dans ce chapitre cofnme dans les précédents, lorsque nous avons critiqué: des catholiques politiquement opposés à Garcia Moteno, nous n’avons entendu contester ni leur parfaite honorabilité, ni leurs intentions, ni leur catholicisme, ni leur piété. Nous disons cela de tous.mais en particulier de don Antonio Borrero,dont les sentiments teligieux sont connus de tous les équatoriens. Ceci posé, nous croyons que les catholiques plus où moins Jibéralisants ont des idées fausses sur les devoirs des gouvernants, et qu’en pratique, par suite de leurs idées libérales, ils aboutiront au radicalisme. Il faut donc respecter leur vie privée, mais blämer leur conduite publique comme funeste à la religion et à la patrie.
LE DIOCTATEUR VINTIMILLA
‘Sous le nom de régénération, Vintimila apportait à son pays la ruine et la mort. Laissé à lui-même, peut-être se /'fût-il contenté de manger tranquillement les revenus de l'État, mais ses conseillers intimes, Urbina et Carbo, avaient
à se venger de l’Église et des conservateurs,
l’enseignement inaugura l'ère de persécution. Les athées sont partout les mêmes : une fois maîtres d'un pays, ils n’ont rien de plus pressé que de laïciser les enfants, c'est-àdire de les rendre athées comme eux. Les pasteurs, l'évéque de Riobamba à leur tête, réclamèrent contre ce décret tyrannique. Do quel droit privait-on l'Église, mère des chrétiens, du soin d'instruire et d'élever ses enfants? On V, leur répondit par un déluge de pamphlets injurieux, dans .: lesquels les sectaires professaient le libéralisme le plus absolu, demandant la séparation de l'Église et L'État, s'atta-
marquer son assentiment et donner une plus grande publicité à ces écrits outrageant, le gouvernement les reproduisait dans les colonnes du journal officiel, ce qui n’empêchs
les évêques de les condamner ni les prédicateurs de les flétrir. Indigné d'une pareille audace, Vintimilla décréta, le
Un décret du ler février 1877 sur la sécularisation de
quaient même aux fondements du christianisme. Pour:
2 mars, que ‘ les ecclésiastiques convaincus d'avoir, par
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<iences et poussé à la rébellion, seraient bannis. de, la république. ” La-dessus, l'archevêque de Quito, Mgr Chéa, qui jusque-là avait cru prudent de se taire, entra en lice, “ Le décret,'disait-il, s'appuie sur un supposé, car aucun évêque, aucun prêtre n'avait envie de renverser le guuvernement. En tout cas, les causes épiscopales, en matière <riminelle, d'après le concile de Trente et le concordat, ne relève que du Saint-Siège.” Dans s4 réponse, le ministre Pedro Carbo maintint l'accusation de sédition et déclina le recours au Saint-Siège, sous prétexte que la rébellion .doit être réprimée sans délai. L’archev£que répliqua qu'avant
d’agiril ferait bien de relire la bulle Apostolicæ Sedis,
laquelle fuimine l’excommunication contre tout homme assez criminel pour chasser un évêque de son diocèse, # D'ailleurs, ajoutait le vénérable prélat, il en sera ce que Dieu voudra, mais je continuerai de toutes mes forces, et par tous les moyens en mor pouvoir, de m'opposer à ia propagation de l'erreur, C’est mon devoir : avec la grâce de Dieu, je saurai le remplir. ” R
Quinze jours après, la secte magonnique débarrassait Île gouvernement de ce sermoneur importun. Le voñdredisaint, 30 mars, Mgr Chéca montait à l'autel pour y remplir les saintes fonctions. A peine eut-il pris le vin des ablu tions que, saisi d'horribles souffrances, il s'écria : “ je suis empoisonné ! ” On l'emporta chez lui : une heure après, il expirait dans de violentes convulsions. Les assassins avaiént mêlé douzé grammes de strychine au vin du sacrifice. ‘Xe ministre Carbo ordonna des poursuites contre l’auteur d'un crime inouï, disait-il, dans les annales d'un pays ‘ dont: les habitants se sont toujours fait remarquer par leur caractère plein de douceur et de suavité. ” Évidemment Pedro Carbo n'avait jamais entendu parler des monstres qui avaient assassiné Garcia Moreno, jamais il ‘avait ‘du les polémiques de Montalvo ! On devine sans peine que la policene trouva pas les meurtriers de l'archevêque: Pouvait-il les rechercher sérieusement, ce gouvernement
qui favorisait à cette houre-là même deux des assasins du
6 août 1875?
Ce drame sacrilège ameuts le peuple contre Vintimilla sans pourtant ralentir le feu de la persécution. Un nouveau décret prescrivit que, “ pour honorer les martyrs des principes sacro-saints du libéralisme, un service funèbre serait célébré, le 19 avril, dans toutes les églises de l'Équateur, en mémoire des citoyens tombés, depuis le 19 mars 1869 (date de l'insurrection de José Vintimilla), victimes de leur dévouement aux institutions libérales et de leur haine contre la tyrannie. ” Chacun sait que, dans l’argot maçonnique, on entend par {yrannie tout gouvernement régulier, et par. institutions libérales toute dictature plus ou moins semblable à celle de Vintimilla. Les martyrs des principes sacro-saints du libéralismie, ce sont les scélérats morts, le fusil ou le poignard à la main, en flagrant délit de conspiration contre l'autorité civile ou religieuse, Comme on devaif s’y attendre, les évêques refusèrent de prêter leur ministère à cette indigne bouffonnerie. “ Les principes du libéralisme, dirent-ils, étant formellement condamnés par l'Eglise, en les appelant sacro-saints, le gouvernement commet un blasphème. On ne peut honorer sans injurier Dieu et l'Eglise, ceux qu'il appelle des #artyrs, ni procéder à la cérémonie commandée par le décret sans scandaliser tout le peunle catholique. ” Ce refus exaspéra Vintimilla, qui dut étouffer sa colère pour ne pas soulever le peuple, mais jura de se venger.
- La victime cette fois fut le docteur Arsinio Andrade, vicaire capitulaire de Quito. En plusieurs circonstances Andrude avait du tenir tête au ‘président, et notamment à l’occasion des funérailles de l'archevêque. Vintimilla eût. voulu que les obsèques se fissent dans l'Eglise métropolitaine, interdite par suite du crime du vendredi saint et non encore réconciliée : Andrade s’y opposa énergiquement. Il profite même de cette discussion avec le chef de l'Etat pour lui reprocher son libéralisme persécuteur. De plus obligé par devair de poursuivre les assassins de l’arche-
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Vintimi per. Prév drade ava d’interdit & devait êtr Vintimill l'interdit,
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vêque, il fulmina la sentence d’excommunication coutre tous ceux qui refuseraient de les dénoncer, eux et leurs complices. À tout ptix il fallait écarter ce prêtre au zèle intolérant et intempestif.
L'occasion ne se fait pas entendre à ceux quila cherchent. Le 20 mai, se produisit dans les provinces du nord uu mouvement insurrectionnel contre l'humiliante dictature que subissait l'Équateur, Des jeunes gons sansarmes, décidés à mourir plutôt que de vivre esclaves, se groupèrent dans les environs d'Ibarra pour combiner un plan de résistance; maïs quelques bataillons eurent bientôt auéanti ce que le gouvernement appeluit pompeusement ‘“ l’armée révolutivnnaire de la réaction. ”
Fier de ce triomphe, Viutimilla comtanda de mettre en brande toutes les cloches de la capitale pour célébrer la gloire des vainqueurs. Il ignorait sans doute, lui aussi, que les cloches sont consacrées au culte et que l'autorité civile n’a aucun droit sur elles. Le vicaire capitulaire lui reprocha cette nouvelle usurpation des droits de l'Église et défendit aux curés d'exécuter les ordres donnés par le gouvernement. Dans sa fureur, Vintitmlla infligea une amende aux curés récalcitrants ainsi qu’au vicaire capitulaire : Andrade défendit de payer cette amende, à laquelle nul ne pouvait se soumettre sans se rendre complice de: la violation des immunités ecclésiastiques. Alors, ne gardant plus de bornes, le dictateur ordonna à ses sbires d’appréhender nuitamment l’intrépide Andrade et de le déporter dans les provinces du nord.
Vintimilla ne s'attendait pas au coup qui allait le frapper. Prévoyant qu'on l’arracherait à son troupeau, Andrade avait laissé dans les mains du chapitre un décret d’interdit sur toutes les églises de la capitale, décret qui devait être publié vingt-quatre heures après son départ, si Vintimilla ne révoquait point ses ordres, A l’heure fixée, l'interdit, promulgué et exécuté, sema dans toute la ville le deuil et la consternation. Quand, les églises fermées, on
une dé
n’ententendit plus les cloches appeler au saint sacrifice, les
fidèles se rassemblèrent sur les places publiques en pous. sur un sanbdes sanglots, et organisèrent des processions de péni perséoi
tence pour désarmer la colère de Dieu. Et voilà qu'après | en ana deux jours passés dans une désolation voisine du désespoir, la vail le peuple se réveilla tout à coup au bruit de détonations ss formidables, y
qu'auc
Le Cotopaxi faisait entendre sa voix de tonnerre ; ses biens
cratères en éruption lançaient des tourbillons de flammes,
des avalanches de pierres, des nuées de cendres qui obscur > cissaient l'air à quatre-vingts lieues de distance ; de ses | évêque flancs déchirés s'échappaient une telle quantité d'eau que désobé les ponts s'écroulaient sous la pression des ivrrents, les c nivé vallées se changeaient en lacs, les haciendas et los villages taisit c disparaissaiont dans ce nouveau déluge. Plusieurs autres d'actio volcans mélaient leurs sourds grondements à la grande l'évêq
voix du Cotopaxi, vomissant comme lui des nuées de cen-
sance !
dres. Durant trois jours, d'épaisses ténèbres couvrirent le révolu pays, si bien que de Guayaquil à Quito, et du Carchi au larmes Macara, le poûple épouvanté croyait assister aux préludes | gnuve du jugement dernier, douvé Ces calamités vengeresses auraient dû faire trembler bamba ceux qui les avaiont provoquées, mais les ennemis de Dieu, d’exco comme les démons, tremblent suns cesser de haïr. Encore pateui sous le coup du cataclysme, ils ne craignirent pas de river j | vénérs de nouveau aux mains de l'Église les chaînes brisées par faire r Garcia Moreno : un décret du 28 juin déclara le concordat . “Ces / suspendu et la loi du patronat remise en vigueur. C'était dont défier l’épiscopat, qui se leva tout entier pour protester. rez a L'évêque de Riobamba prononça l’excommunication contre comm tous les fidèlus de son diocèse, ecclésiastiques ou laïques, LE ) quo v qui, méconnaissant les lois concordataires, se soumettraient stupic en matière spirituelle à la loi schismatique du patronat. dera Andrade avait levé l’interdit par pitié pour son peuple aux la mo abois, et renoncé même à la charge de vicaire capitulaire les pa afin de ne point attiré sur son église de nouvelles vexa- pages
tions ; mais, à la lecture du décret, il s’'empresaa de retirer et cit
une démission non encore acceptée, ne voulant pas rejeter sur un autre le devoir de la lutte et les angoisses de la persécution. Caché dans les bois du Pichincha, il y vécut en anachorète et ne cessa de gouveruer de sa pauvre hutte la vaillante église de Quito.
Le président prit alors le parti d'affamer co clergé qu'aucune tribulation ne pouvait réduire. Comme si les biens de l'Église lui eussent appartenu, il décréta ‘“ que tous les évêques et prêtres rebelles seraient privés des revenus ecclésiastiques. ” Des curés, des chanoines, des évêques, se virent réduits à la me‘dicité pour la moindre désobéissance aux caprices du tyran. Le 8 septembre, anniversaire de sa révolution régénératrice, il lui prit fantaisit de demander à l'évêque, de Guayaqui! un Te Deum d’actions de grâces. ‘“ Comment voulez-vous, lui répondit l’évêque, que nous fassions entendre des chants de réjouissance au milieu de l’Equateur en deuil, alors que votre révolution n'a procuré que des offences à Dieu, des larmes à l'Église, et des persécutions à ses ministre ! ” Le gouvernement lui supprima ses revenus, ce qui amena dy nouvelles et plus ardendes protestations. L'évêque de Riobamba notif£a une seconde fois au président la sentence d’excommunication qu'il encourait comme sacrilège usurpateur des biens ecclésiastiques. L'’évêque de. Cuenca, un vénérable vieillard, s’autorisa de son âge pour essayer de faire naître quelque remords dans cette âme endurcie : “# Ces biens de l'Eglise sont des biens sacrés, s'écriait-:!, dont vous ne disposez en aucune manière. Vous encuurez anathème sur anathème, excommunication sur ex. communication, Avez-vous donc oublié, général Vintimilla, quo vous avez une âme ? Seriez-vous arrivé à ce comble de stupidité de ne plus croire en Dieu qui bientôt vous demandera compte de vosactions ? Avez-vous fait un pacte avec la mort, ou pensez-vous qu'on re brûle plus en enfer ? Lisez les pages de Lactance sur a mort des persécuteurs : que de pages on pourrait de nos jours ajouter à son livre ! Evêque et citoyen, je proteste contre tous et chacun de vos atten