LE GRAND-MAITRE DE L UNIVERSITE. I4I
Il * I
Que M. Ferry y prenne garde; il va trop de Tavant, et ceux qui jusqu'à ce moment Font suivi pourraient bien^ pris tout à coup de l'esprit de retour^ l'abandonner et le laisser seul sur la route. Ils ont cru marcher avec un libéral, un conservateur — car sa haine contre les socialistes et les communards leur a donné confiance et a fait sa force — mais quand ils vont s'apercevoir de l'ardeur et de la passion que le ministre apporte dans son œuvre^ qui nous dit qu'ils lie prendront pas peur et ne se retireront pas ?
Tel sénateur qui, aujourd'hui, acclame les idées de M. Ferry et boit à l'article 7, revenu à Paris, votera contre, avec la sincérité la plus grande et la tranquillité la plus parfaite.
Il y a dans ce fils de bourgeois un tempérament de révolutionnaire, et s'il hait tant les autres, c'est qu'il en sent en lui tous les instincts et toutes les chaleurs. — Si ce n'était son milieu, ses habitudes et son éducation, il serait poussé beaucoup plus en avant que ses partisans et lui-même le pensent.
Voyez-le dans cette tournée de province, comme il s'enthousiasme, s'enflamme et se passionne I II s'est fait le commis-voyageur de son idée. L^article 7 est devenu sa chose, non pas celle de S. Ex. M. le ministre de l'instruction publique, mais celle de
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M. Jules Ferry, bourgeois de Saint-Dié, avocat, journaliste et député! — Entre lui et le Sénat, ce sera demain un duel à mort! — Toute sa fortune politique, il va la jouer sur cette carte. Malheureusement pour lui... ce n*est qu'un sept.
M. Ferry n'est point fait pour la popularité ; il n'a ni la force, ni ce charme, ni ce je ne sais quoi, à Taide desquels certains domptent et séduisent la foule! L'allure est sèche, la parole cassante, le geste dur, c'est un orateur médiocre, et, quand il n'a point préparé son discours, il bat les haies, s'embarrasse à travers les ronces, tombe dans les fossés et arrive en retard.
Tant qu'on pourra croire en son succès on le suivra, mais la défaite lui prépare un lendemain désastreux. Exécré par les radicaux et regardé comme compromettant par les conservateurs, il se trouvera tout d'un coup seul, oscillant, sans guide et sans appui.
La popularité le grise; il marche à travers la France, commettant toutes les fautes et entassant bévues sur maladresses. Manquant de tact et de dignité, il prend pour de l'argent comptant tous les sous troués et toutes les pièces fausses que les marchands de vins arrachent de leurs comptoirs {pour les jeter sur son passage.
LE GRAND- MAITRE DE l'uNIVERSITÉ, I43
C'est un taureau affolé qui défonce la terre sous ses pieds et donne delà corne dans tous les obstacles.
L'horreur du Noir lui fait voir Rouge!