‹ Gare les jambes!Chapitre 21 sur 25 · LA CONFESSION D'UN JOUEUR · texte numérisé non relu

LA CONFESSION D'UN JOUEUR

Puisqu'en ce moment il s'agit de chance, de tripot et de baccarat, laissez-moi vous raconter un joueur^ que tout Paris a connu. Vous verrez que le type n'est pas vulgaire et que cette silhouette étrange qui a passé sa vie à la lueur du gaz vaut bien un instant de plein joun Telle une bande lumineuse filtrant à travers les lames d'une persienne transformant en spirales d'or les volutes de poussière qui montent du parquet ou descendent du plafond.

Cet homme venu de province et plus Parisien que le vaisseau de la Ville de Paris lui-même, était né à Pontivy, petite sous-préfecture du Morbihan où son

père, M* Grandjean, était notaire. Depuis trois ou quatre siècles, chez les Grandjean, on était tabellion de père en fils.

Une grande maison silencieuse où le bruit des pas faisait écho. De chaque côté de la porte des panonceaux en cuivre avec encore les fleurs de lis, quoiqu'on fût sous la monarchie de juillet; mais il y avait, dans ce temps-là, une telle distance entre la Bretagne et le Palais-Royal, qu'il semblait tout naturel que les lis grimpassent à la porte des maisons, fût-ce même au mur d'un officier ministériel. Entre les deux écussons, une vieille tablette oîi était écrit en lettres d'or sur fond noir : grandjean, notaire

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