‹ Gargantua dans les traditions populairesChapitre 24 sur 103 · GARGANTUA A GAHARD · texte numérisé non relu

GARGANTUA A GAHARD

\L fallait sept personnes à Gargantua pour le servir : un jour qu'il dînait et qu'on lui enfournait dans la bouche un pain entier de vingt livres avec une pelle à four, celui qui enfournait le pain lâcha la pelle qui entra au gosier de Gargantua.

— Tu m*as envoyé un bourrier (fétu de paille), dit Gai^antua, je vais te tuer.

Heureusement, comme d'habitude, sa colère passa vite. Il alla se promener, et conrnie sa digestion avançait, il s'arrêta le long d'un fossé et ayant fait un énomie pet, il rendit la pelle ; mais avec une telle force, qu'elle traversa le talus contre lequel il s'était arrêté.

Un autre jour qu'il se promenait sur les bords de la rivière de Minette, auprès de la Baille, il fut poursuivi par une meiïte de chiens; mais il les écrasa en lançant sur eux les rochers du Perrot que l'on voit encore sur les bords du ravin.

(EecueilH à Gahard, par M. Bijfer),

L'épisode de Gargantua poursuivi par les chiens, se retrouve en Poitou.

GARGANTUA A SAINT-SUIJAC

ORSQ.UE Gargantua passait à Saint-Suliac, ce qui lui arrivait quelquefois, les gens du bourg l'invitaient à se reposer et à « manger un morceau. » Il acceptait volontiers. On lui servait alors des veaux, des moutons, des porcs qu'il avalait tout entiers ; mais ce qu'il préférait, c'était du pain trempé dans du lait. On apportait devant lui une énorme cuve qu'on remplissait de lait. Alors les hommes de Saint-Suliac se partageaient la besogne : les uns ne faisaient que couper continuellement des pains qu'ils jetaient dans la cuve de lait, pendant que les autres, armés de grandes pelles de bois, enfournaient sans relâche le pain trempé dans la bouche de Gargantua.

{Conté en 1882 par Guilîaunu Diori, de Saint-Suliac, de 16 ans , et recueiUi par M, L. Decombé).

A propos de Gargantua à Saint-Suliac , Toid de nouveaux tenseignements sur les pierres auxquelles s'attache son nom. Us me sont arrivés après le tirage des deux premières feuille de ce livre, et je les dois à Tobligeance de M. Decombe.

La crête du coteau de Gareau (on écrit habituellement Garot, mais au cadastie de la commune j'ai relevé Gareau) est couronnée par une chaîne rocheuse, dentelée, dont la silhouette, se profilant sur le ciel, représente (avec beaucoup de bonne volonté) les dents inégales d'une sde gigantesque. Dans plusieurs endroits, ces énormes blocs de quartz ont été exploités par les carréyeurs. Il en reste cependant quelques-uns qui sont encore fort beaux.

La crête dentelée s'appelle le Dentier ou le RtteUer de Gar^ gamttia. Un bloc porte le nom de Ber de Gargantua. Un autre s'appelle la Potence de Gargantua. Un dolmen , détruit aujourd'hui et dont il est parlé au commencement de ce chapitre, a^q>pelait aussi le Ber de Gargantua, et il était & quelques métrés du dolmen décapité, appelé par les uns la Dent de Gargantua^ par les autres le Gravier de Gargantua.

D'après M. Delacroix, maire de Saint-Suliae, la « vraie Dent » de Gargantua serait le menhir de Chablé, en la même commune, et le menhir de la grève serait un simple gravier sorti de la chaussure du géant.

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