ET DANS LA RÉGION DES PYRÉNÉES
pajTsans. Pour MM. Webster, Cerquand et Vinson, les noms de Roche Roland, Val de Roland, etc., n'ont pas cent ans d'existence.
Chez les Basques, le géant par excellence est Tartaro ou Tartare ; le Basa Jaun, l'homme sauvage, est parfois un géant ; mais c'est surtout un satyre. Saint Christophe est connu comme grand mangeur, et il échange ses attributions avec un héros nommé « Sept, Quatorze ou Vingt-Quatre, » parcequ'il mange comme sept, quatorze, vingtquatre hommes, et travaille à proportion.
(^Communiqué par M. Webster).
Le type du Tartare, ainsi que celui du Basa- Jaun, a été très bien étudié par M. Webster dans ses Basque Legends, et par M. Cerquand.
M. Cerquand a recherché la légende populaire de Roland dans le pays basque, et dans la quatrième série de ses Légendes et Récits popuîaireSy parue pendant l'impression de ce livre, il n'a pas recueilli moins de cinq contes dont Roland est le héros.
Voici les traits épars dans ces récits où Roland a des attributs semblables à ceux de Gargantua. Il est aussi grand mangeur (cf. Cerquand, p. 23).
U a une canne de fer grosse comme une poutre (cf. p. 17 ; Gargantua eitr Haute-Bretagne y p. 22, 37, et surtout le Gargantua Picard, p. 222). Samson, son cousin, déracine un hêtre pour s'en iaire une massue (Cer quand, p. 20).
Roland lance à douze kilomètres une pierre (cf. sur cet exploit (i) attribué ailleurs à Gargantua, les pages 41, 83 du présent livre), et ses mains y restent empreintes (cf. Gargantua en Haute-Br^ tagne, pages 7, 12).
Comme le Gargantua gallot (cf. p. 54) qui saisit un cheval par la queue pour s'en faire une massue, Roland prend un chien par la queue et s'en sert comme d'une arme (Cerquand, p. 16).
Olivier, compagnon de Roland, du deuxième coup de sa massue, fait pencher le phare de Babylone (cf. la mère de Gargantua fusant pencher le docher de Mézières, p. 50, et le Gargantua corse qui arrache la tour de Bastelic^). f
M. Cerquand fait observer que la légende de Roland et cdle de Hamalau ou du Fils de VOurSy se font de fréquents emprunts ; c'est une observa-
(i) Cf. sur les pierres que la tradition prétend avoir été placées par le diable, Roland, etc., une étude de M. Cerquand : Tarants liibobok publiée dans les Mémoires de V Académie de Vamelme, 1881 .