LA CONSTITUTION
François II promulgue une constitution. — Crise ministérielle. — Physionomie de Naples. — Le baron Brenier frappé dans sa voiture. — État de siège h Naples. — Le Véloce. — Conspiration réactionnaire. — Excès de la soldatesque. — Bataille de Melazzo. — Garibaldi !t Messine. — Troubles dans les Calabres.
26 juin.
11 est six heures du matin ; on vient de me réveiller en m’annonçant que la constitution est attiehée. Je m’habille en courant, je saute dans la rue. La nouvelle circule déjà, timide encore et clandestine; on craint une surprise ou un leurre, une épreuve, une provocation. Serait-ce un piège de la police qui nous jette ce gâteau pour voir de quel air on y mord; — ou peut-être une audace de l’opposition, qui proclame de son propre chef un statut ironique ? On se regarde, on passe son chemin, on fait semblant de ne rien savoir. Cependant là-bas dans la rue de Tolède , au coin d’une maison, l’atliche, solitaire encore, appelle
DES DEUX-SICILES
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les passants. On n’ose la regarder, et pourtant aucun sbire ne la garde. Je m’approche et je la copie, mon carnet à la main. Ma témérité encourage le public : un curieux s’arrête négligemment et guette par-dessus mon épaule; il en vient quatre, il en vient dix, une bande, une foule. Un brave lit tout haut, pendant que j’écris. Pas de cris encore cependant, point d’acclamations : un reste de défiance. Est-ce sincère , est-ce possible? J’ai fini d’écrire, et je ne sens rien encore dans la foule qui m’enveloppe. Je rentre et je traduis ce que j’ai copié :