CHAPITRE IX
Imminence d'une reprise d'hostililés. — Activité déployée par Coligny en Picardie. — Charlotte de Laval au rhAteau deChàtiIlon-sur>Loing. ^i-Les hostilités recommencent. — Mouvement de Tarmée ennemie sur Saint-Quentin. — Coligny se jette aussitôt dans cette place pour la défendre.
Le coup qui venait d'ôlre porté aux Impériaux n'était-il, de • la part du roi de France, que le prélude d'une action générale qu'il allait promptement engager contre eux? Non, Henri II, sans plan arrôtc, hésitant entre un pas rétrograde à faire et une marche en avant, cherchait d'abord à savoir ce qu'on pensait, dans les Pays-Bas, de la tentative faite sur Douai, et du fude traitement infligé à Lens. Les Impériaux étant demeurés quelques jours sans aj^âr, ni môme réclamer, il ordonna le renvoi immédiat des prisonniers faits sur eux, la restitution du butin enlevé, et la liberté de circulation, d'un pays à l'autre, en leur faveur, dans l'espoir que « par là ils n'auroient point d'ocy> casion de prendre son entreprinse pour rompture * j>. Ces mesures ne devaient toutefois ôtre exécutées, qu'autant «: qu'on y> ne connaîtrait pas que les Espagnols fissent le contraire de i> leur cousté* ».
Interprète des intentions du roi, le connétable, dans sa correspondance avec de Ilumièrcs, n'avait pas suffisamment tenu compte des faits auxquels s'appliquait cette restriction : l'amiral
i. I.ellro du connétable à de Huinièros, du il janvier 1557. (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. :]135, f> 67; et V' Colberl, vol. :23, f 207). 2 Môme lettre, ibid.
en fui. jiislement blessé. DéploranL li;s imprudentes concRssions' faites Ji un cniR'mi qu'il eùi lallii, pour le momciil, se borner à «Itscrvcr de près-, en atlcndani qu'éclatassent d'inévitables représailles, il Uni au gouvej'ueur de Péronne, le 1 7 janvier 1557, ce ferme langage ^ :
t Monsieur de Huaxières, j'ay reçu la lettre que vous m'avez » escrite du xni de ce mois, par laquelle me files entendre que » M' le conneslable vous a mandé rendre les prisonniers el » aiitre butin cfVii a nagiiéres esté prins sur les subjectz du roy » d'Espaignc, de quoy j'eusse bien désiré que m'eussiez adverty » devant <|ue de y loucher. Si vous y avez commencé, de par
> Dieu soit : mais, je vous en prie, monsieur de Ihimières, » gardez le reste de ce que vous pouvez encores avoir, jusques » h ce que je le vous mande, el, une antre fois, quand je seray » pardeçà, pour quelque commandement que vous aiez, ne » passez point oultre, sans premièrement me le faire sçavoir, » mesme là où il sera question de chose si impoitante que uelle-
> cy; de cela je vous en dcschargeray tonsjoiirs*, car M' le
> conneslable ny aultre ne peut sçavoir l'csial des alTaires de 1 mou gouvernement si bien que moy; cl depuis qu'il vous a
* cscripi, je luy ay mandé d'autres nouvelles quy luy pourront, » sçay-je bien, avoir fait changer d'advis, cl davantage cela » regarde si loiog, qu'il importe bien en prendre conseil &
• loisu'. On ne peut silost sçavoir h la court ce que nos voisins » innovent que je faiclz, qui est sur quoy il se fault gouverner. » Ils ont brftslé naguères Ricquebourg et une maison en ung
> village d'ung autre coslé et faict d'autres courses sur nous, » cl je vous en laisse h penser ce qu'ilz diront, si là dessus nous
I. Voir, à i' Appendice, n° SI, divprses IcUrrs du coDoéUble.
ï. Voir, ki'Appetiilice,a° 52, une IcHro doColigny à du llumicrrs du 10 janvier 1537.