Bibl. rai., am. t. fr,, vol 3l3S
i. CoBune il l'en »vuîi rlécliurgi*, ditns un i\-i« particulioi', p^r leUu: du 15 jii(.»i.r I.T.i7, Voir Appendice, u° 53.
» allons entrer en restitution de telle sorte, et s*il ne seroit pas » meilleur de faire que cela vint d'eulx, comme je prétendois ]» et je pense estre faisable, et par là pouvez bien veoir la faulte i> que ce sera, si vous y avez procédé, comme me Tescripviez; !> s'ils sont retournés en leurs maisons, c'estoit assez de ne les » y travailler plus, mais encores pour cela ne fauldroil-il pas » laisser de s'en deffîer plus que s'ilz n'y estoienl point, el }i» penser que toute leur intention ne tende que à prendre la j) revanche de moy, ainsy que je suis bien advelt-ty; et, quelque ]> mine qu'ilz facent, assurez-vous que c'est tout leur but d'au-
> jourd'hui, et que sur tous ilz s'addresseront à vous s'ilz peu-
> vent, ainsy que je vous ay par cy-devant escript; vous priant
> d'y regarder de près et me mander ce que vous apprendrez de D leurs nouvelles mesures, ce que vous en rapportera celuy
> qu'avez envoyé devers Tournay.., Advertissez bien le peuple
> d'alentour de vous qu'ilz ne se fient en rien du monde et re- ]> tirent tout ce qu'ilz ont, synon ce qu'ilz auront envie de » perdre. j>
L'amiral ne s'était pas trompé en disant, le 17 janvier, c que » toute l'intention des Impériaux ne tendait qu'à prendre re- » vanche de luy y> ; car, à peu de jours de là, il apprit qu'ils venaient d'attenter à la liberté de l'ambassadeur de France, et de recommencer leurs courses et pillages sur la frontière. D s'attendait à voir de l'Aubespine et Renard, rappelés par leurs cours respectives, quitter, chacun, leur poste, et « par là, écri- » vait-il, le 23 janvier*, nous aurons une pleine certitude du y> bien ou du mal advenir d. 11 était prêt d'ailleurs à agir énergiquement contre l'ennemi, d'après les ordres du roi.
De son côté, le connétable signalait, en ces termes, le 24 janvier, au gouverneur de l'une des plus importantes places de la frontière, la reprise des hostilités^ : «Le sieur de Bassefontaine
i. BiM. nat., mss. f. fr., vol. 3135, ^ 93.
2. Bibl. nal., mss. f. fr., vol. 31 i8, IM, el V* Colbert, vol. 23, ^ 209.
» nous mande que l'on luy a baillé sa maison pour arrcsl cl â » ses gens, avec deffence de n'escripre ne négocier avec qui que
* ce soit, qui est cause qu'il nous fauldra Taire de mesmes ^ » l'endroicl de leur ambassadeur'. Avec cela nous avons sçeu » qu'ilz ont recommencé les coui"ses et pilleries, tant sur la » frontière de Champaigne et Metz, que sur celle dePicardye; V de sorte que le roy, qui n'est pas pour comporter telles iiidi-
* gnitez et hostililcz, a escript h M' de Nevers et au sieur de » VieilleN-ille, et semblablemenl h mon nepveu monsieur l'ad- » mirai, qu'ils laschent tous la bride à leurs gens pour en » prendre la revanche de toutes pariz et par tous les moïens » qu'il leur sera possible, excepté le feu, ainsi que je m'asseure » que mondit nepveu n'aura failly do vous en avoir adverty. Et,
* à ce que je voy, il sera bien mai aisé d'y pouvoir riens rabiller
> el de vivre plus avec eulx que boslillement. Et pour ce, vous < ri^arderoz de faire arrester tous leurs courriers qui passeront » par Péronne, et tous marchands ou autres subjects du roy » d'Angleterre qui n'auront sauf-conduit pour leur passaige qui
* leur ayt esté octroyé depuys telles novaiitez comme en sem- » blable ilz ont faicl de leur part ainsy que j'ai sçeu. »
L'amiral, confirmant dans une lettre du 30 janvier, à de Humières, « ce qu'il luy avoit escript sur ce que le connestable y avoit mandé de la façon dont il falloit se gouverner à l'endroicl
> des ennemys », ajoutait : « S'il se présente à vous quelque
> moïen d'entreprinse pour endommager lesdits ennemys avec
> ce que vous avez de forces, ne les csparçnez point; et encores » si la chose valoit en prendre la peine, vous donneray-je tousc jours du secours quand il en sera besoing ^. n
Le centre duquel rayonnaient alors, sur une foule de points
1. Ce ({ui, ea eitel, eut liuu presque aiissilûl. Vuïr les lettres ailressjes, le S7 jaiiner 1557, par lu connétable i de Huntifres. (Dibl. nal., mss. t. fr., vol. 3I3S, t- »-. el V Colbert, val. 23, t- 209), el à Heiiar.l (Paji. d'Étal dr Gran- \eUif. I. IV, p. 762).
S. RM. nat.. niss. f. fr., vol. 3135, (■' 107.
du temloire de la Picardie, l'incessante surveillance et les ordres de Goligny, était Âbbeville, où il résida avec continuité, depuis le milieu de janvier 1557 jusqu'au 22 avril suivant.
De nombreuses lettres de lui, appartenant à cette période de trois mois ^ témoignent de son infatigable activité, dans l'exercice de sa charge de gouverneur. C'est ainsi qu'on le voit, tour à tour:
Oi'ganiser la garde des places de guerre de son ressort, par une ordonnance, que les officiers qui y commandent auront soia de ne pas divulguer, de crainte que l'ennemi, s'il en connaissait les dispositions, ne réglât d'après elles ses opérations agressives (lettre du 21 janvier 1557);
Pourvoir aux fortifications (^lettres des 19 février, 18,22 mars,
20, 22 avril) ;
Prendre des mesures relatives : 1° aux armes et munitions de guerre (id. 3, 5 février), — 2'' à la garde des portes des villes (id. 27 février), — 3° aux monstres ou revues des troupes (id. 18, 20, 24 mars), — 4" aux garnisons que celles-ci doivent tenir (id. 27 janvier, 1, 2, 3, 11 février, 18, 19 mars, 17, 22 avril), — 5'' à la protection réclamée par le commerce des chevaux, dans ses rapports avec le service de remonte de la cavalerie (id. 29 janvier, 3, 10 février), — 6° à la perception des droits sur les boissons (id. 19, 27 février), 7** à la répression des crimes et délits commis par des militaires (id. 20 février), — 8° et à celle des excès dont ils se rendraient coupables envers les populations (id. 2 mars), — 9' a la répartition du butin fait sur l'ennemi (id. 21 février, 17 avril);
Prémunir, dans la limite du possible, les propriétés privées contre les atteintes de l'ennemi (id. 22 janvier, 5 février, 12, 21 mars, 21 avril) ;
Réglementer le commerce des grains (id. 22 mars, 1, 3, 11 avril) ;