Ibid, Môme lettre du 26 janvier
3. Oue les premières lettres écrites par Coligny^ dés dchut de son incarcération au château de TÉcluse, aient été adressées à sa femme, a ses frères, à sa sœur, c'est ce qui ne peut faire Tohjet d'un doute. Mîilheureusement, le texte d*aucune de ces'letlres n'est parvenu jusqu'à nous. La seule trace, croyons-nous, qui subsiste d'une correspondance entamée vers cette époque, par l'amiral, avec d'autres personnes que des membres de sa famille, se rencontre dans ce pas-
Cest ainsi qu'en sa qualité de gouverneur et de oapilaine généra! des Pays-Bas, Einmanucl-PIiiliberl commandaïl. en mailre. Ses subordonnés s'inclinaient devant ses ordres; ses prisonniers en subissaient resécuUon parfois brutale, mais ils avaient du moins pour eux, quand ils savaient imiter un Coligny, l'inaliénable privilège de la dignité morale dans la soiilTrance.
Essayons maintenant, h trois siècles de distance, de jiénétrer par la pensée dans la sombre enceinte du château de l'Écluse, pour y évoquer avec une respectueuse sympathie le souvenir de la solennelle épreuve imposée à un grand homme, et qu'il supporta si noblement!
Quelles que soient l'énergie et la résignation d'un héros aux prises avec l'adversité, elles ne peuvent l'affranchir de la douleur physique : l'amiral, dans le cours d'une carrière fi-équenmienl travei-sée par d'austères dispensations, eut plus d'une fois h faire l'expérieqce de celte vérité. A peine, depuis quelques jours, les portes du château de l'Écluse s'étaient-elles refermées sur lui, qu'épuisé de fatigue et brisé par de poignantes émotions, il tomba gravement malade. Pendant quamnte jours consécutifs, il fut en proie à une fièvre dont l'intensité dénotait un mal profond qui mit ses jours en danger. Quelle était la nature de ce mal? Dans quelle mesure fut-il combattu par des soins éclairés et assidus?C'est ce qu'on ignore. On sait seulement que la forte constitution de l'amiral en triompha.
Dés qu'il fut entré en convalescence, « il se fit apporter la ■» Sainte Écritnre, pour, en la lisant, recevoir consolation et » soulagement de ses ennuys '. »
La spontanéité avec laquelle, du fond de sa lugubre soli-
sage d'une leUre adressé)!. le 13 seplembre 1557, |iur J. J'EslouU'Tilli- de Villrbon A Je Ilumiéres (Bibl. nut.. itiss. colled. Clériunbault, toI. 3âl, r< 374<J) : «... Je Tiens de roce»oir 1^5 Ultm de M. l'itmyrai. Je luy fais un mot di- ri- 1 ponsp, que je vous pm de liniller au irompeUc, qunnd vous luy iloniier^Z > congi lie i'ea retourner. »