‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 117 sur 241 · fiibl. naL, mss. f. ît., toI. 4129, f · texte numérisé non relu

fiibl. naL, mss. f. ît., toI. 4129, f

se vissenl; aussi, ne fil-on sortir Coligny du chàleau de l'Écluse qu'au moment où le connétable l'ut conduit de celui de Gand h Eughien, où il allait continuer ;i être, de la part du vainqueur, Tobjet de ménagements particuliers. La famille d'Anne de Moulmorency concevait Tespérance a que la beauté du lieu luy

> pourroii grandement servir à recouvrer une parfaite santé, et » aussi qu'il aurait commodité de se promener quelquelois dans » le parc qui esloit fort beau ' s. Quant à lui, il comptait si bien sur la réalisation de cette espérance, qu'il demandait que, pour ses promenades, « on lui envojîlL (de France) une mulle

* elunc haquenée ■ ».

Coligny arriva à Gand dans un étalde souITrance assez sérieux pour nécessiter des soins spéciaux. Il put beureusenient y recevoir ceux de l'un des meilleurs médecins de France, de Chapelain, qui continuait h traiter en Flandre le connétable des suites d'une blessure regue à la bataille de Saint-Quenlin. Chapelain avait été envoyé par l'oacle à son neveu. Celui-ci fut assez promptemcnt rétabli de sa maladie pour pouvoir, le 31 mars, rédiger UQ écrit d'une certaine étendue ^, et surtout renvoyer le lendemain, au connétable, Chapelain, porteur de la lettre suivante * :

<c Monseigneur, je n'ay pas plus voulu retenir M. Chapelain,

* présent porteur, craignant qu'il ne vous feist plus de faulte » qu'à moy, car maintenant, la grâce à Dieu, je me porte fort » bien, ainsy que de luy mesuie vous pourrés entendre. Je désire

> bien sçavoir qu'il n'y aye plus d'os à sortir de vostre playe

> alïin qu'elle se puisse refermer. Pourtant vous suppliay-je

t. Leitre du cardinal de Cliàtillon au connétable (Uibl. nal., niss. i. fr.. vol.

s. Ibid., Idem.

3. Voir f la déctaratioii de moiiaieur l'admirai de l.liaslilloa fHile, le 31 mnrs

> 1558, en faveur el k la prière de Francisque Diai, soldat espagnol, pour les-

* moigner de igui il esloit prisonnier, i Du Itouchel, ouvr. cilé, p. 5IG à 518. — Iloimaa, Vie de Coligny, U-. îr., ùdil. ItiUS. p. 2G7 â Ht.

4. Lettre ite Coligny à son onde le cunuètable, du I" anil 1558 (Bibl. nal., fgm- 1. fr., yoi. 3iii. f i'H.

9 quand vous en aurés le moïen me faire sçavoir de vos nouvelles :

> de ma part je n'y fauldré point. Je me recommande très- 1^ humblement à voslre bonne grâce et supply Dieu, monsei-

> gneur, vous donner en santé très-bonne vie et longue. Du chas-

> teau de Gand, ce premier jour d*apvril 1557 (1558 n. s.). )) Vostre très humble et très obéissant nepveu, Chastillon. >

Cliapelain, attaché jusque-là à la personne du connétable, dut bientôt le quitter pour aller, en France, occuper près du roi le poste de premier médecin, qui semblait être héréditaire dans sa famille, car déjà, en 1544, un médecin du nom de Chapelain était, comme ayant succédé à son père, médecin de François P' *. Henri II pourvut lUi-même au remplacement de Chapelain près du connétable en lui envoyant Pépin, sous la protection d'un sauf-conduit accordé par le duc de Savoie ^. La santé du connétable, à ce moment, s'était notablement améliorée, ainsi que Tun de ses fils, Méru, qui venait d'obtenir sa mise en liberté moyennant rançon \ l'annonçait, lors de son retour en France, à su famille et à la cour *. Coligny, dans cette circonstance, écrivit à son oncle ^ :

« Monseigneur, ayant trouvé la commodité de ce porteur, je

> n ay voulu faillir vous fîiire ce mot de lettre pour vous advertir

> que, le jour de pasques, je reçus des lettres de Fiance, entr'au-

1. Mandat du i^ fémer 1513 (i54i. a. s.) relatif à son traitement (Bibl.nat.^ mss. Chartes royales» toI. 27, pii^e n^ 857). Ambroise Paré (ŒuTres compk^ in*^; Paris, 1607, p. 348 et 401) parle de Chapelain comme étant premier médecin du roi.

S. liettre du cardinal de.Châtillon au cardinal de Lorraine, du 8 mai 1558. (BiW, naU, mss, f. fr., toI. 6611, t 57).

X Lettre du connétahle à sa femme, du 9 mars 1558 (Bihl. nat., mss. fir., vol« 3Ui« ^ 49 bbV » hèces de compUbilité des 9 mars, 15 et 18 août 1558 libkL,r^49hisel 53).

4« Lettrée du cardiiial de Chàtillon et du dauphin au connétable, l'une, doq datée, Taulre du i5 mars 1558 ^Bibl. nat, mss. f. fir., vol. 3139, f^ 49 et 7iK -- V^ir aussi lettre du cmrdinal de Cbitillon à de Langue du 13 mai 1558 ^ttibU iiaL« mss. t fr., toL ili9, ^ 75>.

ft. BiM« nat.» mss. Collect. Clèftttbaait, toL 351, ^ ilà».

» Ires de M. le Cardinal de ChasUUon, par lesquelles me faicl » entendre l'arrivée de M. de Méru, par lequel le roy el toute ï ceste compagnie-là avaient esté fort aises d'entendre de vos

> nouvelles; el pour ce que je pense bien que vous n'aurez pas ï failly il en avoir aussy, je ne vous diray rien davantaige sur ce j propos, sinon que Ion m'assure que tout se y porte bien. s Depuis deux jours sont arrivez les douze pièces de vin que

> j'ay faict venir de France, mais ilz ont esté si mal traictez par » les chemins, qu'il en a bien fallu deux pour remplir le i demeurant. Vray est que ce n'est que ceux du gouverne- B ment de M. de Montmorency et du rayen. Quant ilz seront » rassis, s'il y a quelque chose qui vaille, je le vous manderay t pour en prendre ce qu'il vous plaira. Quant k raa santé, » depuis cinq ou six jours, je me suis un peu trouvé mal s de quelque accez de fiebvro- tierce, mais hier, qui estoit t mon jour, je n'euz riens, qui me fait espérer que j'en seray

> quitte pour cela, Dieu aydant, etc., etc. De Gand, ce » 13 d'avril 1558. »

Entre le connétable elleduc de Savoie continuait un échange de communications *, qui revotaient parfois un caractère politique, ainsi que le laissent entrevoir ces paroles du cardinal de Chûtiilon ' : n M. le Connestable n'a pour le désastre qui luy » est advenu, perdu riens du courage qu'il a au service de son » raaistre, comme il a fort bien faict parestrc k monsieur de » Savoye, qui l'est allé veoir, pour les sages et braves rcspon-

> ces qu'il luy a faict. >

Que n'aurait pas eu à dire, plus énergiquemenl encore, le cardinal de Châtillon du langage qu'eût tenu son frère au duc de Savoie, si celui-ci eût jugé k propos de le visiter et

1, teUre du Juc Je Savoie r. fr., Tol. 3139, f 65).

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