Lelire ilu 13 mai 1058 •■ P
Il coiiDi^labli.-. (lu 4 avril 1358 (Bil)l. oui., ni$s.
de Lavigne (llibl.
, inss. f, fr., vol. 1129,
d'aborder avec lui certaines questions du moment, sur lesquelles l'amiral se fût prononcé sans détours, avec l'ficcent d'un indomptable patriotisme!* Mais Emmanuel-Philibert redoutait de se mesurer avec un tel interlocuteur; aussi s'abslint-il de le voir et de lui parler, et le laissa-t-il, au château de Gand, comme à celui de l'Ecluse, livré à ses méditations habituelles.
Tout, dans celles-ci, de même que dans le caractère du héros prisonnier, était grave et calme. Elles se portaient tour à tour sur sa famille et ses amis, sur ce que, çà et là, de fidèles mais rares communications pouvaient lui apprendre de la marche des événements, sur Tavenir de la France ; et sa pensée s'élevait fréquemment des choses de cette terre & celles du ciel. L'unique voie d'initiation à la connaissance de ces dernières s'était ouverte devant lui, et demeurait constamment accessible à ses sincères investigations; car la Bible, qu'au début de sa convalescence, en 1 557, il avait réussi à se procurer, était restée, depuis cette époque, sa compagne fidèle. 11 Tétudiait assidûment et joignait à la lec* ture de ce saint volume celle de divers ouvrages religieux parmi lesquels figurait un livre que d'Andelot, dans sa sollicitude fraternelle, lui avait envoyé, parce qu'il le considérait comme « plein de consolation et propre pour le coni> soler, en l'ennui de sa prison * ». Par là, Coligny avait, dès les premiers temps de sa captivité, <c commencé à prendre > quelque goust de la pure religion et vraye piété et du i> vray moyen de prier et servir Dieu ^ >. Vint plus tard le jour où l'étude approfondie de la parole jdivine, après avoir graduellement développé ses convictions, fmit par entraîner une complète adhésion de sa part aux grandes et pures doctrines de la religion évangélique. Tel fut, pour employer le langage d'un homme vénérable à qui, par la suite, il ouvrit plus d'une