‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 119 sur 241 · Uotman, Vie de Coligny, tr. fr., édit. de 1665, p. SI · texte numérisé non relu

Uotman, Vie de Coligny, tr. fr., édit. de 1665, p. SI

fois son cœur, le moyen par lequel, « dans sa prison, il fut » gagné au Seigneur, pour eslre, un jour, instrument d'eslile » en son église ' ».

Cependant d'autres pensées que celles des choses d'en haut assiégeaient l'esprit de deux hommes aussi profondémenthostlles à Coligny, k d'Andelol et à Odet, que ceux-ci, dans l'élévation de leurs sentiments et la rectitude de leurs actions, se montraient dévoués aux intérêts supérieurs de la France. Gônés dans leurs allures ambitieuses et despotiques par la haute situation qu'occupaient à la Cour et dans la société les trois Châlillon, François et Charics de Lorraine aspiraient, de concert, & les en faire déchoir, et h reléguer, en même temps, k un rang secondaire les princes du sang et le connétable; de telle sorte que, la royauté étant ainsi privée de ses plus fermes appuis, ils pussent, à loisir, l'enserrer dans leurs liens, la maîtriser, et peser, de tout le poids de leur omnipotence, sur la France entière.

Rien ne devait coftter aux deux Lorrains pour atteindre le but qu'ils se proposaient : la preuve en fut bientôt faite.

Ils commencèrent par se prévaloir du mariage qu'ils venaient de faire conclure ^ au dauphin avec la jeune reine d'Ecosse, leur nièce, pour empiéter sur le rang et les prérogatives des princes du sang, en élevant la prétention d'Gire désormais devenus tout au moins leurs égaux; puis, comme ces princes revendiquaient de nouveau le droit de participer au maniement des affaires de l'État, ils le leur dénièrent, et s'allachèrent h annihiler le peu d'inlluence qu'ils avaient conservée jusque-là.

Les récents malheurs de la France avaient puissamment servi les intérêts du duc de Guise, en le tirant d'une situation précaire, en Italie, pour l'élever tout à coup, dans le royaume, au faite du pouvoir. L'infortune d'aulrui le servait également, et il

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