‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 122 sur 241 · Th. de fiéze, Hist. eccL, 1. 1, p. iil · texte numérisé non relu

Th. de fiéze, Hist. eccL, 1. 1, p. iil

l 6. Hist, univ^ t. U, p. 564 à 566. Il importe de consulter ce récit en entier.

« La prison du connétable de Montmorency, leur ennemi, et

> de l'amiral de Coliftny, leur fournissoii déjà, dit-il, une occa- « sion de l'aire tous leurs eiïorts pour s'emparer de toute l'auf torité, dans uue cour pleine de factions. Après le connétable

K et Coligny, ils avaient pour adversaire d'Andelot, colonel de ! » l'infanterie frangoisc, que celle chaîne rendait Irès-considé- ' p rable dans l'armée. C'est pourquoi le duc de Guise, qui vou- » loit s'allribucr toule rautorilé sur les troupes, fit accuser » d'Andelot devant le roi, d'avoir de mauvais sentimens sur la I religion, afin de le dépouiller de celte dignité. Le roi consi- » déroil d'Andelot, lani à cause de l'amitié qu'il avoit pour son

> oncle, que par son piopre mérite, elà cause des services ira- » porlans qu'il avait depuis peu rendus au siéjie de Calais '.

B Le cardinal, pour lui faire perdre l'affection du roi, se ser- B vil d'une occasion qui se présenta dans le mSme temps.

» La duchesse Christine, mère de Charles, duc de Lorraine, » fille d'un tyran barbare et inhumain, et d'Elisabeth, sœui- de » l'empereur, haïssait la nalion française. Celte princesse, ayant

> accompagné Philippe, s'élail avancée jusqu'à Péronne,avec » l'î^i'ément du roi, pour y conférer avec son fils. Le cardinal

> de Lorraine oblinl du roi la permission de se rendre au même » endroit, avec le duc son frère *. On parla d'abord des moyens B de faire la paix, et on dit qu'Antoine Perrenot, évéque d'Arras, t qui accompagnait Christine par l'ordre du roi d'Espagne, eut

> avec le cardinal des conférences secrètes ^, dans lesquelles il

l. * Quant â Calais, sçavoit bicinJirc le fou rov, i|ue c'estoil par force qu'il y » avoil eavoyé M. de Guyse : bien recognoissant Sa llaJRSté que les sieurs J'An- » delot el d'Esiréesy avoyent aulanl servi que autres quelconques. SI. de Guyse I y a eii lie l'honueur i bon inarcbc. ■ (Carok's du viduiuu du Ctiarires, eitivs par de i,a)dac<:, Comment., t- Cl, 13^.)

t. Vdr, au saji-l de l'entrevue dunt il s'agit, an document signé i Cambrai le 13 mai lÂ'iS, par la duclicsse douairière de Lorraine et par le sieur de Vaudé- (Dont (Bitil, liât., mss. I. fr., roi. 6 617, f* Si).

3. l/èvôque d'Arras, Oranvellc, homme d'esprit, pour sa longue etpérience > èx ofaires d'estat, eâtoit encore plus rusé que le cardiaal de Lorraine, daque)

» lui représenta que le roi d'Espagne élait très-lâché que des

> guerres allumées par des motifs d'ambition, entretinssent'

> une désunion fatale au vainqueur même, et que l'inimitié

> augmentant de jour en jour épuisât peu à peu les forces des y> deux nations qu elles devaient plutôt réunir contre le Turc,

> leur ennemi commun et celui de toute la chrétienté; qu'au )> reste, les deux nations avaient un ennemi beaucoup plus

> dangereux, qu'elles nourrissaient dans leur sein, l'hérésie, qui, » à la faveur de la désunion des princes, répandait son poison ;

y> que la Flandre et la plus grande partie de la France en

» étaient infectées, et qu'on ne pourrait y remédier, tant que la

y> guerre durerait; que le cardinal mériterait la reconnais-

^ sance et la vénération de tous les gens de bien, s'il engageait y> le roi à consentir à la paix, et s'il unissait par ce moyen deux » princes puissants, pour joindre toutes leurs forces en faveur y> de la religion, dont ils ne pouvaient conserver la pureté, tant » qu'ils souffraient les sectaires répandre leurs erreurs de tous

» côtés Dès que le cardinal fui arrivé à la cour, il y rapporta

y> avec artifice au roi les entretiens qu'il avait eus avec la duy> ehesse Christine et Tévéque d'Arras. 11 y représenta que Phi- » lippe craignait, qu'à la faveur de leurs divisions, les sectaires » n'infestassent de leurs opinions les deux royaumes, sans qu'on » pût dans la suite y remédier; qu'on voyait déjà les funestes y> progrès de Fhérésie. Il ajouta qu'il savait par lui-môme que la » plupart des seigneurs du royaume en étaient imbus et com- » muniquaient aux autres leurs dangereux sentiments; que y> révoque d'Arras lui avoit particulièrement désigné d'Andelot, j) qui avait osé proférer en public des paroles sacrilèges contre y> le saint sacrifice de la messe ^; que ce motif engageait Phiy> lippe, qui voyait la religion en péril, à proposer un accom-

» Granvelle connoissoit ]*hunieur, ayant pcsché si avant en ses entrailles, que > jamais anatomie ne fut mieux faite >. (H. de Laplanche, Hist,, p. 637.) 1. De Laplace, Comment., f<* 14.

■^ mollement Ce discours fit impression sur l'esprit du roi

n II ne crut pas devoir négliger les avis que le cardinal lui avait

> donnés sur les sentiments de d'Andelot, dont il avait déjà ï appris queliiuechose par les émissaires des Guises. >

Or, d'AndcIol, au printemps de 1558, s'était rendu en Breliigne, où, pendant un mois environ, îl avait fait prôclier publiquement, en divers lieux, deux ministres, Carmel et Loiseleur, qui l'accompagnaient '. Gel acte d'énergique indépendance - fui porté à la connaissance du roi et insidieusement commenté devant lui. Fi-ançois et Charles de Lorraine ne manquèrent pas de stigmatiser, comme entaché d'hérésie, le colonel-général de rinfanlerie l'ran(;aise^ Celui-ci, lors de son retour, inibrniédu langage tenu par ses détracteurs, se montra prût à justifier sa conduite aux yeux du souverain. Henri II a donna oidre au

> cai-dinal de Chûtillon et à Montmorency, son cousin, de le » faire venir et de l'avertir auparavant de répondre avec inodéj ration aux demandes qu'on lui ferait; il leur dit même iju'U

> trouverait en lui un Juge favorable, et qu'il souhaitait le voir * innocent du crime dont on l'accusait. On manda donc d'Aii- B dt'Iot. Après avoir été averti de la conduite qu'il devait tenir, » il se présenta au dinerdu roi, qui était à Monceaux, maison 9 de plaisance de la reine, proche de Meaux *. «

On sait, d'après le témoignage ded'Andeiol lui-nièine, ce i|ui SG passa, dans cette circonstance, entre lui et Henri 11. De là l'intérôt particulier qui s'attache, comme k un écho fidèle de ses

I. Voir Bur re point l'HUloire eccUiiailiiine de Bretagne, p-ir l'Ii. Leuoir. nenr du Crevaiu; l'aris et Nanles, l$51, io-S, p. 5 A 18. — Tli. de B^xe, Hitl. ecel., 1. I. p. 150 h 153.

S. Coniini! ou uhjvclHil à d'AmlcIol, i|u'eii cela il conlrevenaît aux ûilits du roi, « d répondu cotirniçcuicmeiil tiu'il esloit fidèli! serviteur du roy, pour luy ) uhjlr en luuleï ch'ises ciriles et de son estai, mnis quant i sa conscience, ijn'îl

> atroituti my nu ciel, auquel il voulait servit-, sur loutes clioses. > (T)i. de Btte, lliit. fcd., I. I, p, lôO-l

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