IleThou,//(((. KHJtr., 1. II. p.SGG
propres paroles, au récit suivant , que nous empruntons à Th.deBèze^-
c Le sieur d'Ândelol se relira vers le roy, auquel il parla en ]» présence de peu de gens, entre lesquels estoit le cardinal de
> Lorraine. Le roy, en premier lieu, luy remonstra (comme le
> dit sieur d'Andelot l'a depuis récité) la nourriture qu'il avoit 1 prinse avec luy, l'amour etgrande affection qu'il luy avoit lous-
> jours portée et portoit; que pour ceste cause il n'attendoit ^ rien moins de lui qu'un revoltement de la religion de son
> prince, pour l'adhérer à une nouvelle opinion : et sur ce le
> chai^ea de quatre choses, l'une, d'avoir fait prescher doctrine
> nouvelle, l'autre, d'avoir esté au Pré-aux- Clercs, la troisième,
> que M. de Guise lui avoit dit qu'il n'alloit plus à la messe et
> qu'on ne l'y avoit veu en tout le voyage de Calais; la quatrième,
> qu'il avoit envoyé des livres de Genève à l'amiral son frère. » A cela il respondit en ces termes, ou semblables :
j> Sire, l'obligation que j'ay à Vostre Majesté pour voz bien- » faits et honneurs m'a tellement asservi, que je n'ay espargné » pour vostre service par infinies foys ny corps, ny biens, et » ne suis ny ne seray jamais las de continuer tant que j'auray -» la vie au corps, y estant naturellement obligé. Vous ne trou- » verés aussi estrange, s'ils vous plaist, si, après avoir fait mon j devoir à vostre service, je m'estudie à chercher mon salut, et
> si à ce faire j'employe le reste de mon temps.
» La doctrine que je confesse avoir fait prescher est sainte et
> bonne, et prise du vieil et nouveau Testament, approuvée des
> anciens conciles et de la première église, et est celle que nos
> pères ont tenue et creue.
> Il ne se trouvera point que j aye esté au Pré-aux-Clercs, » comme l'on m'accuse. Que si j'y a vois esté, je ne penscrois
> pour cela avoir rien fait contre Dieu ny contre Vostre Majesté,