Hist. eccl.y t. I, p. iU
3. Ce fut sans doute vers cette époque, que Henri II adressa à Anne de Montmorency le billot suivant : < Gardez voslre santé, car la vye de vostre aroy
> ne dépend que de la vostre. Ce porteur vous dira ung propos touchant Ande- 1 lot; ne vous en fichez point, car tout ira bien. Je ne vous feré plus longue
> lettre pour ce coup, ayant si bien informé ce porteur, que je m'assure qu'il
> vous rendra bon conte de toutes choses; je prye à Dieu, mon amy, quy
> veuille ouir mes prières et les vostres. Vostre bon amy, Henry. » (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3139, f» 5.)
i, € Finalement Andelot condescendit à se retirer de cette prison après qu'une
> messe seroit dite en sa présence, sans autre abjuration verbale, et mesme
> ne portant pas beaucoup de révérence à la messe ; ce que néantmoins il reco- 1. gnutdepuis avoirfait par grande infirmité.» (Th. de Bèxe, HisL eccL^U I,p. 145.)
» condamna toujours cet acte jusqu'il sa mort, cl il l'amcntla » par tous les effets qu'il était possible de désirer ' «.
Non contents d'avoir, par leurs dénonciations, provoqué la disgrâce et l'incarcération de d'Andelot, le duc de Tiuise et le cardinal de Lorraine le firent dépouiller de sa charge de colonelgénéral de l'infanterie française. Cette charge fut donnée à Biaise de Moiitluc, leur créature, qui, aprts un rehis opposé dans le premier moment, l'accepta -.
Coliyny, que son ingrat souverain continuait à tenir dans l'abandon et qui savait jusqu'où pouvait aller la haine des deux Lorrains, ne s'étonna ni de l'injustice, ni de la violence dont d'.\ndelot était l'objet; il en souIVrit, mais en silence, car les circonstances ne lui permettaient pas d'élever la voix pour venger son frère de l'indigne traitement qui lui était infligé.
Si, de son côté, le connétable se vit indirectement atteint en la personne de son neveu, il ne tarda pas i se remettre d'une impression défavoiable, en acceptant l'assurance que lui donna Henri 11, a que tout irait bien * j> ; mais, homme de cour, avant tout, il se sentait blessé au vif, dans sa vanité, par l'empiétement qui venait d'être commis sur l'une de ses principales attributions. Il ne pouvait pardonner au duc de Guise de l'avoir mortifié, en se substituant k lui pour remplir l'office de grandmaître de la maison du roi, au mariage du Dauphin; il voyait s'accroître, de jour en jour, l'audace et la puissance des deux Lorrains, dont la guerre servait si complaisamment les intérêts ; aussi voulut-il, déprimé qu'il était par ces ailiers rivaux, reconquérir, à tout prix, la haute situation qu'il avait perdue, et se décida-t-il alors à provoquer la cessation des hostilités. II pressentait qu'à cet égard les vues de Henri II concorderaient avec les siennes, surtout si la duchesse de Valenlinois était d'abord
H. Voir les divoridocumoiiU mentionniSs au n' 63 de VApptndke. t. Comment, de Montluc, èdît. di- ttuble, t. Il, |>- â55 et suiv. 3. Bitlel ci-deuus cilé. (Bibl. nat-, nis9. f. fr., vol. ;tl3», ('5.)
amenée à les partager. Sa résolution prise, il se mit aussitôt à l'œuvre. Profitant des relations qu'il ne cessait d'entretenir avec le duc de Savoie, « il fit espérer aux ennemis qu'il pour-
> rait faire consentir le roi à un accommodement. Ceux-ci lui
> permirent, sur sa parole, d'aller à Beauvais, où il parla au roi, 3> et où il regagna ses bonnes grâces. Il se remit ensuite avec 3> plus de tranquillité entre leurs mains, comme il l'avait pro-
> mis *. 3> Il venait de se convaincre que le roi et Diane de Poitiers se détachaient des Lorrains, dont les prétentions arrogantes et les menées avaient fini par leur imposer d'intolérables froissements.
Quelque active qu'eût été, dans des vues de pacification, l'intervention du connétable, les hostilités n'en continuaient pas moins. A la prise de Thionville -, d'Arlon et de Dunkerque par l'armée française succéda la défaite de Gravelines.
Peu de jours avant ce désastreux événement, Philippe II, < pour rompre, disait-il, Tintelligence que ses ennemis pourraient » avoir, avait fait desloger incontinent le connétable d'Enghien, » et l'avait fait mener au château d'Audenarde ^ ».
L'armée française et I armée espagnole se tenaient, depuis plusieurs semaines, retranchées dans leurs positions respectives, d'où une partie de leurs forces n'était sortie que pour accomplir quelques opérations secondaires, lorsque des pourparlers de paix s'entamèrent avec l'assentiment des deux souverains ennemis. Ces pourparlers eurent lieu d'abord, en septembre 1558, à Lille, puis, en octobre, à Cercamp, où, le 17 du même m'ois, alors qu'ils prenaient une certaine consistance, fut conclue une