Voir ci-tle>su>, cliap. vi
1. 1 Eu France (»»n loâôi. il n'y avoil encore proprement aucune église dressée
> en loules ses p.irlifs, eslans seulement les fidèles enseignés par la lecture
> des bons livres, et srion qu'il plaisoit à Dieu de les instruire quelques lois
> par exhortations particulièn^s. sans qu*il y eust administration ordinaire de
> la parole ou des sacrements, ny consistoire estahli : ainsi on se consoloit ran
> l'autre comme on pou voit, s*as semblant selon ropportunilé pour foire les
> prières, sans qu'il y eust proprement autres prescheurs que les nuurip-s,
> honnis quelque petit nombre, tant de moines qu'autres, preschans moins
> impurement que les autres : tellement qu'il se peut dire que jnsqoes alors
> le champ du Seigneur avoit esté seulement semé et avoit fructifié parcy
tentaux élàincnls antérieurs d'édification commune, la prédication régulière et l'administration des sacrements. En dressant, les premiers, dans leur pairie, une Église réformée, les fidèles de Paris donnent un salutaire exemple ', que ne tardent pas à suivre leurs coreligionnaires de diverses localités du Poitou, de l'Anjou, de la Saintonge. Malgré les persécutions qui continuent à sévir, notamment dans la capitale -, les Églises naissantes alfermissenl leur existence; d'autres surgissent en 1556 et 1557, sur un grand nombre de points ; la plupart d'entre elles commencent h compter, parmi leurs membres, des personnes de toutes conditions, et jusqu'à des hommes d'épée el des nobles. Accumulation d'édils, de déclara lions, d'ordonnances, dénonciations calomnieuses, injures, menaces et mauvais traitements provenant d'individus ou de foules ameutées, prisons de l'État et prisons épiscopales, Sorbonne, officialilés, inquisiteurs de la foi, juges de degi-és divers, cliambresardentes, confiscations de biens, saisies el destniclions de livres religieux, tortures, mutilations, biicbers. potences, supplices de tous
> parli : mais ({u'eii cesie année l'IièrilnRe du Seigneur commenta d'eslre » rang^ cl mis pur onlre à bon escienl. » (Th. de Bèze, Htsl. ncd., l. 1, p. 07.)
t .Voir sur les origines de l'Église réformée de Paris. Th. de Béïe, Iliit. eccl. X. I, p. 97 à 100."
i. < Outre la présence ordinaire du roy en icclle *ille de Ptiris, OTec tous les t plus grands de la religion eslans à ses aureilles, la chambre ai-donle du Par. » lejneni estoil vommi.'^ une fournaise vomissnni le feu tous les jours : la Sortboone trat-uîlloil sans cesse à condamner les liirres el les personnes : les
* moines et aulres prescheurs aitisoyeni le feu de la plus ealrange sorte igu'il
> estoîl possible : il n'y avoîl boutique ou maison tani soil peu suspecte i|ui ne i (tut touilli^u : le peuple oullre cela estant de soy-mesmes des plus slulijesde
> rraiice, esloil enragé et forcené: ce néautmoins Dieu Qt la grflce A ceste
• pelile assemblée, remeUunt révéuenient i la providence de Dieu, de dresser » le* maniues el enseignes de l'église de Dieu au milieu d'eux sur le fonnu- ■ laire et patron de la vraie église entholique el upo9lolii{ue, ainsi ijue les évan- 1 géliitcs et apostres en ont baillé le vray el {lurfaict pourtraici en leurs aainla » oscrils. El furent Iclleuient faïorisèa de Ôieu ces petits commencements, % qu'estant le l'oy et ceux qui le gonvirrnoienl du tout einpeschés, nprfs leurs
> guerrci, l'ufilre de l'église de Paris eut loitir aianl commcmié au mois de
genres, rien ji'aiTête'le mouvement évangélique *. Vienne Finquisition espagnole, et elle le maîtrisera; car il n'est, d'habitude, ni corps, ni âme d'hérétique qui échappe à ses étreintes! Ainsi le pense Charies de Lorraine. Aussitôt, s'appuyant sur le double concours du pape et de la l'oyauté, il tente d'asservir la France à la monstrueuse institution qui exerce ses ravages au delà des Pyrénées; mais les efforts du prélat à cet égard, tenus en échec par la résistance du Parlement, n'ont pas encore abouti, lorsque éclate le désastre de Saint-Quentin. Des fanatiques proclament qu'il faut envisager ce désastre comme un châtiment encouru par les puissants du jour, pour avoir traité les hérétiques avec trop de douceur *, et l'appel qu'ils font à une répression désormais inexorable devient le signal d'une atroce persécution à diriger contre l'Église réformée de Paris. Qu'importe à de tels insensés, que, dans, l'élan de son patriotisme, celle Église « aiant les yeux ouverts pour veoir le fonds des calamités 3> (de la guerre), soit sans cesse en prières pour destourner l'ire x> de Dieu de dessus le roy et le royaume ^ d! Ils n'en poussent pas moins contre elle des cris de mort: ces cris ameutent, le 4 septembre, dans le quartier Saint-Jacques, une populace qui se rue sur une paisible assemblée de trois à quatre cents fidèles, célébrant la sainte Cène^ lui fait subir d'ignobles outrages, d'horribles violences. Impuissants h réprimer ces
» septenibrs audit an 1555 <le se fortifier jusques en Tan 1557. > (Th. de Bèze, HisLeccL, t. 1, p. 99 et JOO.)
1. € Pendant ces entrefaictes, il n'estoil nouvelle que de raccroissenient du » nombre des luthériens (ainsi lors appelés en ce royaume) quelques sévères > ordonnances et punftions que Ton en eust sçeu faire. » (De Laplace, Com~ ment, f^ 5.)