‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 139 sur 241 · Liv. VII, chap. v · texte numérisé non relu

Liv. VII, chap. v

i. Où siégeait momentanément le parlement de Paris.

s i^toit lin nommé Annu Dntjoni^, qui soui^tint si audacienso- V ment, devant le roy, sa l'eligion en déprimant la nostre, que » sa majesté juni en tîiaiidc colore ^m'ê/Zc /f vcn-oil bnislerioul B vif, de ses propres ijeux, auparavant six jours : et commanda t de le mener prisonnier en la Bastille avec cinq ou six aultres, B puis se leva, bien fasclié, commandant à toute l'assemblée df » parachever le reste. Arrivé aux Tournelles, il se repentit d'y B avoir esté, bien marry qu'il n'avoil creu M. de Vieilleville ; El car par les rues il en oi'oit plusieurs qui murmuroieut de cestc « entreprise» à cause des conseillers que l'on menoit prisonniers, » qui estoieiit des meilleures familles de Paris, et qui fort con- D sciencieusemenl administraient lajiistice aux parties'. »

Quoi qu'd en fi'il du repentir allégué, le roi envoya immédiatement d'Écouen, « aux juges des provinces, des leltres-pa- 0 tentes*, commandant quelous les Luthériens fussent détruits, » disant que par cy-devanl il avoit esté empesché en ses j,'uerres n et seiitoit bien que le nombre d'iceux Luthériens s'estoit » grandement accri^ en ces troubles, mais que maintenant la B paix lui estant donnée avec Philippe, roi d'Espagne, il esloit B bien délibéréd'employer tout le temps à les exterminer ;ponr- 0 tant que de leur coslé, ils n'y (fissent lasehes; que, s'il esloit B besoin de l'orces, il metlroil ordre qu'il y auroit toujours gen- B darmerie preste pour leur tenir la main; quoi qu'il en fùst, « qu'ils l'advertissent souvent quelle diligence ils y auraient - Ihitc, car s'ils laisoient autrement cllesespargnoienl comme il n avoit entendu qu'aucuns avoieul faict auparavant, ce se-

I. ( Li's ftns li's |iliij sensi's viipieul avec iloiili!Ur quii li' rnl, |)oii!'sé |i;irili'

* mauvaig conseils, fût venu au parleniitnt pour renverser l'ordre des lois doal

* il [levait être le protecteur Qui pourrait, disaicDl-ils, s'eiii|ii>dier de luiir

I les IftchuH adulateurs (|ai, pour s'attirer la faveur des grands, ont trahi hoit- » leusemenllésseerels de leur compagnie et souillé leur MDScicnce?» (IleTliou, llisl. unir., I. II.' p. inio

1 Th. df Wïi'. llitt. m-l.. 1. I. p. 1'.H. - M-^m. di" lUstiInaii, liv. I. nh. m.

» roit il eux qu'il s'en prendroit, et seroienl en exemple aux » autres. »

riOmnient ne pas voir dans le ton comminatoire de ces lettres-patentes le corollaire de la compression exercée le 15 juin sur le parlement? Tant il est vrai que, < quand une fois j> la persécution eut commencé par ce bout-là, ce ne fut pas » pour un petit * ».

Le 19 du môme mois, le roi nomma des commissaires pour instruire le procès des conseillers prisonniers. L'acte d'insigne violence du 15 se compléta ainsi par un excès de pouvoir caractérisé; car ces ma}j:istrats devaient, d'après la loi de leur institution, n'îivoir d'aulres juj^es que les membres du parlement dont ils faisaient parue.

Voilà comment Henri II s'était préparé, sous les yeux de sa cour el des représentants du roi d'Espajrne, à une solennité de lamille dont il avait fixé raccomplissement au 20 juin!

Ce jour-là eut lieu, « au chasteau du Louvre, en présence * d(»s notaires et secrétaires de la maison et couronne de » France, > la sijïualure du contrat de mariage d'Elisabeth avec Philippe II -.

Parmi les noms des hauts personnai-es qui figurèrent comme présents au contrat ne se trouve iK)int celui dt» l'amiral. Assurément il n'y eut pas à cet égard d'omission commise par les rédacteurs de l'acte. La non-comparution de Coligny, dans celte circonstance, doit donc être attribuée à un grave motif, qu'aucun document, il est vrai, ne permet de préciser, mais «|u'on peut du moins pressentir. Il est fort probable, en effet, que, retenu ou non hors de la capitale jxir les exigences du service public, il ne se sentit, en tout cas, nullement porté à aller saluer le roi, après les scènes néfastes dont Tenceinte du parle-

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