R. de Laplanche, Hist. deFr. $, François II, p
— 3(19 — ■ Sincôre ou non, le désir qu'elle manifestait alors n'avait rien de spontané : l'amiral seul, lui eu avait en quelque sorte suggéré l'expression.
Or.c'est iciqueuous pouvons saisir netlementlapremifcre trace d'une adhésion définitivement donnée par Coligny à la relii^ion réformée et de ses relations avec l'église de Paris et ses ministres.
c Le fait est tel : l'admirai voyant souvent (Catherine de . > Médicis) en gronde destresse, ce sembloit par la mort du roy » Henry, son mari, enlr'autres propos, il l'admonesloil d'avoir » recours h la prière et se consoler en la parole de Pieu, où * elle trouveroil ferme consolation, sans s'amuser k la doctrine » des moynes et docteui-s de l'église romaine qui plusioi par leurs » sophisteries amenoyent les consciences en un désespoir qu'à » une vraye consolation ; que pour recevoir ceslc consolation, il » estoilnécassaircdecommuniquer avec quelqu'un des ministres » del'Église réformée; et que, si ellele trouvoilbon,ils'assuroil a deluy en faire venir un de l'Église de Paris, qui la cootenlc- > roit, et que sa majesté en aui-ait aultre et meilleure opinion » qu'auparavant. Ce que la reine-mère feignant de trouver bon, ï elle le pria le vouloir faire venir, l'asscurant qu'il ne luy seroii B fait aucun mal ny desplaisir. De fait, k voir les contenances de 1 la roine, il sembloit qu'elle eûst singulière affection à ceste » conférence '. »
Avertie par son frère, la comtesse de Roye revint, près de la reine mère, sur le sujet traité par celui-ci ; et voici en quels termes François de Morel, l'un des ministres de l'Église réformée de Paris, rendit compte à Calvin de l'active intervention de la sœur de l'amiral * ;
1 . 11. Je Uplanclie. Hist. de Fr. $. Françoit II, p. (îT, (18.
!. Morellaiius Calvino, Il seplembre 1559 (Op. Calvini. vol. XVU.p. 63i. n'3n3). —M. Cwiuerel illist. île l'Êgl. réf. de Paris, prvrhhiilor., p. 15) a tlonné II (nutuclion île cetle ItiUre.
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* 1,1 «|ii li joufi.t!! 'j'j*..!iif à»: lîi ?t;:ii-. Après avùiî invoqué i. lai'J» Ou b«îiiMi»;ur. tiou' Iti^L»'!- dMij- laii>ê partir; et* qui V III il jiloii//; 'JaîK un» ^vau'J*; a^'^i*''î.*:. Nous allendon? main-
i^ U'tiunl II; rvMjllal d«; 'yijLL<; j»»;n!i»M>,»; «JOîijaî'cljr ; que DOLrenii-
A' ?/'m;oMji«;UA J*>u? Uyi^^ui; la ^ouîoîju^-i de succès! y
ÏAi d»^ifian:l*«; <:*;l*ouy. Kîi <;I1'M, c 1*^ iiiiriistre de Téplise de A* J'aii> >'a>;iA<^ ruina à un p<;lil villa^*e, pjvv ^^ Pieims, pendant
ï lesaci'c ilii roi François II. il séjourna là un Jour entier, al- B tendant l'opporlunité de pouvoir conférer avec la royne, qui y » estoil lors, suyvant ce qui en avoit esté arresté. Ce qui fut * empesché, à l'occasion que, ce jour, elle fut visitée par plu-
> sieurs cardinaux et autres seigneurs estant venus au sacre. Au » moyen de quoy ce ministre s'en retourna h Paris, sans pous voir rien avancer ', d'autant que ladite dame ne voulut estre j aperçue vouloir conférer avec les ministres de la religion, ni
> leur porter faveur. Et dés lors ceux de la religion perdirent » respéraocequ'ilsavaient conçuede cette princesse, laqnelleleur
> fit beaucoup de maux en laschant la bride aux persécutions » incontinent après esmeues contre eux \ »
Tandis que Catherine, par sa versatilité et sa coupable faiblesse, laissait ainsi le champ libre aux fureurs des Lorrains ^
1. Throckniorloii lo Ihe i|uecn, 10 septembre 1559 iCalend. of State pap. . fortign) : • They bave senl Tor one iiained I^roehe, tvho is noied ta be a great
> preacbvr among the secret congrégation hère, in bopes ibe king'j molher
> should liave bcard him preach. He wns sent lo Ibe court bv M"* de Iture.sisler
* ta Uie Biibniral of Franc« and moUier to the priiu'e of Coodé's wire. Uuwover
> be WBï disuiissed back agaio la Paris wilhoul any preaeliing at ail. >
2. Xous ne tracerons pas ici le labkau de ces persécutions : on cii trouvera les détaiU dans les écrits de M. de Lnplancbe et de Tti. de D£zc, pimim, aÎDsi i(ue dans l'histoire des martyrs, dans 1rs lettres de Calvin i Bullinger et à Vermigb. du 1 octobre I55ÎI (Op. Co/oini. vol. XVII, p. 65i ot 054, ii" 3122, 31%t) et dans les lettres de Morel A Calvin, des 3 juin, 15 aoai, 4 et H septembre 1551) (ibid.. p. 5G8. 595. 620. 63, n" 3080, 309G, 3107, 31 13), — On se formera une idée de la perfidie et de la cruauté des [lersécult^urs, fii métne temps que de la crédulité et de la fun-ur des jnasses populaires, en litnnt dans
' l'onvrngt! de K. de Lapluuche (p- 6H k liï> sur le rigne de François II, le récit des infâmes calomnies et des violences dont Turent riciimes, i celte (époque, les réformés de l'aris, et {luriiculiérenienl ceux qui liabitaieni le fauliourg Seîot-Germain.
3. « They licgin agnin to p^rscculc tiere for religion more Ilian ever iheï did : » Ihrec or four hâte been enecaled al Paris for Uiesame.Bnd divers grt^al per- ■ SOUDges tlireatened. Tliu i-ardinal of Lorraine snid it is not bis faull, and Ihat
> no Rian haies cxiremitics more Ihan be. and yet il is known ihat it is f altoguther by bis occasion flbrochniorlon tolhc qoeen. 10 sept. 1559, Cuf^nd. t of Slatt pap. forrign).—* Vidua regina nilmonitaab ccdesiA pnrisiensi.gra-
* (Uaiinit Ùlteris. spem aliquam fecerat, sed ea nuiic ita lilandilur cardinali, ut
ceux-ci combinaient, dans l'ombre, les moyens de nuire k l'amiral et au prince de Condé, qu'ils avaient, quelques jours avant le sacre, tenté en vain de désunir, en ayant recours à une ruse grossière.
L'un d'eux, François, c qjui gardait encore les q)parence$
> avec Coligny ^, » s'était chargé de Favertir officieusement, prétendait-fl, que Louis de Bourbon cherchait à le dépouilter du gouvernement de Picardie. Non-seulement Coligny avait répondu qu'il n'en croyait rien, mais Condé lui-même, informé de la perfidie d'une telle communication, avait affirmé à son oncle la fausseté du fait allégué. Outrés de voir que Coligny ne (ut pas tombé dans le piège qu ils lui avaient tendu, les Lorrains cherchèrent à se dédommager de leur mécompte, par la menace d'un affront à lui faire subir, dans l'exercice de ses fonctions de gouverneur. Leur plan consistait à opposer en temps voulu, à une demande de sa part, le refus de € lui fournir
> ce qui estoit requis pour les fortifications de la frontière de » Picardie, afin que le roi, visitant ses places, en prinst occasion 1 de ie démettre de son gouvernement avec quelque note de 1 deshonneur -. » L'amiral déjoua cette tactique par un acte de loyauté. Insistant de nouveau sur la démission qu'il avait volontiiirement donnée, quelques mois auparavant, il demanda que, cette fois, elle fût acceptée, et que le gouvernement dont
> nihil ab eà Iseti expectandum satis appareat. > Beza Bullin^ero. 1^ sept. 1559,
> ap. Baum, App. p. 1). — c Factum est artibus cardinalis I^tharingii , ut » non libertas acquisita , sed mutatum libertatem christianam opprimentis*
> nomen esse TÎdeatur. Sievilur enim eo impulsore nmltô quàin anteà gravios » in viros boaos,et ea exco^itantur supplicia, quie nisi pietatem funditùs toUere » conantibus in mentem Tenire possunt nemini. A( piorum idcircô ne minimum
> qnidem debilitatur constantia : quio etiam quibus possunt modis. iis sese
> adversùs crudelitatem muniunt honiinis perditissimi, justitià nimirùni pietate
> et tolerantià malonim, dantque operam ne aliter de se viri boni existiment
> quàm de Christi docet martyribus cxistimare. > (J.-C. Portanus Tlrico Mordisio. 3KaI. noT. 1559, ap. Huberti Langueti epistolanim lib. H, epist. i.)