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l'étendue. Plein de sollicitude pour elle, il désirait que rien, à cet égard, ne fût précipité, ni dans les appréciations auxquell^ elle se livrerait, ni dans la résolution définitive à laquelle elle croirait devoir s'arrêter. Aussi avait-il, plus d'une fois, opposé aux clans de son zèle, qu'il admirait, une hésitation, une froideur apparente, qu'elle ne s'expliquait pas et qu'elle cherchait à dissiper par d'affectueuses paroles et par une touchante insistance, qu'accompagnaient de délicats ménagements, quand enûu il sortit de la réserve dans laquelle il s'était maintenu jusque-là. € Se voyant estre sy souvent et avec tant d'affection pressé » d'elle, il résolut de lui en parler une seule fois, comme il feit, luy
> représentant bien au long, que depuis tant d'années il n'avoit
> veu ny ouy dire qu'aucun, soit en Allemagne (Angleterre) ou » en France, qui eût fait profession ouverte de Pa religion, ne
> se fùsl trouvé accablé de maux et de calamitez : que par les
> édits des roys François I" et Henri II, rigoureusement observez » par les parlemens, ceux qui en estoient convaincus dévoient » estre bruslez vifs, à petit feu, en place publique, et leurs j> biens confisquez au roy. Toutefois, si elle esloit disposée » avec tant de confiance à ne refuser la condition commune de y> ceux de la religion, que, de son côté, il ne manqueroit point à » son devoir. Sa response fut que ceste condition n'estoit pas JD autre que celle qui avoit tousjours esté en l'église de Dieu, y> et ne doubtoit point qu'elle n'y demeurast jusques à la fin du » monde. Ensuite de quoy (ils se donnèrent) la foy l'un à » l'autre ^ y>
Tel est, dans son expressive simplicité, Je récit d'un homme qui, parfois accueilli sous le toit hospitalier de Coligny et de Charlotte de Laval, connut de près leur vie de famille, et qui nous a transmis divers détails d'un haut intérêt sur leurs habitudes de piété.