‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 152 sur 241 · a mnrs 1560 (HiW. n.iL. u mmbault. »ol. ;iJl, f" ri · texte numérisé non relu

a mnrs 1560 (HiW. n.iL. u mmbault. »ol. ;iJl, f" ri

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» de Boui^ogne pour y envoier et les amener à M. Daumalle j» dans peu de jours af fin de faire cesser les troubles. >

Une telle désapprobation, par d'Andelot, de la conjuration d'Âmboise et de la fermentation qui en était le contre-coup dans - les provinces, est significative : elle prouve surabondamment que si un homme de bouillante ardeur, comme d'Andelot, vivant dans une intime communauté de vues et de sentiments avec son frère, désavouait, en présence des circonstances dont il s'agit, toute prise d'armes, à plus forte raison Goligny, dans le calme habituel de ses appréciations, la désavouait-il pour sa part.

Cette même désapprobation n'infirmait en rien, du reste, l'énergie des deux frères pour lutter, dans la mesure du possible, contre les excès qui; chaque jour, s'accomplissaient, sous leurs yeux, à Âmboise.

Parmi les victimes que les Lorrains, après avoir fait couler déjà tant de sang, s'apprêtaient à immoler en dernier lieu, figurait le baron de Castelnau, pour qui Coligny et d'Andelot éprouvaient la plus vive sympathie. Il en était digne, et Thisloire a conservé le souvenir des instantes démarches auxquelles ils se livrèrent pour tenter de lui sauver la vie, dans des circonstances dont quelques brèves indications suffiront à faire apprécier la gravité.

Le baron de Castelnau se trouvant, avec les gens placés sous ses ordres, au château de Noisay, non loin d'Amboise, le duc de Nemours, <r amy familiei' du duc de Guise, » fut envoyé contre lui avec des forces qui le contraignirent à parlementer. « Le duc ^ de Nemours luy demanda pour quelles raisons luy et ses » compagnons estoyent armés, à qui ils en vouloyent, et s'ils

> délibéroyent faire perdre aux Françoys ja louange qu'ils ont » toujours eue d'estre fidèles et loyaux à leur prince. Il respon- ]> dit (comme aussi avoient fait les autres) ne vouloir attenter j> aucune chose contre le roy ; mais qu'au contraire ils s'estoient

> armés pour maintenir sa personne et la police de son royaume;

Il qu'ils vouloyeat remoiistrcr à sa niajeslé les délibérations ot » machinations secrètes de ceulx de (îuyse conti-e sa grandeur, » leur violence manifeste contre sas subjects, l'oppression par ■ eux iaicte de sa justice, de ses estais, des lois et cousiiimoji du » royaume; qu'en telle nécessité, ils vouloyent entietenir le n nom de fidèles subjects qu'ils avoieiit acquis de si longtemps, » cl pour tant qu'ils s'y si;ntoient obligés, ils o'avoyent peu a moins faire que ce qui esLoit convenable pour la conscrva- II lion de leur prince. Nemoui-s répliqna que ce n'estoil la M façon d'un sujet de présenter quelque remonstraiice à son » prince en armes et force ouverte, mais qu'il y falloil iilior » avec révérence et humilité. Le baron respondil que leurs » armes ne s'adressoycnt aucunement contre le roy, mais contre » les dicis de Guyse qui luy esloicnt (imiemis, Ics(|uelz empes- » choyent avec violence qu'aucun eust accès au i-oy, sinon celuy s qui leur plaisoil; qu'ils s'estoyenl doncques armés afin que, si

> besoin estoit, ils peussent, maugré les dicts de (îuysc, se faire » voye jusques à la majesté du roy, là oi'i estant, ils suvoyent » bien l'iionneur et révérence qu'ils luy devoyent porter. Après » ce propos el plusieurs prières de Nemours do laisser les armes » et aller sur sa foy parler au roy, il s'oblii/ea, par foi/ ik prince,

> jw'i/ ne luy en reviendroit ni/ à ses eompaynom, aucun mal, p mais qu'ils seroienl mis en toute liberté. Le baron s' assurant, • conmie il appartenoît, sur la parole d'un prince el ne se duub- » tant aucunement de la tromperie, obéyt audict Nemours, pre-

> nant tous, comme ils disoyent, .'i grand honneur et advantage » d'avoir accès libreau roy, sans qu'il fûst besoin de l'acquérir par

> armes ny par force ; mais estans airivé^ à Amboiiie, ils furL-ql f aussitôt ressen'ésen eslroicte prison sans qu'Us poussent parler » à aucun qu'à ceux qui leur estoyent envoyés de par ceux de

> Giijse.... el l'on pwcéda contre eux comme conti-e crimîaela

> delèse-majesié' >.

t.R.il«Upbndi.t,p. 171. 175, ITC.

Dans Finterrogatoii^ qu'il subit, le baron de Gastelnau c ne

> confessa rien oultre ce qu'il avoil déclaré au duc de Nemours, y> quelques géhennes et tourmens qu'on luy fist endurer, ains » demandoit ide parler au roy. Et pour ce sommoit de promesse y> M. de Nemours, lequel en tint beaucoup moins de conipte que 1 son honneur ne requéroit *.

1^ Les juges voyant ses deffenses concluantes, et qu'il le

> Falloit néanmoins faire mourir, puisque le plaisir de ceulx de ^ Guyse estoit tel, luy voulurent faire procès sur le faict de la

> religion.

1 II remonstra qu'il se vouloit aider des édicts du roy en tant » qu'ils faisoyent pour destourner les persécutions et empescher )> la violence des juges. Toulesfois, pour ce que on luy deman- D doit raison de sa fOy, il Tadvoua soudainement avec grande » fermeté et constance ^. y>

Eu voulons-nous la preuve? Voyons-le aux prises avec le chancelier qui l'interroge et avec les Guises, qui osent nonseulement assister, mais ineme prendre part à son interrogatoire, en ennemis qui commandcntde faire tomber sa tôte. Quelle foi! quelle vigueur chez Gastelnau I quelle dépression morale chez Olivier! quelle arrogance, quelle haine, quelle soif du sang chez les deux Lorrains!

d Le chancelier, estant pressé de condamner le baron de D Gastelnau, voulut disputer contre luy sur ce faicl, par faulte D de plus suffisans théologiens, et aussi sur Tentreprinse qu'il » maintenoitaudict Gastelnau estre injuste et contre toutes lois y> divines et humaines, et ce en la présence du cardinal (de Lor- B raine) et de son frère. Du commencement, parce qu'il ne » respondit assez soudain au gré du duc de Guyse, il luy dit : >• Parlez, parlez, il semble que vous ayez peur. — Peur? dit le » baron : et qui est l'homme tant asseuré qui n'ait peur quand

1. U. de Laplanche, Hist, de Fr,s. François 11, p. 217. t. H. de Laplanche, Hist. de Fr, s. François II, p, 218.

» il se verra environné de ses ennemis mortels, comme je suis, ( quand II n'aura denty ne ongles pour se pouvoir deffendre el- » sauver? Quelque brave que soyea, si vous estiez en ma pré- » sence comme je suis ii présent en la vostrc, ei que j'eusse 6 aussi mauvaise volonté envers vous que je sçay que vous avez D envers moi et tous les bons et loyaux subjecls du roy, je ne » doute aucunement que ne tremblassiez de peur. — Ceux qui » estoient présens h ce colloque rapportèrent que Caslelnau » rendit tellement raison de son laid et allégua tant de loix cl » exemples nolables, que lechancelierdemcuraconrtel dit qu'il i> avoit mcrveilleusemeul bien estudié sa leçon, demandant on t il en avoit tant apprins. Sa respoiise fut que l'alTaire estoit de B telle consûqnenee, qu'il avoitbien voulu en eslre résolu avant ■ que de l'entreprendre, afin qu'il y procédas! sans aucun scru- I pulc de conscience; comme h la vérité il se leiioit certain de I mourir pour les deux meilleures quei'elles, l'une pour la reli-. i gion, el l'autre pour Testât de son roy et de sa patrie. — Il » luy demanda aussy en quelle escole de lliéologie il avoit estu- B dié pour estre devenu si savant en peu de jours, et qu'il n'estoit B tel pendant les guerres. — Vous dictes vray, dit-il, monsieur. p N'avez-vous plus de souvenance que, quand vous estiez retiré » en voslre maison, et que je vous fus veoir au retour de ma » prison de Flandres, vous vous enquistcs longuement des exer- » cices que j'avois en la prison, el que je vous dis que c'esloit » aux livres de la sainte Escriiiture? Ne vous souvient-il plus de » quelle allégresse vous louastes mon labeur et, après m'avoir B donné résolution sur quelques doubles où j'estois encore de la 6 présence locale du corps de JésusrChrist en la saincic Cène, p vous ne me conseillaslcs pas seulement de continuer, mais • aussi de fréquenter les sainctes assemblées de Paris, el d'aller p voir les églises rélormées de Genève cl d'Allemagne? Ne dési- ► riez-vous pas aussi de tout vostre cœur que toute la noblesse I de France me ressemblast en zèle et bonne anbction, d'autant

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