R. de Laplanche, ibid., p
2. c... Je prends dès demain mon chemyn pour aller en Bretagne. » (LeUre de dWndelot au connétable, du 29 mars 1560, datée d'Amboise. Bibl nat., mss. f. fîp.,vol.20 507.fo88).
' » disoileslre en doubtede la cause des esraotîons, elle le pria 1res » affectuciisemcnls'enenquénrau vray, cl de leur mander lûiido- » menl el sans aucune dissimulation, l'asseuranl qu'elle l'auroil » à plaisir et suyvroit entièrement son conseil, comme de ccluy » qu'elle cognoissoit très loyal serviteur du roy son fds et d'elle. » Aussi |)renoit-ellc sur sa vie qu'aucun mal ny desplaisir luy en f adviendroit, mais tiendroit secrets ses advertissemens '. n
Le prince de Condé, sans avoir consulté Colijçny, était imprudemment venu à la cour, avant l'approche des conjurés qui ■comptaient la surprendre. Placé par sa présence à Araboise dans une situation des plus fausses, il y avait été témoin de la défaite de ses partisans et des horribles supplices infligés à la plupart d'entre eux par la cruauté de François de Lorraine el du cardinal, son fr^re. Indigné, mais impuissant à réprimer une seule des atrocités commises sur tant de victimes, il eût été lui-même immolé à tu haine des Guises, sans l'énergie de son attitude, au sein du conseilréuni sursademande expresse. Il confondit alors leur audace parla hardiesse du délî qu'il leur jela; paralysa, pour le moment du moins, toute résolution de leur part d'attenteF à ses joui-s, et se mil, jusqu'à un certain point, îi l'abri de
' flouveatix périls, en se retirant dans l'un de ses domaines. Mais bientôt, pour échapper h de captieuses menées et à de brutales atteintes, il voulut seménager l'occasion de grouper, en lieusùr, autour de lui, des éléments de force el d'influence qui le missent
' en position de contraindre les Guises et la cour i compter désormais avec sa pereonne et les soutiens de sa cause. L'unique ressource qui lui ffit ullerte était celle d'un séjour en lïéarn, oi'i l'attendait un accueil fraternel de la part d'Antoine de llourbon et de Jeanne d'Albret : aussi, se décida-t-il proraptemcnt à se rendre auprès d'eux.
Alors qu'au fond du Itéarn, Condé et son frère, prenant leur
I. R. de Uplanchfl, llitl. de Fr. t. François II. p. 23«, 237.
point d'appui sur une réunion d'hommes généralement plus politiques quereligieux,plus mécontents que désintéressés, agitaient souvent la question d'une prise d'armes, que se passait-il au loin?
Coligny, conséquent avec lui-môme, venait, par sa présence en Normandie, de faire faire un nouveau pas à la question politique de même qu'à la question religieuse. En sage conseiller de la couronne, il ne tarda point à faire savoir à Catherine de Médicis que le vrai moyen de ramener les esprits, non-seulement en Normandie, mais dans toute l'étendue du royaume, consistait, d'une part, à dépouiller les Guises de leur pouvoir démesuré, à convoquer les États-généraux, et, d'autre part, à mettre un terme aux persécutions dirigées contre les réformés. Il se réservait d'ailleui^ de faire plus, prochainement, c'est-à-dire de revendiquer le droit, pour eux, d'exercer publiquement leur culte; droit primordial devant lequel, selon lui, devaient s'effacer désormais toutes lois et toutes mesures prohibitives, qui insultaient à la conscience humaine et déshonoraient, par l'effusion du sang d'une foule de martyrs, la religion officielle qu'elles prétendaient protéger.
Loin de se boiner, pour rendre compte de la mission qu'il venait de remplir, à de simples communications orales, l'amiral consigna avec fermeté l'expression de ses pensées et de ses conseils dans un écrit étendu, qu'il savait devoir passer sous d'autres yeux que ceux de la reine mère. « Sans craindre les menaces 7> des Guises, il envoya donc, de Châtillon, à cette princesse, un » gentilhomme, avec lettres très-amples, contenans en somme 3) lesdits de Guisp. estre la cause et vraye origine des esmotions » et troubles survenus au royaume, à cause de leur gouverne- D nement violent et illégitime. Le disoit savoir de bonne part et y> de gens qui n'estoyent nullement contentieux, lesquels affery> moyent, et il le croyait aussi, que ces calamités ne prendraient y> fm tant qu'ils seroyent à la cour. II luy seiiibloit donc pour le
a iiicilltîur, qu'elle devoii anesler le cours de leur ambition, » prendra elle mesine les aiïaires en main, donner relasclie et s estai paisible à ceux de la religion réformée, et que les édils ► bien elmeuremenl oitlonnez îi ces finsfiïsseni inviolablement » gardez; carcntr'autres choses on se plaignoit que le dernier B n'avûit eu aucun lieu, et qu'on avoit conlremandé partout d'en
0 superséder l'exécution; cfiose de dangeureuse conséquence, » cl laquelle attireroil après soy de merveilleuses confusions et » désordres qu'il voyait préparez de plusieurs, ayans délibéré de
1 ne plus endurer la perséculion, nolanimcnl sons ce gouverne- B ment illégitime '. »
L'état des esprits, dans lagénéralilé des provinces delà France, était le méniequ'on Normandie : Coligny le savait, et avait soin de signaler ce fait d'une haute gravité, car tel était son devoir. Comment les Guises comprirent-ils le leur, k l'ouïe du cri de réprobation qui, do toutes parts, s'élevait contre eux, et dont l'amiral n'étîiit que récho?
1 L'advertissemeiil » donné par ce dernier à C-atherine t leur • estant communiqué, cuida eslre cause de leur faire vomîrdès- » lors ce qu'ils avaient caché au dedans contre les maisons de » Montmorency et Chastillon. Mais réprime/, par la prudence » de la royiie-inère, ils furent contens, en reculant pour mieux » santcr, qu'itératives lettres et commandements très-exprès » fassent faits à tons les parlements et autres juj^es pour mettre » hors â pur et à |»lain les prisonniers qui seroyent détenus pour » le fait de la religion, desquelles lettres toulcsfois l'exécution > lui bien longue et difficile ^. »
Celle mesure n'était qu'un palliatif. En effet, ainsi quel'énonçaient de judicieuses représentations adressées alors <'t la reine
1. R.def.aplaiiche. flîsl. de Fi\ ». f/«iifo<5 //. p. iST.iiN, - Dans une i-nircTui: qu'il i-iii ù []iii'.lt|ii« lumps iJi- Ij urt^c l!«lherin<r ik Héiliri-i, It. de Lnjiboclw s'i;ii]inma Jaiia le m£nii^ scn« 'luu Culîgaf . (Voir ibid., |i. UUT a iOi.) — Voir ausii Oastclnuu, Mm., liv. 1. rliup. \i.
i. II. de fjiplaiiclx-, Uût. dt f r. $. Fratt(ait II, p. 23».
mère *, « c'estoil bien peu d'oster pour un inslanl la douleur » d'une maladie, si quant el quant la cause et la racine n'en » estoit ostée. Car de quoy servirail-il d'avoir ouvert les prisons » aux pauvres misérables, si bientost après on recommençait » plus que devant à les tourmenter? 11 estoit certain que par D ceste simple délivrance ils ne chanj^eraient ni de conscience T> ni d'opinion, puisqu'ils n'avaient pu estrc fleschis par longues » prisons, géhennes, fagots et feux, ne par aucune autre vio- » lence. »
L'amiral, quels que fussent les dissentiments politiques elreligieux qui le séparaient alors des Lorrains, saisit, dès qu'elle s'offrit à lui, l'occasion d'agir vis-à-vis de l'un d eux en généreux adversaire : il informa (c madame de Guyze qu'il y avoil une » conspiration secrette contre M. d(i Guyze et sa vie, et qu'elle 1 y prist garde et l'en advertist. Il ne voulut donner tel advis » à M. de Guyze luy mesme, affin i\{iil ne pensast que, pour tel » advis, il voulust rcgaigner son amitié et faire du bon et offi- » cieux compagnon, mais il le voulut addresser à madame sa » femme *. »
Cependant les Lorrains ii\is|)irant(ju'a accroître, dans leur portée, les persécutions qu'ils avaient organisées contre les i-éformôs, crurent ne pouvoii' mieux faire (jue de chercher de nouveau à introduire en France l'inquisition d'Espagne, « laquelle ». avoit esté tiuit de fois refusée par le parlement de Paris, vi- » vaut Henry. En (pioy ils ne peusoient estre plus en rien contre- » dictstant pour tenir le nouveau chancelier ' im leur manche, ce