‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 158 sur 241 · I. Ile Thou, fliit. uniu., t. Il, p, 77(i · texte numérisé non relu

I. Ile Thou, fliit. uniu., t. Il, p, 77(i

i. Voir le lesiami-nl il» Miciu^l ilir l'Hospital.

> chose pix)fio>er devant les veux que raulhorilé de sa majesté, p delaquelle si elle se vouloit dexiremeni servyr, elle pourp roil aisément rabattre et allaiblir lambition et cupidité de ses

> adversaires. •

Lie mot iexirement^ appliqué à Texercice de rautorilé souveraine, traduit fidèlement ici la pensée de Michel de FHospital. Ami des principes, il ne Tétait pas moins des ménagements; et s*il tenait à faire prévaloir les uns, ce n'était qu'en recourant d'abord aux autres. Se dégager d'une complication, aplanir un obstacle, se contenter çà et là, de demi-mesures, et même parfois acheter un résultat favorable, au prix de certaines concessions : telle fut, spécialement en ce qui concernait la cause de la liberté religieuse, la méthode de dextérité que suirit le nouveau chancelier, alors, qu'au début de ses graves fonctions, il provoqua par ses conseils la mise en jeu de la prérogative royale. Ce ne fut que graduellement qu il s éleva jusqu'à l'invocation des vrais principes et qu'il tenta d'en réaliser Tapplication dans le domaine des faits. Assurément il y avait loin de là à engager de prime abord, la lutte sur le lerrain du droit, à attaquer de front le mal dans sa racine, à saper par sa base une législation sanguinaire et à s'avancer résolument, au nom de l'éternelle justice, à la rencontra» des ennemis de la liberté religieuse, an risque d'être écrasé par eux; mais cette seconde méthode, qu'il y eût eu tant de gloire à suivre, dans sa virile austérité, et que suivit si dignement Coligny, pour sa part, présentait aux yeux de l'Hospilal, toujours pnH d'ailleui^ à payer de sa pei^onne et même de sa vie, s'il le fallait, des dangers qui eussent compromis la cause à laquelle il se dévouait. De là, la voie d'excessive prudence et de ménagements extérieurs qu'il se décida à adopter, et sur l'emploi de laquelle il s'expliquait t»n ces termes * : « Il fiuill, de vray, s'accommoder aux mœurs

!. Œ ivres de rflospilal. Paris, ÎS2i, t. V, p. li, IT). Traité de la réformatioH fie l'i justice.

» (Iii Lcmp!: Hiir|iii)l nous vivons, et ne gagncroil-oii rifn de ■ se baiuli;!- coiilrc les loyx et la rigueur de la rifeessité, Il r failli quelques Fois reculer et prendre advantai}ie ponr inieulx ù sauller; et pourven qvii^. l'on le scaclie faire h propos, c'est n granti secret; maïs aussy ne faull pas oiiltre passer les i> mesure;; et les bornes de raison.... Il laull donc, quand tf tel cas arrive, ealler ung pi'u la voile; et snrloul, quelque I- bourrasque qui vienne, ne fault jamais abandonner le gouvcr- » nail des ad'aires publiques, maïs plus losl imiter le bon pis lole, etc., etc. »

L'un des judicienx contemporains de l'ilospital disait, on appréciant la ligne de conduite que celui-ci avail adoptée' : « On ne sauroit asseK suffisamment décrire lii pi'udence doni » il iisoit. Car, pour certain, encore que s'il eust prins un plus » court chemin pour s'opposer virilement au mal, il seroit plus B îi louer, et Dieu peul-cslre eust bény sa constance, si est-ce, B qu'autant qe'oaen peut juger, luyseul, par ses modérés déu portemens a esté l'instrument duquel Dieu s'est servy pour * retenir plusieurs (lots impétueux oii fussent submergés tous >i les françois. Et néantnioins les apparences extérieures parois- 0 soyeni au contraire, lire!', quand on luy remonstroit quelque » playe prochaine, il avoit tousjours ce mot à la bourbe : pa- » tience, patience, tout ira bien *. "

i. U, de UplaJiclie, Hint. île Fr. ioui Fmaçois, II, p. ;IWI, i. Pour anivi^r ù eonndUrc r^'-llcnurit Mirhi'l <If l'Hospiuil, il r.uii, iti< loule (i^i>ssil^, l'Atiidier cliiris si^s ri>uvi'<>!< {irajin-ffleni dites, cl dnns In Imour même des islits l'i ordoiiiiiiiir.es diinl il Tut, la plii|iart du temps, W- promolour el la r^dacli-iir. r.'esl 14 qu'il fcniti; <|u'il (lurle, qu'il agit, et que se •Ic^sitionl & grands traits, ses uft|iiralion», s^s principes, sou raradèrc. Si'n iRuvres onl i^lé publiées par Dufcy de rVonne, en 6 vol io-8'; Paris, 1821-IH25. Elles se camjioaeut ; I" des harangues, i" des mémoires adressés nu roi m à lu reine mère, 3* des mémoire)! d'Élxt, i' du Iruilé Ae. la réfiirinitlJoii de la justice, û* de diverses lettres, 6° ilc poésii-s laltnec, 7° du leilanient du rhnncolicr. Quant aux lexlrs des édits el ordouniuices provoquas ou rédi|,'és pnr l'Ilospilal, »iir les matiircs civiles, commi^rcialcs. ndminiMmlivQs. politiques ot roligieuso*,

L'Hospital inaugura son ministère en s'altaquanl a l'inquisition.

Le pape Paul 111 avait naguères « informé François 1" qu'il 3) avait ordonné et député inquisiteur général de la foy en » France Mathurin Ory, religieux de l'ordre des prédicateurs, 3> docteur en théologie; d et François I" par lettres patentes, signéesàFontainebleau,le25juin1540 *, avait« non-seulement » permis, mais très-expressément enjoint à Mathurin Ory iceluy y> estât d'inquisiteur généml exercer tout ainsi qu'il luy estoit » commis et mandé par la provision du saint-père. > De son côté, Henri II, par lettres patentes du 22 juin 1550-, confirmant et amplifiant les pouvoirs de « son cher et bien-aimé JD frère Mathurin Ory, lui avait enjoint soy transporter en tels ï> lieux du royaume qu'il verroit estre à faire pour révoquer les » errans, par bonne et sainte renionstrance et recevoir les » pénitents à grâce et miséricorde, et poui-suivre les obstinés ]& et pertinax, les corriger et punir, donner et prononcer telles y> sentences et jugements que de droict et raison. » Sept ans s'étaient écoulés durant lesquels Ory avait officié de son mieux : mais qu'était-ce que sa simple personnalité, en regard des énormes proportions qu'avait prises l'hérésie? Aussi, s'était-il agi de substituer désormais à l'action restreinte d'un seul inquisiteur général l'action collective d'un corps d'inquisiteurs généraux et particuliers fortement constitué. En conséquence, Henri II avait obtenu du pape Paul IV ^un bref du 26 avril 1557,

ils se trouvent disséminés dans la grande collection de Fonlanon (Paris, 1611, 4 vol. in-f*), et sont en partie compris dans celle de Néron et Girard (Paris, 1740, 2 vol. in-f**). Ceux de ces textes qui concernent les matières religieuses sont insérés, pour la plupart, dans le recueil connu sous le nom de Mémoires de Condé (La Haye, 1743, (i vol. in-i®). — M. le conseiller Taillandier a publié d'intéressantes Recherches historiques swr la vie et les ouvrages du chancelier de r/fo<p*ta/ (Paris, 1861, 1 vol. in-8«).

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