‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 159 sur 241 · Fonlanon, Rec. des édits et ordoii., t. IV, p · texte numérisé non relu

Fonlanon, Rec. des édits et ordoii., t. IV, p

3. Les attributions des inquisiteurs, telles que les comprenait la cour de

rendu exécutoire pjir lettres |ialentfisdu ^27 juillet suivant*, qui nommait granfls inquisiteurs trois cardinaux IVanyais, avec pouvoir de dialoguer, dans toute rùtfinduisde la Fiance divers inquisiteurs secondaires. Cette oi-ganisation inquisitoriale, ainsi que nous l'avonsdéjJidit, n'avait pu aboutir. Or, il ne suffisait pas aux Guises, eu 1560, de chercher iila raviver; ils visaient plus loin encore; ils aspiraient, de concert avec Philippe II, h imposer à la France une inquisition semblable, en tous points, a cellequi sévissait en Espagne. L'IlospitaUqui ne voulait pas plus ' de l'inquisition ayant déjà pris pied dans sa patrie avec Mathurin Ory.qiio d'une inquisition empruntée à Philippe 11, s'étudia à expulser l'une et k prévenir l'introduction de rauti-o. Il y réussit par l'emploi d'une mesure décisive, prise en mai 1560. L'édit de Romorantin * vint prouver, eu effet, aux Lorrains, en traversant leurs projets que, selon l'expression originale d'un écrivain du xvr siècle \ certains esprits ne se souciaient nullement « de voir la France desguisée à l'espagnole n.

Cetédit, en attribuant au.v prélats du royaume, à l'exclusion des paricments et des tribunaux, la connaissance du fait d'hérésie, abrogeait virtuellement la juridiction des inquisiteurs. Son efficacité se résumait dans ce déplacement de compétence, dans l'obligation de résidence imposée aux prélats ', ainsi que dans les sévères pénalités édictées contre les auteurs de dénoncia-

Rome, à celle épO<|ue, ite n^sunicni iiotamnmiil ians l'ouvrage iritiliili.-: Luremii inqvisitorum hareticm pravitath H. p. f. Bêrnardi comeatis, ordin'u prirdicatorum. Iluiiie, laSi, t vol, in-l".

). J'oaUiKiti, Rec. de» wilon., I. IV. ji. i!*7 à 22!). — Tli. de ttiiç, Hiât. eccl., t. I, |i. m.

i. Voir !'• ir-xif dv rcl idil, diins le n-ciieil de Fonianou, I. IV, p. -liO.

3. Hiifoire tlei choufs mèmoriiblei avenues en France deiiuit t'nn l.'il? iwquet au eommcncevimt de l'an 1507. Ëdil. de 159'J, (i. U8.

4. 11 esl itUùrussanI de n-eut-illir, sji- 1» igueslioti de la Ksidi'iire df.i (iriiliits, In »eux (khapjiés au r.ardinnl de Lorraiji'', duiis sn cDrrRipondoni'.u avec l'anibusadeiir de France en Espagne. (Voy. ni^gocialion», Ir-Kirs rt pièci^s nilativos au r^giic dr Krnncois II, tirïes du porlËfeiiillR >li^ S. il>> l'A u fies pin e; Paris, 1841. in-1'. p. 535.

lions calomnieuses ; et encore n'était-ce là qu'une efficacité singuliiTemcnt relative, puisque l'hérésie n'en demeurait pas moins punie comme un crime. L'Hospilal le sentait : aussi, lorsque peu de jours après la vérification solennelle des lettres de provision qui l'avaient nommé chancelier *, il vint le 5 juillet 1560, au parlement de Paris jX)ur faire enregistrer l'édit de Romorantin, s'exprima-t-il de manière à laisser entrevoir qu'il voulait mielix et plus. On lit dans la harangue qu'il prononça, h cette occa-

sion - :

« Le temps des roys François premier et neni7 second por- TD loit que l'on fist des exécutions : en ont usé. Aussy a le roy qui » est à présent ; mais voyant que pour cela le mal ne guérisy> soit, et cognoissant par l'efTect que ce n'estoit le vray remède jo en veult chercher d'autres. Considérant que le trouble de » religion n'est seullement en son royaume, mais chez ses voi- » sins, en la Germanie, Angletere, Ecosse et aultres pays, où il » a fallu, pour y obvier, prendre les armes et venir à la main, » chose très-dangereuse, ainsi qu'on voyt, pur l'yssue, a recouru » aux remèdes des anciens. Les malladies de l'esperil no se gué- » rissent comme celles du corps. Quand un homme ayant mau- » vaise opinion faict amende honorable et prononce les motz » d'icelle, il ne change pour cela son cœur. L'opinion se mue ^ par oraisons à Dieu, parole et raison persuadée. S'il est obs- » liné en ses erreur, licence et liberté, on lui doibt fermer » réglise, et après le rendre au bras séculier. Désire que les » gens d'église qui crient haro^ combien quil y ail plus de haro y> îi crier sur eulx ^, suyvissent ce chemin; ils proufficteroient » plus qu'ilz ne font et n'ont faict. »

. Cos leUres cUaiimt du "2 juillet 15(10. Voy. Tcsscrcau, Histoire de la grande chancellerie y in-f^, t. 1, p. 133.

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