Mem. de CaMehiaii, liv. Il, cliap. vin
i. R. de l.aplaiiulie {HM. de Fr. tout Fraaçoit II, p. 513, 514) n-praduil In teoeurilusIeUrcs ilecoiivorniioii. Il ujuiilu : t rgim r,«s leUiiis, pour ta plus grnudu
• piirl, i.'sloyeDt acconipngnécs d'iiulres île ceux du tinyse pletni's de luutvs
• bannes rspéraiiceii ut prontusse^ alin de disposer mieux le-i rœurs ilu uhui un
• & leur dévotion, et qa'ils puussuDi par l'advis de cesti' compagnie i-sln!
• conlii-mex on l'aulhorilé qu'ils s'uittoj'Hiit donni-if. > — Franiois II ucnvil, de t''onUin<!blcau, au cuiindlublis le 31 juillet l5tH) (Kibl. iiit , niiv r. f r , vol. 3 tr>7. r- i7) : t Mon cousin, j'ay iidvïsé d'assembler *^d ce bi'u . au 20* du J lUâyi procliain tons ccutx de mon conseil pour résonldre aver euk el par leur
• adris plusieiin giandi-s cl imporlanlos cbooi^ti nppni-lcimnl au bien de niea 1 nOflires el de mon «eniice;!;! pour c« que vous csU'i du nuinbré, cl que j<! » dcsiru bien furl vous voir k ladite atiaeiiibléu, j'ay bien vouUu vous despeiidier » ce purionr exprès, eli,, nie. >
Marillac, archevêque de Vienne, dont il s'était assuré le concours; puis, le duc de Guise et le cardinal de Lorraine rendirenlcompte, Tun de la situation militaire, l'auti-e de Fétat des finances' . Dans la seconde séance, t Le roy feit entendre que son inten-
> tion estoit que c^ux de son conseil commençassent à opiner,
> à fin que h leur imitation chacun des autres s'esvertuasl.
> Et comme il eut commandé d'opiner à Tévesque de Valence,
> qui estoit le dernier conseiller, Fadmiral se4eva de sa chaire,
> et s'en alla où estoit le roy : et après luy avoir fait deux grandes
> révérences, luy présenta deux requesles de la part des intitulez t en icelles fidèles chrestiens espars en divers lieux et endroicts
> de son royaume - > . ^ 11 c' déclaira au Roy que, suivant son commandement à luy
9 fait, allant dernièrement en Normandie, s'estant curieusei ment enquis de la cause des troubles et esmotions, il avoit i sçeu certainement que ce n'estoit à luy à qui on en vouloit ni » à son estai; mais que le plus ^rand mescontentemeul de ses
> subjecls procédoit des grandes et extrêmes pei^sécutions qœ » l'on faisoit pour la religion, sans que la cause eust esté juri- » diquement débattue et condamnée. A l'occasion de quoy et » que ceux de ce parti offroyent de nionslrer leurs doctrines et » leurs cérémonies eslre conformes entièrement aux Sainctes ^ Escritures et aux traditions de la primitive église, il avoit pensé p faire chose Ires-agréable à Sa Majesté de prendre leurs reques- » tes et se charger de les luy présenter, afin qu'il advisast avec
> son conseil, en si notable assemblée, quelle provision on leur » pourroit donner pour mettre le royaume en repos. Puis après t il adjousta avoir bien prévu que des requestes de telle et si
> gi'ande importance devaient eslre sii^nées : mais que cela ne 9 se pouvoit faire sans que préalablement ledit sieur eust per-
I De 1^ Place, Comment., f" 8i.
i. De L.a Place, Comment., f Si.
• mis de s'assembler : quoy advenanl, on l'avoit asseuré qu'il se » Irouvcroil, de la Normandie, seulement, ânqimrite mille perw sonnes. Suppliant au surplus le royde prendre en bonne part B ce qu'il en avait lait. — Sa Majesli'- sur cela dcclaira qu'elle avoil E telle asiîeurancc sur .sa fidélité, commeaussi toutes ses actions » passéesenavoyenl rendu certain tesmoignage,qu'ellenedoutoit » nullement que nulle autre chose ne l'avoit meu que le zêlc « de son service, de quoy elle luy savoit bon gré. Ce fait, su » majesté commanda à de l'Aubespine, secrétaire d'estat, de s prendre et lire tout hautles requesles' . »
Ces requêtes, différant peu entre elles dans les termes, et tendant au même but, étaient adressées, l'une an roi, et l'autre à la reine m^re. Les requérants, protestant de leur fidélité envers le souverain, et s'appuyant sur la pnreté de leurs conviciions religieuses, demandaient In cessation des poursuites dirigées contre eux cl la liberté de leur culte. La plus cxplieile des deux requêtes, celle qui était adressée au roi *, portait :
e Gomme ainsi soit, sire, que nous, vos très-humbles et irès- » obéîssans subjecls, espars en très-grand nombre par tout vos- » tre royaume, désirans vivre selon la roigic du saiocl évangile,
• protestons devant Dieu et vous, que la doctrine que nous suyn vous n'est autre que celle qui est contenue au vieil et nouveau » testament : et que la foy que nous tenons est celle mesme » qui est comprise au symbole des apostres; comme i) appert f assez clairement fiar ^o^tre coid'essioii, qui vous a esté par > ciHlevunt présentée : et ifue le plus grand désir que nous avons, »• après le seivice de Dieu, c'est de nous tenir loujour;^ sous
1. H. Ji- Liiplanche, lliit. île Fi: sum Fratifoii II. |>. .",l!t, fl20. - tkl..i|iliici' {Conment., S" 83) i^uuni'u i|uu li-a il<;us risquâtes fumil lue«, H. de I.ap1anvlie ((oc. ai.) m parli- r|tic rif I.i li-chiru .l'ucic requflU-. — Voir aussi CasUlnau, Mèm. liv. Il, rhiiv- >'■"•
i. Voir le li'slc ilo* dcuK ri-qui'lim. .I.iii> hs H-iwirn ik f.muh. I. 11. p. ritS
» vostre obéissance et des nia^sirats ordonnez de rostre part, 19 en vous rendant toute la subjectiou et tous les derolrs que » fidèles et loyaux subjects doyvent à leur prince. En premier » lieu, nous supplions vostre majesté qu'il luy plaise nous
> faire tant de bien et faveur, de ne 'point adjouster foy à ceux » qui à grand tort nous chargent de trouble, mutinerie, sédition f et rébellion contre votre estât; attendu que l'évangile duquel » nous faisons profession, nous enseigne tout le contraire : et * mcsmes nous n'avons point honte de confesser que nous n'en- » tendismes jamais si bien quel est nostre devoir envers voslre
> majesté, qu'avons entendu par le moyen de la saincte doctrine 9 qui nous est preschée. Puis donc que Dieu vous a ordonné roy 3 et prince souverain par dessus nous, et que vostre office est, » à l'exemple des bons rois, comme David, Ézéchias et Josias,
> de faire q n'en vostre royaume le vray et droict sei^vice de Dieu jo soit redressé, et tous abuz exterminez : davantage, que ceux » qui taschent de vivre chrestiennement, et de vous rendre 9 l'obéissance qui vous est deue, soyent maintenus et garantis » à rencontre de tous excez, violence et outrage, qui leur pourj> roient estre faits du costé de ceux qui ne tiennent le parti de » rÉvangile ains en sont ennemis ou ignorans; nous supplions » très-humblement voslre dicte majesté, que pour pacifier vos- » tre royaume, et osier toute occasion des esmolions qui pour- » roient eslre suscitées principalement de la part de ceux qui y> sont de la reh*gion contraire à la nostre, comme déjà on Ta » vu eu plusieurs endroicts. Veuillez par vostre accoustumée » humanité nous octroyer et concéder un temple à part, ou » quelque autre lieu compétent,- selon le nombre des fidèles qui » sont en chacune de vos villes et bourgades, pour nous y assemy> bler de jour, avec toute modestie et douceur, afin d'y ouir la ») saincle Parole de Dieu, y faire piières, tant pour la prospérité D de voslre estai royal, que pour les nécessitez de vos subjects, !► et y recevoir les saincts sacrements, ainsi qu'ils ont esté ordon-
> nez pai' nostre Seigneur Jésus-Chrisl, sans estre inquiétez, » molestez, ni outragez par ceux qui a'auroyent encores la cogï noissance de la vérité de Dieu. Et pour ce que nous sommes B taxez d'être séditieux, et faire assemblées nocturnes et ilU- 1» cites, si, après avoir obtenu de Vostre Majesté quelrjue lieu, » nous sommes trouvez faire congrégations ailleurs pour faire ï chose contrevenante à la paix et tranquillité publique; tel cas » advenant, nous nous submettons à estre punis comme sédi- » lieux et rebelles : qui sera im moyen seur, propre et convenable » pour esteindre les troubles présens et obvier à ceux qui sem- » blent estre éminens, si on n'y pourvoit en iadicte manière.
> Et de faicl, l'empereur Constanlins ne peut trouver meilleur » moyen d'apaiser les grands Iroubles esmeus par les Arriens » qu'en concédant un temple à pari à Alhanase, évesque
> d'Alexandrie, pour j faire ses prières, et exercer son minis-
> 1ère évangélique avec les siens qui estoyent fidèles : car en ï donnant congé aux chresliens de se librement descouvrir et ï de se mettre en pleine lumière, il couppoit broche à toutes t secrettes assemblées et à tous mauvais soupçons. Davantage, ï sire, si en plusieurs endroicts de la chrestienté il a esté permis, t pour le bien de la paix et concorde, que les juifs eussent un » temple ou quelque autre lieu à part, pour y faire leurs ser- » vices, qui louleslois sont abominables devant Dieu, d'autant
> qu'ils ne sont fondez ni appuyez sur le vxay fondement qui est » uostrc Seigneur Jésus-Christ; combien plus cela nous doit-il » estre permis, qui tenons et advouons Jésus-Christ pour nostre » seul Sauveur, rédempteur et suflisant intercesseur envers Dieu » le Père, et qui ne demandons sinon à nous reformer et rcigler
> toute nostre vie selon l'Évangile, et vi*TC sous vostre saincte s charge, en paix et tranquillité, et en vous rendant alaigrement » tout ce que les subjccts doyvent à leur souverain seigneur, et ï mesmes si meslier estoit, ne refuserions de payer de plus grands s tributs, pour faire cognoistre à Vostre Majesté, que c'est à grand
» tort qu'on nous accuse dQ nous vouloir exempter des charges » qu'il vous plaist nous imposer : laquelle chose, s'ilplaist à Vostre » Majesté nous octroyer, d'autant qu'elle apportera un grand ]& bien et repos à vostre royaume, nous nous sentirons de plus » en plus à tousjours redevables à icelle, et obligez à prier Dieu 3) pour la conservation et prospérité de vous et de voSlre dict » royaume. »
A la lecture faite par de l'Aubespine, sur l'ordre de François II, < la compagnie entra en admiration, s'esmerveillant de la har- > diesse de l'admirai, attendu les dangers où il se mettoit. Bref, » aucuns le louèrent d'avoir rendu à son roy ce loyal service en 1 temps si nécessaire. Autres le blasmoyent d'avoir fait telle ]» ouverture et prins la cause en mains de ceux qu'ils désiroyent 3> estre exterminez sans aucune forme ne figure de procès, » comme estans les plus détestables du monde *. »
Le roi ayant « commandé derechef à l'évêque de Valence d'exprimer son opinion*, j> ce prélat prit aussitôt la parole. Recherchant d'abord les causes de l'extension prise par la religion réformée et celles du discrédit dans lequel étaient tombés l'ancienne religion et le clergé, il dit ^ :
« La doctrine, sire, qui amuse vos sujets a été semée en trente 3) ans, non pas en un, ou deux, ou trois jours; a été apportée y> par trois ou quatre cents ministres diligcns et exercés aux ^ lettres, avec une grande modestie, gravité et apparence de » saincteté, faisans profession de détester tous vices, et princi-