R. de Laplanche, Hist. de Fr. sous François II, p
2. De Làplacc, Comment., f° 84. — Castelnau, Mém., liv. U, chap. vni, dit :
> Le roy commanda à Montluc, cvesque de Valence, dernier conseiller au
> conseil privé, de parler et après luy les autres, selon leur ordre, qui est la
> façon de laquelle l'on use en France, que les derniers et plus jeunes conseillers
> opinent les premiers, afin que la liberté des advis ne soit diminuée où
> retranchée par l'autorilc des princes ou premiers conseillers et seigneurs. >
3. Recueil de pièces originales si& les états généraux, Paris, 1789, in-8», t. I, p. 104 et suiv. — De Laplace, Comment, y P»" 84 à 88. — Mém, de Condé. t. I, p. 558 et suiv.
1 paiement l'avarice, sans aucune crainte de perdre la vie pour » confirmer leur prédication, ayant toujours Jèsus-Chrisl en la X bouche, qui est une parole si douce, qu'elle fait ouverture des
> oreilles qui sont les plus serrées et découle facilement dans les ï cœurs les plus endurcis. Et ayant lesdicts prédicans trouvé ï le peuple sans conduite de pasteur, ni de berger, ui personne ï qui prît charge de les instruire ou enseigner, ils ont été faci- » lement reçus, volontiers ouïs et écoutés; tellement qu'il ne » faut pas s'étonner s'il y a si grand nombre de gens qui ayant » embrassé cette nouvelle doctrine, qui a t5té par tant de prfi- » chenrs et par tant de livres si diligemment publiée. Or il faut » discourir des moyens qu'on a tenus pour empêcher et pour y
> contredire, et commençant par le pape (ji^ proteste que je ne t veux parler de cesiége qu'avec l'honneur (>t la révérence que je
* lui dois), toutefois ma conscience me fait déplorer la misère de » noti'e temps, qui avons vu la chrétienté combattue par dehors, » troublée par dedans et divisée par diversité d'opinians, et les » papes y donner si peu d'ordre, qu'ils ne sont amusés qu'Ji la ï la guerre, et entretenir l'inimitié et discussion entre les prince* » Les rois vos prédécesseurs, meus de bon zèle, ont ordonné de
> grandes peines, par ce moyen cuidans déraciner ces opinions » et réunir votre peuple en une même religion, mais ils ont été » déçus de leur espérance et frustrés de leurs desseins. Les rai- » nistres de justice ont grandement abusé de ces ordonnances » et les ont le plus souvent exécutées par un mauvais zèle, pour » complaire à ceux qui [)ar leurs avertissemens mômes avaient B demandé la confiscation des prévenus... Les évêques, J'entends » pour la plupart, ont été paresseux, n'ayant devant les yeux,
* aucune crainte de rendre compte h Dieu du troupeau (pi'ils
* avaient en charge, et leur plus grand souci a été de conserver 9 leur revenu, en abuser en folles dépenses et scandaleuses... » Les yeux de l'Église, qui sont les évéques, ont été bandés, les
> colonnes ont fléchi et sont tombées à terre sans se relever...
j> Les curez sont avares, ignorans, occupés à toute autre chose
> qu'à leur charge, et pour la plupart étant pourvus de leurs . » bénéfices par moyens illicites... Les menus prêtres par leur
]» avarice, ignorance et vie dissolue se sont rendus odieux et
> contemptiblesà tout le monde \ Voilà l'occasion que le peuple » a prise de se distraire de l'obéissance des magistrats temporels » et spirituels... y>
Comme premier remède à apporter à cet état de choses l'orateur indiquait l'humiliation devant Dieu, la propagation et la saine interprétation de la sainte Écriture. « Qu'elle soit, di- » sait-il, publiée et interprétée sincèrement et purement..., » et qu'en votre maison, sire, il y ait sermon, tous les jours, » qui servira h clore la bouche de ceux qui disent qu*on ne
> parle jamais de Dieu, à l'entour de vous. El vous, mesdames D les reines, ajoutait-il, pardonnez-moi, s'il vous plaist, si D j'ose entreprendre vous supplier qu'il vous plaise ordonner, y> qu'au lieu de chansons folles, vos filles et toute votre suite y> ne chantent que les psalmes de David et les chansons spiy> rituelles qui contiennent louange de Dieu, etc., etc., etc.
Le second remède consistait dans la convocation d'un concile général, et à son défaut, dans celle d'un concile national, auquel prendraient part les principaux représentants de la religion réformée.
En attendant, quel devait être le sort des sectateurs de cette rehgion? Ceux d'entre eux qui soutiendraient leur cause les armes à la main, seraient, selon l'évoque de Valence, punis comme séditieux et rebelles; mais, ajoutait-il , a: il y en a d'autres, y> sire, qui ont reçu cette doctrine et la retiennent avec telle y> crainte de Dieu et vous portent telle révérence, qu'ils ne
1. Ce qu'énonce ici Tévêquc de Valence est d'accord avec les révélations iiiie contiennent les mémoires d'un ecclésiastique contemporain (V. Mém. de Claude Haltoriy t. I, p. 89 et suiv.) et le discours de Grimaudet, miagisU'at du xvic siècle (H. de Laplanche, Hist., p. 661 à 668).
B vouciroient pour rien vous offenser; el par leur vie et par leur » mon on connoit bien qu'ils ne sont mus que d'un bon zèle et » ardent désir de chercher le seul chemin de leur salut, et » Guidant l'avoir trouvé, ils ne s'en veulent départii", ne tiennent T> compte de la perle des biens ny de la mort, el de tous les B lourmens qu'on leur veut présenter. El l'atilt que je confesse » que toutes les fois qu'il me souvient de ceux-là qui meurent sî » constamment, les cheveux me dressent sur la tële, et suis » contraintde déplorer la misérede nous qui ne sommes touchés 6 d'aucun zélé di- Dieu ni de la religion. Ceux-là, sire, méritent, » me semble, d'être distingués et séparés des autres qui abusent » du nom et de la doctrine qu'ils disent avoir reçue; ceux-là ne B doivent être nombres ni punis comme séditieux, » Toutefois, comme, aux yeux de l'évéque de Valence, ils n'en sont pas moins hérétiques, ils demeurent passibles d'une peine telle, par exemple, que celle de l'exil, « afin de leur ôter le moyen de séduire les ï bons.» Quant il leursassemblées religieuses, ollesdoivenléire ioterdites, par application de la législation existante.
Ainsi, quel que i'ùt l'iiommage rendu par l'orateur à la piété des réformés, à leur respect des lois, h leur fidélité envers le souverain, il leur déniait, en résumé, le droit de professer leur religion.
L'ai'chevPque de Vienne prononça, deson coté, une harangue ' dans laquelle il posa en principe, (]ue le roi avait pour mission € de contenir ses sujets en la conndissance et service de Dieu ; b formule qui, équivalant à celle de leur assujettissement obligatoire à une unité religieuse dont la réalisation était impossible, constituait la négation de toute tolérance et, à plus forte raison, de toute liberté religieuse. Ce point de départ suffisait à démontrer que Marillac mettait implicitement hors la loi les rélormés,
1. Hecàeit di- piicêi sur lex état* généraux, 1. I. |>. 70 et <aiv. - Uptanutifl, UitU, p. &ii et «niv — De l.iplnuv, CommtjU., ^ 88 «tai
dont, d'ailleurs, il parlait à peine. Cela posé, il s'étendit sur la nécessité de recourir à la double convocation d'un concile national et des états généraux.
Appelé à opiner, l'amiral* « fit entrer toute •l'assistance en
> admiration par ses grandes et singulières remontrances, tant » pour le fait de la religion, que pour les affaires publiques et
> d'Estat. » Si, malheureusement, le texte de son discours n'est pas parvenu jusqu'à nous, nous pouvons du moins être fixés sur les conclusions auxquelles il crut devoir s'arrêter, et qui se résumèrent en trois chefs :
« L'un, de l'assemblée des estats généraux du royaume
> suyvant les anciennes constitutions, afin que le roy entendist
> par la bouche de ses subjects leurs plaintes et remonstrances. i> — Le second tendoit à oster la nouvelle garde, pour oster la 1^ jalousie du roy et de ses peuples ^. — Le troisième, qu'il donnast ï> relasche aux persécutions pour le fait de la religion, jusques 3> à l'issue d'un sainct et libre concile, fust général ou national. 3> Et que cependant en faisant droit sur les requestes présentées, 3> il permist à ceux de ladite religion de se pouvoir assembler i> pour prier Dieu, ouyr prescher sa parole, et communiquer aux » saincts sacremens. Et pour ce faire, leur dédiast temples, ou ^ autres places en chascun lieu, et commist de ses juges ou y> autres gens, pour garder que rien ne se fisl contre l'authorité 3> du roy et le repos public. Quoy faisant, il s'asseuroit devoir y> aussi soudain le royaume du tout paisible, et les sujets » contens ^. d
Le duc de Guise, « ayant pris fort à cœur les remonstrances » et advis de l'admirai, se monstra tant passionné, qu'au lieu :» de conseiller le roy en une afaire de telle et si grande importance.