Idem, ibid., p
» il ne s'arresta qu'à contredire son opinion... il soutint qu'il n'y ï avoii encore aucune raison pourquoy la nouvelle garde deust a estre ostée. Quant à la religion, il s'en rerneltoit h ceux qui ï esloyenl plu^ savans que luy en théologie... ; et pour le regard » de l'assemblée des estais, il s'en remettait h la majesté du j roy *. »
Le cardinal de Lorraine « tiranl son argument des requestes » présentées par l'admirai, dit qu'il n'y avoil rien moins que » fidélité et obéissance en Iclssupplians; car bien qu'ils se dissent ï Irès-obéissans , c'estoit toutesfois avec condition que le roy » fust de leur secte et opinion, ou pour le moins qu'il n'y conï tredist. Il se remettoit donc au jugement d'nn chacun s'il
> estoil raisonnable qvie le roy et messieurs de son conseil fussent » pluslost de l'opinion de tels galans qu'eux de celle du roy et » de son conseil. Quant h leur bailler temples, ce seroit du » tout approuver leur hérésie, ce que le roy ne sçauroït faire s sans être perpétuellement damné *. » Cependant, sans se damner, le roi pouvoit laisser vivre les réformés; et l'on entendit alors Charles de Lorraine, jusqnes-là ardent instigateur de poursuites et de condamnations, mais contraint, parla force des circonstances, de désavouer en partie son odieux passé, déclarer <f qu'il estoil d'advis, quant à ceux qui sans armes et » de peur d'estre damnez iroyent aux presches, chanteroyent » des psaumes et n'iroyenl h la messe, et feroyent autres choses » qu'ils observoyent : puisque les prières n'y avoyenl servyjusques » alors, que le roy commandast qu'on n'y touchast plus par » justice et voye de punition, estant de sa part bien raarry de ce ï qu'on avoit fait de si grièves exécutions ; et voudpoit que sa vie » ou sa mort eusi pu en cela servir de (luelque chose à ces
> pauvres dévoyez, ce qu'il exposeroit de très^rand coui'age et
1. R. de Laplanclie, Hist.. p. âÔG, 557. S. Idem, ibiJ.,, p. 55T, 558.
» libéralement. Son advis doncques estoit que les évesques et
> autres doctes personnages dévoient travailler de les gaigner et 3 corriger, selon l'Évangile * . »
Le cardinal termina en demandant c que les baillifs et sénés- » chaux fussent envoyez résider en leurs charges pour punir ceux » qui porteroient armes, et les évesques et curez en leurs diocèses » pour administrer et prescher les autres ; et que dedans deux 1 mois {!)rochains ils se rendissent résolus et informez des abus ji de l'Église, pour en acertenir le roy, afln de regarder à la néces- » silé d'assembler un concile général ou national. Et pour le » regard des Éstats généraux du royaume, il en estoit d'advis,
> afin de rendre un chacun résolu de la bonne administration ji que le roy faisoit des afaires de son royaume, et leur faire voir » au doigt et à l'œilTespérance qu'ils devaient avoir de mieux*. >
D'autres membres de l'assemblée opinèrent dans le même sens que le cardinal de Lorraine; après quoi, « le roy et la royne » sa mère remercièrent très-affectueusement un chacun de leur » bon conseil, promettant de Tensuyvre et se conduire selon :» iceluy ^. Le cardinal dit qu'il feroit Tarrest et conclusion pour
> le communiquera toute rassemblée et le résoudre; et aussi que 1^ Sa Majesté feroit esbauchcr le surplus des afaires qui auroient :» esté proposées ou commencées, pour les relever de peine, et ]^ pareillement en faire conclusion, y ayant toulesfois un arrest j> mental au cerveau du roy pour descouvrir l'impudence des ïfols*.
Le projet A' arrest et conclusion^ annoncé par Charles de Lor-