‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 167 sur 241 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Antoine et Louis de Bourbon en Béarn. — Arrestations de Lasague et du vidame de ' Chartres. — Tentatives réitérées pour attirer à la cour le roi de Navarre et le prince de Goodé. — Tous deux arrivent à Orléans. — Gondé et la comtesse de Roye sont incarcérés. — Condamnation de Gondé. — GoHgny à Orléans. — Maladie et mort de François II. — Catherine de Médicis devient régente de fait. — Sages conseils qu*elld reçoit de Goligny. — Recours en déclaration d'innocence réservé à Condé et à la comtesse de Roye. — Séances des états généraux à Orléans. — Discours des orateurs des trois ordres. — Retour de Goligny à Ghàtillon.

Antoine de Bourbon et Condé ne s'étaient point rendus à l'assemblée de Fontainebleau: de sérieux motifs les avaient retenus au loin.

Arrivé d'Amboise à Néfac, Condé y avait bientôt attiré les regards, et reçu, plus encore que le roi de Navarre, les pressantes sollicitations d'une partie de la noblesse protestante. Les deux

frères furent provoqués par elle à l'action, et conçurent le plan d'un vaste soulèvement dont Lyon deviendrait le centre. Condé devait se rendre dans cette ville au début du mois de septembre, et y faire converger vers lui les forces du midi de la France. Antoine de Bourbon devait, de son côté, entraîner à sa suite les forces du Sud-ouest et de l'Ouest, revendiquers es droits, comnie premier prince du sang, et faire appel aux états généraux. Ce plan, dont une exécution énergique et rapide eût peut-être assuré le succès, fut à peine mis en œuvre. L'occupation de Lyon constituait le préliminaire indispensable des opérations à accomplir. Une tentative sur cette grande cité, confiée à la hardiesse et à la bravoure du jeune Maligny, avorta, sous l'influence

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d'un contre-ordre dicté par les incertitudes et la Iiiiblesse de caractère du roi de Navarre.

Arrôté, sur la dénonciation d'un agent des Guises, la Sagne, gentilhomme du Béarn, que Condé avait envoyé en Picardie, à Paris et il Fontainebleau, fut trouvé nanti de lettres du connétable, du vidiune de Chartres, et d'autres papiers ; puis «- il fut » tant tiré sur la géhenne, qu'il déclara tout ce qu'il savoil et » davantage' .BSeules,sesdéclarationscompromellaientC.ondé, le vidame, et, jusqu'à un certain point, le roi de Navarre.

« Soudain, le 29 août, les capitaines des gardes furent envoyez » à Paris pour mettre le vidame estroictement prisonnier en la s Bastille; ce qui leur fut bien aisé, car il estoit à grand'peine B sorti d'une grande maladie ; et n'eust-on eagaitl à autre chose B qu'il exécuter le coramandemeut, sans mesme permettre aux » médecins de le pouvoir assister*. » Jeanne d'Estissac, sa femme, quivoulait s'enfermer avec lui, neputnii^nie pas obtenir l'autorisation de le voir^.

Celle main mise ainsi opérée sur un homme sans défense, et l'arrestation du conseiller Robert de la Haye, qu'on supposait être informé des intentions du prince de Condé*, ne constituaient encore que le prélude d'actes d'une plus haute gravité.

Il s'agissait, en effet, de s'emparer de Louis et d'Antoine de Bourbon. Ne pouvant, de loin, y réussir par la force, les Guises

). R. di; Laplanclie, Uitl.. p, 5I.H.

2. Oc Up\ace,Commenl., t" UI5, 106. — R. ie Uplanchp, HiitL, \i. 503 : ( Le conncslEible dc craignit de reconiniitniler le vidame au roy cl à la n>yne » mère, les suppliant nt' pertnellre qu'il rMçeuït Irop nidc Iruitemenl. Car su » fldétilé et ses grands servici-s raériloyenl loull^ utiltrc récompense, ce ijue ne > pouTOyent ignorer ses mnemis, et i{iril n'eusl despendu ciniiuaiilt^ mille » livres de renie et un millier d'cscus pour le service de ses prédi^e^aeiirs » roya, >

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