l)e Laplace, Comntfnl., p. 107. ~~ Joii 1. I, p
liai de Hni^larl, Mêm. rfc Condr,
se servirent de leur royal neveu, qu'ils faisaient agir et parler à leur gré, pour attirer les deux frères à la cour.
Le 30 août, Crussol fut envoyé en Béarn, muni d'instructions menaçantes*, et porteur d'une lettre de François II au roi de Navarre*. Ni celte lettre, ni les commentaires qu'y ajouta oralement Crussol, n'étaient de nature à décider immédiatement les deux princes à quitter Nérac.
Bientôt arriva près d'eux leur frère, le cardinal de Bourbon \ chargé par la cour de presser leur départ
Il y avait le plus grand danger pour le roi de Navarre et pour Condé à obtempérer aux ordres réitérés de la cour en venant, l'un, comme une sorte de gardien responsable, livrer son frère à des mains hostiles, l'autre, accepter la situation d'un accusé condamné d'avance. Il y avait au contraire chance de succès dans une ferme altitude, digne du rang des deux frères, si, accueillant l'appui que leur offrait encore une partie de la noblesse et de la population, ils se mettaient en marche non pour venir présenter une justification, mais pour revendiquer des droits, à la tête d'un nombre imposant d'hommes qui les avaient choisis pour chefs et pour protecteurs. Voilà ce que parurent originairement comprendre Condé et Antoine de Bourbon, ainsi que l'on en peut juger d'après la teneur des lettres qu'ils adressèrent, le 30 août, à François II *.
Dès qu'ils avaient été informés de l'incarcération de la Sagne, des déclarations que la torture lui avait arrachées, et de la
1. Instructions de M. de Crussol, allant, par ordre du roi, vers le roi de Navarre, le 30 août 1560 (Bibl. nat., mss. fonds Colbert, vol. 28). — Négoc. sous François II, p. i82 à 486.
2. Mém. de Condé, t. I, p. 572, 573. — Mém. de Tamnnes, chap. xvi.
3. De Laplace, Comment,, p. 107. — Le départ du cardinal eut lieu trois jours après celui de Crussol. (Throckmorton to Cecil, 8 sept. 1560. Calend. of State pap. foreign,)
i. R. de Laplanche, Hist., p. 597 à 599. — De Lapopelinière, Hist. de France, édit. de 1581, in-f», 1. 1, f» 209.
double mission de Cnissol et du cardinnl de Bourbon, Coligny cl Odcl élaienl venus demander à la reine mbre permission d'informer la comtesse de Roye, leur sfpiir, des Imputations dirigées contre son gendre ; ils iivaient ajouté que, la sachant convaincue de l'innocence du prince, ils rengageraient h prier celuici de venir à la cour, pour y présenter sa justification '. Madame de Roye, dans une réponse qu'ils connnuniquèrent à Calherine df- Médicis, énonçait, en son nom et en celui de sa fille * : t qu'elle étoit certaine de l'innocence de son gendre; qu'il n'a- » voit jamais fait ny pensé chose qui t'ust contraire au roy ; que p la roine mère ne dcvoit croire les sieurs de Guysc, ses enï nemis; que c'estoit chose dure de presser un prince du sang » de venir au lieu où ses ennemis commandassent. »
Après avoir l'ail cette communîciïtion, l'amiral et le cardinal de Chatillon quittèrent la cour ^.
Dans une lettre qu'elle adressa ultérieurement à Catherine de Médicis, la comtesse de Roye disait ' « qu'elle pensoit bien » que M. le prince lui esloit si obéissant parent et serviteur, qu'jl ï obéiroit h son commandement de venir en cour; mais, pour . » ce qne ses ennemis y estoient, la prioit ne trouver estrange » s'il y venoit mieux accompagné que de coustume. » Blessée au vil" par ces derniers mots, qui avaient frappé juste, la reine mère répliqua ' « que le prince trouveroit le roy mieux ac- » compagne que luy, et que ce n'estoil'au lieu où esloit le roy ï son maîstre où il (alloit venir fort. »
Bientôt la cour changea de tactique. A des ordres altiers et h un langage d'intimidation succédèrent de simples invitations au
i. Ile Thou. Hitt. Kn.n., I. Il, p. 807.
8. DeUplaee, Comtitful .. f 106. — Ite tapopeliiiiêrt-, Iliat.. l. I. f" ^07.