‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 171 sur 241 · De Idplaco, Comment., r° H · texte numérisé non relu

De Idplaco, Comment., r° H

2. Nous ru |J rodai sons ici, en ce i|ui concerne l'arrÎTéc des Jeux priiioes à Orléan», ce nue nous avons eiposi^ dans une prccédeiile public alioD. (Vujr. Éltonore de Raye, prinCBUe de Cùndé; Paris, 1876, 1 toi. iu-8, ji. 76).

3. I.a rorrespondance des Guhes lémoigne de l'ard«ur avec laquelle ils épiaient la iniirdie d«» princei. (Vof. leurs leUres des 15 ri 33 octobre i5&.). Bibl. nai., ins*. f. fr., »ol. 3107. f 6« el 74.)

reau jusqu'au logis du roi, sur la place de l'Étape ^ils sont contraints de s'avancer entre deux haies d'hommes d'armes et d'archers dont ils essuient les insultants propos; l'accès de la demeure royale par la grande porte d'entrée leur est insolemment refusé ; ils mettent pied à terre, se résignent à pénétrer par une porte basse et se présentent dans une salle où se tient le roi entouré des Guises et de toute la noblesse de cour. Leur attitude^ à la fois respectueuse et digne, contraste avec la réception glaciale qui leur est faite. Le roi ne tarde pas à les conduire dans la chambre de la reine mère. Les Guises se sont prudenmient abstenus d'y suivre leur neveu, qu'ils ont d'ailleurs muni d'instructions suffisantes pour jouer le rôle convenu entre eux et lui ^. Â la vue des princes, Catherine de Médicis verse des larmes d'une sincérité suspecte ^. Le roi déclare alors à Condé qu'il l'a fait venir pour savoir de lui la vérité sur les actes de haute trahison qui lui sont imputés; le prince, tête levée, repousse en termes énergiques l'accusation dont il est l'objet, n'y voit qu'une odieuse calomnie, forgée dans l'ombre par les Guises qui fuient en ce moment sa présence, et il déclare qu'il saura bien se justifier * : « La prison d'abord, la justification ensuite ^, » réplique

1. c Le roy alla loger en la maison du feu chancelier d'Alençon, père du

> baillif (Groslot), en la place appelée l'Estape. > (R. de Laplanche, Hist.^ p. 617).

2. € Le cardinal (de- Lorraine) et son frère se servent du roy comme d'un

> personnage sur un eschafaud, luy faisant faire, dire et ordonner tout ce que

> bon leur semble. Or, rien ne leur semble bon, sinon ce qui revient à leur

> ambition et profit particulier. > {Juste complainte de$ fidèles de France , etc., broch. in-3î; Avignon,i560 p. 25).

3. c Larmes de crocodile, > dit R. de Laplanche, Hisi.j p. 621. — Voy. aussi la relation officielle de l'ambassadeur vénitien, Jean Michiel, ap. Tommaseo, Relat.yX, 1, p. 427.

4. Mém. de Condé, t. Il, p. 278. — Castelnau, ilfm., 1. 1, p. 52.

5! c Al quai el rey respondio que para que tambien el pudiese justificarse»

> avia determinado de mandarle tener preso. » (Pap. de Simancas, série B. 1, 11, n<>* 201 à 204. Dépêche de Chantonnay à Philippe U, du 4 no?., citée dans le Journal des savants, année 1859, p. 38).

François II. Vainement Antoine de Bourbon conjure-L-il lo roi d'entendre les explicalions que son l'rère est prêt à fournir, et de le laisser en liberté, ou tout au moins de le confier h sa vigilance; il répondra de lui sur sa propre tête : le royal esclave des Guises, se lournanl alors vers deux capitaines des gardes que ses oncles ont appostés Ih, leur commande de s'emparer du prince. Celui-ci, sans l'ien perdi'c de sa Cermeté, se laisse emmener par eux, en adressant k l'ini prévoyant et crédule cardinal de Bourbon ces paroles accablantes mais méritées : c Monsieur, » avec vos asseurances, vous avez livré votre Irêre à la mort ' ». Le malheureux prélat éclate eu sanglots et demeui-e anéanti. Bientôt Condé est incarcéré *dans une maison voisine, munie de fenêtres grillées. Les approches en sont détendues par des pièces d'arlilierie braquées sur trois rues. Ordre est donné d'imposer au prisonnier une captivité des plus strictes, et de ne laisser communiquer avec hù qu'un homme de service ^

Quant au roi de Navarre, s'il n'est pas, comme son frère, jeté en prison, il n'obtient d'autre liberté que celle d'aller du logement qu'on lui assigne à l'habitation du roi. A peine lui restet-il quelques-uns de ses serviteurs. Ildoit demeurer, jour et nuit, sous la surveillance de gardes et d'espions '.

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