I. Df Uplace, Comment., V lia
a. t Les lluguenolz lilusiiieiil \p roy Fi'iiiLCois II d'avoir fui vcuir k' [iririce
> de Condé à Orléans et pays TuTair M ciiiprisciiinpr. Ancuns disent qu'il itsr
> {tennis au roy d'ainsy Tuyre à l'eiidroyt de son subjecl qui l'o offun^â, et une 1 par lelrcs douces et parolles il lu pt^ul appeler A soy H pujii le cbasiier)
> d'autres disent que cela sml son lurr qui mnndn à ses bâchas et cupilaynes. I et puys estans vedus leur fait trancher la ti-sle. > (BrantÛme, édit. L, l.al.. 1.1.11.121).
3. Do I-nplace, Ciimmimt.. t' It2. — R. de Laplnnolie, Hist., p. itàS. — Désonnrnui. diuis son Histoire de ta maiton de Boarlton. publiM^ vn 1783, dit (t. m, p. iiïï) : ( l'S prison dans luquelle Tul rooduil le prince £tait une maison ■ «oisiiiL> de la place du rËlHpn... Elle cxislu uiicoru; elle est situi'-e dans la rue
> des Carni^liles. On a laissé subsister île gr>ts burreaiu de ter aux fenétrca t de la cliambre od couchait le phoce. *
i. R. de Luplanche, Hiit.. p. 6S3, 633. — On avait assigné pour demeure
Trenle-sîx heures après l'arrestation de Condé a lieu celle de sa belle-mère ^ Garouges et Renouart, gentilshommes de la cour, serviteurs « très-affectionnez de ceux de Guyse et ayant
> singulier plaisir d'exécuter leur commandement à toute ri-
> gueur 1», ont fait preuve de zèle en franchissant une grande distance avec une célérité telle qu'ils ont pu envahir à Timproviste le château d'Anisy, en Picardie, qu'occupe la comtesse de Roye. Là, c sans aucune forme ne figure de justice, > ils fouillent sa demeure de fond en comble, explorant jusqu'aux moindres objets qui lui appartiennent, compulsent ses papiers, s'en saisissent, et, l'arrachant elle-même brutalement à son intérieur, ils Fenlraînent jusqu'à Sainl-Germain-en-Laye, où ils l'enferment dans le château. Ordre est donné c au capitaine dudit château
> de Ty recevoir prisonnièi^ et de l'y tenir en si étroite garde » que nul ne parlera à elle fors que les juges que le roy y en- « vôyera * ». Voilà comment est traitée la belle-mère d'un prince du sang, la nièce d'un connétable, la sœur des Ghâlillon, une femme éminente qui a prodigué à la reine mère des conseils inspirés par un dévouement éclairé et qui a plus d'une fois reçu d'elle le nom d'amie! Mais qu'attendre de Tamitié de Gatherine de Médicis dominée par les Guises?
Témoin des événements dont Orléans était alors le théâtre, et
c au roi de Navarre un hôtel situé sur la place de TÉtape, attenant à celui où
> était logé le roi. > (Désormeaux, ouviv. cité, l. IH, p. 4i9).
1. De Laplace, Comment., f° 113. — De Thou, Hist, univ., t. II, p. 830 : € Madeleine de Mailly de Uoye, helle-mère du prince de Condé, (était une)
> dame d'un génie élevé et d*un grand courage. Son zèle pour les intérêts de » son gendre Tavait rendue odieuse aux Guises, contre qui elle se déchaînait » sans cesse en présence dé la reine-mère avec trop de liberté. >
â. De Laplanche, Hist,, t. 111, p. G24. — On lit dans une lettre adressée <rOrléans, le 10 novembre 1560, au sénat de Venise (Tar les ambassadeurs Giov. Micheli et M. Suriano (Archives générales de Venise, Recueil des dépêches des ambassadeurs, Francia, 1560-156:2, Senato 111, Sécréta) : c É stata dapoi
> ritenuta di ordine de S. M. Madamma di Rogia, madré délia moglie del j delto principe (de Condé), stimata donna di gran spirito, ecc, ecc. >
insistant en particuliei' sur la triple incarcération du prince de Condt-, ds la comtesse de Royc et de R. Delaliaje, un personnage de la cour ' disait que « cela se laisait pour retranclier j» par la racine les requêtes des prolcsLans qui avaient étfi » présentées au roi par l'amiral, et pour intimider les députex ï des provinces de parler en leur faveur. Aussi avait-on donné » bon ordre que nul ne lût député par les estais qui ne fùl bon 0 catholique; et lorsque les députez arrivaient en la ville d'Or- » léans, on leur faisait défenses de ne toucher aucunement au » fait de la religion, d
En même temps qu'ils s'attachaient à intimider ces députés, les Guises, qui avaient juré la perte de Condé, s'effortaicnl de le faire condamner au double titre de criminel d'État et d'hérétique. A leur instigation s'engagea contre ce prince un procès dans lequel furent violées toutes tes formes et toutes les règles de la Justice. Nous avons retracé ailleurs * les détails de ce pracôs et signalé la fermeté dont le prince lit preuve, ainsi que l'admirable énei'gie que déploya la princesse pour tenter de sauver les jours de son mari. Il suffira de rappeler ici qu'il n'existait aucune preuve écrite de la culpabilité de celui-ci, quant au chef de haute trahison ou de lèse-majesCé hunmne. Le seul fait qui fùl étiibli, et que d'ailleurs Coudé avaii nettement reconnu, était son adhésion k ta religion réformée, qu'on qualifiait de crime de lèse-majesté divine. C'en fut assez pour motiver, dans les derniers jours de novembre, une sentence qui condamna à mort Louis de Bourbon, efqui fixa au 10 décembre suivant, lors de l'ouverture de la session des élals généraux, l'exécution capitale. Voulant se défaire d'autres personnes encore que de Condé, les GuLses avaient organisé un vaste système de compression
1. Mi^m. rfc CtuMruiu, lîv. Il, uh. X, — Vuy. aussi, si fournie pur R. du Laplanclie, Uitt., p. 718 hlfi.
î. Voy. Élèonorr de tliii/e, firiiiiysm- de Courir, I f. 81 À B3,
1^ poini, \vi délaiU
morale et matérielle, qui devait entraîner finalement, ici par l'assassinat, là par des condamnations arbitraires, la perte de la vie pour des hommes considérables, tels que le roi de Navarre, les Ghâtillon et le connétable, unis à Louis de Bourbon par des liens de famille. A la destruction du prince, de sa femme et de ses parents les Lorrains se proposaient d'ajouter celle de tous les réformés français, à quelque rang de la société qu'ils appartinssent.
L'histoire a conservé la trace de ces projets atroces. Tramés de longue date, ils avaient été, en dernier lieu, définitivement arrêtés à Orléans, théâtrp désigné de l'exécution sanglante qui devait inaugurer tant d'autres forfaits.
Ils étaient, sinon positivement connus de Coligny, du moins pressentis par lui, à Châtillon-sur-Loing, au moment où il y apprit l'arrestation de sa sœur et celle du prince. Aussitôt, sans illusion sur le sort qui l'attendait à Orléans, il résolut de se rendre dans cette ville * .
i> Au partir de sa maison, il ne voulut dissimuler à sa femme » le danger où il s'alloit envelopper, sans en attendre aucune j^ bonne issue pour son corps, selon l'apparence humaine, disant » toutes fois avoir telle confiance en Dieu, qu'il auroit pitié de sa i> pauvre église et du royaume, exhortant ladite dame, ensemble » sa famille, de demeurer consfans en la doctrine de l'évangile, i> où ils avoyent esté droictement enseignez, puisque Dieu leur i» avoit fait connoistre que c'estoit la vraye et certaine pasture » céleste, estimant ne pouvoir recevoir plus grand heur, que de » souffrir pour son sainc|. nom. Au reste, il en chargea très- » estroictement à ladite dame, soit qu'elle entendist sa prison » ou sa mort, de ne laisser à poursuyvre sa course, et de faire
i . € L'admirai et le cardinal de Chastilloii estoyent allez là (à Orléans) aus- > sitost qu'ils furent advertis de la prinsc dudict sieur prince et de madame de » Hoye leur sœur. > (De Laplace, Comment, f H5).
9 baptiser son enfant duquel elle estoit enceinte et preste d'ac- » coucher, en l'Église réiorméc, et par les vrais ministres de la » parole de Dieu, et que plutost elle cndurasi la mort, que de » souffrir iceluy cstre pollué aux superstitions de la papauté. B Somme, il luy di^oit que si elle demouroil ferme en ceste » résolution, elle en devoit espérer bonne issue : mesmcment B que Dieu avoit acoustumé de desployer ses merveilles loreque ft les hommes avoyent perdu toute espérance de salut et de vie. » Voyià quel fut son partement de sa maison. Estant arrivé k » Orléans, encore que la royne-mére luy cust faict le pareil » accueil et réception que de coustume, si n'y demoura-il guères » sans s'apercevoir de la mauvaise volonté de ceux de Guise '.
Une prison qui, à cette époque, fut nommée \'amirate\ui était destinée; mais, comme il entrait dans les vues de ses ennemis de ne s'emparer dt sa personne qu'après la mort de Condé, ils le laissèrent libre pour le moment.
Incapable, en face du danger, de reculer devant l'accomplissement d'un seul de ses devoirs, Coligny se déclara prêt à rendre raison de ses convictions religieuses, dont on se faisait contre lui un grief ^ parla courageusement en faveur de Louis de Bourbon, de la comtesse de Roye, et soutint de sa sympathie, de ses pieuses exhortations Éléonore, sa nièce, qu'il aimait d'une afîeclion paternelle. Il entoura aussi de constants égards et aida de ses virils conseils le roi de Navarre.
Le cardinal de Châtillon, arrivé à Orléans en même temps que Colit^ny, et exposé aux mêmes dangers que lui, se montra digne de son frère, en s'associant à sa mission de dévouement vis-à-vis de chacun.
D'heure en heure, cependant, tout s'assombrissait autour de l'amiral, d'Odel et de la princesse de Condé. Leurs jours étaient
1. B. Je I,a|ilanche, Hùt., p. "26, 727. i. lileiii, ibid.. p. 727, 728.
menacés ; les tentatives de meurtre dirigées contre Antoine de Bourbon se succédaient avec rapidité ; trente ou quarante des plus experts bourreaux, appelés des villes voisines et portant tous, à dessein, le même costume, parcouraient les mes d'Orléans; déjà même se dressait, en face de la demeure royale, Téchafaud sur lequel, à quelques jours de là, Condé devait être immolé, lorsqu'un événement soudain vint changer le cours des choses.
En effet, au* prologue, déjà presque terminé, des scènes tragiques qui se préparent sous la direction des Guises, se substituent tout à coup des scènes d'un autre genre, qui vont se dérouler avec une rapidité saisissante.
Le roi, dont la santé avait toujours été faible, tombe subitement malade; sa vie ne tarde pas à être en danger; bientôt même les ravages du mal sont tels, que les médecins se reconnaissent impuissants à en triompher. Le duc de Guise éclate en imprécations et menace de les faire tous pendre; plus habile à se contenir, le cardinal de Lorraine ordonne maints offices, processions et pèlerinages. Le moribond s'agite sur sa couche, contemple avec effroi la mort qui s'avance, et promet « à Dieu » et à tous les saine ts et sainctes du paradis, spécialement à î) Notre-Dame de Cléry, que s'il leur plaist luy renvoyer santé, y> il ne cessera jamais tant qu'il n'aura entièrement repurgé le » royaume de ces meschans hérétiques, et veut que Dieu le > fasse promptement mourir si seulement il espargne femme, ]> mère, frères, sœurs, parens, amis, qui en seroyent tant fust ^ peu soupçonnez *. » Reine ambitieuse avant d'être mère, plus fréquemment renfermée dans son cabinet qu'assise au chevet d'un lit d'agonie, Catherine de Médicis s'occupe avant tout de concentrer le pouvoir entre ses mains \ A la vue des Guises