R. de Laplanche, Hill., p. 700. 7fi
3 les hommes tenojent toates choses désespérées. El de sa pari
> il coDDoissoit une si grande assistance de la bonté et miséri- » corde de Dieu, qu'il publieroit à jamais ses merveilles, de
> ravoir arraché des poings de ses sanguinaires ennemis, lors-
> qu'ils pensoient triompher de luj. Ce qu'estant rapporté à
> ceux de Guise, ils n'en firent aucune instance, ains seulement
> interposèrent l'autborité de la royne mère pour persuader le
> contraire à l'amiral : mais il luy fit bien connoistre par bons
> tesmoignages qu'il ne pariait en incertain, offrant de le vérifier, » ensemble toutes les machinations et conspirations susdites, » s'il plaisait à sa majesté faire ouverture à justice. Sur quoy 3 ladite dame ne voulant entrer, elle le pria de leur porter bon
> visage, et vivre en paix pour l'advenir, l'asseurant de donner » bon ordre à toutes choses. Sa response fut, que défaire bonne » mine à ceux qui avoyenl poursuyvi sa mort, chargé son hon-
> neur et procuré ses biens avec la ruine de toute sa maison, » parens et amis, il ne le pouvoit faire sans monstrer un r^ur
> double : ce qui esloit contraire à la profession de sa religion,
> et indigne de tout homme de bien. Bien remettoit-ii la ven-
> geance a Dieu, qui la sauroit bien faire en son temps, puis-
> que les hommes ne vouloienl administrer justice. ^ Alliant, dans ses rapports avec Catherine de Médicis, la fermeté
et la franchise à un dévouement éprouvé, Coligny exerçait alors sur Tesprit de cette princesse un sérieux empire: < l'ayant auprès
> du roy son fils, elle luy défèroit beaucoup, voii^e autant qu'elle » s'en pouvoit servir pour adoucir les princes et les Estais * i.
Par rinfluence de l'amiral, unie à celle du roi de Navarre et du connétable, qui venait d'arriver à Orléans, où il avait ressaisi d'une main ferme ses prérogatives de chef de l'armée \ Condé vit bientôt s'ouvrir devant lui les portes de sa prison ; mais ayant