H. de Laplanche, Hist., p
2. c Jussus est conestabilis munus suum obire, ilemque admiraldas, ut anteâ > maritimis rébus, et Andelotius pedestiibus totius Galliœ copiis praeesse, qme
souci de son honneur plus que de sa liberté, il refusa de sortir, tant qu'il ne saurait pas h qui s'en prendre de son incarcération, et qu'on ne lui aurait pas formellemenl ri^servé la faculté de poursuivre devant qui de droit la déclaration de son innocence et la mise à néant de la condamnation à la peine capitale prononcée contre lui. Ce prince, dont l'énergie et le sang-froid ne s'étaient pas un seul iuslanl dénieniis, sous le coup d'une si odieuse condamnation, se montra vraiment grand, en ne voulant accepter ni la liberté, ni la vie comme une gnVce, et en ne demandant que justice. On lui réserva l'exercice d'un recours en déclaration d'innocence, mais en se gardant bien de lui faire connaître les véritables auteurs du guei-apens qui avait abouti à son arrestation et à son emprisonnement. On tremblait pour eux, comme ils tremblaient eux-mêmes, à la seule idée de la vigueur avec laquelle il leur demanderait compte de leur conduite. Aussi n'y eut-il qu'une voix, surtout parmi les plus compromis, pour rejeter la responsabilité de l'indigne tnîtement qu'avait subi le prince sur le roi qui venait d'expirer, et dont i) était facile d'incriminer les intentions et les actes, alors qu'il n'était plus là pour démentir des assertions mensongères. Respectueux observateur du silence imposé par la mort, généreux envers un souverain duquel il avait eu lieu de se plaindre, Condé sut honorer la mémoire de François II en refusant d'admettre l'irresponsabilité personnellement invoquée par chacun, et voulut demeurer prisonnier. Toutefois, sur les conseils de la princesse, de Coligny et de ses frères, du roi de Navarre et de quelques Bvah dévoués, il consentit h échanger l'austère n'aime de sa détention à Orléans contre celui d'une captivité mitigée, plus apparente que réelle, sous forme de résidence dans l'un es domaines qu'Antoine de Bourbon possédait en Picai-die. En digne sœur des Cbâiillon, la comtesse de Roye avait, elle
t omiiia pur vini soU-hant Gniuuiii uilxiiiuislrurti. > Beza Bullingero. SS janvier 1501, ap. Bsutn, app., p. IT.
aussi, refusé d'accepter la liberté comme une grâce : elle ne sortit du château de Saiot-Germain que sous la réserve dtt droit d'exercer, comme son gendre, mi recours en déclaration: d'innocence.
ilassuré désormais sur le sort de sa sœur et sur cdm de G onde, l'amiral se préoccupait des questions qui seraient portées devant les états généraux, dont la session allait s'ouvrir.De ces questions la plus grave, à ses yeux, était celle de la liberté religieuse. Il n'avait rien négligé, en se maintenant toujours sur le terrain du droit, pour concilier à la cause de cette liberté fondamentale l'appui d'hommes éclairés, qui, à Orléans, le suivissent dans la voie qu'il avait résolument abordée à Fontainebleau» Ses efforts, à cet égard, ne devaient pas demeurer infructueux. Le 13 décembre 1560, s'ouvrit l'assemblée des trois ordres. L'Hospital y prononça une harangue ^ qui se résumait, quant aux affaires religieuses, en ces deux points principaux : 1"* retour à l'unité de croyance et de culte, au moyen d'un concile, attendu que des religions diverses ne peuvent pas coexister, en France, sans y causer de graves perturbations; 2"* d'ici-là^ cessation des persécutions, et support mutuel.
Voici quelques-unes des paroles de l'Hospital sur le second point :
ce Gonsidérons que la dissolution de notre église a esté cause » de la naissance des hérésies, et la réformation pourra estre :p cause de les esteindre. Nous avons cy-devant fait comme les » maulvais capitaines qui vont assaillir le fort de leurs en- > nemys avecques toutes leurs forces, laissant dépourveuz et y> désarmez leurs logis. Il nous faut doresnavant garnir de vertus ^ et bonnes mœurs, et puis les assaillir avec les armes de cha- » rite, prières, pei'suasions, paroles de Dieu, qui sont propres à y> tel combat. La bonne vie, comme dit le proverbe, persuade