Œuvres de VEospital, l. I, p. 394 à iO
B plus que l'oraison; le cousieau vaut peu conti-e l'esprit, si ce tt n'est k peidie l'Ame euseinlilt; av«c le corps... Regardez com- » ment et avec quelles armes vos prédécesseurs anciens pères B ont vaincu les hérétiques de leur temps! Nous devons par B tous moyens essayer de retirer ceux qui sont en erreur et ne » faire comme celuy qui, voyant l'homme ou bcsle chargée de- » dans le fossé, au lieu de la retirer, luy doune du pied ; nous la B devons ayder sans attendre qu'on nous demande secours. Qui » fait aultrement est sans charité : c'est plus haïr tes honunes B que les vices. Prions Dieu incessamment pour eulx, et faisons » tout ce que possible nous sera, tant qu'il y ait espérance de B les réduyre et convertir; la douceur profictera plus que la » rigueur. Ostoiis ces mots diaboliques, noms de parts, (actions » et séditions, Luthériens, huguenots, papistes : ne changeons î le nom de chrétien! »
Quel langage pénétrant! quelle verve,' quelle originalité dans l'expression, parfois iamilière, de hautes peosées et de généreux sentiments! On pressent de suite qu'il était impossible que l'homme d'État qui s'exprimait de la sorte dans la seconde partie de sa harangue, demeui'ât longtemps attaché à la thèse restrictive qu'il avait développée dans la première partie. En effet, l'Hospital sympathisait au fond de l'âme avec Coligny, dont il respectait les convictions religieuses et partageait tes vues, en matière de droit public; et dès lors, si la noble initiative de l'amiral avait énergiquement mis en relief, à Fontainebleau, le principe de la liberté religieuse, dansl'une de ses plus saisissantes applications ; si l'examen des demandes consignées dans les r-equôtes des réformés de Normandie était réservé, d'accord avec le chancelier lui-môme, qui en appréciait la légitimité, il résultait nécessairement de là que bientôt arriverait le moment où celui-ci s'engagerait ostensiblement dans lu même voie que Coligny, et lenleiiiit de s'y maintenir, si ce n'est parallèlement à lui, du moins k peu de distance.
Dans la seconde séance de rassemblée des états généraux, qui eut lieu le 1*' janvier 1561, les orateurs des trois ordres se firent entendre.
Jean TAnge, avocat au parlement de Bordeaux, parla au nom du tiers état. Il insista fortement sur la nécessité d'une réformation dans TÉglise établie, sans se montrer d'ailleurs contraire aux sectateurs de la religion nouvelle.
L'orateur de la noblesse, Jacques de Silly, baron de Roche- (ort,>s'éleva contre les abus qui s'étaient introduits dans l'Église, et en demanda également la réformation, c Après que le dit » ^ieur de Rochefort eut parachevé, il présenta une requeste » par escript, delaquelle fut faite lecture par un des secrétaires » d'estat, par laquelle estoient requis des temples pour la no-
> blesse * . >
Au nom du clei^é < Jean Quintin, de la ville d'Autun,
> docteur régent en droit canon à Paris ^ , » lut une harangue rédigée par d'autres que lui, et conçue, à l'égard des réformés, dans des termes dont il est facile d'apprécier la \iolence, par la seule citation que voici ^ :
€ Nou$ vous supplions, sire, et requérons tant humblement » que faire le pouvons, de contrevenir à ces sataniques et cau- 1 teleuses embuscades qui viennent assaillir vostre ro}'aume
* soubs l'étendard de l'évangile, ausquels vostre majesté forte » et armée de fer aussi doit résister : à ceste lin, non autre,
> Dieu vous a mis le glaive en main pour défendis les bons et » punir les mauvais. Nul ne peut nier qu'hérésie ne soit un
> mal et crime capital, et que Thérétique ne soit mauvais capi-
* talement, sainct Paul Ta dict, ergo^ punissable capitalement, 1 et subject au glaive du magistrat... Sire, nous supplions que,
* si quelque fossoyeur de vieilles hérésies desjà mortes et en-